Faut-il légaliser le cannabis ?

Discussion autour de l’ouvrage Faut-il légaliser le cannabis ? de Henri Bergeron et Renaud Colson.

En présence de : 

  • Henri Bergeron, directeur de Recherche CNRS, sociologue au Centre de sociologie des organisations et directeur de l’Executive Master “Management des Politiques Publiques” de Sciences Po
  • Renaud Colson, maître de conférences, Faculté de Droit de l’Université de Nantes
  • Caroline Janvier, députée du Loiret, rapporteure de la mission d’information parlementaire sur le cannabis récréatif
  • Professeur Michel Kazatchkine, membre de la Commission Globale sur les politiques publiques en matière de drogues.

Modération : un.e journaliste d’Alternatives économiques (en attente de confirmation).

Le consensus qui a longtemps prévalu sur la prohibition du cannabis a disparu. L’usage de ce produit est désormais toléré dans de nombreux pays et plusieurs États en ont légalisé la production et la distribution à des fins récréatives. Ce n’est pas le cas de la France où la consommation et les trafics de cannabis font l’objet, depuis une vingtaine d’années, d’une réponse pénale de plus en plus vigoureuse.

Le niveau d’usage demeure pourtant très élevé, notamment chez les jeunes, et l’interdit légal s’accompagne de nombreux effets pervers, en particulier la création d’un vaste marché criminel et sa violence associée, la circulation de produits frelatés et les conséquences sanitaires qui lui sont liées, et la marginalisation des consommateurs.

Faute de distinguer entre les effets délétères du cannabis et les conséquences négatives de son interdiction, le risque est que la prohibition se renforce de ses propres échecs à la manière d’une prophétie autoréalisatrice. Le débat est d’autant plus difficile à mener qu’il est techniquement complexe et ne se résume pas à l’alternative simpliste entre interdiction absolue et liberté sans limite dans laquelle on veut trop souvent l’enfermer.

Il convient de prendre la mesure des connaissances scientifiques acquises sur le sujet afin d’évaluer le droit en vigueur de la manière la plus neutre possible, et de réfléchir aux conditions de sa réforme. 

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