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25 août 2026
Rentrée 2026 : le directeur de Sciences Po accueille les étudiants en première année

Lundi 24 août, 9h : Sciences Po ouvre ses portes aux près de 1 800 nouveaux élèves en première année de bachelor au Collège universitaire, qui entament deux semaines intensives de prérentrée.
Ils prennent place sur les bancs des amphithéâtres, au sein d'un de nos six campus en région ou de l'amphithéâtre historique Émile Boutmy à Paris, pour écouter le discours que leur adresse le directeur de Sciences Po, Luis Vassy, un discours articulé autour de trois exigences qui sont pour lui la raison d’être de notre institution : le mérite, la vérité et la liberté.
“Le mérite, qui vous a ouvert cette porte et que vous devrez continuer à cultiver ; la vérité, comme exigence envers vous-mêmes ; la liberté, comme régime commun à protéger et comme faculté individuelle à exercer pleinement : voilà, au fond, ce que je souhaite placer sous le signe de votre première année à Sciences Po.”
Découvrez à votre tour les espoirs, conseils et mises en garde qui guideront les nouveaux arrivants tout au long de leur parcours universitaire et professionnel.
Le discours écrit, en intégralité
Très chères étudiants,
Que vous soyez ici, à Paris, ou connectés depuis nos campus, permettez-moi de commencer par un petit mot en anglais.
I just wanted to say to our English-speaking students that, today, I will address the student body in French but, when I'll be very sonn touring the campuses, our interactions will take place in English. We've made our maximum to translate today's message in real time.
Ce matin, vous faites vos premiers pas à Sciences Po, dans une communauté extrêmement riche et diverse : des étudiants venus de tous les continents ; des enseignants qui comptent parmi les meilleurs dans leur discipline, issus du milieu universitaire comme du monde professionnel. Vous savez que c'est l'une des particularités de cette école. J'ai vu en arrivant des visages heureux mais aussi un peu anxieux. Je voulais vous dire que c'est un sentiment tout à fait normal, que j'ai moi-même partagé lorsque j'ai fait mon entrée à Sciences Po en 1997. Dans une école fort différente de celle d'aujourd'hui, puisque vous êtes près de 1 800 élèves à faire votre entrée cette année à Sciences Po, une croissance absolument exceptionnelle qui est aussi le signe du succès de cette institution depuis des décennies.
Notre travail, avec les équipes qui m'entourent, va évidemment être que le bonheur reste et que l'anxiété disparaisse dans les semaines, dans les jours, dans les heures qui viennent. Pour cela, vous avez des équipes à Sciences Po tout à fait mobilisées pour vous soutenir et vous venir en aide tout au long de votre parcours.
Je ne peux pas toutes les citer mais permettez-moi un mot spécifique pour Jeanne Lazarus, la doyenne du Collège universitaire, son adjointe, Marie Rassat, Kate Vivian qui s'occupe notamment de la vie étudiante, et Anne-Solenne de Roux, directrice de la formation initiale. Et, bien sûr, les équipes des campus et leurs directeurs, que je salue à distance et que j'ai hâte de retrouver au Havre, à Dijon, à Menton, à Nancy, à Reims et à Poitiers.
Je sais que cela fait déjà beaucoup de noms et de visages à connaître. Je veux que vous ayez immédiatement une chose à l’esprit : le voyage que vous commencez aujourd’hui sera une expérience intellectuelle mais aussi profondément humaine. Il sera fait de rencontres, d’amitiés, de découvertes et, je vous le garantis, d’une certaine intensité.
Sciences Po est un parcours académique de haut niveau. Vous le savez d’ailleurs. Vous êtes entrés ici pour apprendre à travailler davantage, mieux, et sur des objets plus difficiles.
C’est particulièrement vrai à l’heure où l’intelligence artificielle remet en question l’idée même d’université, de ce que nous y faisons et de ce que nous y apprenons. Je veux être clair : l’IA ne rend pas le travail que vous ferez ici moins nécessaire ; il me semble qu'elle élève au contraire le niveau de ce que l’on est en droit d’attendre. Si une machine peut produire en quelques secondes un résumé correct, il devient d’autant plus important que vous sachiez, vous étudiants de Sciences Po, faire plus et faire mieux : lire un texte par vous-mêmes, en saisir les nuances, repérer les présupposés, vérifier les sources, construire une démonstration, formuler une pensée qui soit réellement la vôtre.
C’est le sens de la réforme du bachelor que nous avons portée avec Jeanne Lazarus et dont vous êtes les premiers témoins et bénéficiaires. Cette réforme est fondée sur un double aspect le renforcement de l'ambition intellectuelle, déjà élevée à Sciences Po, par un approfondissement des fondamentaux, avec notamment l'introduction d'un nouveau cours de lecture des grands textes de philosophie et de théorie politiques, mais aussi des capacités quantitatives et mathématiques, de l'écriture académique, et du niveau en langues étrangères. En parallèle de ces ambitions intellectuelles, de ce sens de l'effort, de cette capacité à aller au fond des choses, vous développerez votre créativité, votre agilité intellectuelle par l'utilisation des arts au sein du parcours pédagogique de Sciences Po.
Pour commencer cette année, je voudrais vous parler aussi de ce qui fait, à mes yeux, la raison d’être de cette maison de plus de 150 ans. Cela tient, à mon sens, en trois mots, en trois exigences qui se répondent et qui se nourrissent l’une l’autre : le mérite, la vérité, la liberté.
***
Commençons par le mérite, qui me vaudra, dès que nous mettrons ce discours en ligne, des remarques sur le fait que je devrais retourner en première année prendre le cours de sociologie.
Il existe aujourd’hui une curieuse gêne autour des mots de sélection, d’excellence ou de mérite. Je n’en ai pour ma part aucune. Sciences Po est une institution sélective, plus encore aujourd’hui qu’il y a 25 ans, et je dois le dire, comme je le dis souvent à nos anciens : je n'aurais sans doute pas pu être à votre place vu le niveau de sélectivité actuel.
Nous avons publié la semaine dernière les statistiques du rapport d'admissions, qui témoignent d'un niveau encore plus élevé cette année pour la cohorte qui nous rejoint, félicitations. Plus de 40 % d'entre vous ont obtenu le baccalauréat avec les Félicitations du jury, les autres ayant également un niveau extrêmement élevé.
Sciences Po n’est pas l’école d’une élite entendue comme une caste qui se reproduirait à l’identique et se réserverait les positions de pouvoir. En revanche, Sciences Po est bien une école du mérite : si vous êtes ici, c’est que vous avez gagné votre place au terme d’un processus de sélection extrêmement exigeant.
Quelle que soit votre origine géographique ou sociale, quels que soient les revenus de vos parents, ce sont d’abord votre travail, vos efforts, votre curiosit é, votre capacité à progresser et votre motivation qui vous ont conduits jusqu’ici.
Cela ne signifie évidemment pas que nous ignorons les inégalités. Les sciences sociales nous apprennent au contraire à en mesurer la force : le poids des héritages, des réseaux, les conditions matérielles d’existence nourrissent évidemment des inégalités scolaires. Mais constater des déterminismes ne signifie pas proclamer une assignation. Si nous finissions par croire que chacun n’est que le produit de son origine, si chaque réussite pouvait être réduite à un privilège antérieur, alors l’idée même d’éducation perdrait une grande part de son sens.
Une université qui ne croit plus à la capacité des individus à dépasser ce dont ils ont hérité finirait, au fond, par ne plus croire en sa propre mission. Et quel monde triste qui s’en tient aux seules corrélations sans jamais voir qu’elles ne sont pas nécessairement des causalités et encore moins des fatalités.
Permettez-moi une boutade. Il m'arrive pendant l'été de lire des papiers scientifiques, j'en ai lu un de l'Insee l'autre jour qui indique que la taille est un facteur déterminant de la réussite sociale et personnelle. Vous voyez où je veux en venir : si je m'étais tenu, avec 1,68 m, à des considérations sur la fatalité de cette corrélation, vous imaginez bien que ma vie aurait été différente.
Et c’est précisément pour cela que nous sommes si attachés à l’égalité des chances. Rien n'est écrit d'avance. Elle ne consiste pas à diminuer l’exigence ; elle consiste à permettre à davantage de jeunes d’y satisfaire. C’est tout le sens, depuis vingt-cinq ans, de la politique sociale menée par Sciences Po qui passe notamment, mais pas uniquement, par les Conventions éducation prioritaire : élargir le vivier dans lequel nous allons chercher les talents, sans jamais abaisser le niveau d'ambition et d'attentes vis-à-vis de ceux-ci. Je veux d’ailleurs saluer le fait que la réforme de la procédure d’admissions que nous avons mise en place il y a deux ans nous a permis d'accroître significativement le niveau de sélectivité et le niveau d'ouverture sociale.
Dévaloriser le mérite est un luxe que les enfants de milieux populaires ne peuvent pas se permettre et j'en parle en connaissance de cause. Pour celles et ceux qui n’ont ni réseau ni patrimoine, le travail, l’école et la reconnaissance du mérite restent parmi les plus importants et puissants instruments d’émancipation.
Il existe un second écueil, symétrique du premier : croire que le mérite serait la fin de l’histoire. Comme si, une fois admis ici, vous aviez acquis à dix-huit ans – dix-sept, seize, quinze même, pour un ou deux d'entre vous – une sorte de droit de tirage sur les positions les plus enviables de la société. Ce discours-là, vous ne l’entendrez jamais de ma bouche. Votre admission n’est pas un titre de noblesse. Votre diplôme, demain, ne sera pas une rente.
Être à Sciences Po vous ouvre des possibilités ; cela vous donne surtout des responsabilités. Je le dis d’autant plus simplement que beaucoup de jeunes, probablement tout aussi talentueux et motivés que vous, auraient rêvé d’être à votre place. Cette chance doit vous donner non pas de l’orgueil, mais de l’humilité ; non pas un sentiment de supériorité, mais le désir d’être à la hauteur.
***
Le mérite ne suffit toutefois pas à définir ce que vous venez chercher ici. Cela m’amène à un deuxième mot : la vérité.
Le mot peut sembler solennel, je l’emploie pourtant sans détour. À Sciences Po, vous allez apprendre à chercher la vérité. Non pas parce que nous prétendrions la posséder, mais précisément parce qu’elle n’est jamais donnée d’avance et qu’il faut du travail pour s’en approcher.
Il existe une différence entre une opinion et une démonstration ; entre une intuition et un résultat établi ; entre une conviction et une connaissance éprouvée. L’université commence par cette distinction. Elle n’a rien d’autoritaire : elle est au contraire la condition même d’un désaccord rationnel.
Bien sûr, tout savoir est produit quelque part, par des femmes et des hommes, dans des institutions, à une époque donnée. Les sciences sociales nous ont appris à ne jamais oublier ces conditions de production. Mais de là ne découle nullement que toute vérité serait relative au point de vue de celui qui parle, ni que toutes les affirmations auraient la même valeur. La vérité n’est pas le résultat d’un système de domination.
Bruno Latour, qui eut une influence majeure sur le développement scientifique et intellectuel de Sciences Po, puisqu'il en a été le directeur scientifique de nombreuses années, et que l’on a parfois caricaturé en penseur du relativisme, s’en inquiétait dès 2004 dans un texte au titre très explicite : Why Has Critique Run out of Steam? Il constatait que les instruments de la critique, conçus pour dévoiler les conditions sociales de production des faits, pouvaient être retournés par les climatosceptiques pour mettre en doute jusqu’à l’existence de faits scientifiquement établis.
La leçon est importante : montrer comment une connaissance est construite ne signifie pas qu’elle est arbitraire. La critique n’est pas d’autant plus intelligente qu’elle dissout davantage le réel. Si nous renonçons à distinguer le vrai du faux, le probable de l’improbable, le démontré de l’affirmé, alors nous nous désarmons face au complotisme, à la désinformation, au climatoscepticisme et, demain, aux productions artificielles les plus convaincantes de l’IA.
Assumer cette exigence signifie accepter de s’exposer à des thèses, des analyses et des savoirs qui, parfois, nous dérangent. C’est heureux, car vous n’êtes pas là pour entendre seulement ce avec quoi vous êtes déjà d’accord. Vous êtes là pour rencontrer des pensées qui vous déplaceront, vous irriteront parfois, et peut-être vous feront changer d’avis. C’est l’un des grands privilèges de la vie universitaire.
En revanche, je veux insister sur le fait que nos enseignants ne confondront jamais ce devoir de déranger vos certitudes avec un discours de nature politique. C’est tout le sens du principe cher à Max Weber de neutralité axiologique auquel nous sommes collectivement attachés. Il y a un lieu pour l’engagement et la conviction : la cité, le débat public, la vie associative et politique. Et il y a une exigence propre à l’amphithéâtre : celle de la démonstration, de la méthode, de la contradiction et de l’honnêteté intellectuelle. Les deux mondes communiquent naturellement, mais ils ne doivent pas se confondre.
J’en viens à un autre danger : confondre l’esprit critique et ce que j’appellerais l’esprit de critique. L’esprit critique est une méthode ; l’esprit de critique peut devenir une posture. Le premier examine, compare, doute, vérifie. Le second risque de finir par soupçonner, disqualifier, déconstruire mécaniquement tout ce qui existe.
Le véritable esprit critique suppose une honnêteté parfois inconfortable : soumettre ses propres certitudes aux faits et à la contradiction. Il est toujours plus facile d’identifier les angles morts des autres que les siens. Cette exigence sera particuli èrement importante pour l'année qui s'ouvre et qui sera marquée dans notre pays par des échéances politiques électorales importantes nécessitant plus que jamais un débat rationnel et civil.
Vous entendrez donc ici des personnes avec lesquelles vous serez profondément en désaccord. Ce n’est pas un dysfonctionnement de l’université. C’est l’université. Le droit à la parole ne commence pas là où finit votre accord, et la contradiction n’est pas une agression.
Albert Camus écrivait en 1946 : “Nous étouffons parmi les gens qui croient avoir absolument raison.” Gardez cette phrase en tête. Le meilleur service que vous puissiez rendre à vos convictions est de les rendre assez solides pour supporter la discussion.
***
J’en viens enfin au troisième mot, peut-être le plus important : la liberté.
Avant de s’appeler Sciences Po, notre école s’appelait l’École libre des sciences politiques. Ce nom, choisi en 1872, dit quelque chose de très profond de notre identité. Sciences Po est une école de la liberté au double sens du terme : la liberté comme régime politique (le cadre dans lequel elle a été instituée) et la liberté comme faculté individuelle de penser, de parler et d’agir. Sciences Po n’a de sens que dans une société où l’on considère qu’il vaut mieux convaincre que contraindre, discuter que faire taire, argumenter qu’intimider.
C’est pourquoi la liberté d’expression à Sciences Po est absolue. C’est pourquoi nous avons une vie associative, politique et syndicale extraordinairement riche ; des milliers d’événements ; une liberté d’expression et une liberté académique qui doivent être garanties pour tous.
Mais la liberté n’est pas la loi du plus bruyant. Elle ne donne à personne le droit d’empêcher les autres d’étudier, d’enseigner, de parler ou d’écouter. Elle ne donne à aucun d’entre nous le droit d’imposer son point de vue par la pression. On peut contester une conférence ; on ne peut pas la faire taire par la force. On peut manifester contre une décision ; on ne peut pas intimider ceux qui pensent autrement. On peut critiquer l’institution ; on doit respecter les règles qui rendent possible notre vie commune.
Notre responsabilité commune est de protéger ce cadre précieux qu’est Sciences Po. Car ce cadre est la condition du pluralisme. Elle garantit que personne n’a à vérifier ou à se conformer à l’opinion dominante avant de prendre la parole, et qu’aucune majorité, réelle ou supposée, ne peut transformer le désaccord en faute morale.
Cela vaut dans les amphithéâtres comme dans les couloirs et dans les boucles WhatsApp. Refusez les comportements grégaires et les procès d’intention. Essayez de connaître réellement celui avec qui vous êtes en désaccord. La bienveillance n’est pas une mollesse, la gentillesse n’est pas une faiblesse ; c’est ce qui permet à une communauté diverse de supporter des désaccords forts sans se défaire.
La liberté, enfin, est aussi une capacité d’agir. On dit parfois que Sciences Po est une école du pouvoir. Je préfère dire que c’est une école du pouvoir faire : comprendre une situation, décider, convaincre, organiser, transformer le cours des choses plutôt que simplement le commenter.
Cela suppose aussi d’accepter de confronter la théorie à l’épreuve du réel. Raymond Aron racontait qu’à son retour d’Allemagne, au début des années 1930, il avait exposé à Joseph Paganon, alors sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères, une brillante analyse sur la situation allemande. Celui-ci l’avait écouté avant de lui poser une question très simple : “Et vous, si vous étiez à ma place, que feriez-vous ?” Aron reconnaissait avoir été beaucoup moins brillant dans sa réponse. Cette question, disait-il, ne l’avait ensuite jamais quitté. Nous ne voulons pas former ici des commentateurs mais des femmes et des hommes d’action.
Je trouve la leçon d'Aron profondément sciencespiste. Comprendre le monde ne suffit pas : il faut aussi se demander ce que l’on peut y faire. L’action oblige à tenir compte des contraintes, à hiérarchiser les priorités, à mesurer les conséquences et, souvent, à choisir entre plusieurs solutions imparfaites, ce qui permet de se tenir à distance des postures absolutistes et intransigeantes. Non pas renoncer à ses principes, mais se demander comment les traduire dans le réel.
C'est pour cela aussi que nous devons étudier des objets qui parfois nous angoissent, voire nous répulsent. J'ai parlé de l'intelligence artificielle, je pourrai également parler du climat. Si nous ouvrons cette rentrée une nouvelle école de master, l'École du climat, avec une majeure “adaptation” qui est importante, ce n'est pas parce que nous renonçons à lutter contre le changement climatique, c'est parce que nous savons que dans la vie réelle l'adaptation sera aussi nécessaire. Il en va de même de la guerre, pour citer Hérodote : “Nul homme sensé ne peut préférer la guerre à la paix. En temps de paix les fils ensevelissent leurs pères, en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils.” Pourtant, Hérodote étudie la guerre, un objet qu'il déteste, rejette. C'est ce que nous faisons ici également, en essayant de comprendre ce que sont les grandes fractures géopolitiques, internationales, les raisons pour lesquelles les conflits se multiplient. Pour cela, nous venons d'ouvrir un centre de recherches dédié à la question de la sécurité internationale et des conflits.
C’est précisément ce dont nous avons besoin face au dérèglement climatique, face au dérèglement géopolitique : pouvoir les étudier librement, former des esprits capables de penser librement, et parfois radicalement, mais aussi capables de passer à l'action.
C’est cette liberté-là – la capacité d’agir avec lucidité et responsabilité – que Sciences Po doit vous aider à acquérir.
***
Je voudrais, avant de conclure, ajouter un dernier mot sur la maison que vous rejoignez.
Sciences Po est extraordinairement ouverte sur le monde. Peu d’institutions françaises accueillent autant d’étudiants internationaux, organisent autant d’échanges, sont ouvertes à d'autres cultures académiques et intellectuelles. C’est l’une de nos très grandes forces.
Sciences Po n’est pas seulement une institution située en France. C’est une institution universitaire française. On y allie la rigueur et la créativité, la capacité d’analyse et les outils de la recherche, l’histoire et les mathématiques. Et c'est ce mélange très particulier, unique et spécifique, qui vous guidera dans les mois et les années qui viennent.
Profitez aussi d'être dans ce beau pays qu'est la France. Visitez dans nos régions, à Paris, l'environnement qui vous entoure ; imprégnez-vous de ce pays. Pour les étudiants étrangers en English track, prenez le temps d’apprendre cette belle langue.
Le mérite, qui vous a ouvert cette porte et que vous devrez continuer à cultiver ; la vérité comme exigence envers vous-mêmes ; la liberté, comme régime commun à protéger et comme faculté individuelle à exercer pleinement : voilà, au fond, ce que je souhaite placer sous le signe de votre première année à Sciences Po.
Profitez pleinement de la chance d’être là. Forgez des amitiés et surtout suivez le conseil de Stefan Zweig dans Le Monde d’hier, citant Émile Verhaeren : “Admirez-vous les uns les autres”.
Sciences Po va devenir votre maison, non seulement pour trois, cinq, six ans parfois, mais pour une grande partie de votre vie. Vous allez y rencontrer des personnes passionnantes, souvent très différentes de vous, et presque toujours remarquables. Certains deviendront des amis pour la vie.
En cette première heure du nouveau chapitre de votre nouvelle vie, je voudrais vous dire que vous avez toutes les raisons d'être confiants et nous serons là pour vous accompagner dans ce chemin. Nous sommes ici pour vous et que l’aventure commence !
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