Quatre questions sur le Soudan

Deux mois après la chute d’Omar el-Bechir, Roland Marchal répond à nos questions sur la situation au Soudan.

"L'idée d'un soulèvement populaire contre les auteurs du coup d'état du 30 juin 1989 a germé dès le jour suivant avec beaucoup d'ingénuité et dans une assez grande confusion. Si l'objectif n'est donc pas nouveau, les formes d'organisation actuelles sont les héritières de mouvements de protestation contre la vie chère qui ont débuté dès 2009 et qui se sont intensifiés après la sécession du Sud-Soudan en 2011 et les printemps arabes. La semi-clandestinité de la direction, le maillage social, la forte déconcentration des protestations, y compris dans une ville comme Khartoum, l'utilisation des réseaux sociaux bien évidemment ont constitué des acquis importants."

Les motifs eux ont peu changé : la vie chère, très chère et l'absence de tout espace démocratique dans le monde urbain devenu plus important depuis 1989 à cause des effets de l'économie rentière, des conflits dans les régions dites périphériques et de la crise auto-entretenue de l'agriculture commerciale. Si le régime d'Omar el-Bechir s'était construit sur une islamisation des discours de pouvoir, la corruption généralisée et la montée des inégalités sociales ont rendu cette référence complètement caduque...

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