Comment évaluer le revenu universel ? L'expérience finlandaise.

Séminaire avec Olli Kangas, coordinateur de l’expérimentation du revenu de base en Finlande, 23 février 2017, 12h30-14h30
  • ©dizain/Shutterstock.com©dizain/Shutterstock.com

Seminar with Olli Kangas:

How to evaluate the basic income? The Finnish experiment.

 (Séminaire en anglais)

LIEPP is glad to invite you to attend the seminar held on:

Thursday, Fabruary 23rd, 2017
12:30 pm - 2:30 pm

Room Percheron
98 rue de l'Université, 75007 Paris

 Slides here

Click here to download the summary of the seminar

Find out the news on Sciences Po's site

Olli KANGAS  (Director of Governmental Relations, KELA - Social Insurance Institution of Finland) en charge de l’expérimentation du revenu de base en Finlande

Olli Kangas Olli Kangas took his PhD degree 1991 in sociology at Helsinki University. 1994 he was nominated to Professor and Head of the Department of Social Policy at Turku University. 2004-2007 he worked as professor at the Danish Institute for Social Research. 2008-2015 he worked as the head of the Research Department at the Social Insurance Institution of Finland (Kela). In 2016 he was nominate to Director of Governmental relations at Kela. He is a member of the Finnish Academic Society of Sciences. His research interests revolve around comparative political economy of the welfare state - causes and consequences. At present he is leading the basic income experiment in Finland.


Abstract

There are strong arguments in favor and against basic income (BI). The arguments are too often based on very thin empirical evidence. We can obtain more evidence by carrying out microsimulations on the would-be effects of different BI models and tax systems attached to them. We can also arrange experiments to test how BI would work in practice. The Finnish pilot that started in 2017 experiments with 2,000 unemployed persons by guaranteeing them €560 net a month. The main outcomes that will be followed are employment, other activities, experiences with social bureaucracy and the level of health and general well-being.

Discussion by

Bruno PALIER (CNRS Research Director at Centre d'études européennes/CEE, LIEPP's Co-Director).

Entretenir, renouveler et protéger le capital humain dans une perspective d’investissement social : Formation tout au long de la vie, politiques d’emplois et vieillissement actif

le vendredi 9 décembre 2016
  •  ©Vereshchagin Dmitry/Shutterstock ©Vereshchagin Dmitry/Shutterstock

Investissement Social: quelle stratégie pour la France ?

Entretenir, renouveler et protéger le capital humain dans une perspective d’investissement social. Formation tout au long de la vie, politiques d’emplois et vieillissement actif

Vendredi 9 décembre 2016

9h15 - 17h15

Salle H 101

Sciences Po, 28 rue des Saints-Pères, 75007 Paris

Inscription

Programme du séminaire 

 

Présentation:

L’un des objectifs des politiques d’investissement social est de garantir une participation de tous au marché du travail tout au long de la vie, dans les meilleures conditions. Ainsi, les personnes peuvent mener des carrières les plus complètes possibles, ce qui leur garantit des revenus plus élevés et plus de droits sociaux. D’un point de vue collectif, l’augmentation des taux d’emploi, du fait d’une participation accrue de tous au marché du travail,  permet une augmentation des ressources fiscales et de cotisations sociales, gage de la soutenabilité des systèmes de protection sociale.

En France, les taux de participation au marché du travail des moins qualifiés et des seniors sont particulièrement bas. En 2014, 50,7 % des personnes âgées de 55 à 64 ans sont actives en France métropolitaine : 47,0 % ont un emploi et 3,7 % sont au chômage. Le taux d’activité des 55-64 ans en France est inférieur de 5 points à celui de l’Union européenne en 2014 (contre 7 points en 2011 – Données DARES janvier 2016). Des mesures purement contraignantes (conditionnalité des allocations chômage, report de l’âge de départ à la retraite) ou incitatives à la reprise d’emploi (prime d’activité) ne semblent pas suffire pour augmenter les taux de participation de ces catégories au marché du travail. L’investissement social propose une approche positive, fondée sur la formation de tous tout au long de la vie, et des politiques d’amélioration des conditions de travail et de vieillissement actif.

Si les politiques d’investissement social cherchent à investir dans les capacités futures des individus, elles visent aussi à permettre de mobiliser au mieux et selon le souhait des individus leurs « capabilités » acquises. Il s’agit aussi d’entretenir, de renouveler et de maintenir les capacités professionnelles de chacun tout au long de la vie, y compris en fin de carrière.

L’investissement social ne peut être un fusil à un coup, qui dote les individus de certaines capacités initiales et les laisse ensuite se débrouiller seul sur les marchés. La nécessité d’accompagner les individus tout au long de leurs carrières professionnelles mais aussi et surtout de garantir le maintien, le renouvellement voire l’amélioration de leur employabilité paraît essentiel pour permettre à tous de mener une carrière aussi complète que possible, et à la collectivité de connaître des taux d’emploi les plus élevés lorsque les salariés vieillissent. L’investissement social se donne également comme une solution positive au problème du financement des retraites. Dans certains pays, un âge plus tardif de départ à la retraite (dans de bonnes conditions), signifie des dépenses globales de retraites moins importantes. Ainsi, en Suède, l’âge effectif de départ en retraite est proche de 64 ans, les Suédois dépensent plus de 2 points de PIB de moins en retraite qu’en France, pour des taux moyens de remplacement comparables.

Dans un contexte où les qualifications sont un élément clé de la participation au marché du travail (le taux de chômage des non diplômés est trois fois plus élevé que celui des personnes qui disposent d’un diplôme niveau bac + 2 en 2013 et on compte 6 % de chômeurs chez les détenteurs d’un diplôme supérieur à bac + 2, contre 16,8 % chez les non diplômés – données INSEE), où chaque salarié sera amené à changer non seulement d’employeurs, mais aussi de secteur d’activité voire de métiers, et de fortes mutations technologiques, il paraît essentiel de permettre et garantir à tous les capacités de maintien et de renouvellement de leurs compétences.

Pour ce faire, une politique de formation adaptée aux compétences de chacun et permettant de répondre aux besoins du marché du travail actuel et futur accessible à tous tout au long de la vie semble un impératif économique et social. Les pays qui ont développé des politiques de flexicurité ont fait de la formation tout au long de la vie l’un des trois piliers de leur modèle (avec la flexibilisation du marché du travail et des garanties sociales élevées, indépendantes de la situation et du statut dans l’emploi).

La France présente des difficultés particulières et d’ordre général sur le front de la formation tout au long de la vie, dont la responsabilité est partagée entre les acteurs publics, à l’échelle nationale et territoriale, les partenaires sociaux et les employeurs. Notamment, la France se situe en dessous des moyennes de l’OCDE s’agissant du  niveau de qualification des adultes (données PIAAC).

Un premier enjeu est celui de l’accès et du recours de tous à la formation. Malgré des sommes consacrées à la formation professionnelle qui ne sont pas négligeables (31.2 mds en 2013 soit 1,47 points de PIB), l’accès à celle-ci reste difficile pour les chômeurs, pour les moins qualifiés et pour les plus âgés. Notamment, comment forme-t-on et comment devrait-on former pour accroitre l’accès des moins qualifiés ou des seniors (par exemple, quelles pédagogie et méthodes de formation ? comment former en situation de travail ?).

L’efficacité, ainsi que le rendement, des formations existantes est également souvent remise en cause. La valeur des moyens investis dans la formation est plus souvent considérée que l’évaluation de ses résultats. Il existe un enjeu de mobilisation et donc de rendement individuel et collectif de ces formations car en France les formations suivies par les individus se traduisent moins qu’ailleurs par de meilleures conditions d’emploi. Quelles formations sont à privilégier (certifiantes ou non)? Quelle est la qualité de l’offre de formation. Quelle adéquation de l’offre de formation à la structure productive, dans un contexte de polarisation des emplois ?

Enfin, il ne suffit cependant pas de former les individus pour garantir positivement l’allongement de leur carrière. Investir dans les conditions de travail et d’une façon plus générale dans la qualité des emplois semble crucial pour garantir un allongement des carrières dans les meilleures conditions possibles. De nombreux travaux ont constaté une dégradation des conditions de travail, qui fait souhaiter à de nombreux salariés de partir en retraite le plus vite possible. En France, le taux d’emploi des seniors a un peu augmenté au cours des 15 dernières années, mais il reste parmi les plus faibles en Europe, alors même que d’autres pays ont fait plus de progrès (Finlande fin des années 1990, Allemagne plus récemment). L’amélioration de la qualité des emplois, garantie d’une plus forte participation de tous (et notamment des séniors) au marché du travail, peut donc être considérée comme faisant partie intégrante d’une stratégie d’investissement social misant sur la formation continue.

Par qualité des emplois, on entend : rémunération permettant d’échapper à la pauvreté, horaires négociés et choisis, compatibles avec vie privée, accès à la formation, accès aux promotions, accès à la représentation syndicale et/ou salariée, accès à une protection sociale complète – notamment d’entreprise, complémentaire, satisfaction subjective dans l’emploi.

Pour plus d'informations, rendez vous sur le site du séminaire Investissement Social.

Réguler, conseiller, éduquer ? Comment les politiques publiques encadrent-elles l'argent des ménages ?

Journée d'étude co-organisée par le LIEPP et le CSO
Jeudi 13 octobre 2016
  • ©kirill_makarov/Shutterstock©kirill_makarov/Shutterstock

Réguler, conseiller, éduquer ? Comment les politiques publiques encadrent-elles l'argent des ménages ? 

L'axe politiques socio-fiscales du LIEPP et le Centre de sociologie des organisations (CSO)

ont le plaisir de vous convier à cette journée d'étude le :

Jeudi 13 octobre 2016, 9h-18h

au Centre de Sociologie des Organisations, 19 rue Amélie 75007 Paris

Métro La Tour Maubourg (ligne 8)

Inscription 

 

Presentation:

En partenariat avec le LIEPP, Jeanne Lazarus organise une journée d’étude interdisciplinaire, réunissant sociologues, historiens et économistes, consacrée aux politiques publiques d’encadrement des pratiques monétaires. Ils chercheront à comprendre de quelles définitions de l’intégration sociale et de la citoyenneté ces politiques sont issues et celles qu’elles engendrent.  La situation française contemporaine sera particulièrement étudiée mais des travaux centrés sur des pays et des époques différentes permettront d’opérer des déplacements de perspective, et de faire apparaître les spécificités de chaque situation.

Consultez le programme de la journée.

Consultez le compte-rendu de la journée.

 

Evaluation CICE : présentation des résultats

mardi 11 octobre 2016
  • ©Ralf KleemannShutterstock​©Ralf KleemannShutterstock​

Le LIEPP a le plaisir de vous convier à la présentation des : 

Résultats de l'évaluation interdisciplinaire du Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE)

Mardi 11 octobre 2016

12h00-13h30

Salle de conférence du LIEPP

1er étage, 254 bvd Saint-Germain

75007 Paris

Par Clément CARBONNIER et Gwenaële ROT. Pour en savoir plus sur le résumé des résultats de l'évaluation du CICE par le LIEPP.

IMPORTANT : si vous souhaitez assister à cette présentation, merci de vous inscrire 

Inscription close

Investir dans la jeunesse : quelles priorités ? Quelles marges de manoeuvre ? Quels leviers ?

Mercredi 21 septembre 2016
  • Forum_recherche_sciencespoForum_recherche_sciencespo

Seance Investissement Social: quelle stratégie pour la France ?

Investir dans la jeunesse : quelles priorités ? Quelles marges de manoeuvre ? Quels leviers ?

Mercredi 21 septembre 2016

Siège d'Apprentis d'Auteuil

Salle des Mécènes

40 rue de la Fontaine - 75016 - Paris

Inscription obligatoire à l’adresse suivante : seminaire.jeunesse@apprentis-auteuil.org

Présentation:

La France investit-elle assez dans sa jeunesse ? Les jeunes sont-ils suffisamment équipés et bien préparés à une vie autonome et à une insertion socio-professionnelle réussie ?

Un premier enjeu concerne l’investissement dans l’éducation. Les performances globales de notre pays, mesurées notamment par PISA, placent la France à un rang médiocre (au 19e rang des pays de l’OCDE). L’effort d’investissement public à consentir pour égaler les pays les plus performants représenterait 1,4 point de PIB (France Stratégie). Mais ce n’est pas seulement le niveau de l’investissement éducatif dans notre pays qui est à interroger : la France détient le record des inégalités scolaires, avec un écart de performance entre les élèves les plus et les moins favorisés de l’ordre de 24 % contre 9 % en Allemagne (France Stratégie). Comment réduire les inégalités scolaires d’origine sociale et tenir la promesse républicaine d’égalité ?  Comment doter tous les jeunes des compétences nécessaires pour maintenir notre niveau de vie dans un contexte de compétition économique aiguisé ?

Un second enjeu est celui de l’insertion professionnelle et sociale des nouvelles générations. Si environ les deux tiers de la jeune génération entre dans l’emploi après la fin de ses études et déclare être optimiste sur son devenir personnel, une majorité fait l’expérience du « précariat » avant d’accéder au contrat à durée indéterminée. Les jeunes les moins formés et/ou dépourvus de soutiens familiaux expérimentent une organisation sociale où l’accompagnement de la transition vers l’âge adulte repose d’abord sur les solidarités familiales. Eloignés de l’emploi, écartés des filets de protection sociale de droit commun (assurance chômage et RSA), orientés vers des dispositifs dédiés, en général contingentés et peu articulés entre eux. Le sort des jeunes les plus vulnérables ne cesse de se dégrader.

Les jeunes les plus vulnérables sont exposés à un processus de désaffiliation sociale, illustré par l’augmentation de la population des NEET (not in Education, Employment or Training) et la surreprésentation des sortants de l’aide sociale à l’enfance dans les jeunes marginalisés.

L’inclusion des jeunes les plus fragiles reste donc un défi à relever. Quelles sont les marges de manœuvre ?

L’effort budgétaire de la collectivité nationale en direction des jeunes adultes de 18 à 24 ans est estimé actuellement à 3 points de PIB (64 milliards d’euros, soit environ 11 600€/an par jeune). La dépense d’éducation mobilise la moitié du total (28,4 milliards), les prestations sociales et fiscales le tiers (allocations familiales, logement et quotient familial pour 18,5 milliards d’euros), la dépense d’insertion socioprofessionnelle un cinquième (14 milliards), l’assurance chômage un vingtième (3,4 milliards – source : Haut conseil de la famille, 2016).

L’amélioration de l’inclusion sociale et économique des jeunes supposerait la mobilisation de moyens budgétaires importants : la généralisation de la Garantie jeunes sur la base de 500.000 jeunes éligibles est estimée à 1,6 milliard d’euros. Les projets visant à favoriser l’autonomie des jeunes majeurs pour qu’ils dépendent moins de leur famille et disposent de ressources suffisantes correspondent à des schémas d’aides de 5 à 10 milliards d’euros (0,23 à 0,46 point de PIB) de redéploiement ou d’augmentation des transferts publics. Soit en débat un effort additionnel en faveur des jeunes de  0,6 à plus de 1,4 point de PIB.

Cependant, investir dans la jeunesse ne relève pas seulement d’une question de moyens et d’allocation de ressources, mais soulève également un enjeu de conception de l’action publique et de changement de posture vis-à-vis des modes de faire  et de gouvernance, en butte  au morcellement d’une multitude de mesures spécifiques en marge du droit commun. Or, une stratégie d’investissement social dans la jeunesse implique une approche plus transversale, non seulement corrective et réparatrice, mais aussi plus préventive, participative et inclusive, permettant d’anticiper les besoins sociaux et de promouvoir des démarches d’« empowerment » et de « capabilités » afin que les jeunes puissent s’autonomiser dans leurs parcours de vie.

Dans un contexte de finances publiques contraintes, cette orientation renvoie à une série d’arbitrages et ouvrent de nombreuses interrogations

La nation est-elle disposée à consentir un investissement supplémentaire en faveur de la jeunesse ? Quelles sont  les conditions d’efficacité à réunir pour qu’un investissement accru se traduise effectivement à terme par une augmentation du PIB et du niveau de vie ?

Peut-on améliorer l’efficacité et l’équité des dispositifs actuels à moyens constants ? Quelle organisation entre une politique en direction de toute la jeunesse (élévation des niveaux de qualification) et une politique ciblée sur les plus en difficulté (décrocheurs, NEET / jeunes sans emploi ni formation) ? Quel rôle respectif des acteurs publics (État, collectivités) et privés (entreprises, philanthropie..)? L’effort doit-il porter sur tous les jeunes ou être ciblé sur ceux qui sont issus d’un milieu social défavorisé ou sont privés de soutien parental (dont les jeunes issus de la protection de l’enfance) ?

Pour plus d'informations, rendez vous sur le site du séminaire Investissement Social.