Du côté de la vie

Arturo Garcia Gonzalez est étudiant en 2ème année de bachelor sur le campus de Poitiers. Né en France, il a vécu la majeure partie de sa vie au Mexique. Après avoir obtenu son bac au Lycée franco-mexicain de Mexico, il a choisi Sciences Po notamment pour la place accordée aux projets associatifs dans le cursus. Entretien avec un étudiant engagé, qui s’investit aujourd’hui, bien au-delà des murs du campus, dans la prévention des risques psycho-sociaux en milieu universitaire. 

Comment se traduit votre engagement associatif ?

Cette année, je fais mon projet de Parcours civique au sein de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie. Nous menons une multitude de projets concernant majoritairement la prévention et la réduction de risques, comme par exemple des ateliers sur les produits stupéfiants dans le Centre Pénitentiaire de Vivonne.

Notre projet phare, orchestré par l'Agence Régionale de Santé, est de développer un réseau d'étudiants "ressources", qui seraient formés aux compétences psychosociales. Ces étudiants ont vocation à devenir des relais entre la communauté étudiante et les instances de santé, notamment en ce qui concerne les troubles psychoaffectifs. L’université de Poitiers est un site pilote pour ce projet que l’on voudrait nationaliser par la suite. 

Comment allez-vous former ces étudiants ? Comment seront-ils sélectionnés ?  

Nous voulons les aider à développer leurs compétences psychosociales et leur donner des pistes pour gérer des problématiques de mal-être étudiant, comme les relations interpersonnelles, la gestion du stress, la régulation des émotions. Le contenu de notre formation est en pleine construction, et nous espérons mettre en place le programme à la rentrée 2019. Les étudiants tuteurs seront choisis pour leur implication dans la vie universitaire (relais santé ou sociaux, service civique, etc.).

Il s’agit là d’un engagement très fort. Au-delà de ce Parcours civique, que représente-t-il pour vous ?

J’ai l’impression que la question du suicide est totalement oubliée de l’agenda médiatique, alors qu’elle représente un million de morts par an dans le monde. C’est un sujet tabou. L’Observatoire national de la vie étudiante relève de nombreux cas de dépression et de crises suicidaires. Les étudiants ont parfois du mal à trouver un interlocuteur pour faire face à ces difficultés. Former des étudiants pour qu’ils aident les autres permet de compléter la prise en charge institutionnelle, souvent mal connue. Et puis, c’est bien plus facile de parler à un autre étudiant, de manière informelle, quand on est dans ces situations compliquées. Cela aide à dédramatiser la question du suicide. 

Est-ce votre première expérience dans ce domaine ?

Non, l’année dernière, je suis parti en stage pendant sept semaines à Bogota, en Colombie, pour découvrir diverses institutions. J’ai d’abord travaillé dans une fondation privée qui aide des jeunes, plutôt issus de familles aisées, à sortir de l’addiction aux drogues. J’ai ensuite rejoint une  fondation publique qui aide des populations en grande détresse sociale, ce qui m’a apporté une vision complètement différente. Enfin, j’ai passé quelques temps dans la division psychiatrique d’un hôpital public du sud de Bogota, et à l’Institut National Pénitentiaire et Carcéral. Cela m’a permis d’avoir une vision globale, et cette expérience m’aidera dans notre projet actuel, qui concerne près de 25 000 étudiants.

Qu’envisagez-vous pour la suite ?

Je vais partir faire ma 3ème année de bachelor aux États-Unis, à l’Université de Pennsylvanie, afin de préparer mon master que j’envisage de suivre dans le domaine du management. Évidemment, je continuerai à m’engager. J'ai déjà repéré qu’il existe des formations en médecine dans mon université d’accueil : j'aimerais en profiter pour prendre part à leurs projets en matière de santé mentale.

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