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Les Études du CERI
La particularité des Études du CERI est de proposer des analyses qui peuvent tout autant éclairer les non spécialistes que servir de référence aux chercheurs. Quel qu’en soit le thème – un enjeu global majeur ou une évolution spécifique au « local » – chaque volume obéit aux règles d’une publication scientifique à comité de lecture, la double évaluation anonyme par les pairs étant appliquée lors de la sélection des textes. Autre trait significatif de cette collection, chaque livraison est le fruit d’une enquête de terrain réalisée par l’auteur.
En plus des monographies, la collection offre deux publications collectives à périodicité annuelle, consacrées l’une à l’Amérique latine, l’autre à l’Eurasie. Tous les volumes parus depuis 1995 sont disponibles en libre accès sur HAL.
Rédactrice en chef : Judith Burko, judith.burko@sciencespo.fr, tél. +33158717004
Dernière parution
Étude 287 - octobre 2026
L’urbanisation clandestine de Lisbonne (1954-1974)
Que veut dire « laisser-faire » sous un régime autoritaire ?
Par Béatrice Hibou

Paradoxalement, c’est sous le régime autoritaire de l’Estado Novo, dont le contrôle et le maintien de l’ordre étaient des objectifs prioritaires, que Lisbonne a étendu son emprise territoriale de manière incontrôlée. Une enquête dans les archives nationales portugaises donne des clés pour comprendre la signification politique de ces extensions urbaines « clandestines » et pour appréhender les relations sociales et politiques qui les ont rendues possibles. Elle raconte les manières dont la violation de règles et de lois a été perçue, dont l’illégalité a été comprise et dont les autorités et pouvoirs publics locaux s’en sont saisis… ou ont évité de s’en saisir. Au coeur de l’affaire, il y a un homme, António Xavier de Lima qui, au début des années 1970, fut l’un des principaux acteurs de l’urbanisation récente de la capitale portugaise. Il fut autant un médiateur qu’un passeur entre des sphères sociales, des époques, des conceptions du foncier et de l’économie, des types de société et de relations sociales. Son positionnement dans le hors champ de l’urbanisation lui a permis de s’imposer comme un acteur majeur jouant sans cesse aux frontières de la légalité. En mettant en évidence ses relations avec les autres acteurs locaux, on comprend que l’urbanisation clandestine n’est en rien un espace de désordre ou de laisser-faire; elle est au contraire le fruit de conflits, de rapports de force et de luttes, mais aussi de beaucoup d’arrangements, de compromis voire de compromissions et de négociations locales.
Étude 287
L’urbanisation clandestine de Lisbonne (1954-1974) Que veut dire « laisser-faire » sous un régime autoritaire
Les Études du CERI
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