L'auteur, après avoir revendiqué le droit de contester les aspects monétaires des Accords de Maastricht sans encourir l'accusation de nationalisme anti-européen, se demande si la voie choisie dans ces accords est la plus à même de préserver la synthèse d'efficacité économique et de solidarité sociale qui a longtemps distingué l'Europe occidentale des autres parties du monde.
Après avoir examiné la logique qui sous-tend la politique actuelle fondée sur le couple stabilité monétaire / désinflation compétitive, il analyse les effets pervers inhérents à cette stratégie. Il montre ensuite qu'on ne saurait attendre de la construction européenne qu'elle induise spontanément un rapprochement des économies des pays membres : c'est le paradoxe de la divergence. Après avoir suggéré que la Communauté ne saurait se passer de politiques économiques différenciées, il examine les termes du choix qui se pose si l'on veut préserver le couple efficacité économique / bien-être social : accélérer le passage vers une monnaie unique qui irait de pair avec le renforcement de politiques budgétaires nationales, ou bien définir un autre cheminement pour la construction européenne privilégiant le développement d'une monnaie parallèle.