Portraits dessinés de femmes importantes dans l'histoire de Sciences Po

Un siècle de femmes à Sciences Po

Les étudiantes représentent près de 60 % de la promotion diplômée en juin 2019. Il y a un siècle, les premières femmes entraient à Sciences Po. Des premières étudiantes en 1919 jusqu’à une politique active de soutien de l’égalité aujourd’hui, comment leur place a-t-elle évolué dans l’École ? À l’occasion de ce centenaire,  retour sur 5 dates clés de l’histoire des femmes à Sciences Po.

1919 : les premières étudiantes

En 1919, 47 ans après sa fondation (1872), l’École libre des sciences politiques, - et future Sciences Po -, ouvre pour la première fois ses portes à des étudiantes. Certes, timidement, car, pour être admises, les femmes doivent être titulaires d’un baccalauréat, condition à laquelle les hommes ne sont alors pas soumis. En février 1920, on dénombre 6 étudiantes dans l’École : “deux sont serbes, une danoise, une palestinienne, une française et une canadienne” note le directeur de l’époque, Eugène d’Eichthal. La première diplômée, en 1920, est polonaise et s’appelle Miriam Jaffé ; elle obtient une mention “Très Bien”.

1931 : les mêmes conditions pour tous et toutes

Il faut attendre l’année 1931 pour que l’obtention du baccalauréat soit imposée aux hommes. La proportion de femmes stagne néanmoins à 10 % des effectifs étudiants durant l’entre-deux-guerres. Pourtant, en 1941, la direction instaure un examen spécial pour “réagir contre l’envahissement des jeunes filles”. En ce qui concerne les enseignantes, le bilan est encore bien maigre. La première (1941) et unique (jusqu’en 1968) femme titulaire d’un cours magistral à Sciences Po est Suzanne Bastid, professeure à la faculté de droit et spécialiste de droit international. En 1945, femmes et hommes sont à nouveau soumis au même examen d’entrée, mais les jeunes filles restent peu nombreuses dans les prestigieuses sections “Service Public” et “Économique et Financière”. Elles sont cantonnées à la Section “générale” destinée aux étudiants dits “désintéressés » et soucieux de « culture générale », ainsi qu’à la section “Internationale”.

Années 60 : combats et révolutions

Les années 1960 contribuent à faire bouger les lignes de l’égalité femmes-hommes. Les deux centres de recherche de Sciences Po, - le Centre de recherches internationales (CERI) et le Centre de recherches politiques (CEVIPOF) -, accueillent de nombreuses femmes chercheuses à l’instar de Janine Mossuz-Lavau au CEVIPOF et Hélène Carrère d’Encausse au CERI, pour n’en citer que deux.

Les mobilisations étudiantes de 1968 interrogent la condition étudiante et la place des femmes à Sciences Po : une commission du Conseil étudiant, élu en mai, se penche ainsi sur les “problèmes des étudiantes” et ces dernières participent activement à la “révolution” en déposant des motions et en participant aux débats. Mais le Conseil étudiant reste très masculin et les nouvelles instances instaurées en 1969, qui accueillent pour la première fois des étudiants, comptent seulement quelques étudiantes : de 1969 à 1970, elles ne sont que 18 sur 167 étudiants élus.

1999 : 51% de femmes

En 1975, les femmes ne représentent encore que 30% du corps étudiant, chiffre qui grimpe lentement mais sûrement dans les années 1980 et 1990. La promo 1999-2000 marque un tournant : pour la première fois, les étudiantes sont plus nombreuses (51%) que les étudiants. Une majorité qui sera reconduite et augmentée les années suivantes.

Années 2010 : le temps de l’égalité ?

Les années 2010 sont marquées par une politique volontariste en faveur de l’égalité femmes-hommes. En 2010, est lancé PRESAGE, premier programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre à Sciences Po. À sa prise de fonction en 2013, Frédéric Mion, nouveau directeur de Sciences Po, nomme des femmes à des postes stratégiques (direction scientifique, secrétariat général, etc.). Une mission égalité femmes-hommes ainsi qu’une cellule d’écoute de veille et d’écoute sur le harcèlement sexuel sont par ailleurs créées. Enfin, il y a tout juste un an, le 8 mars 2018, deux amphithéâtres parisiens sont rebaptisées des noms de deux alumnae de Sciences Po : Simone Veil et Jeannie de Clarens.

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, la mission égalité femmes-hommes de Sciences Po propose, en collaboration avec la mission Archives de Sciences Po (DRIS), Sylvaine Detchemendy et l’historienne Marie Scot, une exposition itinérante sur tous nos campus relatant l’histoire de la place des femmes à Sciences Po.

Abonnez-vous à nos newsletters

"Pas de photo, c'est interdit"

"Pas de photo, c'est interdit"

Si votre photo n’est pas assez bonne, c’est que vous n’êtes pas assez près”, disait le photographe Robert Capa. Dans leurs cours consacré au photojournalisme, Dimitri Beck, Alain Genestar et leurs prestigieux invités poussent les futurs journalistes à aiguiser leur regard, leur curiosité, mais aussi leur humanité. Pour apprendre à capturer le réel dans l’obturateur, et parfois sa beauté. 

Lire la suite
Engagée pour les océans

Engagée pour les océans

À l’occasion de la Semaine des Océans à Sciences Po, nous avons rencontré Ève Isambourg, étudiante en 3ème année du Collège universitaire et activiste pour la protection des océans. Après deux ans sur les bancs du campus de Paris, Ève a consacré sa troisième année à l’étranger à mobiliser les esprits sur les questions océaniques autour du monde. Dernière étape de sa mission et non des moindres : une conférence devant l’ONU à New York.

Lire la suite
L’Allemagne, le pays où les hauts fonctionnaires se forment à l’université

L’Allemagne, le pays où les hauts fonctionnaires se forment à l’université

Par Cornelia Woll (CEE). Le débat sur la suppression de l’École nationale d’administration est d’autant plus vif qu’il se situe à la convergence de plusieurs enjeux : principes de la méritocratie, ascension sociale, fonctionnement de l’administration publique, réseaux d’influence et rentes professionnelles que procurent les grands corps. D’autres modèles existent chez nos voisins. Une comparaison avec l’Allemagne éclaire le rôle que peut jouer l’université dans la formation de la haute fonction publique.

Lire la suite
Salomé Zourabichvili, alumna et Présidente

Salomé Zourabichvili, alumna et Présidente

Diplômée de Sciences Po en 1972, professeure à Sciences Po entre 2006 et 2015, Salomé Zourabichvili est la première femme élue présidente de Géorgie depuis le 28 novembre 2018. Mais aussi l’une de nos rares alumna femmes et cheffes d’État. À l’occasion de sa conférence du 18 février 2019 dans son alma mater, retour sur la brillante trajectoire d’une étudiante prometteuse, et timide. 

Lire la suite
Fact-checking, un combat difficile à gagner

Fact-checking, un combat difficile à gagner

Les «fake news», ou infox, sont devenues les grandes animatrices des campagnes électorales récentes, de la campagne pro-Brexit au Royaume-Uni jusqu’à l’élection du nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, en passant par diverses élections en Europe et aux États-Unis. Emeric Henry, professeur au Département d'économie de Sciences Po a mené une étude pour étudier comment luttre contre ces "fakes news".

Lire la suite
Paul Claudel, diplomate à ses heures

Paul Claudel, diplomate à ses heures

Poète et dramaturge français, frère de la sculptrice Camille Claudel, membre de l’Académie française, Paul Claudel est un ancien élève de Sciences Po. Bien que son parcours étudiant fut en demi-teinte, les années qu’il passa à Sciences Po ont été déterminantes dans le choix de sa carrière diplomatique. Parallèlement à ses fonctions de consul, Claudel a écrit des poèmes, pièces et essais, loués pour leur lyrisme. Catholique fervent souvent controversé pour ses positions politiques très à droite, Paul Claudel fut un grand artiste symboliste. 

Lire la suite
Voix afghanes

Voix afghanes

Diplômée 2018 de l’École des affaires internationales de Sciences Po, Samina Ansari a choisi de s’engager pour son pays, l’Afghanistan. Devenue directrice exécutive du Centre pour les femmes à l’université américaine d’Afghanistan, elle encourage les femmes de son pays à créer des entreprises. Portrait vidéo d’une alumna engagée.

Lire la suite
Civiliser le capitalisme

Civiliser le capitalisme

Dans son dernier ouvrage, Civiliser le capitalisme (Fayard), Xavier Ragot, président de l’OFCE, propose de repenser le libéralisme économique afin de réduire l’insécurité économique et de défendre la démocratie. Parmi les solutions proposées, la mise en place d’une assurance chômage européenne, comme cela a été fait au niveau national avec les États-providence. Interview.

Lire la suite
Léo Ferré : du sale gosse de Sciences Po au Joli môme de l’Olympia

Léo Ferré : du sale gosse de Sciences Po au Joli môme de l’Olympia

Avant de devenir l’un des plus célèbres chanteurs français du 20ème siècle, Léo Ferré a usé ses pantalons sur les bancs de Sciences Po, dont il est sorti diplômé en 1939 (non sans péripéties). De la Péniche aux plus grandes scènes françaises, retour sur un parcours rempli d’insouciance et de maladresse.

Lire la suite
Travail et handicap : mettre fin aux exclusions

Travail et handicap : mettre fin aux exclusions

Si chacun est conscient que les personnes en situation de handicap rencontrent fréquemment des difficultés sur le marché du travail, on sous-estime souvent ces difficultés. De nombreux dispositifs inclusifs sont pourtant mis en place, mais ne semblent pas toujours suffisants. Comment faire mieux ? C’est cette question que pose Anne Revillard, chercheuse à l’Observatoire sociologique du changement (OSC) et au Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (LIEPP), dans son ouvrage Handicap et travail (Presses de Sciences Po).

Lire la suite