Taoufik Djebali

Tous les indicateurs socio-économiques de ces dernières années montrent que la pauvreté aux Etats-Unis n'est plus un phénomène qui touche essentiellement les minorités et les mères célibataires, confinées dans des ghettos urbains. Beaucoup de familles, paisiblement installées dans les banlieues huppées, se sont retrouvées marginalisées par le chômage et la saisie immobilière. La politique sociale, dont les orientations globales avaient été définies par le président Clinton (par la réforme de 1996) et par le président W. Bush (avec ses Faith-Based Intitatives), est aujourd'hui incapable de faire face à des problèmes sociaux d'une ampleur sans précédent depuis les années 1930. Le président Obama, de son côté, s'est attaqué à la question du chômage, des saisies immobilières et de la santé mais les mesures qu'il a prises ont un effet plutôt marginal sur la nature et l'étendue de la pauvreté. Par ailleurs, les pauvres ont disparu du discours officiel laissant accroire qu' Obama, par peur de perdre l'électorat blanc, ne souhaite pas devenir le candidat des pauvres et des Africains Américains.

Aux termes de la relation clientéliste nouée par les Etats-Unis et le Pakistan dans les années 1950, les premiers utilisaient le second dans leurs efforts pour contenir le communisme en Asie et le second utilisait le premier pour se renforcer face à l’Inde. Cette relation a connu son point d’orgue lors de la guerre contre les Soviétiques en Afghanistan. Washington a cherché à rejouer cette partition après le 11 septembre 2001 – à une réserve près une fois G. W. Bush remplacé par Obama, celui-ci ayant exprimé le souhait d’émanciper le partenariat américano-pakistanais de l’agenda sécuritaire auquel le Pentagone et l’armée pakistanaise donnaient la priorité. Obama s’est heurté au manque de pouvoir de ses interlocuteurs pakistanais, pourtant démocratiquement élus, et à la persistance de la priorité sécuritaire à Washington – dont témoigne la répartition de l’aide américaine. Même les questions de sécurité n’ont pas permis une vraie collaboration entre les deux pays. Tout d’abord, le rapprochement entre Washington et New Delhi a indisposé le Pakistan. Ensuite, Islamabad a protégé les talibans en lutte contre l’Otan. Enfin, Obama a pris des libertés avec la souveraineté pakistanaise (des frappes de drones au raid contre Ben Laden). Cette divergence d’intérêt n’annonce toutefois pas nécessairement de rupture.