« Grand prêtre de l’hindouisme, protecteur de l’Inde contre les islamistes, conseiller des pauvres, Modi réussit à être ce que chacun souhaite voir en lui ».

Alors que l’Inde s’apprête à renouveler son parlement, Christophe Jaffrelot, directeur de recherche au CNRS et grand spécialiste de l’Inde, nous a accordé un entretien sur ces élections qui se tiendront du 19 avril au 1er juin et au-delà sur l’avenir de l’Inde sous Modi.

Après le 7 octobre"Les élections générales vont se dérouler sur six semaines, un record ! Sans doute pour permettre à Narendra Modi de sillonner le pays, étant donné qu’il reste l’atout maître du BJP, le parti au pouvoir qui est bien moins populaire que son chef : c’est lui qui peut faire élire des députés en nombre suffisant pour remporter les élections. 

Par ailleurs, des machines électroniques seront à nouveau utilisées pour enregistrer les votes des citoyens, or elles font l’objet de critiques de plus en plus virulentes car la preuve a été faite par des ingénieurs informaticiens qu’elles étaient aisément falsifiables. Depuis des années, l’opposition exige que le dispositif de vérification des votes soit mis en œuvre, au moins dans les circonscriptions où l’écart en voix est faible, ce que l’on fait en recomptant les bulletins dans les pays où le vote n’est dématérialisé. 

La Commission électorale, chargée d’organiser le scrutin et de veiller à son bon déroulement, refuse systématiquement cette mesure simple, ce qui accroît les soupçons de fraude d’autant plus, cette année, que le gouvernement a refusé d’inclure le chef de la Cour suprême dans le collège chargé de nommer les membres de cette commission (où le gouvernement a, de ce fait, les mains libres) et que deux de ses trois membres viennent tout juste d’être désignés après une démission surprise et à la suite d’une vacance de poste...

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