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Regards sur nos publications

(crédits : Shutterstock)

Cette page présente par ordre de parution les débats et les analyses suscités par les publications scientifiques des chercheur-e-s du CERI au cours du trimestre.

Vous y trouverez, entre autres, des entretiens, vidéos, podcasts et comptes rendus qui contribuent à prolonger et à enrichir la réflexion développée dans ces travaux.

Toutes ces ressources sont librement accessibles en ligne, sauf certaines recensions parues dans des revues à comité de lecture.


 

Couverture ouvrage Gabrielle Angey, Yannick Fer et Juliette Galonnier
(crédits : ENS Éditions)

Gabrielle Angey, Yannick Fer et Juliette Galonnier (dir.)
Saisir les religions en sociologue. Enjeux et méthodes

ENS Éditions, 2026, 345 p.

Cet ouvrage donne à voir la façon dont se construit, en pratique, le travail d’analyse sociologique du religieux. Plutôt que de considérer les religions comme des objets insaisissables, il propose de les appréhender à partir des rapports sociaux dans lesquels elles s’inscrivent, et qu’elles contribuent à éclairer en retour. Les onze chapitres réunis ici entraînent les lecteurs dans les coulisses du travail des sociologues, en exposant les débats qui structurent leur façon de saisir le religieux ainsi que les dilemmes auxquels ils sont confrontés lorsqu’ils négocient leur rapport à l’objet, leur entrée ou leur sortie de terrain, et leurs relations avec les acteurs qui financent leur recherche. Dans ce livre, on croise des coachs chrétiens, des entrepreneurs musulmans, des fidèles catholiques indifférents aux normes de conjugalité de l’Église et des sportifs de haut niveau qui vivent comme des moines. On parle budget dans le salon de femmes musulmanes et on discute religion dans le bureau de banquiers centraux. On découvre que le geste sociologique implique un effort de réflexivité constant qui consiste aussi bien à déconstruire les évidences toutes religieuses qui s’imposent parfois dans l’enquête qu’à aller chercher le religieux là où on ne l’attend pas. Au terme de ce parcours, la valeur heuristique des faits religieux pour penser le social prend tout son sens.


Couverture ouvrage Ramel
(crédits : CNRS Éditions)

Frédéric Ramel
Dix œuvres musicales à l’ONU. Une diplomatie du sensible

CNRS Éditions, 2026, 288 p.

Tous les 24 octobre, l’Assemblée générale des Nations unies se transforme en salle de concert ouverte sur le monde : le temps d’une soirée, la musique suspend les tensions et laisse entrevoir une possible harmonie. Or, quelles œuvres et quels orchestres choisir lorsqu’il s’agit de célébrer l’universel ? Si la Symphonie n° 9 de Beethoven est la composition la plus souvent interprétée, ce « fétiche sonore de l’Occident » laisse progressivement place à d’autres horizons. De la symphonie de Chostakovitch qui déclencha la colère de Staline, hommage implicite aux victimes du totalitarisme, au rock soufi d’Ali Azmat à la suite du 11-Septembre, en passant par l’Environnemental Symphony d’Allan Zavod, sélection d’un petit État insulaire menacé par la montée des eaux, ces concerts invitent à entendre les choix politiques d’une institution aujourd’hui en péril et pourtant seule à réunir autant d’États. En explorant dix des œuvres programmées depuis les années 1950, leur contexte de création et de réception, leur texture sonore et leurs significations sous-jacentes, ce livre propose de penser les liens entre musique et politique internationale. Une invitation à observer la diplomatie à partir du sensible.


Couverture ouvrage Postel-Vinay
(crédits : Les Éditions du Cerf)

Karoline Postel-Vinay
Face à l'incertitude. Le Japon, laboratoire de l'imprévisible

Les Éditions du Cerf, 2026, 208 p.

Tout ce que nous tenions pour certain s’effondre. Face à l’imprévu, nos sociétés modernes vacillent. Entre un présent bloqué et un avenir illisible, nous avons développé une addiction à l’hyperaffirmation et aux récits populistes, cherchant désespérément à abolir l’incertain. Et si la clé ne résidait pas dans la lutte contre l’inconnu, mais dans son acceptation ?
Le Japon, forgé par une expérience millénaire des catastrophes – tsunamis, séismes, crises… – semble miraculeusement exempté de nos égarements. Fine connaisseuse de l’archipel, Karoline Postel- Vinay décrypte avec une précision magistrale les ressorts profonds de cette culture unique qui a su former une véritable « communauté de désastres », où l’organisation collective face à l’imprévu est devenue une seconde nature. Fort d’une analyse subtile et inédite, cet ouvrage invite l’Occident à un changement de regard radical. Il est temps de cesser de s’épuiser contre l’inévitable et de se tourner vers l’expérience japonaise pour apprendre, enfin, à apprivoiser l’impermanence. Une leçon de résilience indispensable pour retrouver la sérénité dans un monde sans boussole.


Couverture ouvrage Strack
(crédits : PUR)

Frédéric Strack
Les juifs orthodoxes en France (1980-2023). Une minorité religieuse face à l’État laïque

Presses universitaires de Rennes, 2025, 386 p.

Quand on représente une institution publique laïque, comment réagir face à des pratiques religieuses rigoristes ? Quelles réponses apporter à des demandes à motifs religieux ? Quand on est croyant pour qui la religion n’est pas une option, mais le cœur de la vie de tous les jours, comment pratiquer dans une société sécularisée ? Comment s’adresser à des responsables d’institutions publiques laïques ? Ces questions sont au cœur du débat public depuis une trentaine d’années, en France et en Europe. Elles sont posées presque exclusivement au sujet des musulmans. Or, elles sont également pertinentes dans le cas des juifs orthodoxes. Jusqu’alors passées sous silence, l’ouvrage les explore en plongeant au cœur de l’univers de sens des juifs orthodoxes pour comprendre comment leurs attitudes envers l’hors-groupe sont travaillées par toutes sortes de positions, entre abandon, mise en retrait et investissement mesuré. L’ouvrage montre aussi l’évolution de l’attitude des institutions publiques, inquiètes d’un religieux trop visible. Il nourrit donc un questionnement plus large sur l’inclusion des croyants rigoristes dans une société libérale et démocratique.


Couverture: Russia and Iran
(crédits : Hurst)

Nicole Grajewski
Russia and Iran. Partners in Defiance from Syria to Ukraine

Hurst, 2026, 368 p.

Vladimir Putin’s full-scale invasion of Ukraine in 2022 has cast a spotlight on Russia’s burgeoning partnership with Iran. Moscow looked to Tehran for drones and ammunition to fuel its so-called ‘special military operation’, and Iran’s support for Russia’s war reflected a decade-long strengthening of Russo-Iranian ties, beginning with the 2011 outbreak of the Syrian Civil War. Despite a relationship historically marred by mistrust and unmet expectations, the two regimes have worked together to promote their common interests in Syria, where battlefield coordination soon developed into much deeper political alignment. Drawing on extensive Russian and Persian primary sources, and interviews with elites from both countries, Nicole Grajewski uncovers the drivers of ever-closer cooperation between the Kremlin and the Islamic Republic. Detailing the internal structures, shared anxieties and broader ambitions underpinning this alignment, she explores the genesis of Russia and Iran’s mutual antagonism towards the Western-led global order; the impact of deep-seated leadership concerns over regime security and domestic protests; and the future trajectory of the partnership within the larger world order. Examining both military dynamics and economic endeavours, as well as elaborate sanctions evasion schemes and collaboration within international organisations, this is the definitive account of contemporary Russia–Iran relations.


Couverture: Surveiller et punir en Chine
(crédits : La Découverte)

Jean-Philippe Béja
Surveiller et punir en Chine. Laogaï et technosurveillance, de 1946 à nos jours

La Découverte, 2026, 320 p.

"On travaillait de l'aube à la tombée du jour, et le soir, on avait la séance d'éducation politique... Tous rivalisaient d'enthousiasme pour dénoncer leurs codétenus. Ces réunions étaient atroces : à leur issue, nombreux sont ceux qui se sont pendus, empoisonnés ou jetés dans la rivière…"
Aussi terrible que le goulag stalinien, le laogai, système concentrationnaire mis en place par Mao, reste utilisé à grande échelle dans la Chine de Xi Jinping. Dès avant sa prise du pouvoir en 1949, le Parti s'est acharné contre ceux qu'il accusait d'être ses ennemis. Dans les villes, les comités de voisinage interviennent dès qu'un citoyen se comporte de manière " anormale ". " Ennemis de classe ", éléments douteux finissent souvent au laogai. De 1949 à 1976, des dizaines de millions de personnes y sont passées. Mais les camps n'ont pas disparu à la mort du Grand Timonier. Dans les années 1980, jeunes délinquants ou non-conformistes, protestataires ouvriers et étudiants, croyants, paysans insurgés y sont envoyés. Après l'arrivée de Xi Jinping en 2012, le laogai, sous un autre nom, est utilisé au Xinjiang pour faire des Ouighours des " citoyens modèles ". Adossé à un dispositif de technosurveillance de grande ampleur, il reste un instrument essentiel du Parti depuis quatre-vingts ans. Ce livre donne la parole à ses victimes.


(Crédits : CNRS Éditions   

Delphine Allès, Bertrand Badie, Stéphane Paquin
Les mots du nouveau monde

CNRS Éditions, 2026, 296 p.

Anthropocène, désinformation, multi-alignement, décolonial, genre, sécurité humaine, smart power, Sud global, civilisationnisme… autant de termes qu’il faut savoir écouter, si l’on veut comprendre le monde actuel. Ce livre propose d’analyser le langage des relations internationales renouvelé sous l’effet d’au moins trois ruptures majeures depuis 1945 : la décolonisation, qui a déstabilisé le monopole de la parole occidentale, la dépolarisation, qui implique de nommer des formes inédites de coopération ou de conflit, et la mondialisation qui, en consacrant l’interdépendance et la mobilité, ouvre un champ lexical en constante expansion. Chacun de ces mots récemment forgés ou reconstruits voit sa préhistoire, ses acceptions multiples, ses faiblesses et les tensions ou les risques générés par ses usages retracés et questionnés. L’engouement naïf pour le néologisme étant aussi dangereux que le conservatisme dogmatique, il est urgent de donner aux mots du nouveau monde la rigueur conceptuelle et la profondeur historique dont ils ont besoin pour nous aiguiller.


Couv. Etude - Regards sur l'Eurasie - Année politique 2025
(crédits : CERI)

Bayram Balci (Dir.)
Regards sur l'Eurasie. L'année politique 2025

Les Etudes du CERI, n°284-285, février 2026

Regards sur l’Eurasie. L’année politique est une publication annuelle du Centre de recherches internationales de Sciences Po (CERI) dirigée par Bayram Balci. Elle propose des clefs de compréhension des événements et des phénomènes qui marquent de leur empreinte les évolutions d’une région, l’espace postsoviétique, en profonde mutation depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Forte d’une approche transversale qui ne prétend nullement à l’exhaustivité, elle vise à identifier les grands facteurs explicatifs, les dynamiques régionales et les enjeux sous-jacents.


Couverture Working Paper Soares de Oliveira
(crédits : University of Oxford)

Ricardo Soares de Oliveira
An Offshore Turn to Asia? Africa's Deepening Links with Dubai, Singapore and Hong Kong

Oxford Martin School Working Paper, janvier 2026, 25 p.

The United Nations estimates that $88.6 billion per year leave Africa in the form of capital flight,  with much of it routed through, or ending up in, offshore financial centres. This is but one aspect of the way in which African relations with the global economy, including trade and investment, are mediated through the offshore world. Until recently, a study of African offshore links would have rightly focused on western jurisdictions. However, since the 2008 financial crisis, Africa’s offshore links have diversified. This is notably the case with Asian jurisdictions such as Dubai, Hong Kong and Singapore. This exploratory paper studies Africa’s offshore engagements with these leading financial centres. These dynamics remain poorly researched despite their rising significance for Africa’s deepening relationship with Asia. The paper underlines the innovative dimensions of these links but also aspects of continuity: offshore services in the Asian jurisdictions are often provided by western firms and these financial centres maintain robust connections with the traditional centres of the offshore world. It also provides a preliminary discussion of the developmental potential, or pitfalls, of Africa’s links with Asian offshore financial centres in the emerging architecture of a post-Western world.  


Couv.: Amérique latine. L’Année politique 2025, Sous la direction de Kevin Parthenay et Frédéric Louault
(crédits : CERI)

Kévin Parthenay et Frédéric Louault (Dir.)
Amérique latine. L'année politique 2025

Les Études du CERI, n°282-283, janvier 2026


Amérique latine. L’Année politique 2024 est une publication de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (Opalc) du CERI-Sciences Po. Il prolonge la démarche du site www.sciencespo.fr/opalc en offrant des clés de compréhension d’un continent en proie à des transformations profondes. Des informations complémentaires sont disponibles sur le site


Crédits : Le Bord de l'eau

Thomas Lacroix et Bénédicte Michalon (dir.)
Des localités pour accueillir. Migrants dans les villes et villages de France et d’ailleurs

Le Bord de l'eau, 2025, 312 p.

Appuyé sur des enquêtes inédites menées en France, Danemark, Espagne, Italie et Portugal, et sur l’analyse de bases de données sur les réseaux de villes (monde, Afrique subsaharienne, pays européens), cet ouvrage documente et analyse ces dynamiques qui, toutes, font du local un échelon essentiel de la « gouvernance » des migrations – à savoir, un espace de gestion de l’accueil où se croisent et collaborent (ou non) des acteurs de plus en plus diversifiés, fonctionnaires, acteurs privés, habitants et militants notamment, mais aussi les personnes en migration, qui savent se saisir du local pour avancer dans leur parcours.


Couverture ouvrage Badie
(crédits : Odile Jacob)

Bertrand Badie
Par-delà la puissance et la guerre : La mystérieuse énergie sociale

Éditions Odile Jacob, 2026, 208 p.

Trump face à Poutine, est-ce Charles Quint négociant avec François Ier ? La puissance serait-elle de retour ? Et, avec elle, des empires prêts à tout pour défendre leur domination, y compris par la guerre ? Avec ce nouveau livre, Bertrand Badie dénonce ce qui est devenu un lieu commun. Depuis 1945, en effet, la puissance détruit, terrorise, coûte mais elle ne reconstruit plus. Ni les États-Unis au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan, ni la Russie postsoviétique en Ukraine, ni la France en Afrique, ni l'armée israélienne à Gaza n'ont réussi à imposer l'ordre et la stabilité, comme le faisait la puissance d'antan. Bertrand Badie nous invite à considérer cette mystérieuse énergie venue des profondeurs des sociétés qui recompose totalement les relations internationales. Avec ce paradoxe : plus la puissance montre ses muscles, plus le jeu social se déploie selon des dynamiques planétaires échappant au contrôle politique. C'est précisément cette tension entre la puissance réinventée et l'énergie sociale renforcée qui est au coeur de ce livre.


Couverture Etude
(crédits : CERI)

Jérôme Doyon
Les étudiants chinois en Europe et l’Etat-parti

Les Études du CERI, n°281, décembre 2025

Pourquoi certains étudiants chinois qui ont choisi de poursuivre leurs études hors de Chine se mobilisentils au sein de structures affiliées au régime ? De quelle manière cet investissement fait-il écho aux efforts dispensés par la République populaire de Chine pour cultiver des liens de dépendance et d’allégeance avec ses ressortissants hors de ses frontières ? Un travail de terrain mené en France et au Royaume-Uni auprès de l’Union des chercheurs et étudiants chinois éclaire les ressorts de cet engagement autoritaire à distance. L’analyse du fonctionnement de cette structure dans deux états européens différents permet de mettre au jour son adaptation au contexte local, mais aussi la manière dont elle se déploie comme une enclave isolée des sociétés d’accueil. Son objectif premier est de maintenir une emprise de l’Etat-parti chinois sur ses ressortissants hors des frontières nationales, plutôt que d’influencer ou de développer des liens avec l’étranger. Les étudiants ne se laissent toutefois pas embrigader de manière passive et les pressions qui s’exercent sur eux font qu’il peut être au final difficile de les mobiliser pour le régime.


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