Jonas Gahr Støre : alumnus et Premier ministre de la Norvège

"Le rôle des chefs d’État et de gouvernement dans la résolution des crises". En 1985, alors qu’il planchait sur ce sujet au cours de sa dernière année d’études à Sciences Po, le jeune étudiant norvégien Jonas Gahr Støre, ne se doutait peut-être pas qu’il se trouverait un jour lui-même… chef de gouvernement. Ce jour est pourtant arrivé, le 14 octobre dernier, lorsqu’il est devenu Premier ministre de son pays.

"Élève intelligent, méthodique et sympathique"

C’est en 1981, à tout juste 21 ans, que le jeune Jonas Gahr Støre entre à l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris. Avant de rejoindre les bancs de Sciences Po, il avait déjà choisi, lors de ses études secondaires, de suivre pour spécialisation des matières qui allaient le pousser vers une vie d’engagement politique : politique sociale, politique intérieure norvégienne, politique internationale ou encore économie sociale. Formé ensuite à la Norwegian Naval academy comme officier de réserve, il passe l’année précédant son arrivée à Paris sur un navire de la marine nationale en tant qu'officier de navigation.
Autant dire un élève au parcours déjà atypique lorsqu’il franchit pour la première fois les portes du 27 rue Saint-Guillaume.

Déjà francophile et disposant d’une solide connaissance de la langue française, il choisit de candidater au Certificat d’études politiques de l’IEP, prélude à l’entrée à l’école pour les étudiants étrangers. Il souhaite alors y parfaire ses connaissances en section Relations internationales dont il va suivre la spécialité tout au long de son cursus.

Les cours de professeurs éminents de l’école, parmi lesquels celui d’Hélène Carrère d’Encausse sur L’URSS et le camp socialiste européen : histoire politique et sociale, le cours de Relations internationales donné par Gilles de la Menardière ou celui portant sur La politique extérieure de la France depuis 1944 d’Alfred Grosser, figurent à son emploi du temps qui devient rapidement chargé.

Tout au long de ses quatre années passées à Sciences Po, ses professeurs louent de manière générale ses qualités d’éloquence, sa grande capacité de travail et ses facultés de progression. Ils sont nombreux à mentionner ses "analyses fines, ses "remarques toujours très constructives" mais aussi ses "résultats spectaculaires", comme ceux obtenus en fin d’année dans le cadre de la conférence de méthode Institutions politiques qu’il suit durant l’année 1982-1983.
Un "élève intelligent, méthodique et sympathique", dit de lui son professeur d’Économie. Sur sa maîtrise de la langue française, son professeur d'Histoire-Géographie en 2ème année mentionne, certes, quelques erreurs, mais note qu’il a su acquérir en moins de deux ans "le rythme de la langue et le sens de l’élégance !"

Relations internationales, Droit, Économie, Questions européennes, Anglais, Allemand... Le jeune étudiant acquiert à Sciences Po toutes les bases qui lui serviront plus tard lors de sa longue et prospère carrière politique. Son professeur de Relations internationales en dernière année donne de lui cette appréciation d'ensemble : "Très bon élément souhaitant parfaire ses connaissances des relations internationales lors de son passage en France. Globalement très positif. Parmi les meilleurs".

Parmi les meilleurs, il lui faudra continuer de l’être en effet, pour poursuivre son cursus à la London School of Economics où il passe ensuite un master en relations internationales avant un passage par Harvard aux États-Unis.

Un parfum de changement pour la Norvège

Investi très jeune en politique, Jonas Gahr Støre poursuit une carrière engagée jusqu’à sa nomination en tant que ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement de Jens Stoltenberg en 2005. Il occupe le poste jusqu’en 2012 puis prend les rênes du Ministère de la Santé. C’est en 2014 qu’il prend la tête du Parti travailliste alors que son président de l’époque, le même Jens Stoltenberg, part occuper le poste de secrétaire général de l’OTAN.
C’est donc aux commandes du Arbeiderpartiet que Støre mène campagne aux élections législatives de septembre 2021, "pour la lutte contre les inégalités, contre la centralisation et pour une politique climatique ‘juste’".
Le Parti travailliste arrive en tête et forme une coalition minoritaire avec le Parti centriste. Jonas Gahr Støre est officiellement nommé Premier ministre le 14 octobre suivant, mettant fin à huit années de gouvernement du parti conservateur en Norvège. À l’instar de ses homologues allemand, suédois, danois et finlandais, son arrivée à la tête du gouvernement marque le grand retour de la social-démocratie en Europe.

"Je veux une société plus équitable avec des opportunités pour tous, que l’on s’efforce de mettre tout le monde au travail. C’est la priorité numéro un".

Son gouvernement se compose aujourd’hui de dix femmes et huit hommes, d’une moyenne d'âge de 46 ans.
Un alumnus au parcours politique riche et engagé, dont il faudra suivre les prises de décisions en ces temps de multiples crises. Gageons qu’en 1985, lorsqu’il rédigeait son devoir à Sciences Po, le futur dirigeant norvégien avait déjà quelques idées.

Crédit : Dossier étudiant de Jonas Gahr Støre/Département archives, DRIS, Sciences Po

L'équipe éditoriale de Sciences Po

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