L’écologie comme choix de carrière

En juin 2017, Aliénor Parmentier reçoit son diplôme de l'École d'affaires internationales de Sciences Po (PSIA). Le lendemain, elle a créé sa propre agence de conseil en projets innovants, collaboratifs et durables. Ayant participé à la création du café zéro déchet Code Ø à Lorient, elle y est également responsable communication.

Pourquoi aviez-vous choisi le master Environmental Policy au sein de l'École d'affaires internationales (PSIA) et qu'y avez-vous appris ?

Ce master Environmental Policy était pour moi une évidence : c’est pour cette formation que j’ai intégré Sciences Po. J’étais aussi très attirée par la dimension internationale et la diversité des nationalités représentées au sein de l’École d'affaires internationales. C'était un bon choix : j’ai adoré mes deux an de master. Travailler pour  défendre la nature me préoccupe depuis l’âge de 13 ans, j’ai toujours été sensible à ce sujet, de par mon éducation et ma passion pour la vie au grand air (camping, randonnée, ski, bateau...). C’est là que je me sens bien. C’est ce qui me touche profondément.

Aujourd'hui vous avez votre propre agence de conseil en RSE. Quel sont les principaux défis que vous rencontrez dans ce travail ? Quelles en sont les meilleures récompenses ?

J’ai créé ma structure le lendemain de l’obtention de mon diplôme de Sciences Po. Être à son compte est un défi : il faut être organisé, ne pas trop s’inquiéter de l’avenir tout en allant de l’avant, et savoir bien s’entourer pour travailler avec des personnes en accord avec nos valeurs. L’autre défi est le choix de travailler pour des projets porteurs de sens au niveau éthique et environnemental. Ce n’est pas forcément le cas de tous les projets. 

La meilleure récompense est de voir avancer les projets pour lesquels je me suis investie : je pense à Code Ø, le café zéro déchet à Lorient par exemple. C'est aussi de voir qu'il y a une réelle prise de conscience écologique qui s'opère chez des personnes qui n'étaient pas initiées au sujet de la protection de l'environnement, et qui développent une envie d'agir sincère et profonde. Je pense notamment au skipper - et ancien de Sciences Po - Fabrice Amedeo par exemple. Globalement il y a de plus en plus d’initiatives qui font bouger les choses !

Vous êtes également responsable communication pour un café Zéro Déchet. En quoi consiste ce rôle ?

Cela fait deux ans que je suis investie dans le projet Code Ø, un café objectif zéro déchet ouvert depuis l'été 2019 à Lorient. J'ai contribué à l’élaboration du projet, à son lancement, et depuis son ouverture à sa communication et à la programmation des événements zéro déchet. Mon rôle de responsable communication consiste à faire parler de ce projet génial, de son équipe, des personnes qui l’ont rendu possible, de sa démarche engagée, et de ses ateliers zéro déchet organisés par des citoyens qui souhaitent se mettre en mouvement. C’est un travail passionnant. L’énergie qui se dégage de Code Ø et de son équipe est communicative.

Code Ø, the zero waste café

Quels conseils avez-vous pour des étudiants ou jeunes diplômés qui souhaitent faire de leur engagement écologique leur métier ?

L’engagement écologique peut se traduire dans tous les domaines ! Et il faut des personnes sensibilisées dans toutes les sphères d’action si nous voulons faire basculer les choses. Dispersez-vous, voilà mon conseil ! Dans l'entreprise, la recherche, la politique, le milieu associatif, l'agriculture... Pour vous lancer, entourez-vous d’un réseau qui vous correspond, qui vous pousse, et vous encourage (dans mon cas, c’est La Colloc à Lorient). Et ensuite : lancez-vous ! « Great things never came from your comfort zone » :)

Si vous pouviez sensibiliser toute la France, voire le monde entier, sur un sujet écologique pour avoir un réel impact sur nos comportements et nos modes de vie, ce serait quoi ?

Je crois qu'il faut sensibiliser la population sur ces trois domaines :

  • Le bâtiment : il faut revoir urgemment l’impact carbone du bâtiment, qui reste un des plus gros émetteurs de particules polluantes en France.
  • Le transport : il faut revoir nos modes de transport ! Favoriser le train en améliorant ce service et en le rendant plus accessible financièrement. Et développer encore plus les transports en commun et faciliter les déplacements en vélo en réalisant des aménagements adaptés dans les villes. 
  • La consommation et l’alimentation : il faut le retour de la consigne pour avancer réellement vers le zéro déchet. Signez la pétition de Zéro Waste sur le sujet !

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