Home>[Les Lundis du Cevipof] Quelles perspectives pour une gauche fracturée ?
15 June 2026
[Les Lundis du Cevipof] Quelles perspectives pour une gauche fracturée ?
About this event
15 June 2026 from 19:15 until 20:45
Room Goguel
27 rue Saint-Guillaume, 75007, ParisThis event is not accessible to people with reduced mobility.
Organized by
CEVIPOF
Les Lundis du CEVIPOF réunissent personnalités politiques, chercheurs et journalistes
Après une séance consacrée aux droites, ce "Lundi du CEVIPOF" cloture l'année universitaire avec une réflexion sur l’état de la gauche française à moins d’un an de l’élection présidentielle.
La gauche française fait face à une crise qui va bien au-delà des simples questions électorales. Longtemps façonnée par le clivage gauche-droite, la vie politique semble aujourd'hui animée par de nouvelles oppositions : ouverture contre fermeture, identité contre universalité, sécurité contre justice sociale. Dans ce contexte, la gauche paraît affaiblie, fracturée, et souvent incapable d'imposer ses thèmes dans le discours public.
Les intervenants de la table ronde :
- Eric Kerrouche, Directeur de recherche CNRS au CEVIPOF, sénateur (PS) des Landes
- Boris Vallaud, Député (PS) de la 3e circonscription des Landes - Président du groupe Socialistes à l'Assemblée nationale - Président de l'Académie Léon Blum
- Valérie Lecasble, Éditorialiste Politique au quotidien @LibreJournal, chroniqueuse sur les chaînes d’information
Modératrice : Anne Muxel, directrice de recherche émérite CNRS au CEVIPOF.
Entrée libre sur inscription
Par Eric Kerrouche
La gauche française fait face à une crise qui va bien au-delà des simples questions électorales. Longtemps façonnée par le clivage gauche-droite, la vie politique semble aujourd'hui animée par de nouvelles oppositions : ouverture contre fermeture, identité contre universalité, sécurité contre justice sociale. Dans ce contexte, la gauche paraît affaiblie, fracturée, et souvent incapable d'imposer ses thèmes dans le discours public.
Mais ce virage apparent à droite de la société française doit être nuancé. Les préoccupations concernant l'immigration ou l'ordre public sont en hausse, mais les attentes en matière de redistribution, de protection sociale ou de justice environnementale restent fortes. La société française est encore définie par une demande d'égalité et de solidarité que la gauche trouve paradoxalement de plus en plus difficile à traduire politiquement.
La crise est aussi celle des partis et des institutions. La présidentialisation de la Cinquième République, l'affaiblissement du militantisme, la professionnalisation de la politique et la perte de légitimité des grandes formations historiques ont tous joué un rôle dans le réalignement électoral et l'émergence du « ni gauche ni droite ». Une partie de la classe ouvrière n'est pas associée à la gauche, et une grande partie de l'élite urbaine/éduquée semble l'éviter culturellement.
De plus, il y a une escarmouche culturelle qui est principalement défavorable aux progressistes. Les questions identitaires et les préoccupations sécuritaires occupent désormais une place importante dans les agendas médiatiques et politiques — reléguant les questions sociales à l'arrière-plan. Parfois, la gauche semble avoir abandonné l'entreprise de construire un récit collectif pour exprimer la protection sociale, la transition écologique et la cohésion nationale. Pourtant NUPES et NFP ont démontré qu'une dynamique d'unité a le potentiel de produire des dividendes électoraux substantiels ; même dans un système majoritaire qui pénalise la division. Mais une telle coalition a également mis en lumière les faiblesses persistantes de la gauche : divergence stratégique, faiblesse organisationnelle et défi de concevoir une offre politiquement attrayante qui puisse durer dans le temps.
Ici, la question est : est-il encore possible pour la gauche française d'être l'alternative dominante pour restaurer les liens entre la classe ouvrière, la classe moyenne et les préoccupations environnementales ou, y a-t-il une mutation permanente de la politique française qui nous pousse vers une logique identitaire, présidentialiste et libérale ? De nouveaux concepts, comme celui de démarchandisation, peuvent-ils fédérer la gauche et servir à dépasser les logiques identitaires qui sont le carburant de l’extrême droite ?
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27 rue Saint-Guillaume, 75007, ParisThis event is not accessible to people with reduced mobility.
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