Algérie : après Bouteflika, l’armée à la manœuvre

Par Luis Martinez

L’annonce, le 10 février dernier de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika a un cinquième mandat à la présidence de la République algérienne, a soulevé un vent de contestation populaire, pacifique, d’une ampleur inédite, qui a conduit le chef de l’Etat à renoncer.Affaibli et malade depuis l’AVC dont il a été victime en 2013, Abdelaziz Bouteflika a défié tous les pronostics médicaux en échappant à la mort. Sa survie a contraint l’Algérie à demeurer dans un système politique absurde où chacun attendait le décès du président pour envisager des changements. Son élection à un quatrième mandat de cinq ans en 2014 avait déjà suscité de nombreuses critiques tant le chef de l’Etat semblait dans l’incapacité d’assumer ses fonctions. Le traumatisme de la guerre civile (1991-1999) hantait toujours les familles algériennes qui ne souhaitaient pas s’engager dans un processus de contestation politique craignant de voir ressurgir la violence. Les autorités algériennes ont exploité habilement la peur de la population que l’Algérie ne bascule de nouveau dans la guerre, à l’instar de la Libye ou de la Syrie.

Pour en savoir plus