Saint Thomas : le nouveau site accueillera les étudiants dans quelques mois

Initié en septembre 2018, le chantier du 1 Saint-Thomas s’est poursuivi en dépit des confinements et fera de ce nouveau site un des lieux majeurs du campus parisien de Sciences Po. Point d’étape avec Emmanuelle Dubrana, Directrice de l’immobilier, avant une livraison attendue avec impatience en novembre, et le début des cours sur place début 2022 !

Emmanuelle DubranaOù en est le chantier du nouveau site du 1 Saint Thomas ? Quel a été l’impact des différentes périodes de confinement sur le calendrier des travaux ?

Emmanuelle Dubrana : Le chantier se trouve maintenant à une étape très avancée : en “hors d’air”. Cela signifie que tous les volumes sont construits, toutes les façades ravalées, tous les espaces patrimoniaux restaurés et les menuiseries posées. Désormais, l’heure est à la finalisation des différents espaces. Lors du premier confinement, le chantier a subi un arrêt total de quelques semaines, mais il a repris dès le mois de mai 2020 pour atteindre rapidement un rythme d’activité très intense. Il est resté au maximum de sa capacité depuis, sans pause estivale. Cela nous permet de prévoir la remise des clés à la mi-novembre prochain ! 

Que reste-t-il à faire avant l’ouverture au public et quand aura-t-elle lieu ? 

E.D : Nous entrons dans une période particulière et délicate du chantier car les équipes de Sciences Po commencent à intervenir sur le site en coactivité avec les entreprises du bâtiment. Côté Sciences Po, nous entamons la phase préparatoire d’équipement en vue du déploiement du réseau Internet et informatique, par exemple, puis de l’installation des matériels audiovisuels. Mi-novembre, à la remise des clés, nous serons définitivement chez nous. Nous devrons alors poursuivre l’équipement, mettre en place le mobilier, et, plus largement, tout ce qui relève des services généraux : poubelles de tri, clés, fontaines à eau, matériels sanitaires… Notre objectif est de pouvoir emménager les premières entités dès la mi-décembre puis d’accueillir nos publics en janvier 2022. Les étudiants pourront donc profiter de Saint-Thomas pour un semestre complet. J’attends avec impatience de voir nos communautés emprunter la liaison entre le 13 Université et le 1 Saint-Thomas. Un lieu symbolique et charnière ! Ce sera sans doute très émouvant pour tous ceux qui ont travaillé sur ce projet depuis l’origine... 

Y aura-t-il déjà des arbres et des jardins quand le site ouvrira ses portes ? 

E.D : La plupart des arbres ont été plantés cet hiver. D’ailleurs, nos premières pommes et poires ont fait leur apparition dans le jardin Rachel Lambert Mellon. Des magnolias ont été plantés dans le cloître, dont le pavage vient d'être achevé. Il reste à terminer la végétalisation de la cour Gribeauval et de certains murs. Dans le jardin Rachel Lambert Mellon, les carrés du potager sont prêts, mais ce sont nos étudiants qui devront concevoir leur projet de plantations, les entretenir et s’occuper des récoltes ! Le jardin et le cloître accueillent également l'œuvre de l’artiste Ivan Argote. Il avait fait le choix d’associer un groupe d’étudiants à la conception de son projet. Le résultat sera bientôt visible. 

Au final, qui travaillera et étudiera sur ce nouveau site ? 

E.D : Absolument tous les étudiants de tous les niveaux, du bachelor au doctorat, pourront avoir cours à Saint-Thomas en fonction de leur emploi du temps : au total, le 13 Université et le 1 Saint-Thomas représenteront un tiers de l’ensemble des salles de cours du campus parisien. Tous les étudiants pourront aussi accéder à la bibliothèque, réserver des salles “projets”, et utiliser les espaces de travail libre et les espaces informels prévus sur le site, où chaque recoin est exploité. Sans oublier bien sûr les lieux où l’on pourra se regrouper ou se donner rendez-vous, la cafétéria, les cours et le jardin, le hall d’accueil, etc. Concernant les espaces de bureaux et les équipes, le site accueillera quatre de nos sept écoles de second cycle, des centres de recherche, la Direction scientifique, une partie de l’Institut des compétences et l’innovation, le Centre pour l’entrepreneuriat et l'Institut McCourt.

Quels sont les lieux que vous avez le plus envie de découvrir “en vrai” ?

E.D : J’ai hâte de voir comment les étudiants vont investir la cour Gribeauval et ses gradins. Cela pourrait bien devenir un lieu unique, la déclivité ayant le pouvoir particulier de créer du lien, comme c’est parfois le cas dans l’espace public, devant le centre Pompidou, par exemple. Mais je suis surtout impatiente de me laisser surprendre par les usages que nous n’avons ni anticipés ni même imaginés ! Personne ne peut prévoir à l’avance où les gens vont se retrouver, s’asseoir pour prendre leur café, discuter, réfléchir, se reposer… C’est cela qui est intéressant, et beau.  

Quelle est la différence entre le projet architectural et la réalité que vous vous apprêtez à dévoiler ? Y-a-t-il eu des surprises ? 

E.D : La réalité surpasse souvent les images du projet ! Avec quelque chose d’extraordinaire en plus, que seul l’avancement des travaux permet de voir : la présence et l'importance de la lumière sur le site. Les architectes ont su préfigurer cela. Pour nous, il est plus difficile de la concevoir à l’avance. Les couleurs, les tons, les verrières : tout cela permet à la lumière d’entrer, de circuler. C’est magnifique. Le chantier a aussi apporté son lot de surprises patrimoniales : des fondations anciennes dans la bibliothèque, et surtout un escalier du 18è siècle, dont la pierre d’origine était totalement masquée par la  peinture et auquel le chantier a restitué sa splendeur. Personnellement, j’ai aussi ressenti une immense émotion quand l’entreprise a retiré les échafaudages du cloître et que j’ai découvert, pour la première fois, la façade restaurée qui réfléchit la lumière de manière incroyable. 

Que va-t-il se passer à l’échelle du quartier et des différentes implantations de Sciences Po ? 

E.D : À l’échelle du quartier, c’est vraiment une grande année qui commence pour notre campus parisien ! La nouvelle implantation de la Librairie, désormais à l’angle du boulevard Saint-Germain et de la rue Saint-Guillaume, crée une petite révolution : pour la première fois, le nom Sciences Po va exister sur ce boulevard mythique. Les parcours de nos communautés vont aussi se modifier, avec la liaison entre le site du 13 Université et du 1 Saint-Thomas, et les nombreux changements opérés pour resserrer le campus. Enfin, en 2022, d’autres opérations démarrent : la création au 30 rue Saint-Guillaume de nouvelles salles de cours et d’un tiers-lieu dédié aux étudiants, avec des espaces de travail et de sociabilité et une offre de restauration légère. Ce bâtiment bénéficie d’une façade vitrée sur rue, une vitrine rare pour Sciences Po, habituellement abritée derrière des murs ou des cours d’hôtels particuliers ! 

L'équipe éditoriale de Sciences Po

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