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31.03.2022

Charles Michel à Sciences Po : "Soyons fiers d'être Européens !"

Sciences Po
Charles Michel (crédits : @Thomas Arrivé / Sciences Po)

Invité à l’initiative de l'association étudiante Le Parlement des étudiants de Sciences Po, Charles Michel, tout juste reconduit pour un second mandat à la tête du Conseil européen, a partagé à Sciences Po, le 28 mars dernier, ses analyses de la situation en Ukraine et plus particulièrement de l’implication de l’Union européenne dans le conflit.

 “L'Histoire n’est pas une ligne droite”

Le président du Conseil européen avait choisi Sciences Po pour s’exprimer devant des étudiantes et des étudiants, venus en nombre occuper jusqu’au dernier siège libre de Boutmy, l’amphithéâtre emblématique de l’école de la rue Saint Guillaume à Paris. Mathias Vicherat, son directeur, a accueilli cet invité spécial avec fierté : "C’est un honneur pour notre université de vous recevoir dans ces temps si complexes et si troubles. Cet honneur est aussi une forme de responsabilité en ce 150e anniversaire de notre institution : celle de poursuivre l’œuvre de nos fondateurs”.

En resituant ses propres années d’étudiant à Bruxelles et Amsterdam au coeur d’une époque emplie d’espoirs (chute du mur de Berlin, désintégration du bloc soviétique, accélération du projet européen..), celui qui allait devenir quelques décennies plus tard Premier ministre de Belgique, a évoqué la situation actuelle plus compliquée pour cette nouvelle génération, qui gardera longtemps en mémoire cette guerre, jusqu’à récemment impensable. 

“Les débris et les cendres de deux guerres mondiales consécutives ont été, paradoxalement, le terreau fertile de l’édification européenne. Une Europe pacifique, unie, et de plus en plus forte, où la loi et les règles protègent les droits et les intérêts de chacun“, a-t-il partagé. Le projet européen, tel qu’il avait été créé au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour garantir la démocratie et la paix à travers des valeurs communes, le droit et le dialogue entre les États, a certes parfois pu être ébranlé par l’Histoire, mais la trame de fond perdure : “nous formons, avec les 27, une famille, avec des différences, des différends, nous passons des jours et des nuits à discuter, à rechercher un terrain d’entente et toujours nous y parvenons”, s’est-il félicité. 
Cependant, alors que les démocraties libérales européennes se voient aujourd’hui parasitées par de nouvelles formes d’autocratie, il a rappelé que “l’Histoire n’est pas une ligne droite”. Face à ces accélérations et aux défis mondiaux contemporains, Charles Michel a signifié aux étudiantes et étudiants l’urgence d’une autonomie stratégique européenne : “c’est le défi de notre, de votre génération”. Mais il s’agit de veiller au respect des valeurs communes de dignité, de solidarité, de dialogue, sans oublier que l’UE doit rester une force commune prospère et un acteur respecté de la scène géopolitique internationale : “l’objectif est d’exercer une plus grande influence, inspirée par nos valeurs, (...) de cesser de n’être que le terrain de jeu pour les ambitions des autres, mais d’être un acteur qui respecte mais qui est capable aussi de se faire respecter”.

Face à la guerre, la réaction “unie, forte, rapide et sans précédent” de l’Europe

En réponse à l’attaque ordonnée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine le 24 février dernier, l’Europe a su faire preuve d’une réaction “unie, forte, rapide et sans précédent” : aide militaire et humanitaire massive, sanctions économiques historiques à l’égard de la Russie et coordination avec les partenaires européens.
Cette guerre déclenchée par la volonté d’un seul homme est la première depuis la Seconde Guerre mondiale par un membre de l’OTAN, sans justification tangible, un “crime flagrant de violation de la loi internationale”. “Vladimir Poutine ne peut pas accepter que dans, comme il le dit, ‘ses territoires historiques’, ‘sa zone d’influence’, les peuples qui y vivent fassent le choix de se tourner vers le monde libre et démocratique. Elle est probablement là, la raison réelle de cette guerre”, analyse Charles Michel. Il a expliqué également comment le chef d’État russe s’était trompé sur de nombreux fronts : en pensant désintégrer le gouvernement ukrainien, en pensant diviser les Européens et en imaginant même ébranler l’alliance transatlantique. 

En exhortant tous les peuples européens à se sentir concernés par ce conflit, même s’ils ne sont pas en première ligne, car c’est l’essence même du projet européen basé sur la solidarité, il a rappelé que le poids et les cicatrices de l’Histoire ont montré que face aux dictatures, aux autocraties, le meilleur message est d’agir ensemble et de “ne pas baisser les yeux quand il s’agit de nos valeurs fondamentales“. “Soutenir les Ukrainiens, c’est nous soutenir nous-mêmes. C’est soutenir leurs droits et leurs libertés. C’est aussi défendre nos intérêts fondamentaux : la paix, l’ordre international fondé sur des règles, l’État de droit, la démocratie”, a résumé Charles Michel. 

En prélude à un long échange avec l’auditoire durant lequel les questions ont été nombreuses et passionnées, le président du Conseil européen a veillé à adresser un message particulier aux élèves : “Dans ce monde qui se transforme, dans ce monde qui change, il y a un impératif. C’est de ne pas se laisser guider par la peur. Au contraire, soyons habités par l’esprit des Lumières. Soyons fiers d’être Européens !”.

L'équipe éditoriale de Sciences Po

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