Les Etudes du CERI

 

Les études du CERI

La particularité des Études du CERI est de proposer des analyses qui peuvent tout autant éclairer les non spécialistes que servir de référence aux chercheurs. Quel qu’en soit le thème – un enjeu global majeur ou une évolution spécifique au « local » – chaque volume obéit aux règles d’une publication scientifique à comité de lecture, la double évaluation anonyme par les pairs étant appliquée lors de la sélection des textes. Autre trait significatif de cette collection, chaque livraison est le fruit d’une enquête de terrain réalisée par l’auteur.

En plus des monographies, la collection offre deux publications collectives à périodicité annuelle, consacrées l’une à l’Amérique latine, l’autre à l’Eurasie. Tous les volumes parus depuis 1995 sont disponibles en libre accès sur ce site.

Rédactrice en chef : Judith Burko, judith.burko@sciencespo.fr, tél. +33158717004

Alice Ekman

Relations informelles entre Pékin et Taipei : l’essor de la diplomatie académique dans le détroit de Taiwan
N°213
Septembre 2015
Asie du Sud-Est, Chine, Etat, Frontières, Identités, Nationalisme, Souveraineté, Taïwan, Les études du CERI

Depuis le retour au pouvoir du Kuomintang en 2008, Pékin a ajusté sa stratégie de communication à l’égard de Taiwan tout en gardant le même objectif de long terme : la réunification. Il s’agit d’une stratégie de rapprochement par la séduction plus que par la menace, qui promeut l’augmentation rapide des échanges entre populations chinoises et taiwanaises à tous les niveaux : étudiants, touristes, paysans, hommes d’affaires, universitaires, diplomates et militaires à la retraite, hommes politiques, etc. La multiplication des rencontres entre universitaires des deux rives constitue notamment de nouveaux canaux de communication dans le détroit, permettant à la fois de compenser l’absence de diplomatie formelle entre Pékin et Taipei et de rivaliser avec les liens de diplomatie informelle noués entre Taiwan et plusieurs de ses partenaires (Etats-Unis, Japon, principalement). Ces canaux de communication pourraient, à terme, conforter la stratégie de Pékin, qui continue à investir massivement dans leur développement, mais aussi se convertir en outil de prévention et de gestion de crise au cas où des tensions réapparaîtraient dans le détroit.

Comment citer ce volume :

Alice Ekman

, Relations informelles entre Pékin et Taipei : l’essor de la diplomatie académique dans le détroit de Taiwan / Les Études du CERI, N°213, Septembre 2015, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Gilles Lepesant

Entre européanisation et fragmentation, quel modèle de développement pour le territoire ukrainien ?
N°212
Juin 2015
Conflits/guerres, Etat, Europe centrale et orientale, Europe occidentale, Européanisation, Fédération de Russie, Frontières, Mémoires et politiques du passé, Nationalisme, Russie, Souveraineté, Territoire, Ukraine, Union européenne, Les études du CERI

Une semaine avant le troisième sommet du Partenariat oriental à Vilnius des 28 et 29 novembre 2013, l’Ukraine suspendait la préparation d’un accord d’association avec l’Union européenne, en négociation depuis 2007. Lorsqu’il fut finalement signé en juin 2014, le président Ianoukovitch avait fui le pays sous la pression populaire, et l’intégrité du territoire se trouvait contestée à l’Est par des séparatistes et leurs alliés russes. Cette remise en cause intervenait paradoxalement à un moment où la cohésion du pays paraissait mieux établie que dans les années 1990. L’Ukraine, loin d’être coupée en deux, est constituée de fragments d’Empires déchus qui ont des raisons objectives de s’inscrire dans l’Etat, aussi récent soit-il. Sa géographie électorale comme sa géographie économique sont de même traversées non par une faille opposant deux blocs, mais par différentes lignes de partage qui n’annoncent pas nécessairement une dislocation de l’Etat. Cette diversité n’a jamais été institutionnalisée depuis l’indépendance, les différentes forces politiques jugeant pour des raisons diverses inopportun de remodeler le régime centralisé hérité de la période soviétique. Présentée comme une priorité par les députés élus en 2014, la réforme de la gouvernance territoriale intervient aujourd’hui dans un contexte où les régions motrices du pays sont paralysées ou menacées par la guerre.

Comment citer ce volume :

Gilles Lepesant

, Entre européanisation et fragmentation, quel modèle de développement pour le territoire ukrainien ? / Les Études du CERI, N°212, Juin 2015, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Tanja Mayrgündter

La pérennité du supranationalisme intergouvernemental, paradoxe de l’élargissement
N°211
Avril 2015
Europe occidentale, Science politique, Transnational, Union européenne, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

L’Union européenne a dû faire face à de nombreux défis ces dix dernières années, qu’il s’agisse de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne ou de la crise économique et financière. Si la logique de l’action et les jeux institutionnels ont transformé d’autres domaines du politique, la sphère de l’élargissement a paradoxalement résisté en grande partie aux changements. Le « supranationalisme intergouvernemental » demeure pour ainsi dire la principale caractéristique de la politique et des politiques de l’élargissement. Si la finalité n’a pas changé, on observe néanmoins des évolutions de la configuration des éléments intergouvernementaux et supranationaux : d’un côté les forces intergouvernementales se sont renforcées, de l’autre le « tournant technique » a nourri l’élan supranational. Finalement, c’est un nouvel équilibre qui a été atteint, sous les auspices du supranationalisme intergouvernemental “persistant”.

Comment citer ce volume :

Tanja Mayrgündter

, La pérennité du supranationalisme intergouvernemental, paradoxe de l’élargissement / Les Études du CERI, N°211, Avril 2015, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé (dir.)

Tableau de bord des pays d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie 2014 (Volume 2 : Eurasie)
N°210
Décembre 2014
Acteurs transnationaux, Arménie, Asie centrale/Caucase, Azerbaïdjan, Biélorussie, Conflits/guerres, Echanges économiques, Economie, Economie politique, Energies/ressources naturelles, Fédération de Russie, Géorgie, Intégration régionale, Kazakhstan, Kirghizistan, Marchés/finances, Moldavie, Organisations internationales, Ouzbékistan, Pays émergents, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine, Les études du CERI

Le lecteur ne s’étonnera pas de ce que, en 2014, le conflit en Ukraine soit au cœur des préoccupations des pays d'Europe centrale, orientale et de l'Eurasie, même si ses incidences sont diversement ressenties selon les régions considérées. Les pays d’Europe centrale et orientale sont divisés dans leur appréhension politique des événements, et leurs économies ne sont pas directement concernées par les retombées du conflit en Ukraine. On pouvait craindre en revanche qu’elles subissent l’atonie de la zone euro, et son incapacité à retrouver des taux de croissance stimulant la demande extérieure. Cependant – et c’est là une heureuse surprise –, plusieurs d’entre elles ont trouvé la parade en tirant parti des fonds que l’Union européenne leur destine généreusement pour relancer leur demande domestique. Et les effets positifs de cette tactique portent des fruits spectaculaires, d’autant qu’elle se combine avec les incidences de la faible hausse des prix sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Il y a là des enseignements à tirer pour la politique économique de l’Europe Occidentale ! Les pays de l’espace eurasiatique sont eux directement aux prises avec les développements du conflit ukrainien. Les incidences en sont multiples : les sanctions et contre-sanctions entre la Russie et l’Union européenne influent grandement sur les économies périphériques, de grands projets comme le gazoduc South Stream sont annulés, les relations des pays d’Asie centrale et du Caucase avec l’Union européenne sont observées avec vigilance par la Russie… La crise ukrainienne, c’est un fait, porte son ombre sur le grand projet de Vladimir Poutine d’instauration d’une Union économique eurasiatique.

Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé (dir.)

, Tableau de bord des pays d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie 2014 (Volume 2 : Eurasie) / Les Études du CERI, N°210, Décembre 2014, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé (dir.)

Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale et d'Eurasie 2014 (Volume 1 : Europe centrale et orientale)
N°209
Décembre 2014
Albanie, Commerce, Conflits/guerres, Croatie, Diasporas, Echanges économiques, Economie, Economie politique, Estonie, Europe centrale et orientale, Européanisation, Hongrie, Intégration régionale, Kosovo, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Marchés/finances, Moldavie, Monténégro, Pologne, République tchèque, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Union européenne, Les études du CERI

Le lecteur ne s’étonnera pas de ce que, en 2014, le conflit en Ukraine soit au cœur des préoccupations des pays d'Europe centrale, orientale et de l'Eurasie, même si ses incidences sont diversement ressenties selon les régions considérées. Les pays d’Europe centrale et orientale sont divisés dans leur appréhension politique des événements, et leurs économies ne sont pas directement concernées par les retombées du conflit en Ukraine. On pouvait craindre en revanche qu’elles subissent l’atonie de la zone euro, et son incapacité à retrouver des taux de croissance stimulant la demande extérieure. Cependant – et c’est là une heureuse surprise –, plusieurs d’entre elles ont trouvé la parade en tirant parti des fonds que l’Union européenne leur destine généreusement pour relancer leur demande domestique. Et les effets positifs de cette tactique portent des fruits spectaculaires, d’autant qu’elle se combine avec les incidences de la faible hausse des prix sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Il y a là des enseignements à tirer pour la politique économique de l’Europe Occidentale ! Les pays de l’espace eurasiatique sont eux directement aux prises avec les développements du conflit ukrainien. Les incidences en sont multiples : les sanctions et contre-sanctions entre la Russie et l’Union européenne influent grandement sur les économies périphériques, de grands projets comme le gazoduc South Stream sont annulés, les relations des pays d’Asie centrale et du Caucase avec l’Union européenne sont observées avec vigilance par la Russie… La crise ukrainienne, c’est un fait, porte son ombre sur le grand projet de Vladimir Poutine d’instauration d’une Union économique eurasiatique.

Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé (dir.)

, Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale et d'Eurasie 2014 (Volume 1 : Europe centrale et orientale) / Les Études du CERI, N°209, Décembre 2014, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Amérique latine L’année politique 2014
N°207
-208
Décembre 2014
Les études du CERI

  Aucun résumé  

Comment citer ce volume :

Une publication de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes

, Amérique latine L’année politique 2014 / Les Études du CERI, N°207-208, Décembre 2014, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Francesco Ragazzi

Vers un « multiculturalisme policier » ? La lutte contre la radicalisation en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni
N°206
Septembre 2014
Criminalité, Europe occidentale, France, Lutte contre la criminalité et la corruption, Pays-Bas, Politiques de sécurité, Royaume-Uni, Terrorisme, Union européenne, Violence, Les études du CERI

Le gouvernement français a récemment annoncé un plan de « lutte contre la radicalisation » assorti d’une série de mesures qui ont pour but de prévenir le passage à l’acte violent. Si le terme de radicalisation n’est pas nouveau dans le langage politique français, il marque un tournant dans une politique antiterroriste qui, bien que reposant en grande partie sur des mesures administratives, se justifiait avant tout par l’approche judiciaire. La France se rapproche ainsi des Pays-Bas et du Royaume-Uni, qui ont développé ce type de politiques depuis la moitié des années 2000. Mais que siginifie exactement « lutter contre la radicalisation » ? Comment expliquer ce nouveau tournant du gouvernement français, et que peut-on apprendre de dix ans d’expériences de ces deux pays européens ? Cette étude montre que la lutte contre la radicalisation agit comme un discours efficace de légitimation de l’action policière au-delà de ses domaines de compétence habituels, en investissant de nombreux domaines de « gestion de la diversité » tels que l’école, la religion ou les politiques sociales. Elle retrace la diffusion de ce discours au sein des instances européennes et analyse, au travers de la notion de « multiculturalisme policier », les effets de ses déclinaisons juridique et administrative.

Comment citer ce volume :

Francesco Ragazzi

, Vers un « multiculturalisme policier » ? La lutte contre la radicalisation en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni / Les Études du CERI, N°206, Septembre 2014, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Une décennie de pouvoir AKP en Turquie : vers une reconfiguration des modes de gouvernement ?
N°205
Juillet 2014
Balkans, Politiques sociales, Régulation, Science politique, Sociologie, Turquie, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

L’AKP, Parti de la Justice et du Développement, s’est maintenu au pouvoir en Turquie depuis 2002. Loin d’une usure du pouvoir, il a consolidé le soutien électoral de couches sociales diversifiées, réunissant une large partie des milieux populaires et de la classe moyenne en pleine expansion, mais aussi des milieux d’affaires. L’implantation de l’AKP tient à la manière dont ce parti s’est inséré au coeur de nombreux secteurs économiques et sociaux : bien qu’acquis aux principes de diminution de la sphère publique et de la délégation au privé, l’AKP n’a pas restreint le périmètre d’intervention de l’État. Au contraire, il est intervenu de manière accrue dans certains secteurs (politique sociale, logement). Il l’a fait de manière indirecte, en prenant appui sur des intermédiaires et alliés privés (entreprises, associations) qu’il a favorisés. Ainsi, l’AKP a mis en place et systématisé des modes de redistribution faisant intervenir des hommes d’affaires conservateurs bénéficiant de proximités avec les décideurs, milieu associatif charitable et couches sociales défavorisées. Ces politiques publiques ont reconfiguré différents secteurs sociaux dans un sens favorable à l’emprise du parti.

Comment citer ce volume : Elise Massicard, Une décennie de pouvoir AKP en Turquie : vers une reconfiguration des modes de gouvernement ? / Les Études du CERI, N°205, Juillet 2014, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
De la réforme de la justice des mineurs au conflit de civilisations dans la société russe contemporaine
N°204
Juin 2014
Criminalité, Démocratisation, Droits de l’homme, Fédération de Russie, Russie, Science politique, Sociologie, Les études du CERI

La question du traitement des mineurs délinquants enflamme la société russe depuis de nombreuses années. Plusieurs associations, ONG et organisations internationales ont alerté l’opinion publique sur la situation de l’enfance dans le pays et incité l’Etat à inscrire la réforme de la justice des mineurs à son calendrier politique. Mais les débats autour de sa mise en place, de ses différents modèles possibles et des formes à donner aux relations entre institutions sociales et judiciaires sont restés limités. Ils ont été dépassés par d’autres enjeux plus larges, tels la priorité qu’il faudrait ou non accorder aux enfants par rapport à leur famille, la place des valeurs dites « traditionnelles » par rapport aux valeurs libérales, et le degré d’intrusion possible de l’Etat dans la vie privée des citoyens russes. La discussion sur la situation réelle des enfants à risque et les problèmes concrets posés par la réforme a été remplacée par une rumeur, nourrie par un discours de crainte dans une société de plus en plus violente, qui déforme les problèmes véritables. L’implémentation des normes internationales et la mise en place d’une réforme de la justice des mineurs semblent en outre largement entravées par l’agenda patriotique de l’Etat.

Comment citer ce volume : Kathy Jeanne Rousselet, De la réforme de la justice des mineurs au conflit de civilisations dans la société russe contemporaine / Les Études du CERI, N°204, Juin 2014, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Françoise Daucé

Le journalisme en ligne en Russie : les jeux ordinaires du contrôle politique
N°203
Avril 2014
Droits de l’homme, Fédération de Russie, Lutte contre la criminalité et la corruption, Nouvelles technologies, Politiques sociales, Russie, Science politique, Sociologie, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

Depuis le début des années 2000, de nombreux journaux d’information en ligne ont vu le jour en Russie, laissant espérer un développement du pluralisme politique. Dans l’ordinaire du travail journalistique, leur fonctionnement diffère peu de celui de leurs homologues occidentaux. Ils bénéficient des mêmes libertés et sont soumis aux mêmes contraintes financières. En Russie cependant, dans un contexte de renforcement de l’autoritarisme, ces contraintes ordinaires peuvent se transformer en contraintes politiques. Les pressions économiques sur les rédactions, l’assèchement de leurs ressources publicitaires, l’invocation de diverses règles administratives, la surveillance des fournisseurs d’accès… sont autant d’outils de contrôle politique. A partir de l’exemple des sites lenta.ru et gazeta.ru, qui dominent le secteur de l’information en ligne, et des sites snob.ru et grani.ru, qui s’adressent à des publics plus spécifiques, cet article montre comment ce contrôle s’articule diversement aux contraintes ordinaires, selon des procédures et des justifications aléatoires et au gré de configurations conjoncturelles qui le rendent à la fois omniprésent et insaisissable, en recomposition permanente.

Comment citer ce volume :

Françoise Daucé

, Le journalisme en ligne en Russie : les jeux ordinaires du contrôle politique / Les Études du CERI, N°203, Avril 2014, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé (dir.)

Tableau de bord des pays d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie 2013 (Volume 2 : Eurasie)
N°202
Décembre 2013
Acteurs transnationaux, Arménie, Asie centrale/Caucase, Azerbaïdjan, Biélorussie, Echanges économiques, Economie, Economie politique, Energies/ressources naturelles, Européanisation, Fédération de Russie, Géorgie, Intégration régionale, Kazakhstan, Kirghizistan, Marchés/finances, Moldavie, Nationalisme, Organisations internationales, Ouzbékistan, Privatisation, Russie, Souveraineté, Transnational, Turkménistan, Ukraine, Les études du CERI

Dans le Tableau de bord d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie de 2009, nous écrivions que les pays de l’Europe centrale et orientale étaient « touchés mais pas coulés » par la crise mondiale. Quatre ans après, ce diagnostic est toujours valable. Si l’Union européenne reste pour eux un idéal et si l’adhésion à cette union demeure un projet clairement balisé pour les Etats qui n’en sont pas encore membres, celle-ci, engluée dans ses contradictions, paraît trop souvent absente, silencieuse. Aux populations qui lui demandent un meilleur niveau de vie et plus de justice sociale, elle répond par des exigences de réformes et d’austérité et alimente ainsi dangereusement leurs désenchantements. Savoir leur répondre, c’est le défi majeur de l’Union européenne aujourd’hui. Les pays de l’Eurasie, s’ils sont moins directement touchés par la crise de la zone euro et conservent, en conséquence, une croissance nettement plus élevée, ont d’autres préoccupations. Fortement sollicités par la Russie qui entend consolider sa zone d’influence avec la concrétisation de l’Union économique eurasiatique, ils sont aussi l’objet de l’attraction qu’exerce sur eux l’Union européenne – comme en témoignent éloquemment les évènements survenus en Ukraine – et, de plus en plus, la Chine. Cet espace est donc actuellement dans une recomposition qui conditionne les possibilités de son développement.

Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé (dir.)

, Tableau de bord des pays d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie 2013 (Volume 2 : Eurasie) / Les Études du CERI, N°202, Décembre 2013, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé (dir.)

Tableau de bord des pays d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie 2013 (Volume 1 : Europe centrale et orientale)
N°201
Décembre 2013
Acteurs transnationaux, Albanie, Balkans, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Commerce, Croatie, Echanges économiques, Economie, Economie politique, Energies/ressources naturelles, Estonie, Europe centrale et orientale, Européanisation, Ex-Yougoslavie, Hongrie, Intégration régionale, Kosovo, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Marchés/finances, Monténégro, Multinationales/entreprises, Nationalisme, Pologne, Privatisation, République tchèque, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Souveraineté, Union européenne, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

Dans le Tableau de bord d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie de 2009, nous écrivions que les pays de l’Europe centrale et orientale étaient « touchés mais pas coulés » par la crise mondiale. Quatre ans après, ce diagnostic est toujours valable. Si l’Union européenne reste pour eux un idéal et si l’adhésion à cette union demeure un projet clairement balisé pour les Etats qui n’en sont pas encore membres, celle-ci, engluée dans ses contradictions, paraît trop souvent absente, silencieuse. Aux populations qui lui demandent un meilleur niveau de vie et plus de justice sociale, elle répond par des exigences de réformes et d’austérité et alimente ainsi dangereusement leurs désenchantements. Savoir leur répondre, c’est le défi majeur de l’Union européenne aujourd’hui. Les pays de l’Eurasie, s’ils sont moins directement touchés par la crise de la zone euro et conservent, en conséquence, une croissance nettement plus élevée, ont d’autres préoccupations. Fortement sollicités par la Russie qui entend consolider sa zone d’influence avec la concrétisation de l’Union économique eurasiatique, ils sont aussi l’objet de l’attraction qu’exerce sur eux l’Union européenne – comme en témoignent éloquemment les évènements survenus en Ukraine – et, de plus en plus, la Chine. Cet espace est donc actuellement dans une recomposition qui conditionne les possibilités de son développement.

Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé (dir.)

, Tableau de bord des pays d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie 2013 (Volume 1 : Europe centrale et orientale) / Les Études du CERI, N°201, Décembre 2013, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

François Vergniolle de Chantal

Le Congrès des Etats-Unis : une assemblée incontrôlable ?
N°200
Décembre 2013
Amérique du Nord, Droit, États-Unis, Science politique, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

Le Congrès des Etats-Unis est l’assemblée législative la plus puissante au monde. Son autonomie et ses pouvoirs rendent impossible toute prétention impériale durable de la présidence. Le Sénat en particulier concentre en son sein une panoplie de procédures, comme la flibuste, qui assurent un contrôle a priori sur les actions de l’exécutif. Cette configuration institutionnelle, rendue extrêmement coûteuse par la polarisation actuelle, n’en est pas moins un équivalent fonctionnel au droit de vie ou de mort sur les exécutifs dont les Parlements européens disposent en théorie.

Comment citer ce volume :

François Vergniolle de Chantal

, Le Congrès des Etats-Unis : une assemblée incontrôlable ? / Les Études du CERI, N°200, Décembre 2013, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Amérique latine Political Outlook 2013
N°198
-199
Décembre 2013
Les études du CERI

  Aucun résumé  

Comment citer ce volume :

Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes de Sciences Po

, Amérique latine Political Outlook 2013 / Les Études du CERI, N°198-199, Décembre 2013, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Renaud Egreteau

Vers une recomposition de l’espace politique en Birmanie ?
N°197
Septembre 2013
Birmanie, Démocratisation, Droits de l’homme, Etat, Mobilisations collectives, Paix/maintien de la paix, Politique extérieure, Politiques de défense, Politiques de sécurité, Règlement des conflits, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

La passation de pouvoir qui a eu lieu en Birmanie (Myanmar) entre la junte du général Than Shwe et le régime quasi civil de Thein Sein en mars 2011 a été l’occasion d’une étonnante libéralisation de la scène politique qui s’est manifestée en particulier par un renouveau parlementaire, par le retour au premier plan d’Aung San Suu Kyi élue députée en 2012 et par la consolidation de nouveaux espaces politiques pour la population et la société civile. Cette trajectoire transitionnelle répond tout d’abord à une logique interne à l’institution militaire qui encadre le processus depuis son origine et cherche désormais à redéfinir son intervention sur le fait politique. Tout en laissant une plus grande place aux civils dans la conduite des affaires de l’Etat, l’armée conserve de nombreuses prérogatives constitutionnelles. La question ethnique demeure toutefois irrésolue, malgré la signature de plusieurs cessez-le-feu et la mise en place de parlements locaux. Quant à l’afflux désordonné des investisseurs étrangers et de l’aide internationale suscité par l’ouverture et la fin des sanctions internationales, il est d’autant plus problématique qu’il se produit dans un pays miné par le clientélisme, la personnification du pouvoir et une oligarchisation croissante de son économie.

Comment citer ce volume :

Renaud Egreteau

, Vers une recomposition de l’espace politique en Birmanie ? / Les Études du CERI, N°197, Septembre 2013, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Le désordre ordonné : la fabrique violente de Karachi (Pakistan)
N°196
Septembre 2013
Asie du Sud, Pakistan, Science politique, Sociologie, Les études du CERI

Avec une population dépassant les 20 millions d’habitants et une croissance démographique se maintenant à un niveau spectaculaire, Karachi pourrait devenir la première agglomération urbaine du monde d’ici 2030. C’est aussi la plus violente de ces grandes métropoles. Depuis les années 1980, Karachi est confrontée à des rivalités partisanes et à des violences criminelles endémiques portant sur le contrôle de la ville et de ses ressources. Ces luttes se sont progressivement ethnicisées, si bien que ce « Pakistan en miniature » apparaît de plus en plus fragmenté, aussi bien socialement que spatialement. Mais, malgré ses désordres, Karachi demeure la pierre angulaire de l’économie pakistanaise. Et, contrairement aux lectures journalistiques de ces désordres en termes de « chaos » ou d’« anarchie », une forme d’ordre y régule les interactions politiques, les relations sociales et les pratiques d’accumulation économique. Loin d’être entropique, cette configuration violente se reproduit à travers des formes de domination, des rituels d’interaction et des mécanismes d’arbitrage qui rendent cette violence « gérable » au quotidien – sans évacuer pour autant le sentiment d’insécurité résultant de ses transformations continues. Si la viabilité de ce « désordre ordonné », à moyen terme, n’est pas assurée, pour l’heure, Karachi continue de fonctionner en dépit – et parfois en vertu – de ses violences.

Comment citer ce volume : Laurent Gayer, Le désordre ordonné : la fabrique violente de Karachi (Pakistan) / Les Études du CERI, N°196, Septembre 2013, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Libye : une transition à l’épreuve du legs de la Jamahiriyya
N°195
Juillet 2013
Afrique du Nord, Démocratisation, Etat, Gouvernance, Libye, Lutte contre la criminalité et la corruption, Mobilisations collectives, Ordre politique, Sociologie, Violence, Les études du CERI

Dans la Libye post-Kadhafi, les autorités libyennes sont à la recherche d’un nouvel art de gouverner. Très faibles en dépit de la légitimité que leur confère le suffrage électoral, ne disposant d’aucun moyen de coercition, elles doivent négocier en permanence leur survie, menacées par ceux qui n’ont pas été choisis par les électeurs mais par la force de leur engagement dans la révolution, les milices. Le défi qui se pose au nouveau pouvoir est de parvenir à domestiquer les milices révolutionnaires, non de les combattre. La Libye ne s’est pas « dékadhafisée ». Or, pour les milices, en particulier islamistes, le maintien des anciens responsables et dirigeants dans l’appareil d’Etat est insupportable. Aussi, le 5 mai 2013, elles ont obligé le Parlement a voté la loi sur l’exclusion de la vie politique de toute personne ayant occupé des postes à responsabilité sous l’ancien régime. Si les milices révolutionnaires continuent à imposer leur loi au gouvernement, la chute du régime de Kadhafi n’aura pas constitué une rupture dans la trajectoire des pratiques politiques en Libye, mais davantage leur continuité sous d’autres habits.

Comment citer ce volume : Luis Martinez, Libye : une transition à l’épreuve du legs de la Jamahiriyya / Les Études du CERI, N°195, Juillet 2013, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Raphaelle Mathey

Mutations sociales et identitaires en Azerbaïdjan : les évolutions du rituel de deuil
N°194
Juin 2013
Les études du CERI

Les études anthropologiques révèlent que les valeurs personnelles, les relations sociales et les marques de la cohésion culturelle s’expriment de façon symbolique dans le rituel funéraire. En Azerbaïdjan, celui-ci peut compter jusqu’à dix réunions de commémoration (yas) dans l’année qui suit le décès. Ce sont des rendez-vous incontournables où les solidarités et les allégeances se font et se défont. Durant la période de chaos politique et de récession économique qui a suivi l’indépendance, de 1991 à 1996, le yas a servi d’incubateur à un mouvement identitaire local. La stabilisation politique, à partir de 1996, et l’avènement de l’ère pétrolière, dans les années 2000, ont transformé la physionomie du pays, refaçonné les rapports entre les individus, et posent aujourd’hui la question de la construction de l’État et de l’élaboration d’un projet politique national. L’étude du rituel de deuil permet de mesurer l’ampleur de ces bouleversements. L’évolution du yas révèle les besoins nouveaux d’une société en pleine mutation, il est également le signe d’une réflexion fondamentale que les Azerbaïdjanais mènent sur eux-mêmes, sur leur religion, leur identité européenne et orientale, et sur leur rapport à la modernité.

Comment citer ce volume :

Raphaelle Mathey

, Mutations sociales et identitaires en Azerbaïdjan : les évolutions du rituel de deuil / Les Études du CERI, N°194, Juin 2013, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Elsa Tulmets

Le transfert d’expérience de l’Europe centrale et orientale vers le voisinage européen : rhétorique ou réalité ? Les cas polonais et tchèque
N°193
Mai 2013
Acteurs transnationaux, Europe centrale et orientale, Européanisation, ONG/société civile, Pologne, République tchèque, Union européenne, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

Après leur adhésion à l’Union européenne en 2004 ou 2007, l’ensemble des pays d’Europe centrale et orientale ont déclaré vouloir transférer leur expérience de la transition démocratique, du passage à l’économie de marché et de l’introduction de l’état de droit vers d’autres régions en transition. Ils ont particulièrement influencé la mise en place d’une politique européenne vers l’Est, jusqu’ici relativement absente, et le lancement de la Politique européenne de voisinage en 2003. La rhétorique mise en place est particulièrement forte et visible, mais qu’en est-il exactement de la mise en œuvre des politiques d’aide à la transition ? Quelle réalité le discours politique recouvre-t-il, aussi bien dans sa dimension bilatérale que multilatérale ? Loin de représenter un bloc homogène d’Etats, les pays d’Europe centrale et orientale ont construit leurs discours de politique étrangère en s’appuyant sur des filiations idéologiques plus anciennes et des priorités géographiques différentes. Malgré l’engagement d’un ensemble d’acteurs issus de la société civile et la réalisation de réformes dans la politique de développement, les moyens, modestes, demandent à être mieux mobilisés pour être à la hauteur de la tâche. Dans le contexte de la crise économique, la recherche de consensus sur les intérêts à défendre et les moyens à mobiliser, comme dans le cadre du Groupe de Visegrad et d’autres formats comme le Triangle de Weimar, apparaissent être des options importantes à suivre pour renforcer la cohérence des actions de politique étrangère entreprises.

Comment citer ce volume :

Elsa Tulmets

, Le transfert d’expérience de l’Europe centrale et orientale vers le voisinage européen : rhétorique ou réalité ? Les cas polonais et tchèque / Les Études du CERI, N°193, Mai 2013, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé (dir.)

Tableau de bord des pays d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie 2012 (Volume 2 : Eurasie)
N°192
Décembre 2012
Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé (dir.)

, Tableau de bord des pays d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie 2012 (Volume 2 : Eurasie) / Les Études du CERI, N°192, Décembre 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé (dir.)

Tableau de bord des pays d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie 2012 (Volume 1 : Europe centrale et orientale)
N°191
Décembre 2012
Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Economie politique, Estonie, Europe centrale et orientale, Gouvernance, Hongrie, Intégration régionale, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Marchés/finances, Monténégro, Pologne, République tchèque, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

L’Europe centrale et orientale ne se porte globalement pas aussi mal qu’on l’écrit parfois et, d’une certaine manière, nettement mieux que l’Europe occidentale et que la zone euro en particulier. Avant la crise déjà, elle se singularisait par une croissance élevée, qui atteignait 4 % par an en 2008 pour les dix nouveaux membres de l’Union européenne (UE), contre 0,5 % pour les quinze pays de la zone euro. Son taux de chômage était inférieur d’environ 6,5 % à celui constaté dans ladite zone. En outre, dûment chapitrée par les institutions financières internationales, elle pouvait faire état d’une discipline exemplaire en matière de finances publiques, avec une dette qui ne dépassait pas 30 % du PIB pour la grande majorité des seize pays étudiés ici (voir les tableaux synthétiques à la fin de ce chapitre) et était très inférieure à ce niveau pour plusieurs d’entre eux. Quant au déficit des finances publiques, calculé à partir de la moyenne des seize pays, il était inférieur à 3 % du PIB. A tout cela s’ajoute la bonne tenue d’ensemble d’un jeune système bancaire qui, pourtant dépendant de maisons mères occidentales ayant subi le choc de la crise, ne s’est pas effondré malgré les sinistres avertissements des Cassandres : les pays baltes ont bénéficié de liens très forts avec les riches systèmes bancaires de l’Europe du Nord, les pays de l’Europe centrale (à l’exception de la Slovénie) ont su constituer au cours de la transition des banques saines, et les établissements de l’Europe du Sud-Est ont été, au moins momentanément, sauvés par l’action conjuguée des institutions financières internationales dans le cadre des deux « Initiatives de Vienne ».

Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé (dir.)

, Tableau de bord des pays d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie 2012 (Volume 1 : Europe centrale et orientale) / Les Études du CERI, N°191, Décembre 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Amérique latine. Political Outlook 2012
N°189
-190
Décembre 2012
Comment citer ce volume :

Observatoire Politique de l'Amérique latine et des Caraïbes de Sciences Po

, Amérique latine. Political Outlook 2012 / Les Études du CERI, N°189-190, Décembre 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Bayram Balci

Le rêve arabe de la Turquie brisé par la crise syrienne
N°188
Novembre 2012
Syrie, Turquie, Les études du CERI

Pour des raisons aussi bien idéologiques que pragmatiques, le gouvernement AKP arrivé au pouvoir en novembre 2002 a progressivement engagé la Turquie dans une ambitieuse politique de rapprochement avec le monde musulman, plus particulièrement arabe. Servi par une économie en plein essor et une politique étrangère volontariste, ce rapprochement était d’autant plus bénéfique pour la Turquie que les « printemps arabes » ont favorisé l’arrivée au pouvoir de formations politiques idéologiquement proches de l’AKP. Il est alors apparu que la Turquie était en train de devenir un modèle pour le nouveau monde arabe. Or l’éclatement de la crise en Syrie, alors même que ce pays avait une place centrale dans la politique arabe d’Ankara, et l’incapacité du gouvernement turc à demeurer neutre dans ce dossier semblent bien être en train de mettre fin au rêve arabe de la Turquie. Son enlisement dans le conflit syrien aggrave ses relations avec nombre de ses voisins et l’oblige à se rapprocher de ses alliés traditionnels occidentaux, dont elle voulait s’éloigner pour être plus autonome sur la scène régionale et internationale.

Comment citer ce volume :

Bayram Balci

, Le rêve arabe de la Turquie brisé par la crise syrienne / Les Études du CERI, N°188, Novembre 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
La relation Pakistan – Etats-Unis : un patron et son client au bord de la rupture ?
N°187
Septembre 2012
Amérique du Nord, Asie du Sud, Conflits/guerres, Etat, États-Unis, Paix/maintien de la paix, Pakistan, Politique extérieure, Politiques de sécurité, Règlement des conflits, Terrorisme, Les études du CERI

Aux termes de la relation clientéliste nouée par les Etats-Unis et le Pakistan dans les années 1950, les premiers utilisaient le second dans leurs efforts pour contenir le communisme en Asie et le second utilisait le premier pour se renforcer face à l’Inde. Cette relation a connu son point d’orgue lors de la guerre contre les Soviétiques en Afghanistan. Washington a cherché à rejouer cette partition après le 11 septembre 2001 – à une réserve près une fois G. W. Bush remplacé par Obama, celui-ci ayant exprimé le souhait d’émanciper le partenariat américano-pakistanais de l’agenda sécuritaire auquel le Pentagone et l’armée pakistanaise donnaient la priorité. Obama s’est heurté au manque de pouvoir de ses interlocuteurs pakistanais, pourtant démocratiquement élus, et à la persistance de la priorité sécuritaire à Washington – dont témoigne la répartition de l’aide américaine. Même les questions de sécurité n’ont pas permis une vraie collaboration entre les deux pays. Tout d’abord, le rapprochement entre Washington et New Delhi a indisposé le Pakistan. Ensuite, Islamabad a protégé les talibans en lutte contre l’Otan. Enfin, Obama a pris des libertés avec la souveraineté pakistanaise (des frappes de drones au raid contre Ben Laden). Cette divergence d’intérêt n’annonce toutefois pas nécessairement de rupture.

Comment citer ce volume : Christophe Jaffrelot, La relation Pakistan – Etats-Unis : un patron et son client au bord de la rupture ? / Les Études du CERI, N°187, Septembre 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Evelyne Ritaine

La fabrique politique d’une frontière européenne en Méditerranée. Le « jeu du mistigri » entre les Etats et l’Union
N°186
Juillet 2012
Afrique du Nord, Balkans, Espagne, Etat, Europe occidentale, Frontières, Grèce, Italie, Malte, Migrations, Politiques de sécurité, Régulation, Union européenne, Les études du CERI

La construction politique de la frontière extérieure de l’UE en Méditerranée, envisagée du point de vue des Etats de l’Europe du Sud (Espagne, Italie, Grèce, Malte), montre l’importance de la charge politico-symbolique du contrôle de la frontière pour ces Etats. Elle détermine en grande partie les modalités des contrôles mis en place, et les intrications entre décisions nationales et décisions européennes. La mise à l’agenda de cette question fait apparaître une version méditerranéenne des frontières extérieures de l’UE, largement déterminée par les conditions d’intégration des différents pays méditerranéens dans l’espace Schengen. Ce nouveau régime frontalier révèle des jeux politiques complexes, tant cette frontière méditerranéenne est saturée par des échanges politiques qui en construisent une vision sécuritaire. Considéré comme un produit de ces différents processus et tensions, l’actuel dispositif de contrôle apparaît bien moins planifié et légal-rationnel qu’erratique et travaillé par des tensions permanentes, entre tactiques internes, stratégies étatiques et tentatives de communautarisation.

Comment citer ce volume :

Evelyne Ritaine

, La fabrique politique d’une frontière européenne en Méditerranée. Le « jeu du mistigri » entre les Etats et l’Union / Les Études du CERI, N°186, Juillet 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Les enjeux des réformes des politiques de l'emploi dans les monarchies du Golfe
N°185
Mai 2012
Arabie saoudite, Bahreïn, Economie politique, Émirats arabes unis, Etat, Identités, Koweït, Mobilisations collectives, Multinationales/entreprises, Oman, ONG/société civile, Politiques sociales, Proche et Moyen-Orient, Qatar, Les études du CERI

Dans les années 2000, les monarchies du Golfe ont entrepris de réformer leur modèle social, basé sur la redistribution très généreuse des dividendes des hydrocarbures. L'un des principaux dispositifs de cette politique de redistribution était l'emploi public garanti. Depuis les années 1990, l'apparition du chômage de masse indique que les politiques traditionnelles de l'emploi sont devenues dysfonctionnelles, générant des tensions sociales qui se sont notamment exprimées à la faveur du « printemps arabe ». L'enjeu des réformes en cours est d'aménager une transition des nationaux vers le salariat dans le secteur privé, largement dominé par les travailleurs expatriés. Cette perspective fait l'objet de fortes résistances de la part des hommes d'affaires et entrepreneurs locaux. Habitués à une main-d'oeuvre expatriée bon marché, ils refusent notamment l'augmentation du coût du travail qu'impliquent les réformes. Les dynasties royales sont dès lors confrontées à la nécessité de faire des arbitrages entre les intérêts du secteur privé, souvent étroitement imbriqués aux leurs, et le mécontentement de la jeunesse, principale catégorie touchée par le chômage et actrice des protestations qui, en 2011, ont touché le Bahreïn, l'Arabie saoudite et Oman.

Comment citer ce volume : Laurence Louer, Les enjeux des réformes des politiques de l'emploi dans les monarchies du Golfe / Les Études du CERI, N°185, Mai 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Selling the Future in DC. Marketing Stability for International Security
N°184
Février 2012
Amérique du Nord, Conflits/guerres, Etat, États-Unis, Expertise, Politiques de défense, Prospective, Sécurité internationale, Terrorisme, Les études du CERI

Les experts en matière de sécurité sont régulièrement sollicités pour donner leur avis sur le futur de la politique internationale. A Washington, le petit monde des think tanks est un véritable « marché du futur ». Son homogénéité culturelle et sociale est très forte, la diversité des idées qui s'y expriment très réduite. Dans ce marché des idées, le spectre de futurs possibles est dès lors très étroit. On note trois caractéristiques principales de cette énonciation du futur. Premièrement, pour des raisons épistémiques et politiques, le futur est linéaire, et ainsi conforte la stabilité et la continuité des décisions politiques. Deuxièmement, ces savoirs de l'expertise sont fortement enracinés dans un « groupthink », une pensée collective entravée par des biais qui s'auto-entretiennent et qui conduisent à lisser fortement prédictions et scénarios. Troisièmement, c'est là un paradoxe, les anticipations de la sécurité internationale contribuent à créer un effet de surprise. Par des effets de tunnel, l'attention des praticiens de la sécurité tout comme celle du public se concentre sur des points focaux, les empêchant de voir les inévitables ruptures avec les trajectoires linéaires émerger et se réaliser.

Comment citer ce volume : Ariel Colonomos, Selling the Future in DC. Marketing Stability for International Security / Les Études du CERI, N°184, Février 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Isabelle Rousseau

Les compagnies pétrolières latino-américaines peuvent-elles s'affranchir de l'héritage de la nationalisation ?
N°183
Janvier 2012
Amérique latine et Caraïbes, Economie politique, Energies/ressources naturelles, Etat, Mexique, Multinationales/entreprises, Venezuela, Les études du CERI

Créées à différents moments au cours du XXe siècle, les compagnies nationales pétrolières latino-américaines ont chacune suivi leur propre évolution. Les deux principales sociétés – Petróleos de México (Pemex) et Petróleos de Venezuela (PDVSA) – illustrent de façon exemplaire la richesse de ces trajectoires organisationnelles et industrielles. De multiples facteurs – dont l'importance des gisements en terre – sont à l'origine de cette hétérogénéité. Néanmoins, le rôle de l'Etat au moment de la nationalisation demeure crucial. Ce fut à ce moment-là que se définirent les relations entre le propriétaire des ressources en terre, l'opérateur public, le régulateur et le ministère des Finances, sans oublier les différents opérateurs internationaux. Ce processus a laissé de profondes empreintes dans le tissu institutionnel (path dependency) et dessiné les possibilités et/ou les limites de la future dynamique entrepreneuriale. Sans jamais devenir un véritable carcan, ce chemin institutionnel continue aujourd'hui encore d'imprégner largement la culture de ces entreprises. Les réformes récentes qui ont tenté de remodeler Pemex et PDVSA en sont la preuve.

Comment citer ce volume :

Isabelle Rousseau

, Les compagnies pétrolières latino-américaines peuvent-elles s'affranchir de l'héritage de la nationalisation ? / Les Études du CERI, N°183, Janvier 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé

Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale et d'Eurasie 2011 (Volume 2)
N°182
Décembre 2011
Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé

, Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale et d'Eurasie 2011 (Volume 2) / Les Études du CERI, N°182, Décembre 2011, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé

Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale et d'Eurasie 2011 (Volume 1)
N°181
Décembre 2011
Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Economie politique, Estonie, Europe centrale et orientale, Gouvernance, Hongrie, Intégration régionale, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Marchés/finances, Monténégro, Pologne, République tchèque, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

Pour sa quinzième édition (le premier volume est paru en 1997 !), le Tableau de Bord fait peau neuve et ouvre ses pages à des pays qu'il ignorait jusqu'à présent : signe des temps, alors que les pays d'Europe centrale et orientale sont tous intégrés dans l'Europe ou se préparent à l'être, c'est aux contrées plus orientales qu'il nous revient d'ouvrir nos pages. Cette innovation modifie la typologie et le format des chapitres dont nos lecteurs sont familiers. Le nouveau Tableau de bord consacre en effet un premier volume à l'Europe centrale, balkanique et balte et continue de suivre l'évolution des pays qui faisaient l'essentiel des précédentes éditions, regroupés dans des ensembles à dimension régionale : les pays de l'Europe centrale (incluant la Slovénie) sont traités ensemble, de même que les Etats baltes et les pays des Balkans ayant rejoint l'Union européenne (Bulgarie et Roumanie). Un quatrième chapitre est consacré aux « Balkans occidentaux », et traite non seulement de la Croatie et de la Serbie, mais aussi – et c'est une autre innovation importante – de tous les pays de cette région jusqu'alors non présentés dans ces pages, à savoir l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine et le Monténégro. Le Kosovo, pour lequel on ne dispose pas de statistiques appropriées pour ce travail, n'y figure pas. Le deuxième volume est consacré aux pays de l'ex-Union soviétique, regroupés sous le vocable d'Eurasie. On y trouve ainsi la Russie et l'Ukraine, comme dans les précédentes éditions, et les autres Etats regroupés en quatre chapitres : le Bélarus et la Moldavie, les trois pays du Caucase du Sud, le Kazakhstan, isolé en raison de la dimension de son économie, et les quatre autres pays de l'Asie centrale. Cette nouvelle structure entraîne également, on le comprendra, des modifications dans la présentation des tableaux d'indicateurs.

Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé

, Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale et d'Eurasie 2011 (Volume 1) / Les Études du CERI, N°181, Décembre 2011, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
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