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15 septembre 2026

Pierre Cahuc est nommé directeur du LIEPP

Le LIEPP annonce la nomination de Pierre Cahuc à sa direction, à compter du 1er août 2026.

Professeur d’économie au sein du Département d'Economie de Sciences Po, Pierre Cahuc est membre de l'Institut universitaire de France et chercheur au CEPR et à l’IZA, où il dirige le programme de recherche « Marchés du travail ». Il dirige également la chaire Sciences Po consacrée à la sécurisation des parcours professionnels. Il est rédacteur en chef adjoint de la revue Economic Policy et rédacteur en chef de l’IZA Journal of Labour Economics. Il a été membre du Conseil d’analyse économique de 2006 à 2010, puis de 2012 à 2016.

Avant de rejoindre le département, il était professeur à l’École polytechnique et à l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE), où il a occupé les fonctions de responsable de la recherche économique au CREST et de directeur du laboratoire de macroéconomie du CREST. Ses recherches portent principalement sur l'économie du marché du travail ainsi que sur les relations entre culture et performances économiques.

Il succède à Anne Revillard, professeure des universités en sociologie au Centre de recherches sur les inégalités sociales (CRIS), qui a dirigé le LIEPP de 2020 à 2026.

À l'occasion de cette prise de fonction, Pierre Cahuc expose les orientations qu'il entend donner au laboratoire, sa conception de l'évaluation des politiques publiques ainsi que les premiers chantiers engagés dans le cadre de son mandat.

Entretien avec Pierre Cahuc

Quelle ambition pour le LIEPP ?

Le LIEPP est déjà une référence nationale de l’évaluation des politiques publiques. 96 chercheurs affiliés, neuf disciplines, 160 évaluations conduites depuis 2011. Mon ambition est d’en faire une plateforme européenne de référence.

Cela suppose trois choses :

  1. Consolider ce qui fait sa singularité : l’interdisciplinarité, à Sciences Po et avec Université Paris Cité.
  2. Répondre à une demande publique qui monte en puissance, en nous appuyant sur le partenariat noué avec l’OFCE-CEPII, devenu l’Institut français d’économie. Cela nous permet d’articuler le micro et le macro, et d’aller au-delà des seuls effets microéconomiques.
  3. Et nous ouvrir davantage à l’international, avec les grands centres européens : le LISER, l’IFS, le WZB.

Je souhaite un laboratoire utile. Utile au débat public, utile à la décision publique, avec une forte exigence scientifique.

Votre vision de l’évaluation ?

Évaluer, ce n’est pas seulement mesurer un effet. C’est comprendre pourquoi une politique produit cet effet, ou ne le produit pas. Une évaluation qui dit « ça marche » sans dire pourquoi ne se transfère pas. Elle vaut pour un dispositif, un territoire, un moment donné. Identifier les mécanismes, c’est ce qui rend un résultat utilisable ailleurs.

De là vient le rôle central de l’interdisciplinarité. Les méthodes quantitatives établissent la causalité. Les approches qualitatives éclairent les contextes et les conditions de mise en œuvre. Ces traditions ont longtemps travaillé en vases clos. Elles gagnent beaucoup à dialoguer. L’évaluation des effets comme des mécanismes est un exercice complexe : elle exige une expertise scientifique de haut niveau et des débats ouverts, conduits en toute indépendance. Répondre à la commande publique, oui. Dire ce que les résultats disent, toujours.

Quel sera le premier chantier ?

La création d’un axe méthodologique transversal. Le LIEPP a accumulé un savoir-faire considérable en méthodes d’évaluation. Ce savoir-faire n’est ni assez visible, ni assez partagé. Cet axe reposera sur quatre piliers :

  1. Un séminaire méthodologique régulier, dans la continuité de Metheval, ouvert aux chercheurs comme aux praticiens de l’évaluation dans les administrations.
  2. Un volet formation, des ateliers pratiques, pour les étudiants et les jeunes chercheurs.
  3. Un travail de diffusion : notes pédagogiques, guides méthodologiques, formats courts à destination des décideurs publics.
  4. Et une cellule d’appui méthodologique, qui accompagnera les projets en amont (questions évaluatives, design, accès aux données), comme en aval, sur l’interprétation et la robustesse des résultats.

Ce type de structure existe à la LSE, à Harvard, à Berkeley. Il manque en France. C’est ce vide que nous voulons combler.

(crédits : Sciences Po/Liepp)