Le CERI au temps du Covid-19

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Date: 
16/04/2020

Depuis le 17 mars dernier, le CERI a, comme tous les centres de recherche de Sciences Po, fermé ses portes pour une durée indéterminée. La situation est totalement inédite. Chercheurs, doctorants et post-doctorants, personnels d’appui à la recherche ont dû de façon très brutale déserter le centre et s’adapter à un contexte pour le moins singulier dans lequel nous tentons vaille que vaille de maintenir certaines de nos activités. Il en va ainsi des enseignements auprès des étudiants de Sciences Po qui se sont poursuivis à distance. Quant à la recherche, si sa dimension collective (séminaires, colloques…) est quasiment à l’arrêt (à l’exception de quelques réunions internes qui se tiennent en ligne), sa dimension individuelle (travail sur des sources et sur des données collectées, rédaction…) n’est pas totalement obérée par le confinement, même si ce dernier pèse sur nos « conditions de production intellectuelle ». J’ai ici une pensée particulière pour les doctorants qui, engagés dans leur travail de thèse, peuvent vivre cette période avec inquiétude. Enfin, le personnel d’accompagnement à la recherche continue de suivre projets et dossiers qui ne nécessitent pas leur présence physique sur les lieux. 

Face à un événement aussi disruptif que l’émergence de cette pandémie, le CERI a voulu très vite mettre à la disposition du public des premiers éléments de réflexion sous la forme d’un dossier, régulièrement actualisé. Il comprend des articles de nos chercheurs sur des pays ou des régions du monde spécifiques (Chine, Italie, Amérique latine, Inde…) mais également des textes plus transversaux qui portent sur les questions éthiques, sur la « mise en récit » de la pandémie, sur les enjeux internationaux que soulève la pandémie, etc…. S’il est trop tôt pour mesurer précisément les impacts que cette crise sanitaire d’ampleur majeure aura sur les agendas de recherche, il est indéniable qu’elle soulève d’ores et déjà des questions de recherche tant pour les internationalistes (quelle reconfiguration des Etats et des souverainetés dans le monde post-Covid-19 ? quelle gestion des risques à l’échelle régionale et globale ?...) que pour les spécialistes de politique comparée (effets sur le champ politique et l’action publique, impact sur la cohésion sociale…). Ces questions auront certainement leur place dans les appels à projet qui, dans le prolongement de l’appel Flash Covid-19 de l’ANR, ne manqueront pas d’émerger dans les mois à venir au niveau tant national qu’européen.  

Dans cet environnement pour le moins particulier et lourd d’incertitudes, nous pouvons toutefois faire état d’une excellente nouvelle : notre collègue Roland Marchal a été libéré le 20 mars dernier des geôles iraniennes après neuf mois et demi de détention. Cet heureux dénouement a été le résultat de l'action déterminée que nous avons mené collectivement, sans relâche, depuis de longs mois. Le comité de soutien n'a pas ménagé sa peine en oeuvrant sans répit ; l'engagement des autorités françaises, jusqu'aux plus hauts sommets de l'Etat, a été sans faille ; le soutien de nos autorités de tutelle a été constant. L'action collective s'est révélée payante.

Roland qui a fait preuve d’une incroyable résistance se reconstruit lentement, après la terrible épreuve qu’il a traversée, et il a commencé à livrer son témoignage bouleversant sur sa détention, la liberté académique et sur Fariba Adelkhah qui, malheureusement, reste, elle, détenue en Iran, depuis plus de 300 jours. Notre combat collectif n’est pas achevé. Il doit continuer pour que Fariba, elle aussi, puisse revenir parmi nous. C'est seulement avec son retour que le CERI sera pleinement redevenu lui-même.