"Nos étudiants sont plus engagés que militants"

"Nos étudiants sont plus engagés que militants"

Le vrai du faux sur les assos à Sciences Po
  • Étudiants du Bureau des Élèves sur le campus de Nancy ©Martin ArgyrogloÉtudiants du Bureau des Élèves sur le campus de Nancy ©Martin Argyroglo

Il y a en cette rentrée 2018 une association pour 30 étudiants à Sciences Po. Sur le seul campus de Paris, la saison associative 2017/2018 a vu fleurir près de 1000 activités, soit 40 par semaine de cours, de l’atelier-débat à la démonstration de jeu vidéo, en passant par la comédie musicale. Solide, foisonnante, la tradition associative structure le parcours à Sciences Po : c’est même souvent un argument décisif pour les candidats. Mais les chiffres ne disent rien des engagements de prédilection de nos étudiants. Qui mettent à mal certains clichés... et révèlent une génération en phase avec son époque. Petit tour d’horizon en forme de fact checking.

Les principales associations sont liées à des partis politiques - FAUX

Au risque de surprendre, sur la centaine d’associations reconnues, les trois catégories les mieux représentées concernent “l’international”, suivies de près par “Art et culture” et “Solidarité/engagement citoyen”. La catégorie “Débats/politique” occupe la quatrième place. “Et encore, constate Andreas Roessner, le Directeur de la vie étudiante, au sein de cette catégorie, les émanations de partis politiques ne forment qu’une minorité, aux côtés des associations de débats et des think tanks. On a assisté au cours des dernières années à une sorte de “désinstitutionnalisation” de l’engagement politique”.

Les étudiants privilégient l’engagement pour des causes ciblées - VRAI

“Le militantisme a changé de forme, résume Sébastien Thubert, chargé de la vie étudiante. De la même façon qu’ils vont signer des pétitions en ligne très ciblées, les étudiants de Sciences Po privilégient aujourd’hui les causes précises et concrètes, les actions avec un impact fort à court terme.” D’où le succès d’un nouvel “objet” associatif créé en 2017, les “initiatives étudiantes”, des projets à durée limitée qui visent une action précise. “À l’issue du projet, l’initiative peut se muer en association reconnue, plus pérenne, ou s’arrêter là”, explique Sébastien Thubert. Une souplesse plébiscitée par les étudiants qui ont lancé 116 initiatives sur l’ensemble des campus en 2017/18.

Ce sont les étudiants qui votent pour valider la création d’une asso - FAUX

Depuis l’année 2016/2017, la qualité d’association reconnue est attribuée par le Conseil de la vie étudiante et de la formation, selon les conditions énoncées dans le Règlement de la vie étudiante (PDF, 54 Ko), et notamment la déclaration en Préfecture. Les initiatives étudiantes, projets plus ponctuels, doivent pour être sélectionnées faire campagne en début de semestre et justifier du soutien des étudiants.

Les pétitions en ligne ont remplacé les tracts - VRAI

“Les formes d’action et de communication ont changé, explique Andreas Roessner. Les étudiants, comme tous ceux de leur génération, se mobilisent de plus en plus via les réseaux sociaux, et plus forcément avec des stands ou des tracts. Cela ne veut pas dire qu’ils s’impliquent moins : il est même probable que leur action au sein de Sciences Po ne soit qu’une partie de leurs engagements !”.

Les lieux investis par l’associatif changent aussi. D’abord, le foisonnement se déploie aujourd’hui sur sept campus. Et sur le campus parisien, de nouveaux espaces émergent : “Aujourd’hui, le site du 28 rue des Saints Pères, investi par le Café autogéré et solidaire de l’association PAVéS, avec l’AMAP qui propose ses légumes chaque semaine, est devenu un lieu central pour la sociabilité associative”, explique Sébastien Thubert. Quant aux activités, difficile de croire à l’accalmie : en 2017/2018, le campus parisien de Sciences Po a effectué un nombre record de 1000 demandes de prêts de salle et accueilli 600 événements liés aux associations. Avec dans le top 5 des principales activités (en nombre) : la culture, suivie du théâtre, de l’art oratoire, de l’engagement citoyen...et de la politique, ex aequo avec la géopolitique. 

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