Auteur(s): 

Marie Miran, maître de conférence à l’EHESS

Date de publication: 
Janvier 2017

Prélude : données géo-démographiques

La Côte d’Ivoire est un pays pluriconfessionnel : 42% de musulmans, 34% de chrétiens et une proportion non négligeable d’animistes. 72% des non-nationaux, représentant 24,2% de la population résidente, sont musulmans[fn]République de Côte d’Ivoire, Institut national de la Statistique, Recensement général de la population et de l’habitat 2014, Abidjan 2016.[/fn]. A la fin du 19e siècle, la présence de l’islam était limitée au nord soudano-sahélien, alors majoritairement animiste.

Auteur(s): 

Laurent Bonnefoy, Chargé de recherche au CNRS

Date de publication: 
Novembre 2016

Fin août 2016 à Grozny, en Tchétchénie, 200 oulémas sunnites venus de nombreux pays musulmans se sont rassemblés pour discuter des frontières de leur identité religieuse collective. La conférence était organisée par le gouvernement tchétchène, proche de Vladimir Poutine. Issus notamment des pays du Caucase, de Syrie, du Yémen et d’Egypte, les signataires de la déclaration finale intitulée « Qui sont les sunnites ? » ont généré une vive controverse.

Auteur(s): 

Observatoire International du Religieux

Date de publication: 
Novembre 2016
Illustration

KOSTROMA REGION - AUGUST 26: Soldiers on the Command post exercises with 98-th Guards Airborne Division, August 26, 2010 in Kostroma region, Russia.

Depuis l’annexion de la Crimée au printemps 2014, l’armée russe inquiète les membres de l’OTAN. Et pour cause ! En dépit d’une situation économique dégradée, les dépenses consacrées à la défense augmentent (12,5 % du budget de l’État en 2010, puis 19,7 % en 2015). Pour autant, la réforme militaire engagée en 2008 n’a pas entamé l’impopularité du service militaire. Mais l’ambition affichée par le Kremlin de conserver une force d’un million d’hommes contraint l’Etat au maintien d’une forme de conscription.

Auteur(s): 

Observatoire International du Religieux

Date de publication: 
Octobre 2016

Le 20 août 2016, le roi du Maroc a prononcé un discours remarqué, dans lequel il a fustigé l’islamisme radical et violent. Par-delà l'interprétation de la lettre ou de l’esprit de ce texte, que vous pouvez lire intégralement ci-dessous, il faut en cerner les enjeux au plan international.

Auteur(s): 

sous la direction de Thierry Zarcone, Directeur de recherche HDR CNRS

Date de publication: 
Septembre 2016
Illustration

27 July 2016, Konyal - TURKEY: After the military coup in Turkey continues to keep democracy seizures occur in people with flag.

La tentative de coup d’Etat survenue en Turquie le 15 juillet 2016 est immédiatement attribuée par le président du pays, Recep Tayyib Erdoğan, à la communauté religieuse Hizmet (Service) et à son leader Fethullah Gülen. Ennemie déclarée du président depuis 2013, cette communauté, riche de 5 millions de membres environ, a néanmoins été son alliée et celle du parti AKP (parti de la Justice et du Développement) depuis 2000.

Auteur(s): 

Eran Tzidkiyahu*, Doctorant au CERI

Date de publication: 
Décembre 2016
Illustration

En Israël, la dernière version du projet de loi qui vise à contrôler l'utilisation de puissants haut-parleurs extérieurs par les mosquées (connue en Israël comme "la loi muezzin") sera discutée au Comité Ministériel Législatif. Ce projet a été proposé par le député à la Knesset Moti Yogev du parti de droite national-religieux HaBayiot HaYehud (Foyer juif) et le député David Bitan du parti du Likoud, qui est le parti au pouvoir (Bitan est également président de la coalition et du groupe parlementaire du Likoud).

Colloque du 5-6 décembre 2016, avec les interventions de Laurent Bonnefoy, Alain Dieckhoff, Stéphane Lacroix, Laurence Louër, Pierre-Jean Luizard et Jean-Paul Willaime.

L’Islam est pluriel, dans ses approches juridiques, théologiques, spirituelles, mais depuis quelques temps, il est traversé, dans le monde sunnite, par la montée d’un courant fondamentaliste qui entend revenir, de façon stricte, aux « principes originels » de la religion. Cette volonté de « retour aux sources » est portée par le salafisme qui connaît un essor indéniable, sous des formes diverses, avec des rapports au politique eux-mêmes changeants, allant d’un quiétisme assumé à l’engagement dans l’action violente (djihadisme).
Pour comprendre ce fondamentalisme, il est impérieux de se pencher sur ses assises doctrinales, sur les représentations de soi et de l’Autre qu’il véhicule, sur les concepts (shari’a, sunna, djihad, califat…) qu’il mobilise, sur les mythes et utopies qu’il invoque. Certes, les idées seules ne font pas l’histoire, mais elles forment un soubassement indispensable à l’action des hommes. Il convient donc de prendre au sérieux les discours religieux eux-mêmes, sans les tenir pour de simples travestissements.
L’objectif de ce colloque interdisciplinaire qui réunit islamologues, historiens, sociologues, politistes, venant de différentes institutions de recherche en France comme à l’étranger, a précisément pour objectif de débrouiller cet écheveau complexe en engageant une réflexion en profondeur sur le fondamentalisme sunnite contemporain.

Résumé 

La place donnée par la recherche à l’islam du « centre », qui correspond à l’islam des mosquées, des écoles coraniques et des tribunaux religieux, a fait oublier qu’un autre islam, celui des marges ou de la périphérie, n’est pas moins attractif pour une grande partie de la population musulmane du Maroc à la Chine. Cet islam fait du reste, depuis quelques décennies, l’objet d’un grand engouement dans des régions du monde longtemps privées de libertés religieuses (ex-URSS, Chine, Bulgarie, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, etc.). Cet islam, qui se résume en général au culte des saints et aux pèlerinages sur les tombeaux de ces derniers, possède un pouvoir de mobilisation sociale et même politique loin d’être négligeable. Les réactions des Etats de l’espace musulman à cet islam sont diverses et vont d’un désir d’éradication de ses pratiques, à l’instar des mouvements radicaux ou de l’Etat islamique qui dénoncent son caractère « hérétique », à une volonté de neutralisation, ou, plus généralement, de régulation, de manipulation ou de réforme, autant de stratégies mises en œuvre pour gagner le soutien des adeptes de ce culte et consolider le pouvoir du politique. 

Bibliographie 

Algar Hamid, Wahhabism : A Critical Essay, New York (N. Y.), Oneonta, 2002.

Basilov Vladimir Nikolaevich, Kul’t svjatyh v Islame (« Le culte des saints dans l’islam »), Moscou, Izdatel’stvo Mysl’, 1970.

Chambert-Loir Henry et Guillot Claude (dir.), Le Culte des saints dans le monde musulman, Paris, École française d’Extrême-Orient, 1995.

Chiffoleau Sylvia et Madoeuf Anna (dir.), Les Pèlerinages au Maghreb et au Moyen-Orient. Espaces publics, espaces du public, Beyrouth, Institut français du Proche-Orient, 2005.

Cornell Vincent J., Realm of the Saint : Power and Authority in Moroccan Sufism, Austin (Tex.), University of Texas Press, 1998.

Grehan James, Twilight of the Saints. Everyday Religion in Ottoman Syria and Palestine, Oxford, Oxford University Press, 2014.

Khosronejad Pedram (ed.), Saints and their Pilgrims in Iran and Neighbouring Countries, Wantage, Sean Kingston Publishing, 2012.

Mayeur-Jaouen Catherine (dir.), Saints et héros du Moyen-Orient contemporain, Paris, Maisonneuve et Larose, 2002.

MUCEM, Lieux saints partagés, exposition, Marseille, MUCEM, 2015.

Olesen Niels Henrik, Culte des saints et pèlerinages chez Ibn Taymiyya, Paris, Geuthner, 1991.

Papas Alexandre, Welsford Thomas et Zarcone Thierry (eds),Central Asian Pilgrims. Hajj Routes and Pious Visits between Central Asia and the Hijaz, Berlin, Klaus Schwarz Verlag, 2011.

Shinmen Yasushi, Sawada Minoru and Waite Edward (eds), Saint-Cult in Ferghana and in Xinjiang, Paris, Jean Maisonneuve, 2013.

Stauth Georg et Schielke Samuli (eds), Dimensions of Locality. Muslim Saints, their Place and Space, Londres, Transaction Publishers, 2008.

Sugarawa Jun et Dawut Rahile (eds), Mazar. Studies on Islamic Sacred Sites in Central Eurasia, Tokyo, Tokyo University of Foreign Studies Press, 2017.

Résumé 

L’Afrique subsaharienne se caractérise par un pluralisme religieux qui, bien que variable selon les Etats, tend partout à se renforcer. La fragmentation de l’offre, la mobilité des acteurs et la dérégulation des champs religieux favorisent une proximité et une cohabitation souvent inédites des cultes, notamment chrétiens et musulmans, démultipliant les possibilités d’interactions et avivant les rivalités. Quels visages emprunte cette compétition religieuse au quotidien ? Comment façonne-t-elle les relations qui se nouent d’une part entre les acteurs religieux et d’autre part entre ceux-ci et le politique ?

Bibliographie 

Bayart Jean-François, « Religion et politique en Afrique : le paradigme de la cité cultuelle », Études africaines comparées, 1, avril 2015.

Chanson Philippe, Droz Yvan, Gez Yonatan N. et Soares Edio (dir.), Mobilité religieuse. Retours croisés des Afriques aux Amériques, Paris, Karthala, 2014.

Fath Sébastien et Mayrargue Cédric, « Les nouveaux christianismes en Afrique », Afrique contemporaine, 252, 2014, p. 13-25.

Holder Gilles (dir.), L’Islam, nouvel espace public en Afrique, Paris, Karthala, 2009.

Holder Gilles et Sow Moussa (dir.), L’Afrique des laïcités. État, religion et pouvoirs au sud du Sahara, Paris, Éditions Tombouctou-IRD, 2013.

Kastfelt Niels (ed.), Religion and African Civil Wars, Londres, Hurst, 2005.

Lasseur Maud et Mayrargue, Cédric, « Le religieux dans la pluralisation contemporaine. Éclatement et concurrence », Politique africaine, 123, 2011, p. 5-25.

Lasseur Maud, « Le pluralisme religieux dans la production des villes ouest-africaines », Géoconfluences, 2016.

Marshall Ruth, Political Spiritualities. The Pentecostal Revolution in Nigeria, Chicago (Ill.), University of Chicago Press, 2009.

Miran Marie, Islam, histoire et modernité en Côte-d’Ivoire, Paris, Karthala, 2006.

Miran-Guyon Marie, Guerres mystiques en Côte-d’Ivoire. Religion, patriotisme, violence (2002-2013), Paris, Karthala, 2015.

N’Diaye Marième, La Réforme du droit de la famille. Une comparaison Sénégal-Maroc, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2016.

Pérouse de Montclos Marc-Antoine (ed.), Boko Haram: Islamism, Politics, Security and the State in Nigeria, Leyde, Ibadan, African Studies Centre, IFRA-Nigeria, 2014.

Strandsbjerg Camilla, Religion et transformations politiques au Bénin. Les spectres du pouvoir, Paris, Karthala, 2015.

Résumé 

« L’islam est la religion de l’Etat »… Telle une litanie, on retrouve cette expression dans toutes les Constitutions des pays arabes (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Irak, Jordanie, Yémen, Oman, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït) et en Iran. En Arabie Saoudite où il n’existe pas de Constitution, la religion musulmane est la seule autorisée. Ensuite s’ajoute la référence à la sharî’a et la façon dont les lois doivent s’en inspirer. Le principe d’égalité est affiché dans toutes les Constitutions des Etats arabes, sous des formes variant d’un texte à l’autre. Dans les faits, la reconnaissance des minorités religieuses se fait dans le cadre de l’héritage de la dhimmitude. L’autonomie du statut personnel des non-musulmans, assurée dans toutes les Constitutions, trouve sa source dans la sharî’a. Quant aux sectes issues de l’islam, elles ne sont tout simplement pas reconnues.

Bibliographie 

« Laïcité(s) en France et en Turquie », Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien (CEMOTI), 19, 1995.

Les Constitutions des pays arabes. Actes du colloque organisé en 1998 à Beyrouth par le Centre d’études des droits des pays arabes (CEDROMA) de l’Université Saint-Josep, Bruxelles, Bruylant, 1999.

Al-Hakîm Jacques, « Syrie : constitution de la République arabe syrienne », dans Éric Canal-Forgues (dir.), Recueil des Constitutions des pays arabes, Bruxelles, Bruylant, 2000, p. 203-208.

Amor Abdelfattah, « La place de l’Islam dans les constitutions des États arabes : modèle théorique et réalité juridique », dans Gérard Conac et Abdelfattah Amor (dir.), Islam et droits de l’homme, Economica, Paris, 1994, p. 13-27.

Ben Jémia Monia, « Non-discrimination religieuse et Code du statut personnel tunisien », dans Hervé Bleuchot et François-Paul Blanc (dir.), Revue franco-maghrébine de droit, 15, 2007, p. 199-216.

Bernard-Maugiron Nathalie et Bras Jean-Philippe, La Charia, Paris, Dalloz, 2015.

Bernard-Maugiron Nathalie, La Haute Cour constitutionnelle égyptienne et la protection des droits fondamentaux, thèse de droit, Université Paris-Nanterre, 1999.

Botiveau Bernard, Loi islamique et droit dans les sociétés arabes. Mutations des systèmes juridiques du Moyen-Orient, Paris, Karthala-IREMAM, 1993.

Boustany Katia, « Minorités et organisation institutionnelle au Liban : architecture de l’État et dispositifs juridiques », dans Nicolas Levrat (dir.), Minorités et organisation de l’État. Textes présentés au quatrième colloque international du Centre international de la common law en français, Bruxelles, Bruylant, 1998, p. 389-411.

Digard Jean-Pierre, Hourcade Bernard et Richard Yann, L’Iran au XXe siècle. Entre nationalisme et mondialisation, Paris, Fayard, 2007.

Dumont Paul, Mustafa Kemal invente la Turquie moderne, Bruxelles, Complexe, 2006.

Gannagé Pierre, Le Pluralisme : droit libanais et droits proche-orientaux, Presses de l’Université Saint-Joseph, Beyrouth, 2001.

Georges Naël, « Minorités et libertés religieuses dans les Constitutions des États de l’Orient arabe », Égypte/Monde arabe, 10, 2013.

Luizard Pierre-Jean (dir.), Le Choc colonial et l’islam. La politique religieuse des puissances coloniales en terres d’islam, Paris, La Découverte, 2006.

Luizard Pierre-Jean, « Al-Azhar, institution sunnite réformée », dans Alain Roussillon (dir.), Entre réforme sociale et mouvement national, Le Caire, CEDEJ, 1995, p. 519-548.

Luizard Pierre-Jean, Laïcités autoritaires en terres d’islam, Paris, Fayard, 2008.

Pérouse Jean-François, La Turquie en marche. Les grandes mutations depuis 1980, Paris, La Martinière, 2004.

Richard Yann, L’Iran. Naissance d’une république islamique, Paris, La Martinière, 2006.

Rondot Pierre, « Les minorités dans le Proche-Orient (3) », L’ Afrique et l’Asie modernes, Paris, 15, été 1987, p. 85-101.

Sulaymân H., 1989, « Comparaison entre les constitutions arabes et les deux pactes internationaux », Droits de l’homme : études appliquées sur le monde arabe, Beyrouth, Dâr al-ʻilm lil-malâyîn, tome 3, p. 217-240.

Vaner Semih (dir.), Modernisation autoritaire en Turquie et en Iran, Paris, L’Harmattan, 1991.

Zarcone Thierry, La Turquie moderne et l’islam, Paris, Flammarion, 2004.

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