Accueil>Le mentorat à Sciences Po : un outil pour l'égalité des chances ?

12.01.2023

Le mentorat à Sciences Po : un outil pour l'égalité des chances ?

L'égalité des chances s'inscrit au coeur des ambitions de Sciences Po et de son directeur Mathias Vicherat. Au coeur de la politique de Sciences Po sur ce sujet : les Conventions Éducation Prioritaires (CEP), une voie d'admission en bachelor spécifique aux élèves issus de lycées répondant à un certain nombres de critères. 

Dans ce cadre, Sciences Po propose aux étudiants issus de la voie CEP de bénéficier d'un programme de mentorat leur permettant d'être accompagné pendant un an dans leur parcours professionnel, et souvent personnel, par un mentor en poste dans une entreprise partenaire. Le mentor peut accompagner son filleul sur de multiples thématiques : orientation (choix de destination en 3A, de master, de stages, de métier), culture (conseils de lectures, d'expositions, confiance en soi), networking (apprentissage des techniques spécifiques et mise en relation avec des professionnels)… 74 binômes se sont formés sur l'année 2021 / 2022 et les partenaires du programme pour l'année 2023 sont au nombre de 16.

Pour certains étudiants, l'expérience de mentorat peut être non seulement une richesse le temps de leurs études mais aussi à l'origine d'une véritable vocation. C'est le cas de Dylan Mavoungou qui a témoigné lors de la cérémonie de lancement du Mois du Mentorat à Sciences Po le 10 janvier 2023 et qui a accepté de se livrer à un entretien dans lequel il témoigne de son parcours personnel et donc unique.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours à Sciences Po ?

Je suis Dylan Mavoungou, Fondateur de Camplus et en fin de Master 2 à l'École d'affaires publiques de Sciences Po, que j’ai intégrée en 2017 à partir du Lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles.

C’est en rentrant des États-Unis en 2020 dans le cadre de la 3e année d’échange universitaire complètement hors sol que j’ai eu envie de donner plus de sens à ma trajectoire professionnelle. Dans ce contexte, la période de confinement révélait les inégalités des conditions de continuité pédagogique entre les foyers plus ou moins favorisés et il m’a paru primordial d’assurer une retransmission aux plus jeunes de certaines opportunités dont j’avais pu bénéficier à plusieurs moments de mon parcours, notamment en faisant de bonnes rencontres qui ont suscité mon ambition, y compris à Sciences Po.

Cet esprit d’entraide intergénérationnelle est d’ailleurs très présent à Sarcelles et pas qu’en milieu scolaire mais aussi dans le sport, par exemple, où on parle de “Sarcelles industry” parce que beaucoup de talents en sortent, inspirés par leurs aînés.

À ce titre, Camplus, en tant que projet lancé par des jeunes, pour des jeunes, s’appuie fortement sur la notion de “pédagogie par les pairs” dans le cadre de nos pédagogies alternatives. J’ai dédié mon année de césure à développer ce projet avec mon frère Dario et une équipe d’étudiants post-bac, tous animés par l’envie de partager leurs expériences et transmettre leurs compétences. Rapidement, nous avons été soutenus par nos anciens professeurs et la Mairie de Sarcelles pour concrétiser nos actions. 

Enfin, mon choix de Master et mes différentes expériences professionnelles en tant qu’étudiant ont confirmé mon souhait de m’engager pour une éducation plus juste. J’ai capitalisé sur ce que Sciences Po m’apportait, notamment en termes de codes, de réseau et d’opportunités pour remporter le soutien de partenaires privés et du Ministère de l’Éducation nationale qui nous a permis d’étendre le programme Camplus et d’en faire un projet professionnel.

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Dylan Mavoungou, président fondateur de Camplus et étudiant à Sciences Po (crédits : Collectif Mentorat)

Vous avez fait partie de la première promotion de la fabrique du mentorat, pouvez-vous nous en dire davantage sur cette expérience ?

Un de mes premiers mentors a été Taoufik Vallipuram, président de OuiShare et administrateur de B Corp. Bien avant que j’entre à Sciences Po, il était venu dans ma classe quand j’étais en première au lycée pour nous proposer des stages en nous mettant à disposition son réseau et je l’avais interpellé en lui demandant : “mais pourquoi vous faites ça ?”. J’avais besoin de comprendre ce qui le motivait à venir nous aider. 

Nous nous sommes revus pour échanger et j’ai été percuté par son engagement. Cette rencontre s’est transformée peu à peu en amitié et continue de me booster aujourd’hui dans ce que j’entreprends. Le plus marquant c’est qu’à travers cette relation je pense avoir développé la capacité de savoir m’entourer des personnes qui peuvent me faire avancer dans mon parcours. 

Taoufik a d’ailleurs permis à Camplus d’être incubée au sein de Ouishare pour assurer le lancement du projet. Une fois soutenu dans le cadre de l'initiative 1 jeune 1 mentor, Camplus a rejoint le Collectif Mentorat et nous avons en effet bénéficié de la Fabrique du mentorat, leur programme d’accompagnement aux associations en situation de changement d’échelle. Les ateliers nous ont notamment permis de consolider le cadre de nos différents programmes de mentorat, leur réplicabilité et les rôles attendus des différents acteurs (structures associatives, mentors, mentorés, partenaires...). 

Grâce à l’efficacité de nos actions de terrain, démontrées par des évaluations qualitatives approfondies pour chaque promotion, et valorisées par un rapport de recherche-action, nous accompagnons aujourd’hui 1 000 jeunes par an et sommes présents sur plus de 10 territoires des régions Île-de-France et Provence-Alpes-Côtes d’Azur.  

Vous êtes le président fondateur de Camplus, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ce projet ?

Camplus, c’est plus qu’un camp apprenant, c’est un incubateur de réussite éducative qui valorise des pédagogies alternatives pour renforcer le pouvoir d'agir des jeunes de quartiers populaires sur leur parcours.

L'association rassemble des étudiants et jeunes diplômés de parcours de réussite variés, des professeurs coordinateurs, acteurs associatifs, et partenaires publics / privés pour expérimenter de nouvelles pratiques pédagogiques qui permettent aux jeunes de prendre le pouvoir sur leur avenir.

Après CAMP+, une semaine intensive en immersion, les lycéens des Réseaux d'Éducation Prioritaire sont mentorés 4 heures par mois pour approfondir les contenus du séjour et ils bénéficient de rencontres inspirantes. Le programme leur permet également d’apporter aux mentors leurs savoirs, leurs riches expériences et de valoriser leurs idées pour développer les activités de l’association. 

À la fin de ce cycle de mentorat, tous les participants sont formés pour accompagner à leur tour les futurs bénéficiaires de leur ville. C’est par cet engagement que le programme leur est proposé à titre gratuit.

La vision plus globale de ce projet est que les jeunes de tous horizons puissent avoir un avenir à la hauteur de leurs ambitions. À ce titre, la question de la représentativité des minorités dans les postes à responsabilité est centrale et nous avons là-dessus un rôle à jouer à Sciences Po, au-delà du dispositif CEP. Avec Camplus, nous y sommes prêts !

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Légende de l'image de couverture : Cérémonie de lancement du Mois du Mentorat 2023 (crédits : Collectif Mentorat)

12.01.2023

Le mentorat à Sciences Po : un outil pour l'égalité des chances ?

L'égalité des chances s'inscrit au coeur des ambitions de Sciences Po et de son directeur Mathias Vicherat. Au coeur de la politique de Sciences Po sur ce sujet : les Conventions Éducation Prioritaires (CEP), une voie d'admission en bachelor spécifique aux élèves issus de lycées répondant à un certain nombres de critères. 

Dans ce cadre, Sciences Po propose aux étudiants issus de la voie CEP de bénéficier d'un programme de mentorat leur permettant d'être accompagné pendant un an dans leur parcours professionnel, et souvent personnel, par un mentor en poste dans une entreprise partenaire. Le mentor peut accompagner son filleul sur de multiples thématiques : orientation (choix de destination en 3A, de master, de stages, de métier), culture (conseils de lectures, d'expositions, confiance en soi), networking (apprentissage des techniques spécifiques et mise en relation avec des professionnels)… 74 binômes se sont formés sur l'année 2021 / 2022 et les partenaires du programme pour l'année 2023 sont au nombre de 16.

Pour certains étudiants, l'expérience de mentorat peut être non seulement une richesse le temps de leurs études mais aussi à l'origine d'une véritable vocation. C'est le cas de Dylan Mavoungou qui a témoigné lors de la cérémonie de lancement du Mois du Mentorat à Sciences Po le 10 janvier 2023 et qui a accepté de se livrer à un entretien dans lequel il témoigne de son parcours personnel et donc unique.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours à Sciences Po ?

Je suis Dylan Mavoungou, Fondateur de Camplus et en fin de Master 2 à l'École d'affaires publiques de Sciences Po, que j’ai intégrée en 2017 à partir du Lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles.

C’est en rentrant des États-Unis en 2020 dans le cadre de la 3e année d’échange universitaire complètement hors sol que j’ai eu envie de donner plus de sens à ma trajectoire professionnelle. Dans ce contexte, la période de confinement révélait les inégalités des conditions de continuité pédagogique entre les foyers plus ou moins favorisés et il m’a paru primordial d’assurer une retransmission aux plus jeunes de certaines opportunités dont j’avais pu bénéficier à plusieurs moments de mon parcours, notamment en faisant de bonnes rencontres qui ont suscité mon ambition, y compris à Sciences Po.

Cet esprit d’entraide intergénérationnelle est d’ailleurs très présent à Sarcelles et pas qu’en milieu scolaire mais aussi dans le sport, par exemple, où on parle de “Sarcelles industry” parce que beaucoup de talents en sortent, inspirés par leurs aînés.

À ce titre, Camplus, en tant que projet lancé par des jeunes, pour des jeunes, s’appuie fortement sur la notion de “pédagogie par les pairs” dans le cadre de nos pédagogies alternatives. J’ai dédié mon année de césure à développer ce projet avec mon frère Dario et une équipe d’étudiants post-bac, tous animés par l’envie de partager leurs expériences et transmettre leurs compétences. Rapidement, nous avons été soutenus par nos anciens professeurs et la Mairie de Sarcelles pour concrétiser nos actions. 

Enfin, mon choix de Master et mes différentes expériences professionnelles en tant qu’étudiant ont confirmé mon souhait de m’engager pour une éducation plus juste. J’ai capitalisé sur ce que Sciences Po m’apportait, notamment en termes de codes, de réseau et d’opportunités pour remporter le soutien de partenaires privés et du Ministère de l’Éducation nationale qui nous a permis d’étendre le programme Camplus et d’en faire un projet professionnel.

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Dylan Mavoungou, président fondateur de Camplus et étudiant à Sciences Po (crédits : Collectif Mentorat)

Vous avez fait partie de la première promotion de la fabrique du mentorat, pouvez-vous nous en dire davantage sur cette expérience ?

Un de mes premiers mentors a été Taoufik Vallipuram, président de OuiShare et administrateur de B Corp. Bien avant que j’entre à Sciences Po, il était venu dans ma classe quand j’étais en première au lycée pour nous proposer des stages en nous mettant à disposition son réseau et je l’avais interpellé en lui demandant : “mais pourquoi vous faites ça ?”. J’avais besoin de comprendre ce qui le motivait à venir nous aider. 

Nous nous sommes revus pour échanger et j’ai été percuté par son engagement. Cette rencontre s’est transformée peu à peu en amitié et continue de me booster aujourd’hui dans ce que j’entreprends. Le plus marquant c’est qu’à travers cette relation je pense avoir développé la capacité de savoir m’entourer des personnes qui peuvent me faire avancer dans mon parcours. 

Taoufik a d’ailleurs permis à Camplus d’être incubée au sein de Ouishare pour assurer le lancement du projet. Une fois soutenu dans le cadre de l'initiative 1 jeune 1 mentor, Camplus a rejoint le Collectif Mentorat et nous avons en effet bénéficié de la Fabrique du mentorat, leur programme d’accompagnement aux associations en situation de changement d’échelle. Les ateliers nous ont notamment permis de consolider le cadre de nos différents programmes de mentorat, leur réplicabilité et les rôles attendus des différents acteurs (structures associatives, mentors, mentorés, partenaires...). 

Grâce à l’efficacité de nos actions de terrain, démontrées par des évaluations qualitatives approfondies pour chaque promotion, et valorisées par un rapport de recherche-action, nous accompagnons aujourd’hui 1 000 jeunes par an et sommes présents sur plus de 10 territoires des régions Île-de-France et Provence-Alpes-Côtes d’Azur.  

Vous êtes le président fondateur de Camplus, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ce projet ?

Camplus, c’est plus qu’un camp apprenant, c’est un incubateur de réussite éducative qui valorise des pédagogies alternatives pour renforcer le pouvoir d'agir des jeunes de quartiers populaires sur leur parcours.

L'association rassemble des étudiants et jeunes diplômés de parcours de réussite variés, des professeurs coordinateurs, acteurs associatifs, et partenaires publics / privés pour expérimenter de nouvelles pratiques pédagogiques qui permettent aux jeunes de prendre le pouvoir sur leur avenir.

Après CAMP+, une semaine intensive en immersion, les lycéens des Réseaux d'Éducation Prioritaire sont mentorés 4 heures par mois pour approfondir les contenus du séjour et ils bénéficient de rencontres inspirantes. Le programme leur permet également d’apporter aux mentors leurs savoirs, leurs riches expériences et de valoriser leurs idées pour développer les activités de l’association. 

À la fin de ce cycle de mentorat, tous les participants sont formés pour accompagner à leur tour les futurs bénéficiaires de leur ville. C’est par cet engagement que le programme leur est proposé à titre gratuit.

La vision plus globale de ce projet est que les jeunes de tous horizons puissent avoir un avenir à la hauteur de leurs ambitions. À ce titre, la question de la représentativité des minorités dans les postes à responsabilité est centrale et nous avons là-dessus un rôle à jouer à Sciences Po, au-delà du dispositif CEP. Avec Camplus, nous y sommes prêts !

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Légende de l'image de couverture : Cérémonie de lancement du Mois du Mentorat 2023 (crédits : Collectif Mentorat)

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