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19 février 2026
Des bancs de l'école à la Résistance, l'histoire de deux étudiants aux destins liés
Dans le cadre de leur parcours civique auprès de l'Ordre de la Libération, Maxime Bouchet (étudiant en double diplôme de bachelor Sciences Po/Sorbonne Université en histoire) et Louison Curlier (étudiante en bachelor au Collège universitaire) ont lancé une revue trimestrielle, Traits de Résistance.
« Animés par le désir de faire vivre et de transmettre la mémoire des Compagnons de la Libération et des médaillés de la Résistance française, notamment auprès de notre génération, nous avons conçu une revue culturelle destinée à partager la diversité de leurs parcours. À travers cette publication, nous proposons un regard contemporain sur leur engagement, en soulignant la manière dont la culture, qu’il s’agisse de littérature, de cinéma, d’arts visuels ou de musique, peut éclairer et prolonger leur héritage. »

Pour découvrir ce premier numéro consacré à l'engagement de la jeunesse, nous vous proposons un extrait présentant les portraits de deux jeunes résistants de la première heure et étudiants à Sciences Po.
L’École libre des sciences politiques, fondée en 1871 par Émile Boutmy et ancêtre de Sciences Po, s’est distinguée pendant la Seconde Guerre mondiale par l’engagement exceptionnel de sa communauté étudiante, qui a fourni notamment 17 Compagnons de la Libération. Nous vous proposons d’en découvrir deux qui, alors étudiants, se sont illustrés par leur engagement exceptionnel : Pierre Arrighi et François Delimal.
Pierre Arrighi

D’étudiant brillant en finances publiques à l’École libre des sciences politiques, Pierre Arrighi se mue, au terme de la défaite de 1940, en un résistant de la première heure, alors qu’il n’a pas encore 22 ans. Dès l’hiver 1940, il participe à l’évasion de prisonniers de guerre et à la collecte de renseignements au sein du mouvement Les Petites Ailes. Désormais avocat au barreau de Paris, il utilise ses nouvelles fonctions pour déguiser ses activités résistantes.
En 1942, une vague d’arrestations survient au sein de l’organisation conséquemment à une trahison, à laquelle Pierre Arrighi échappe. Ne parvenant néanmoins pas à relever le mouvement, Pierre Arrighi rejoint l’Organisation nationale de la Résistance, mouvement successeur des Petites Ailes fondé par Jacques Lecompte-Boinet. Malgré son jeune âge et sa majorité à peine entamée, Pierre Arrighi devient la clé de voûte du mouvement, désormais nommé Ceux de la Résistance.
Nommé en 1943 responsable militaire, il est la même année précipité à la direction du mouvement après le départ pour Londres de Jacques Lecompte-Boinet, et l’arrestation du second de celui-ci, Paul Arrighi, le père de Pierre qu’il avait lui-même recruté.
Ayant échappé à l’arrestation qui a emporté son père, Pierre Arrighi est arrêté à son tour le 19 novembre 1943 par la Gestapo. Après avoir été interné à la prison de Fresnes et au camp de Compiègne-Royallieu, il est déporté au camp de Buchenwald le 22 janvier 1944.
Transféré au camp de Mauthausen en Autriche, il y rejoint son père Paul. Pourtant, si Paul Arrighi retrouve la France à la libération du camp, Pierre est gazé le 5 août 1944 au château d’Harteim. Il ne retrouvera jamais la France pour laquelle il a sacrifié sa vie à l’âge de 23 ans.

François Delimal

Élève brillant et sportif accompli, François Delimal entre à l’École libre des sciences politiques en 1939. La défaite de 1940 le heurte de plein fouet : à seulement 18 ans, il tente aussitôt de rejoindre la France libre à Londres, mais est accablé par l’échec de son projet. Son désir de s’engager au service de la France n’en est pas ébranlé : dès 1942, il entre en résistance en participant au sein du réseau Gambetta à l’évasion d’aviateurs britanniques.
La même année, il est recruté par son camarade à l’École libre des sciences politiques, Pierre Arrighi, au sein du mouvement Organisation nationale de la Résistance, qui prend en 1943 le nom de Ceux de la Résistance.
François Delimal devient alors Jacques Fontaine : sous cet alias, il multiplie les missions de renseignement, de transport, ainsi que de parachutage d’armes et d’atterrissage. En 1943, revanche de François Delimal sur son départ avorté pour Londres en 1940 : il est envoyé dans la capitale britannique pour se former auprès des hommes de la France libre. Il y intègre leurs services secrets : le Bureau central de renseignement et d’action (BCRA).
Fort de cette nouvelle mission, il est parachuté en France à l’automne 1943 afin d’assurer les parachutages dans un vaste territoire comprenant douze départements de l'est de la France. Alors qu’il n’a pas 22 ans, François Delimal outrepasse grâce à un talent et un courage brut sa condition de jeune homme à peine adulte, et se voit chargé de responsabilités immenses.
Le destin de François Delimal se précipite le 20 mars 1944 lorsque la Gestapo l’arrête à Paris. Ultime acte de bravoure, il avale la capsule de cyanure fournie par le BCRA, préférant mourir que de compromettre son mouvement. Sa mort est à l’image de sa vie tragiquement écourtée : le symbole d’un engagement remarquable au service de la France, et d’une force d’âme inébranlable.
Rendez-vous pour le prochain numéro sur le site de l'Ordre de la Libération, qui sera sur le thème des femmes dans la Résistance.
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