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« Les algorithmes peuvent améliorer la vie de tous »

Le témoignage de Paul Duan
  • Discours Paul Duan ©Sciences PoDiscours Paul Duan ©Sciences Po

Aujourd’hui PDG d’une ONG américaine utilisant la big data, hier data scientist, et avant-hier encore étudiant à Sciences Po, Paul Duan a déjà eu plusieurs vies. Invité d’honneur lors de la cérémonie du diplôme de Sciences Po, il a évoqué son parcours devant les diplômés de la promotion 2017.

Ses audaces comme ses moments de doute, ses revirements professionnels comme ses succès, et sa quête de sens qui l’a poussé à créer une ONG. Un témoignage engagé et touchant, d’un homme convaincu que les algorithmes peuvent changer le monde pour le meilleur.

Paul Duan, data scientist, est le créateur de Bayes Impact, une entreprise technologique à but non lucratif qui conçoit des services sociaux en s'appuyant sur la big data. Convaincu que les logiciels et la big data sont des leviers pour le progrès social, il a travaillé avec Pôle emploi en France pour créer un portail intelligent capable de guider le demandeur d’emploi dans sa recherche.

Paul Duan est entré à Sciences Po en 2009, tout en suivant une licence de mathématiques à Paris I. Il a fait sa troisième année à l’étranger à Berkeley et vit depuis aux États-Unis.

Revoir la cérémonie de dilomation de l'EMI

Nomination d'Olivier Guillet

Directeur exécutif de l'Ecole du Management et de l'Innovation
  • Olivier Guillet, nouveau directeur exécutif de l'écoleOlivier Guillet, nouveau directeur exécutif de l'école

Olivier Guillet rejoint l’École du management et de l’Innovation

Il est nommé directeur exécutif

Nommé par Marie-Laure Djelic et Benoît Thieulin, co-doyens de l'École du management et de l’Innovation, Olivier Guillet a pris ses fonctions de directeur exécutif le 3 juillet dernier. 

Olivier Guillet a pour mission l’accompagnement du développement stratégique et la coordination managériale de l'École du management et de l’innovation, en particulier le déploiement des nouveaux programmes, le recrutement à l’international et le développement des projets d’innovation pédagogique en coordination étroite avec les deux co-doyens.

Avant de rejoindre l’École du management et de l’innovation, Olivier Guillet était depuis 2011 le directeur international de l’INSEEC, groupe qu’il a rejoint en 2002. Il y a occupé différents postes : professeur de management international au BBA INSEEC à Lyon, il a ensuite été nommé directeur des admissions et des études du programme BBA en 2004 puis de l’INSEEC Business School à Paris. Olivier Guillet a commencé sa carrière dans l’industrie en tant que International Product Manager pour le Groupe Metso Corporation. Il a aussi une formation de pianiste et prépare un doctorat à l'International University of Monaco.

Marie-Laure Djelic, co-doyenne de l’École du management et de l’Innovation précise : “L'École fait sa première rentrée en septembre 2017. L’arrivée d’Olivier Guillet est un atout supplémentaire pour relever le défi de notre positionnement en tant qu’école du management choisissant d’investir le double champ de l’innovation et de la responsabilité. Nous allons déployer et installer une palette riche de programmes - certains de ces programmes avaient déjà une forte notoriété, d’autres comme le master Innovation et transformation numérique sont nouveaux (en partenariat avec Telecom ParisTech et Strate, école de design). L’expérience internationale d’Olivier Guillet sera un atout majeur pour nous aider à développer encore plus l’empreinte internationale de notre école.”

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Lire le communiqué de presse du 6 juillet 2017 "Olivier Guillet, nommé directeur exécutif de l'École du management et de l'innovation (PDF, 80 Ko)

Junior consulting, l'asso qui fait carrière

Découvrez la junior entreprise de Sciences Po
  • Marine Poylo, Rozenn Bichon et Roxane Salabi ©Sciences PoMarine Poylo, Rozenn Bichon et Roxane Salabi ©Sciences Po

Fondée en 1980, l’association Junior Consulting de Sciences Po est une des premières junior entreprises créées en France. Véritable cabinet de conseil étudiant, Junior Consulting propose aux étudiants des missions dans les conditions du réel. Ou comment acquérir de l’expérience tout en arrondissant ses fins de mois. Rencontre avec Marine Poylo, présidente, Roxane Salabi, responsable qualité, et Rozenn Bichon, responsable affaires publiques de l’association.

Il y a des junior entreprises dans de nombreuses écoles et universités. Quelle est la marque de fabrique de celle de Sciences Po ?

Junior Consulting : Comme toutes les junior entreprises, nous fonctionnons comme un cabinet de conseil : nos clients arrivent avec un besoin, nous y répondons en missionnant des étudiants pour y répondre. Mais la particularité de la Junior de Sciences Po, c’est l’incroyable diversité des compétences dans le vivier des étudiants ! Il y a beaucoup de spécialités différentes dans les programmes de master : cela permet de recruter des profils précis et généraux à la fois, qui sont très complémentaires sur les missions. Nous sommes aussi les seuls à proposer des compétences en affaires publiques, un des grands domaines de formation de Sciences Po. Surtout, au-delà des compétences, les clients apprécient la capacité d’analyse propre aux étudiants de Sciences Po.

Comment définiriez-vous cette valeur ajoutée ?

Junior Consulting : C’est un bagage culturel qui nous est donné par la formation : les clients apprécient la capacité des étudiants à mettre les choses en lien, en perspective. Nous avons récemment été choisis par une grande agence de communication parce que nos étudiants ont été formés à la communication, mais aussi à la sociologie. Nous sommes aussi la seule junior entreprise à avoir un fonds de missions pro bono, grâce auquel nous réalisons des missions pour des associations.

Qui sont les étudiants qui travaillent pour Junior Consulting ?

Junior Consulting : Chaque année, la Junior dispose d’une équipe d’environ 25 consultants de niveau master ainsi que du Collège universitaire (1er cycle). Nous voulons diversifier encore plus : les étudiants ne s’en doutent pas toujours mais ils sont qualifiés pour énormément de missions ! La diversité des nationalités à Sciences Po est un atout. Si la mission implique de mobiliser quelqu’un qui parle polonais ou hindi, nous savons que nous trouverons forcément le profil sur l’un des campus ! Avec nos campus en région, nous pouvons aussi travailler sur tout le territoire. Et notre rayonnement va même au-delà grâce à notre vivier d’étudiants qui passent leur troisième année à l’étranger. Les étudiants travaillent ainsi sur des missions très diverses : évaluation de politiques publiques, étude consommateurs, stratégie de communication, ou encore business plan.

Quel est l’intérêt de l'expérience pour un étudiant ?

Junior Consulting : Cela rapporte bien plus qu’un baby-sitting ! Et pas que d’un point de vue financier : les étudiants réalisent un travail qui ressemble beaucoup à ce qu’ils font en cours, avec une réalisation concrète, et la satisfaction d’avoir apporté quelque chose au client. En termes d’expérience, c’est inestimable : les consultants apprennent à se conformer aux exigences d’un client, et explorent des univers professionnels différents. C’est utile pour trouver sa voie. Nous avons aussi des liens forts avec l’incubateur d’entreprises de Sciences Po : nous partageons les mêmes locaux, et nous travaillons parfois pour des startups incubées. Deux anciens de la Junior ont d’ailleurs déjà créé leur start-up. Pour les permanents de l’asso, comme nous, qui assurons le back-office, la réponse aux appels d’offres, les contrats, c’est un peu comme si nous avions déjà un job en parallèle de nos études !

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Créée en 1980, Junior Consulting réalise en moyenne 60 missions par an pour le compte d’administrations publiques, d’entrepreneurs, de PME et de grandes entreprises. Ses domaines d’expertise sont les affaires publiques, la finance, le marketing, la communication, les ressources humaines et la RSE. En 2017, Junior Consulting figure parmi les 30 meilleures junior entreprises de France. Parmi ses clients : le ministère de la Culture et de la Communication, EDF, Sanofi, Hermès, TBWA, BNP Paribas, etc. Suivre Junior Consulting sur Facebook, Twitter, Linkedin, et via sa newsletter

Marie-Laure Djelic chevalier de la légion d'honneur

  • Cérémonie légion d'honneur Marie-Laure DjelicCérémonie légion d'honneur Marie-Laure Djelic

Toutes nos félicitations à notre co-doyenne Marie-Laure Djelic, décorée de la légion d'honneur au cours d'une très belle cérémonie à l'hôtel de l'Artillerie ! 


"Mes étudiants sont des entrepreneurs différents"

  • Jacques-Henri ©Sciences PoJacques-Henri ©Sciences Po

Président de l’Olympique de Marseille et… professeur à Sciences Po, c’est possible ! Jacques-Henri Eyraud, 49 ans, diplômé de Sciences Po, n’est pas seulement le boss de de la célèbre équipe phocéenne, il est aussi passionné par les starts-up et la création d’entreprise. Un goût qu’il partage chaque semaine avec nos étudiants dans un cours d’initiation à l’entrepreneuriat. Interview.

Comment un Sciences Po diplômé en politique économique et sociale en 1989 devient-il entrepreneur ?

J’ai commencé ma vie professionnelle dans l’industrie des médias et du divertissement, chez Disney. Au terme de six années d’activité, le directeur général d'Euro Disney m’a suggéré de compléter ma formation par un MBA, aux États-Unis. J’ai alors déposé un seul dossier, pour Harvard, et j’ai été sélectionné. De retour en France, je me suis associé pour lever 10 millions de dollars et lancer une start-up d’information sportive sur les nouveaux médias. Deux mois après, la bulle internet a éclaté et nous nous sommes trouvés au bord du dépôt de bilan. Finalement, nous avons poursuivi notre développement et introduit la société en bourse en 2005. L’aventure durait depuis neuf ans lorsque j’ai souhaité relever un nouveau défi en dirigeant Paris Turf, une entreprise de presse écrite de 250 employés qui devait réussir sa mutation numérique. Elle produit des outils pour les parieurs et les professionnels du secteur des courses hippiques. Aujourd'hui, à part mes cours à Sciences Po, j'ai tout lâché pour devenir président de l'Olympique de Marseille et redresser ce club mythique !

Mais pourquoi choisir l’entrepreneuriat ?

En arrivant à Harvard, je m’attendais à ce que l’on nous présente comme modèle les grandes multinationales américaines qui, pour nous Européens, incarnent la réussite entrepreneuriale. Et ce n’est pas du tout ce qui s’est passé : nous étions au début des années 90, en pleine période d’effervescence entrepreneuriale et il n’était question que de levées de fonds et de création de starts-up. Et j’ai senti que c’était ma voie.

Pourquoi avoir souhaité enseigner ?

J’ai toujours été sensibilisé à l’enseignement, dans mon cadre familial, mais c’est surtout le choc pédagogique frontal que j’ai vécu à Harvard que j’ai eu envie de faire partager à mon tour. Là-bas, le cours repose sur les études de cas. Il est constitué à 80% d’échanges entre étudiants et se déroule dans l’interactivité. L’enseignant n’apparaît que comme l’intermédiaire entre élèves mais, en réalité, il conduit la réflexion en toute rigueur de A à Z. Il se déplace dans l’amphithéâtre et va chercher le regard de chaque étudiant, l’obligeant à s’affirmer et à gagner en confiance. L’enseignant, très accessible, adresse à l’étudiant des retours individuels réguliers, précis, citant, par exemple, telle ou telle de ses interventions. Je m’appuie sur cette méthode pédagogique d’abord pour que mes étudiants gagnent en assurance et prennent conscience de leur potentiel. La deuxième mission que je me suis fixée est de créer, peut-être, l’étincelle qui va les conduire à envisager sérieusement l'entrepreneuriat pour leur avenir. Je reçois avec beaucoup de plaisir des messages d’anciens étudiants, qui m’informent de leurs résultats et de leurs projets. Certains ont abordé mon cours sans rien connaître de l’entreprise et me parlent, un an plus tard, des orientations stratégiques de la société qu’ils ont créée. Les satisfactions que j’éprouve dans mon enseignement sont sincèrement aussi fortes que celles que m’apporte ma vie professionnelle.

Comment organisez-vous votre enseignement ?

J’utilise à la fois les résultats de la recherche et les études de cas. Je mets en œuvre, par exemple, cet exercice utilisé à Stanford, qui consiste à confier 10 Euros à huit groupes de dix étudiants chacun, et à leur demander de revenir la semaine suivante avec le maximum d’argent. Chaque année, les étudiants redoublent d’imagination et battent des records de résultats. Mais, surtout, - et c’est l’objectif de l’exercice -, ils comprennent que les 10 Euros de départ ne les ont pas aidés : entreprendre, c’est poursuivre une opportunité sans se soucier des ressources tangibles dont on dispose, comme l’explique Howard Stevenson, l'un de mes professeurs à Harvard. Tout au long du semestre, d’autres mises en situation leur permettent d’appréhender l’importance de l’association, donc du choix des personnes avec lesquelles on veut travailler, d’expérimenter la prédominance de la qualité de l’exécution plutôt que de la stratégie, de réaliser qu’il ne faut pas tarder à développer les idées pour les confronter rapidement au marché… Enfin, je suis de très près les évaluations rédigées par mes étudiants et me fixe comme objectif personnel de les améliorer chaque année. Si, un jour, un prix du meilleur enseignant est lancé à Sciences Po, comme les « Awards for teaching excellence » américains, je serai candidat !

Que pensez-vous de la place de l'entrepreneuriat à Sciences Po ?

Je trouve que Sciences Po a fait d'immenses progrès dans la place qu'occupe l'entreprenariat dans le cursus scolaire. La création de l'École du management et de l'innovation va nous permettre de franchir un cap en matière de recherche et de crédibilité. Seul le Centre de sociologie des organisations (CSO) abordait l'entreprenariat jusqu'à présent. Il faudrait compléter son approche par celle des sciences de gestion, ainsi que d’autres sciences sociales. À Harvard par exemple, l'histoire économique tient une grande place, notamment à travers l'étude des parcours des grands entrepreneurs qu'étaient Rockefeller, Carnegie, Ford et plus récemment Bill Gates. Je me réjouis aussi que l'on parle de plus en plus d'entreprenariat au sein de l'École d'affaires publiques sous l'impulsion de son doyen Yann Algan. Quel chemin parcouru depuis ma scolarité à Sciences Po ! Il y a tant à faire pour que l'entreprenariat pénètre davantage la sphère publique.

Enfin, selon moi, l’enseignement de l'entreprenariat à Sciences Po se distingue de celui qui peut être proposé ailleurs, par exemple dans une école de commerce. Un entrepreneur, c’est quelqu’un qui doit comprendre les cycles économiques, les révolutions technologiques, les évolutions sociétales, l'importance de la réglementation, la démographie, etc. Pour identifier plus rapidement et plus efficacement les opportunités à notre porte, l'ouverture sur le monde est absolument fondamentale et voilà pourquoi mes étudiants seront des entrepreneurs différents !

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