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4 mars 2026
Valentine Faux : un parcours d’excellence entre droit et finance
Diplômée du Master joint Droit et Finance (2025) , Valentine Faux revient sur un parcours marqué par l’exigence académique et l’ouverture pluridisciplinaire. De sa formation à Sciences Po à la préparation de l'examen d'accès au CRFPA (centre régional de formation professionnelle d'avocats), elle partage les enseignements qui ont structuré sa trajectoire et les conseils qu’elle adresse aux futurs candidats.
Pouvez-vous revenir sur votre parcours académique et ce qui vous a conduite à l’École de droit de Sciences Po ?

Il y a six ans, après un bac scientifique, j’ai intégré Sciences Po sur le campus de Reims. Entre deux dégustations du Champagne Tasting Club, j’y ai exploré les sciences sociales au sein du programme anglophone Europe-Amérique du Nord, dans un environnement très international.
Déjà animée par l’idée de devenir avocate afin de mettre mon goût pour l’argumentation au service de la défense des autres, j’ai suivi en parallèle la licence de droit proposée en enseignement à distance par l’Université Paris-Panthéon-Assas.
La poursuite simultanée de ces deux cursus très complémentaires fut exigeante mais stimulante. Les connaissances acquises au Collège universitaire de Sciences Po en économie, science politique, histoire et sociologie nourrissent désormais ma compréhension du droit. J’ai d’ailleurs eu l’occasion en troisième année de rédiger un mémoire à la croisée de l’économie et du droit, portant sur l’efficacité de la justice pénale négociée.
Confortée dans mon attrait pour le droit et convaincue de la richesse des doubles cursus, j’ai ensuite intégré le Master joint Droit et Finance. J’y ai trouvé un cadre d’excellence, idéal pour me préparer à une carrière d’avocate tout en gardant un ancrage hors du monde juridique et en cultivant mon intérêt pour les matières quantitatives. Le Master joint est toutefois un cursus long et exigeant : il faut rester motivé pour travailler les matières financières durant trois ans tout en sachant que l’on veut faire carrière dans le droit, et inversement si l’on veut travailler dans la finance.
Le Master joint permet aussi de profiter des opportunités exceptionnelles qu’offre Sciences Po et plus particulièrement l’École de droit : au-delà des enseignements passionnants dispensés par des professionnels chevronnés, j’ai notamment pu assister à des conférences de haut vol avec toutes les plus grandes personnalités du monde juridique dans le cadre des Rendez-vous de la justice, rencontrer de nombreux avocats à travers les petits-déjeuners de l’Association des Juristes de Sciences Po (AJSP), participer à la finale du concours de plaidoiries La Comparution à la première chambre de la Cour d’appel de Paris, partir à Strasbourg pour visiter la Cour européenne des droits de l’Homme et au Luxembourg à l’occasion des Business Games organisés par A&O Shearman, ou encore rédiger des articles publiés dans la Revue des juristes de Sciences Po et chez Lextenso. En dehors de l’École de droit, je garde un souvenir mémorable de mon mandat au sein du club d'œnologie de Sciences Po (In Vino Veritas) pour lequel j’ai co-organisé une dégustation de vin par semaine et je suis retournée en Champagne, chez Bollinger, pour y organiser un concours de dégustation à l’aveugle avec des étudiants d’autres grandes écoles.
Après la fin de mes études à Sciences Po, en parallèle de la préparation des épreuves orales du CRFPA, j’ai rejoint le Master 2 Arbitrage et droit du contentieux à l’Université Panthéon-Assas afin d’approfondir mes connaissances dans les matières processuelles. J’intègrerai donc l’EFB dans un an.
Selon vous, en quoi la formation dispensée à Sciences Po vous a-t-elle aidée dans la préparation au CRFPA ?
Ayant choisi de passer le CRFPA avec la spécialité droit pénal, les quatre épreuves écrites consistaient en trois consultations juridiques en droit des obligations, droit pénal et procédure pénale, et une note de synthèse.
S’agissant des consultations juridiques, l’École de droit nous a habitués aux cas pratiques et nous a apporté une solide formation en droit des obligations. Mes connaissances en droit pénal et en procédure pénale étaient plus limitées avant d’aborder la préparation puisque je n’avais suivi qu’un seul cours dans chacune de ces matières, mais la formation condensée du Master Droit économique nous a habitués à aborder efficacement les nouvelles matières. Par ailleurs, l’approche professionnalisante de l’École de droit instille un certain esprit pratique, valorisé par les correcteurs dans l’exercice de la consultation.
L’exercice de la note de synthèse m’a quant à lui permis de remobiliser des compétences de « lecture en diagonale » développées au Collège universitaire, lorsque nous avions de longs articles scientifiques à lire, comprendre et synthétiser chaque semaine.
Le Grand oral est une épreuve à laquelle Sciences Po nous a particulièrement bien préparés. Sur la forme, la place importante accordée aux exposés et à la participation orale tout au long de notre scolarité nous a rodés à la prise de parole en public. Sur le fond, les révisions de droits et libertés fondamentaux pour le Grand oral de l’École de droit, dont le format est calqué sur celui du CRFPA, confèrent une petite longueur d’avance. Plus généralement, la pluridisciplinarité, l’approche critique du droit et l’ancrage dans l’actualité qui font la spécificité de l’enseignement à Sciences Po permettent de se démarquer à l’oral.
Comment avez-vous abordé cette préparation et quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui s’y engagent aujourd’hui ?
Concernant le choix de l’IEJ, je conseillerais de bien se renseigner en amont sur les spécificités propres à chacun sans y accorder une importance excessive : ce n’est pas un facteur déterminant de réussite au CRFPA. Au-delà de certaines exigences méthodologiques particulières (minimes) pour les épreuves écrites, la différence se joue sur le lieu de passage des écrits (en 2025, ceux de Paris I étaient à Montreuil, ceux de Paris II à Assas et ceux de Paris V à Rungis) et surtout sur les modalités du Grand oral : certains IEJ proposent habituellement des commentaires d’arrêts, d’autres des soutenances, et d’autres encore des dissertations. L’oral d’anglais diffère aussi selon les IEJ.
Concernant la spécialité, il faut choisir une matière que l’on aura plaisir à travailler intensément pendant deux mois - tout en capitalisant bien sûr sur ses points forts. Bien que je n’aie pas encore beaucoup de recul, je ne crois pas que ce choix soit déterminant pour la suite de votre parcours professionnel donc sentez-vous libre !
Enfin, si s’inscrire à une prépa n’est pas indispensable en théorie, force est de constater que la grande majorité des candidats reçus ne préparent pas l’examen seuls. Lorsque l’on n’a que de deux mois pour préparer les écrits, les cours et corrigés proposés par une prépa permettent d’optimiser considérablement son temps. J’étais inscrite au Pré-Barreau en présentiel — j’ai suivi trois semaines de cours à distance sur les sept — et j’ai appliqué rigoureusement leurs conseils d’organisation. Il faut toutefois pouvoir prendre beaucoup de recul sur les notes que l’on reçoit au Pré-Barreau parce qu’elles sont généralement très mauvaises tout du long, ce qui peut parfois être décourageant. Mais cette exigence paye puisqu’elle permet d’obtenir des notes bien plus hautes aux vraies épreuves !
Concernant la préparation, mon premier conseil serait de commencer par prendre de vraies vacances. L’École de droit est un marathon, en particulier pour les étudiants qui effectuent un stage en parallèle de leur deuxième année de master. Il est donc essentiel de prendre le temps de souffler avant de se lancer dans la prépa, qui dure jusqu’à la fin du mois de novembre. A titre d’exemple, je n’ai commencé à travailler qu’à partir de mi-juin et je n’ai réalisé aucune épreuve blanche avant le 28 juin.
Enfin, cela peut sembler évident mais il est essentiel de prendre soin de sa santé physique et mentale : faire des pauses en cas de fatigue, et dans l’idéal s’éloigner de Paris quelques jours pendant l’été pour changer de cadre de travail et voir un peu le soleil. Il faut aussi rester si possible entouré de personnes avec lesquelles on a l’habitude de travailler et qui nous tirent vers le haut. J’ai travaillé tout l’été en trinôme avec deux amies du Master joint, et grâce à elles, la préparation s’est déroulée dans une atmosphère très positive — au point que même la semaine des épreuves écrites s’est révélée plutôt agréable !
Comment envisagez-vous la suite de votre parcours professionnel dans le monde juridique ?
Je souhaiterais devenir avocate en contentieux civil et commercial, car j’adore la stratégie et la créativité juridique au cœur de cette pratique. Le contentieux fait appel à tous les domaines du droit, ce qui est la garantie de ne jamais s’ennuyer. Mais le stage passionnant que j’effectue actuellement chez Spinosi me fera peut-être hésiter avec une collaboration chez un avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation… Sciences Po m’a en tout cas appris à saisir toutes les opportunités qui se présentent et à ne me fermer aucune porte !
A plus long terme, je serais très heureuse de monter un cabinet avec des amis sciencespistes, et d’avoir un jour l’opportunité d’enseigner pour transmettre à mon tour ce que j’ai reçu.
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