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24.02.2022

Maxime Chaury, alumnus et entrepreneur : "Tout a commencé à Sciences Po !"

Maxime Chaury, directeur de Flash Coffee en Indonésie (crédits : Maxime Chaury)

À tout juste 29 ans, Maxime Chaury, diplômé de l’École des affaires internationales de Sciences Po (PSIA) en 2015, est aujourd'hui à la tête de l'enseigne Flash Coffee en Indonésie, une chaîne de 80 cafés dans l’agglomération de Jakarta. Entre Europe, Afrique et Asie, il nous parle de sa carrière déjà très riche. Rencontre.

Pouvez-vous nous présenter le parcours universitaire puis professionnel qui vous a mené jusqu'ici ?

C’est une longue histoire, mais tout a commencé à Sciences Po ! J’ai beaucoup aimé mes deux premières années sur le campus de Paris, où j'ai pu me confronter à de nouvelles disciplines. Venant d’une terminale scientifique, j’ai découvert l’économie, la sociologie, la sciences politique et le droit, c’était passionnant. J’ai également pu débuter une belle aventure avec l’équipe de basket de Sciences Po (que j’ai suivi pendant cinq ans jusqu’à en devenir capitaine lors de mon master) et créer de nombreuses amitiés qui durent encore aujourd’hui. Dans le cadre de ma troisième année, je suis parti à l’université de Chicago où j'ai notamment pu prendre des cours à la Chicago Booth Business School. J’avais dix neuf ans et le reste des étudiants en avait plus de trente, ce fut une expérience très enrichissante !

Puis en master, j’ai rejoint l’École des affaires internationales (PSIA) avec une spécialité dans les économies émergentes. J’ai décidé de participer au programme d’échange de Sciences Po avec Saint Cyr Coëtquidan, une expérience fascinante qui m’a permis de repousser mes limites psychologiques et physiques. J’ai poursuivi par une année de césure au Vietnam, tout d’abord à Business France au sein de l’ambassade à Hanoi où j’ai rédigé le guide des Affaires Vietnam, puis en tant que Business Developer à Ho Chi Minh Ville chez Geodis, une filiale de la SNCF.

Après avoir obtenu mon diplôme de master, j’ai eu la chance de rejoindre pour la première fois une entreprise de l’écosystème Rocket Internet : Jumia Food, en Algérie. En tant que bras droit du directeur, j’ai pu découvrir le monde passionnant des startups dans les pays émergents. J’ai réalisé que c’était un environnement qui me convenait parfaitement : découverte de nouveaux pays et de nouvelles cultures, très forte responsabilisation, croissance et apprentissages rapides, culture du résultat et un environnement jeune et international.

Par conséquent, j’ai décidé de renforcer ma maîtrise de la boîte à outils des affaires en poursuivant avec un double diplôme entre le master grande école de l’ESSEC à Singapour et le MBA de l’Université nationale de Séoul en Corée. La grande majorité des gérants de ventures de Rocket Internet ayant un background dans le capital investissement et le consulting, j’ai travaillé pendant six mois dans un fond de Private Equity à Abidjan (Côte d’Ivoire) avant de rejoindre le cabinet de conseil en Stratégie Roland Berger à Casablanca (Maroc). Au bout d’un an, j’ai eu l’opportunité de revenir dans l’écosystème Rocket Internet en tant que Directeur de Zen Rooms (une entreprise tech dans l’hospitalité) en Malaisie. Nous avons connu une croissance rapide en 2019, mais nous avons ensuite été très affectés par la crise du Covid-19. Après deux années à Kuala Lumpur, j’ai donc rejoint Flash Coffee en Indonésie en avril 2021. Depuis, nous avons ouvert plus de 65 magasins et multiplié notre chiffre d’affaires par 25 !C’est une longue histoire, mais tout a commencé à Sciences Po ! J’ai beaucoup aimé mes deux premières années sur le campus de Paris, où j'ai pu me confronter à de nouvelles disciplines. Venant d’une terminale scientifique, j’ai découvert l’économie, la sociologie, la sciences politique et le droit, c’était passionnant. J’ai également pu débuter une belle aventure avec l’équipe de basket de Sciences Po (que j’ai suivi pendant cinq ans jusqu’à en devenir capitaine lors de mon master) et créer de nombreuses amitiés qui durent encore aujourd’hui. Dans le cadre de ma troisième année, je suis parti à l’université de Chicago où j'ai notamment pu prendre des cours à la Chicago Booth Business School. J’avais dix neuf ans et le reste des étudiants en avait plus de trente, ce fut une expérience très enrichissante !

Puis en master, j’ai rejoint l’École des affaires internationales (PSIA) avec une spécialité dans les économies émergentes. J’ai décidé de participer au programme d’échange de Sciences Po avec Saint Cyr Coëtquidan, une expérience fascinante qui m’a permis de repousser mes limites psychologiques et physiques. J’ai poursuivi par une année de césure au Vietnam, tout d’abord à Business France au sein de l’ambassade à Hanoi où j’ai rédigé le guide des Affaires Vietnam, puis en tant que Business Developer à Ho Chi Minh Ville chez Geodis, une filiale de la SNCF.

Après avoir obtenu mon diplôme de master, j’ai eu la chance de rejoindre pour la première fois une entreprise de l’écosystème Rocket Internet : Jumia Food, en Algérie. En tant que bras droit du directeur, j’ai pu découvrir le monde passionnant des startups dans les pays émergents. J’ai réalisé que c’était un environnement qui me convenait parfaitement : découverte de nouveaux pays et de nouvelles cultures, très forte responsabilisation, croissance et apprentissages rapides, culture du résultat et un environnement jeune et international.

Par conséquent, j’ai décidé de renforcer ma maîtrise de la boîte à outils des affaires en poursuivant avec un double diplôme entre le master grande école de l’ESSEC à Singapour et le MBA de l’Université nationale de Séoul en Corée. La grande majorité des gérants de ventures de Rocket Internet ayant un background dans le capital investissement et le consulting, j’ai travaillé pendant six mois dans un fond de Private Equity à Abidjan (Côte d’Ivoire) avant de rejoindre le cabinet de conseil en Stratégie Roland Berger à Casablanca (Maroc). Au bout d’un an, j’ai eu l’opportunité de revenir dans l’écosystème Rocket Internet en tant que Directeur de Zen Rooms (une entreprise tech dans l’hospitalité) en Malaisie. Nous avons connu une croissance rapide en 2019, mais nous avons ensuite été très affectés par la crise du Covid-19. Après deux années à Kuala Lumpur, j’ai donc rejoint Flash Coffee en Indonésie en avril 2021. Depuis, nous avons ouvert plus de 65 magasins et multiplié notre chiffre d’affaires par 25 !

 

Pourquoi avez-vous choisi Sciences Po et plus particulièrement PSIA dans le cadre de vos études ? En quoi cette formation vous a-t-elle aidé à devenir entrepreneur ? 

Pour moi, Sciences Po a toujours été l’école par excellence des esprits curieux et ambitieux ! Curieux, c'est-à-dire qui veulent comprendre comment fonctionne le monde contemporain ; et ambitieux, c'est-à-dire qui veulent “marquer le monde du sceau de leur intériorité” comme dirait Hegel, et donc le transformer en ayant un impact positif et durable. Je me reconnais dans ces deux adjectifs, et je pense qu’ils sont absolument déterminants pour devenir un entrepreneur. 

Par ailleurs, la diversité des enseignements et la possibilité de choisir ses cours parmi un grand nombre d’options permet à chacun de poursuivre ses intérêts et de bâtir une solide culture générale. Sciences Po est une des rares écoles professionnalisantes qui dispense une éducation humaniste au sens profond du terme (“Que rien de ce qui est humain ne me soit étranger” disait Jean Pic de la Mirandole). On nous enseigne non seulement à penser comme une économiste, un juriste ou une cheffe d’entreprise, mais aussi, à travers un cursus historique robuste, comme un révolutionnaire français en 1789, une anarchiste russe en 1905 ou un dirigeant nord coréen dans les années 50 !


Développer des esprits empathiques, capables de penser par eux-mêmes et d’analyser le monde ; des individus curieux ouverts au débat d’idées : c’est là le pari audacieux de Sciences Po ! Je me rappelle encore du discours d’accueil du président de la FNSP d’alors et un conseil clé qu’il avait prodigué : “Quand vous avez une opinion sur un sujet, commencez par lire des avis contradictoires et échangez avec ceux qui ont un point de vue opposé, puis essayez de vous mettre à leur place”. Un conseil simple et universel, mais d’une grande utilité dans la vie d’un entrepreneur, qui doit en permanence penser comme ses propres employés, ses investisseurs, ses clients, ses partenaires, ses concurrents, etc.

Au-delà de cet état d’esprit, la quantité des livrables et le niveau d’exigence de l’enseignement de Sciences Po permettent à ses étudiants de développer rapidement des capacités d’organisation et de productivité qui s’avèrent essentielles dans la gestion d’une entreprise.

Le choix plus spécifique de PSIA était principalement lié à ma passion pour les questions globales. La forte exposition à l’international à la fois au niveau du cursus, du corps étudiant et des opportunités de stage, était essentielle pour moi. Quant à la stimulation intellectuelle du cursus, elle n’était pas là pour me déplaire ! L’enseignement de PSIA a été un atout clé dans la construction de ma carrière globale, entre Europe, Afrique et Asie.

 

Vous vous êtes spécialisé dans la création d'entreprise et le management de start-ups. De votre point de vue, quelles sont les compétences et qualités nécessaires à une étudiante ou un étudiant de Sciences Po qui souhaite se lancer dans l'entrepreneuriat à l'étranger, et plus précisément en Asie du Sud-Est ?

Si vous êtes à Sciences Po, vous êtes déjà bien parti ! La capacité de travail, la curiosité intellectuelle et l’ambition qui vous ont amené à franchir la porte du 27 rue Saint Guillaume vous seront d’une grande utilité. Bien entendu, de nombreuses autres qualités s’avèrent jouer un rôle important.

maximechaury

La première est sans doute l’adaptabilité, soit la capacité à être physiquement et psychiquement mobile, ouvert et désireux de modifier ses comportements et attitudes en fonction de son environnement. Cette adaptabilité/flexibilité n’est pas seulement nécessaire au sein d’une entreprise, mais aussi dans la recherche d’emploi : savoir ce que l’on veut faire et postuler auprès d’un maximum d'entreprises dans des industries et zones géographiques variées multiplie les chances de succès, surtout en début de carrière.

En lien avec cette adaptabilité, la créativité est également essentielle. Que ce soit pour lancer une nouvelle entreprise ou reprendre une entreprise existante, on ne peut pas se permettre de faire la même chose que les concurrents : on doit faire mieux, plus vite et/ou différemment pour réussir. La créativité permet de trouver des chemins de traverse, d’expérimenter des choses nouvelles et donc de créer de la valeur.

L'audace constitue le troisième trait nécessaire de l’entrepreneur. S’adapter aux contraintes de l’environnement en ayant des idées innovantes est important, encore faut-il avoir le courage de les mettre en application, sans craindre d’échouer ou de déplaire, mais en étant prêt à pivoter dès que l’on identifie des signes qu’une décision différente serait plus productive. Le courage d’agir dans l’incertitude donc, mais aussi d’admettre que l’on s’est trompé. Il faut suffisamment d’ego pour se lancer et suffisamment d’humilité pour se mettre en permanence en question.

Ces qualités sont essentielles dans le travail d’entrepreneur, mais sont également très utiles pour s’adapter à de nouvelles cultures, qu’elles soient en Asie du Sud-Est ou dans d’autres régions du monde. D’ailleurs, l’Asie du Sud-Est a toujours été un lieu d’une grande diversité, au cœur des échanges internationaux. Un des noms de l’Indonésie en sanskrit est Nusantara, “les îles de l’entre deux” (entre Chine et Inde), mais de manière plus générale, l’archipel a été influencé par les échanges culturels et commerciaux avec notamment Chinois, Indiens, Perses, Arabes,  Portugais, Néerlandais et Anglais ; ce sont des lieux d’une diversité exceptionnelle. D’une certaine manière, être étranger dans ce genre d’environnement, c’est presque être local !

En termes de compétences, la méthodologie, l’organisation et la rigueur que vous aurez développé à Sciences Po seront des atouts. Cependant, même si vous apprenez vite, avoir une exposition préalable aux fondamentaux des affaires avant de vous lancer vous fera gagner du temps. Développer une culture générale en stratégie, finance, ressources humaines, vente, marketing, management, opérations, logistique, comptabilité et droit des affaires ne peut pas faire de mal, bien au contraire ! 

Propos recueillis par l'équipe éditoriale de Sciences Po

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