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22.02.2022

« J'ai appris à m'ouvrir aux autres cultures » : rencontre avec Ofure Emmanuel Elomien

Ofure Emmanuel Elomien, étudiant originaire du Nigeria (crédits : Ofure Emmanuel Elomien)

Ofure Emmanuel Elomien, étudiant originaire du Nigeria, a suivi un cursus de six mois sur le campus de Sciences Po à Paris, dans le cadre d’un échange universitaire financé par Erasmsus+ dans le cadre de la mobilité internationale de crédits (MIC). Il nous raconte dans un témoignage écrit une expérience formatrice et inspirante, entre ouverture à de nouvelles cultures et prise de conscience des grands enjeux du continent africain. 

Un parcours international à Sciences Po

"J’ai grandi à Lagos au Nigeria et quand j’étais jeune, je me demandais pourquoi le continent africain était différent de tous les autres continents, en termes de développement humain, social ou d’infrastructures. Je me suis parfois même imaginé que quelque chose clochait avec la “race noire” (*black race dans le texte original), que nous étions victime d’une forme de sortilège ou de malédiction. Alors pour essayer de trouver des réponses, je me suis promis de me lancer un jour dans une étude autour de l'interdépendance de la race, de la culture et du développement. Avoir l’opportunité de venir en France pour un programme d’échange avec Sciences Po était donc, d’une certaine façon, un rêve devenu réalité. Il s’agissait de ma première expérience de voyage international et mes attentes étaient grandes.

J'avais hâte de découvrir la réalité de la société européenne que j'avais fantasmée, depuis le Nigeria, à travers la télévision et la littérature. J’avais également lu que Sciences Po était "le Harvard de la France" et que de nombreux hommes d'État et diplomates, dont des anciens présidents français, y avaient étudié. 

Aujourd'hui, quand je fais le bilan de mon passage à Sciences Po, je peux affirmer que cette expérience a été une révélation, non seulement en raison de son niveau d’excellence - en tant que première institution d'apprentissage dans le domaine des sciences sociales - mais aussi car elle m'a permis de rencontrer des personnes très différentes, issues de toutes les parties du monde et d'apprendre d'elles.

Lutter contre « l’effet papillon »

Le cursus en lui-même était très stimulant et enrichissant sur le plan intellectuel. J’ai particulièrement apprécié la méthode pédagogique proposée, avec des ateliers et des séminaires ponctués d’interventions de personnalités de premier plan. Je me souviens tout particulièrement d’un intervenant qui avait évoqué ce qu’il appelait « l’effet papillon » et son impact sur la crise afghane. 

Pour lui, la (mauvaise) gestion d'un événement peut entraîner une chaîne d'autres événements. Ce concept de l’"effet papillon" a été pour moi un apport majeur, car il a mis en évidence l'importance d'aborder les problèmes sociaux dans une perspective plurielle.

« Une véritable expérience intellectuelle »

Les interactions entre les professeurs et les étudiants étaient également très enrichissantes en termes d’apprentissage. Et cette approche pédagogique à la fois rigoureuse et libre transformait chaque heure de cours en une véritable expérience intellectuelle. 

Sur le plan personnel, les ateliers et séminaires de l’école m’ont aidé à mûrir et à me développer. Je pense particulièrement à une conférence avec le président de Microsoft, Brad Smith, sur le thème « La cyberdiplomatie : les défis critiques de la cybersécurité et de la souveraineté numérique ». Son intervention m’a permis d'appréhender des questions contemporaines brûlantes comme le développement, la migration, la cybersécurité, la sécurité et les conflits ou encore la nécessité d'une gestion  pragmatique de ces conflits.

Grâce à cette présentation, j'ai compris comment la diplomatie, la sécurité et la politique se recoupent pour assurer la paix, la stabilité et le développement durable que ce soit aux niveaux local, national, continental et mondial. J’ai pris conscience qu'il ne peut y avoir de sécurité mondiale sans sécurité continentale, ni sécurité continentale, sans pays sécurisés. De la même façon, il ne peut y avoir de pays sécurisés sans communautés sécurisées, et pas de communautés sécurisées sans la sécurité des membres individuels de la communauté. Tout est imbriqué. 

Les réflexions de Brad Smith ont alimenté mon ambition d’avoir un impact positif dans mon pays, le Nigeria, mais aussi dans le monde en général, de contribuer à créer un environnement qui permette aux citoyens de devenir la meilleure version d'eux-mêmes, avec une approche qui consiste à se concentrer sur une communauté à la fois. « La paix n'est pas seulement l'absence de conflit ; la paix est la création d'un environnement où tous peuvent s'épanouir », pour citer Nelson Mandela.

De nouvelles perspectives (et des amis pour la vie)

Grâce à ce programme d'échange, j’ai enfin eu l’opportunité d'acquérir une expérience internationale et d'apprendre de la culture des habitants d'autres parties du monde. Sur le plan de la diversité, j'ai pu intégrer et comprendre différentes dynamiques culturelles, ce qui m'a aidé à devenir plus ouvert et réceptif aux personnes de divers horizons et cultures. Cet échange m'a fait prendre conscience de l’importance d'être multilingue, surtout si l'on aspire à internationaliser sa carrière et son rayonnement social. 

La très forte concentration d'étudiants internationaux de différents pays au sein du Campus de Sciences Po mais aussi de la Cité internationale universitaire de Paris - m'a offert un véritable espace d'échanges interculturels. Dans ma classe de français, par exemple, nous venions d’une dizaine de pays différents, tout en étant en petit effectif. Cela nous a permis de vraiment créer des liens et de partager des moments mémorables ensemble, à l'intérieur et à l'extérieur du campus.

Cette diversité culturelle, éducative et sociale de la communauté étudiante n'a pas seulement eu un impact sur mes recherches et ma formation, elle m'a également permis de nouer des amitiés profondes et de m’ouvrir, à la fois sur le plan social et pour construire des perspectives professionnelles.

Je n’aspire évidemment pas à résoudre tous les problèmes du continent africain mais grâce aux connaissances et aux expériences acquises lors de ce programme d’échange, je peux contribuer à construire une société africaine qui rendra fière les futures générations. Et j’espère le faire en développant des initiatives et des espaces d’échanges pour faire avancer l’histoire du développement africain, une étape à la fois".

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Article rédigé par L'équipe éditoriale de Sciences Po