Comprendre les populismes

Les 1er et 2 juillet, une cinquantaine d’économistes, de politistes, d’historiens et de sociologues se réunissent à Sciences Po dans le cadre d’un tout nouveau groupe de recherche au sein du Centre for Economic Policy Research. Objet de cette rencontre : la question très actuelle du populisme et des politiques à mener pour lutter contre son emprise. Comment aborde-t-on le sujet épineux du populisme en recherche ? Eléments de réponse avec Sergei Guriev, professeur d’économie à Sciences Po et membre du comité d’organisation.

Pourquoi cet atelier sur le populisme ? En quoi ce sujet intéresse-t-il particulièrement les économistes ?

Le travail des économistes vise à proposer aux décideurs des politiques économiques et sociales optimales. Beaucoup d'entre nous sont perplexes lorsque, au lieu de choisir des politiques favorisant le bien-être social et fondées sur des faits avérés, les décideurs préfèrent faire des promesses incohérentes et irréalistes. Qualifiées de populistes par les économistes, ce genre de politiques remet en cause la raison d’être de l’économie. Et, malheureusement pour les économistes, le populisme se répand aussi bien dans les pays aux économies émergentes que dans ceux bénéficiant d’économies développées.

Vous réunissez lors de cette journée d’étude des chercheurs d’horizons très différents… 

Les économistes se concentrent souvent sur la non-durabilité des promesses populistes. Les chercheurs relevant d’autres sciences sociales peuvent définir populisme autrement. Les politologues, par exemple, considèrent ainsi que l’idéologie populiste est celle qui oppose les «élites corrompues» et le «vrai peuple», ce dernier étant souvent considéré comme uniforme. Or, si le populisme est si difficile à définir, c’est bien parce qu’il est composé d’une pluralité d’ensembles minoritaires. Il est donc nécessaire d’en produire une analyse multidisciplinaire !

Quels sont les facteurs importants à prendre en compte pour mieux l’appréhender ?  

Le débat principal est de savoir si le populisme est motivé par des facteurs économiques ou culturels. Les dimensions économiques peuvent se rattacher à des tendances séculaires, telle que la croissance des inégalités dues au progrès technologique ou à la mondialisation. Elles peuvent aussi renvoyer à des phénomènes temporaires, tels que ceux liés aux crises récentes. Les facteurs culturels peuvent faire référence à l'identité ethnique ou religieuse. On peut penser, par exemple, au rejet des étrangers, des migrants et des minorités. Cette distinction est importante car les multiples origines du populisme impliquent des approches distinctes pour le comprendre. Le populisme est d’autant plus inquiétant que ses différentes origines sont susceptibles de peser, et pire encore d’interagir et se renforcer.

Qu’attendez-vous de cette journée de recherche ?

L’objectif est de dépasser les approches disciplinaires en les mettant en commun afin qu’elles s’enrichissent mutuellement. Une autre intérêt de cette rencontre est sa dimension internationale, puisque interviendront des chercheurs français, mais aussi italiens, suédois, suisses ou encore américains. Y seront abordés des sujets très variés, ayant tous partie prenante dans l'émergence du populisme. Par exemple, nous allons y parler de la digitalisation du travail, des identités, des fake-news, des personnalités des leaders populistes, ou de l’immigration.

 

Programme et inscription

 

 

150 étudiants de Sciences Po au Paris Peace Forum

150 étudiants de Sciences Po au Paris Peace Forum

Du 11 au 13 novembre 2019, se tient à Paris la deuxième édition du Paris Peace Forum. Initié par le président Emmanuel Macron et co-organisé par 8 membres fondateurs dont Sciences Po, ce forum réunit de nombreux acteurs de la gouvernance mondiale. 30 chefs d’État et 150 étudiants de l’École des affaires internationales de Sciences Po (PSIA) ont répondu présents.

Lire la suite
Quels financements publics pour les énergies renouvelables en France ?

Quels financements publics pour les énergies renouvelables en France ?

En France et dans le monde, le développement des énergies renouvelables électriques s’est jusqu’à présent largement appuyé sur des mécanismes de soutien public. Ces mécanismes financent généralement la différence entre la rémunération de leur production sur le marché de l’électricité et le prix cible garanti par l’État au producteur renouvelable. Alors que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à multiplier par trois les capacités de production éoliennes et photovoltaïques en dix ans et que, dans le même temps, les coûts de production de ces technologies sont amenés à baisser, quel besoin de financement public pour les énergies renouvelables électriques peut-on anticiper ?

Lire la suite
Joseph Stiglitz, l'économie contre les inégalités

Joseph Stiglitz, l'économie contre les inégalités

Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, séjourne ce semestre d'automne à Sciences Po, partageant à cette occasion ses travaux avec les étudiants et les chercheurs de l'établissement. L'économiste se livre ainsi sur son parcours et sa carrière, mais aussi sur ses inspirations, ses rapports à l'œuvre de Keynes et ses convictions pour de meilleures politiques publiques, luttant de manière efficace contre les inégalités.

Lire la suite

"Sciences Po, c'est le Harvard français"

La Mastercard Foundation, en partenariat avec Sciences Po, attribue des bourses qui permettent d’accompagner et de former des étudiants du continent africain talentueux et engagés. Témoignages d'étudiants bénéficiaires de ce dispositif.

Lire la suite
Make it Work : Sciences Po s'engage pour le climat

Make it Work : Sciences Po s'engage pour le climat

Suite à l’annonce de Frédéric Mion, en mars 2019, Sciences Po s’engage pour le climat à travers un ensemble d’initiatives éco-responsables regroupées sous le programme “Climate Action: Make it Work”. Programme événementiel dédié, audit des enseignements, plan d'action écoresponsable, consultations en ligne : toutes les communautés de Sciences Po sont invitées à devenir des acteurs engagés pour mener la transition écologique.

Lire la suite
Eric Vinson : “Le droit de croire ou de ne pas croire”

Eric Vinson : “Le droit de croire ou de ne pas croire”

Destinée aux ministres du culte, aux cadres des communautés religieuses et aux professionnels travaillant autour du fait religieux et de la laïcité, “Emouna” est une formation unique dans le paysage universitaire français. Ce programme propose en effet à ses étudiants de découvrir l’environnement politique et institutionnel qui entoure les pratiques religieuses, la laïcité et les différentes religions. Le tout, dans une perspective interdisciplinaire et non-confessionnelle. Qu’est-ce qu’un programme laïque sur les religions ? Qu’y apprend-on ? Depuis 2018, Eric Vinson, spécialiste du fait religieux et de la laïcité, est le responsable pédagogique de cette formation. Il nous explique le sens d’Emouna.

Lire la suite
Nicolas Mathieu : “J’aime la littérature réaliste et cruelle”

Nicolas Mathieu : “J’aime la littérature réaliste et cruelle”

Prix Goncourt 2018 pour son livre Leurs enfants après eux, qui prenait pour sujet la jeunesse désoeuvrée de l’est de la France, Nicolas Mathieu était l’invité de Sciences Po ce 23 octobre 2019. Abordant les sujets de ses inspirations littéraires, de la reproduction des élites ou encore de la politique, l’écrivain s’est prêté au jeu de l’interview vidéo.

Lire la suite
Soutien à Fariba Adelkhah et Roland Marchal

Soutien à Fariba Adelkhah et Roland Marchal

Jeudi 17 octobre 2019. 

La détention en Iran de notre collègue Roland Marchal, directeur de recherche CNRS au CERI, vient d'être rendue publique. Pour des raisons de sécurité, les autorités françaises n'avaient pas encore révélé la nouvelle de son arrestation et nous avaient demandé de respecter cette consigne de discrétion.

Lire la suite
Les admissions sont ouvertes !

Les admissions sont ouvertes !

Vous souhaitez étudier à Sciences Po à la rentrée 2020 ? Les inscriptions sont désormais ouvertes ! Retrouvez ci-dessous le calendrier et les procédures à suivre pour chacune de nos formations.

Lire la suite