Accueil>Récit : trois étudiants de Sciences Po à la COP 27 en Egypte

24.11.2022

Récit : trois étudiants de Sciences Po à la COP 27 en Egypte

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Les étudiants de la GAUC à la COP 27. (crédits : DR)

Sciences Po, en sa qualité d'université internationale de premier plan en sciences sociales, s’est mobilisée pour envoyer une délégation de neuf personnes à la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 27) qui s'est tenue à Charm el-Cheikh, en Égypte, du 6 au 18 novembre 2022.

La délégation était composée de chercheurs, comme Carola Kloeck ou Charlotte Halpern, ainsi que d’étudiants participant en tant que jeunes ambassadeurs de l'Alliance mondiale contre le changement climatique (GAUC), dont Sciences Po est membre fondateur. Trois de ces étudiants – Garance Breuil, Naman Kapoor et Arimiyaw Saasi – racontent cette expérience unique.

Dans quel contexte avez-vous participé à la COP 27 en novembre 2022 ? Qu'avez-vous appris et retenu de cette expérience ?

Garance Breuil: Je suis diplômée du Master Gouvernance des transitions écologiques dans les villes européennes de l'École urbaine de Sciences Po et j'ai eu l'opportunité de faire partie du programme "Climate x" 2022 du GAUC. Être sélectionnée comme jeune ambassadrice du GAUC m'a donné la chance de participer à la COP 27, grâce au projet Brace for impact que j'ai développé. Nous avons été invités à présenter nos projets devant des ONG, dirigeants et parties prenantes. En tant que jeunes, nous avons le devoir de nous impliquer car c'est de notre avenir qu’il s’agit. J'ai compris l'importance de rassembler tous les pays pour agir en un seul lieu, afin que les négociations puissent s’opérer en face à face. Cette COP doit être un succès, nous avons six ans pour dévier de notre trajectoire et ne pas dépasser 2,5 degrés de réchauffement climatique. Les actions porteront toujours plus que les mots.

Naman Kapoor: Après plusieurs mois de formation dans le cadre du programme “Climate x” par la GAUC, puis la création de notre projet final en ligne, les ambassadeurs internationaux de la délégation jeunesse du GAUC à la COP 27 ont enfin eu la chance de se rencontrer. Ce que je retiens de l'expérience : l'apprentissage, l’amitié et la vérité. La leçon la plus saillante est que nous ne pouvons pas maintenir ce statu quo, surtout lorsqu'il s'agit d'une potentielle menace existentielle. J'ai réalisé que nous avons encore le temps de tenter de résoudre ce problème mais nous n'avons plus le temps de tergiverser. Cependant, le fait de rencontrer des jeunes du monde entier, farouchement passionnés et décidés à relever ces défis, renforce mon optimisme et me pousse à croire qu'ensemble nous pouvons saisir les opportunités de notre époque et créer un avenir “net zéro” pour tous !

Arimiyaw Saasi: Je suis diplômé du Master en Politique environnementale de l'École des affaires internationales de Sciences Po (PSIA) et jeune ambassadeur de la GAUC. Je suis passionné par la question du changement climatique et les processus de négociation de la COP m’ont toujours fasciné, au point de rêver d’y participer à mon tour. Depuis la COP de Glasgow en 2021, des événements climatiques cataclysmiques se sont produits plus rapidement que les prédictions les plus sombres des scientifiques.

Ma participation à la COP 27 m'a aidé à approfondir mes connaissances sur les négociations climatiques, à plaider en faveur de l'engagement des jeunes et à collaborer avec d'autres activistes. Au sein du pavillon chinois, j’ai pu participer à la semaine du sommet climatique de la GAUC où j'ai co-planifié et animé des tables rondes sur différentes thématiques. En tant que jeunes délégués de la GAUC, nous avons également élaboré un communiqué de presse portant sur l'engagement des jeunes dans la prise de décision concernant la transformation climatique. 

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Garance Breuil, Naman Kapoor et Arimiyaw Saasi à la COP 27. (crédits : DR)

De quelle façon les jeunes étudiants, comme vous, peuvent-ils agir sur un sujet majeur comme la transformation environnementale ? Votre éducation à Sciences Po vous permet-elle d’agir en faveur du changement ?

Garance Breuil: En tant qu’étudiants de Sciences Po, nous apprenons d’abord les enjeux du changement climatique, afin de nous préparer à agir. Ainsi, j’ai emmagasiné des connaissances au sujet des stratégies citadines en matière de compromis et d’adaptation, de la mobilité verte, de l’économie circulaire, de la construction durable et de nombreux autres sujets. J’ai pu ensuite appliquer mon savoir à des situations de la vie quotidienne : quand je travaillais en tant que chef de projet junior en agence immobilière, j’ai pu fournir des pistes de réflexion et idées au sujet du covoiturage, qui ont été étendues aux autres départements lorsque tout le monde a été convaincu des bénéfices qui en découleraient. Ce savoir nouveau que nous apportons est un terreau pour l’innovation. Je pense que la jeune génération refuse fermement le statu quo, ce qui est nécessaire pour qu’un véritable changement ait lieu.

Naman Kapoor: J’ai tendance à considérer le sujet du changement climatique comme multi-facettes et je pense que cette habitude me vient du cours Approche multidisciplinaire des inégalités que j’ai suivi lors de ma première année au Collège universitaire de Sciences Po. J’ai eu la chance de rencontrer à la COP 27 les grands esprits qui travaillent à la résolution de ce problème. Je leur ai suggéré de trouver le moyen de rendre les principales idées de leurs travaux accessibles à tous, et particulièrement à ceux qui n’ont pas le bagage nécessaire pour comprendre le changement climatique, les émissions ou les COP. Il faut le vouloir pour s’intéresser au changement climatique quand on n’est pas sûr d’avoir assez pour pourvoir aux besoins de sa famille. J’ai aussi remarqué une inégalité au niveau des conséquences, ce sont les plus pauvres qui contribuent le moins au problème et qui en sont les véritables victimes. 

Ma responsabilité, en tant que personne ayant le privilège de suivre une éducation internationale et en tant que citoyen du monde, est de prendre les choses en main et trouver des solutions au changement climatique. Grâce à mes études au Collège universitaire de Sciences Po, à la formation reçue via le programme “Climate x” de la GAUC et mon expérience de la COP 27, j’ai confiance en ma capacité à utiliser mes connaissances et mes qualités pour m’impliquer et être un acteur de la fin du statu quo.

Arimiyaw Saasi: Je suis persuadé que ma formation académique m’a donné les outils nécessaires pour participer à la COP 27. La façon dont le programme de mon master est conçu m’a permis de me spécialiser sur les sujets de l’environnement et du développement par des cours couvrant des champs critiques dont le financement de la biodiversité et du climat, le développement durable, les politiques énergétiques de la demande et la géopolitique climatique dans le contexte du “net zéro”. Dans le cadre de mes études en master, j’ai aussi bénéficié d’une expérience professionnelle en tant que stagiaire du secteur privé dans le domaine des stratégies de baisse des émissions de carbone en entreprise, de l’incubation des entreprises du domaine environnemental et du développement commercial.

Ma génération a hérité d’une planète frappée d’une “trilemne” composé de la diminution de la biodiversité, du changement climatique et de la crise géopolitique, qui implique de mettre la priorité sur le développement durable en urgence. Ce trilemne requiert que nous collaborions entre jeunes pour trouver des solutions pérennes afin de construire un monde meilleur, pour nous et pour les générations futures.

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24.11.2022

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Les étudiants de la GAUC à la COP 27. (crédits : DR)

Sciences Po, en sa qualité d'université internationale de premier plan en sciences sociales, s’est mobilisée pour envoyer une délégation de neuf personnes à la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 27) qui s'est tenue à Charm el-Cheikh, en Égypte, du 6 au 18 novembre 2022.

La délégation était composée de chercheurs, comme Carola Kloeck ou Charlotte Halpern, ainsi que d’étudiants participant en tant que jeunes ambassadeurs de l'Alliance mondiale contre le changement climatique (GAUC), dont Sciences Po est membre fondateur. Trois de ces étudiants – Garance Breuil, Naman Kapoor et Arimiyaw Saasi – racontent cette expérience unique.

Dans quel contexte avez-vous participé à la COP 27 en novembre 2022 ? Qu'avez-vous appris et retenu de cette expérience ?

Garance Breuil: Je suis diplômée du Master Gouvernance des transitions écologiques dans les villes européennes de l'École urbaine de Sciences Po et j'ai eu l'opportunité de faire partie du programme "Climate x" 2022 du GAUC. Être sélectionnée comme jeune ambassadrice du GAUC m'a donné la chance de participer à la COP 27, grâce au projet Brace for impact que j'ai développé. Nous avons été invités à présenter nos projets devant des ONG, dirigeants et parties prenantes. En tant que jeunes, nous avons le devoir de nous impliquer car c'est de notre avenir qu’il s’agit. J'ai compris l'importance de rassembler tous les pays pour agir en un seul lieu, afin que les négociations puissent s’opérer en face à face. Cette COP doit être un succès, nous avons six ans pour dévier de notre trajectoire et ne pas dépasser 2,5 degrés de réchauffement climatique. Les actions porteront toujours plus que les mots.

Naman Kapoor: Après plusieurs mois de formation dans le cadre du programme “Climate x” par la GAUC, puis la création de notre projet final en ligne, les ambassadeurs internationaux de la délégation jeunesse du GAUC à la COP 27 ont enfin eu la chance de se rencontrer. Ce que je retiens de l'expérience : l'apprentissage, l’amitié et la vérité. La leçon la plus saillante est que nous ne pouvons pas maintenir ce statu quo, surtout lorsqu'il s'agit d'une potentielle menace existentielle. J'ai réalisé que nous avons encore le temps de tenter de résoudre ce problème mais nous n'avons plus le temps de tergiverser. Cependant, le fait de rencontrer des jeunes du monde entier, farouchement passionnés et décidés à relever ces défis, renforce mon optimisme et me pousse à croire qu'ensemble nous pouvons saisir les opportunités de notre époque et créer un avenir “net zéro” pour tous !

Arimiyaw Saasi: Je suis diplômé du Master en Politique environnementale de l'École des affaires internationales de Sciences Po (PSIA) et jeune ambassadeur de la GAUC. Je suis passionné par la question du changement climatique et les processus de négociation de la COP m’ont toujours fasciné, au point de rêver d’y participer à mon tour. Depuis la COP de Glasgow en 2021, des événements climatiques cataclysmiques se sont produits plus rapidement que les prédictions les plus sombres des scientifiques.

Ma participation à la COP 27 m'a aidé à approfondir mes connaissances sur les négociations climatiques, à plaider en faveur de l'engagement des jeunes et à collaborer avec d'autres activistes. Au sein du pavillon chinois, j’ai pu participer à la semaine du sommet climatique de la GAUC où j'ai co-planifié et animé des tables rondes sur différentes thématiques. En tant que jeunes délégués de la GAUC, nous avons également élaboré un communiqué de presse portant sur l'engagement des jeunes dans la prise de décision concernant la transformation climatique. 

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Garance Breuil, Naman Kapoor et Arimiyaw Saasi à la COP 27. (crédits : DR)

De quelle façon les jeunes étudiants, comme vous, peuvent-ils agir sur un sujet majeur comme la transformation environnementale ? Votre éducation à Sciences Po vous permet-elle d’agir en faveur du changement ?

Garance Breuil: En tant qu’étudiants de Sciences Po, nous apprenons d’abord les enjeux du changement climatique, afin de nous préparer à agir. Ainsi, j’ai emmagasiné des connaissances au sujet des stratégies citadines en matière de compromis et d’adaptation, de la mobilité verte, de l’économie circulaire, de la construction durable et de nombreux autres sujets. J’ai pu ensuite appliquer mon savoir à des situations de la vie quotidienne : quand je travaillais en tant que chef de projet junior en agence immobilière, j’ai pu fournir des pistes de réflexion et idées au sujet du covoiturage, qui ont été étendues aux autres départements lorsque tout le monde a été convaincu des bénéfices qui en découleraient. Ce savoir nouveau que nous apportons est un terreau pour l’innovation. Je pense que la jeune génération refuse fermement le statu quo, ce qui est nécessaire pour qu’un véritable changement ait lieu.

Naman Kapoor: J’ai tendance à considérer le sujet du changement climatique comme multi-facettes et je pense que cette habitude me vient du cours Approche multidisciplinaire des inégalités que j’ai suivi lors de ma première année au Collège universitaire de Sciences Po. J’ai eu la chance de rencontrer à la COP 27 les grands esprits qui travaillent à la résolution de ce problème. Je leur ai suggéré de trouver le moyen de rendre les principales idées de leurs travaux accessibles à tous, et particulièrement à ceux qui n’ont pas le bagage nécessaire pour comprendre le changement climatique, les émissions ou les COP. Il faut le vouloir pour s’intéresser au changement climatique quand on n’est pas sûr d’avoir assez pour pourvoir aux besoins de sa famille. J’ai aussi remarqué une inégalité au niveau des conséquences, ce sont les plus pauvres qui contribuent le moins au problème et qui en sont les véritables victimes. 

Ma responsabilité, en tant que personne ayant le privilège de suivre une éducation internationale et en tant que citoyen du monde, est de prendre les choses en main et trouver des solutions au changement climatique. Grâce à mes études au Collège universitaire de Sciences Po, à la formation reçue via le programme “Climate x” de la GAUC et mon expérience de la COP 27, j’ai confiance en ma capacité à utiliser mes connaissances et mes qualités pour m’impliquer et être un acteur de la fin du statu quo.

Arimiyaw Saasi: Je suis persuadé que ma formation académique m’a donné les outils nécessaires pour participer à la COP 27. La façon dont le programme de mon master est conçu m’a permis de me spécialiser sur les sujets de l’environnement et du développement par des cours couvrant des champs critiques dont le financement de la biodiversité et du climat, le développement durable, les politiques énergétiques de la demande et la géopolitique climatique dans le contexte du “net zéro”. Dans le cadre de mes études en master, j’ai aussi bénéficié d’une expérience professionnelle en tant que stagiaire du secteur privé dans le domaine des stratégies de baisse des émissions de carbone en entreprise, de l’incubation des entreprises du domaine environnemental et du développement commercial.

Ma génération a hérité d’une planète frappée d’une “trilemne” composé de la diminution de la biodiversité, du changement climatique et de la crise géopolitique, qui implique de mettre la priorité sur le développement durable en urgence. Ce trilemne requiert que nous collaborions entre jeunes pour trouver des solutions pérennes afin de construire un monde meilleur, pour nous et pour les générations futures.

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