Auteur(s): 

Xavier Guignard, doctorant au CESSP —Paris 1

Camille Lévy, étudiante à PSIA—Sciences Po Paris

Date de publication: 
Décembre 2017
Illustration

La cérémonie de l’illumination du sapin de Noël à Bethléem, ville de la Nativité, est un véritable événement politique palestinien. Les élus locaux et nationaux viennent marquer leur attachement à la minorité chrétienne de plus en plus restreinte, et sujette à une émigration continue depuis les années 1940. Cette année, cette cérémonie fut également l’occasion de dénoncer la décision étatsunienne de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Auteur(s): 

Bayram Balci, directeur de l’Institut français d’études anatoliennes – Istanbul

Date de publication: 
Décembre 2017

LES ETATS DU CAUCASE DU SUDLes Etats du Caucase du Sud

Source: Atelier de cartographie de Sciences Po  

Auteur(s): 

Bénédicte Brac de la Perrière, chercheuse au Centre Asie du Sud-Est, CNRS

Date de publication: 
Avril 2017

La Birmanie (Myanmar)[fn]Myanmar est le nom officiel de la Birmanie imposé par la junte militaire en 1991. Bien que la mesure ait été prise pour rompre avec l’usage colonial, notamment celui de Burma, l’usage de l’un ou de l’autre de ces vocables est devenu politique[/fn] expérimente aujourd’hui une phase de transition vers un régime démocratique. Cette phase a été inaugurée en mars 2011, lorsque le pouvoir a été remis à un gouvernement formellement civil, présidé par Thein Sein, dont le mandat était d’assurer la réforme politique.

Résumé 

« L’islam est la religion de l’Etat »… Telle une litanie, on retrouve cette expression dans toutes les Constitutions des pays arabes (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Irak, Jordanie, Yémen, Oman, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït) et en Iran. En Arabie Saoudite où il n’existe pas de Constitution, la religion musulmane est la seule autorisée. Ensuite s’ajoute la référence à la sharî’a et la façon dont les lois doivent s’en inspirer. Le principe d’égalité est affiché dans toutes les Constitutions des Etats arabes, sous des formes variant d’un texte à l’autre. Dans les faits, la reconnaissance des minorités religieuses se fait dans le cadre de l’héritage de la dhimmitude. L’autonomie du statut personnel des non-musulmans, assurée dans toutes les Constitutions, trouve sa source dans la sharî’a. Quant aux sectes issues de l’islam, elles ne sont tout simplement pas reconnues.

Bibliographie 

« Laïcité(s) en France et en Turquie », Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien (CEMOTI), 19, 1995.

Les Constitutions des pays arabes. Actes du colloque organisé en 1998 à Beyrouth par le Centre d’études des droits des pays arabes (CEDROMA) de l’Université Saint-Josep, Bruxelles, Bruylant, 1999.

Al-Hakîm Jacques, « Syrie : constitution de la République arabe syrienne », dans Éric Canal-Forgues (dir.), Recueil des Constitutions des pays arabes, Bruxelles, Bruylant, 2000, p. 203-208.

Amor Abdelfattah, « La place de l’Islam dans les constitutions des États arabes : modèle théorique et réalité juridique », dans Gérard Conac et Abdelfattah Amor (dir.), Islam et droits de l’homme, Economica, Paris, 1994, p. 13-27.

Ben Jémia Monia, « Non-discrimination religieuse et Code du statut personnel tunisien », dans Hervé Bleuchot et François-Paul Blanc (dir.), Revue franco-maghrébine de droit, 15, 2007, p. 199-216.

Bernard-Maugiron Nathalie et Bras Jean-Philippe, La Charia, Paris, Dalloz, 2015.

Bernard-Maugiron Nathalie, La Haute Cour constitutionnelle égyptienne et la protection des droits fondamentaux, thèse de droit, Université Paris-Nanterre, 1999.

Botiveau Bernard, Loi islamique et droit dans les sociétés arabes. Mutations des systèmes juridiques du Moyen-Orient, Paris, Karthala-IREMAM, 1993.

Boustany Katia, « Minorités et organisation institutionnelle au Liban : architecture de l’État et dispositifs juridiques », dans Nicolas Levrat (dir.), Minorités et organisation de l’État. Textes présentés au quatrième colloque international du Centre international de la common law en français, Bruxelles, Bruylant, 1998, p. 389-411.

Digard Jean-Pierre, Hourcade Bernard et Richard Yann, L’Iran au XXe siècle. Entre nationalisme et mondialisation, Paris, Fayard, 2007.

Dumont Paul, Mustafa Kemal invente la Turquie moderne, Bruxelles, Complexe, 2006.

Gannagé Pierre, Le Pluralisme : droit libanais et droits proche-orientaux, Presses de l’Université Saint-Joseph, Beyrouth, 2001.

Georges Naël, « Minorités et libertés religieuses dans les Constitutions des États de l’Orient arabe », Égypte/Monde arabe, 10, 2013.

Luizard Pierre-Jean (dir.), Le Choc colonial et l’islam. La politique religieuse des puissances coloniales en terres d’islam, Paris, La Découverte, 2006.

Luizard Pierre-Jean, « Al-Azhar, institution sunnite réformée », dans Alain Roussillon (dir.), Entre réforme sociale et mouvement national, Le Caire, CEDEJ, 1995, p. 519-548.

Luizard Pierre-Jean, Laïcités autoritaires en terres d’islam, Paris, Fayard, 2008.

Pérouse Jean-François, La Turquie en marche. Les grandes mutations depuis 1980, Paris, La Martinière, 2004.

Richard Yann, L’Iran. Naissance d’une république islamique, Paris, La Martinière, 2006.

Rondot Pierre, « Les minorités dans le Proche-Orient (3) », L’ Afrique et l’Asie modernes, Paris, 15, été 1987, p. 85-101.

Sulaymân H., 1989, « Comparaison entre les constitutions arabes et les deux pactes internationaux », Droits de l’homme : études appliquées sur le monde arabe, Beyrouth, Dâr al-ʻilm lil-malâyîn, tome 3, p. 217-240.

Vaner Semih (dir.), Modernisation autoritaire en Turquie et en Iran, Paris, L’Harmattan, 1991.

Zarcone Thierry, La Turquie moderne et l’islam, Paris, Flammarion, 2004.

Résumé 

L’arrivée au pouvoir en 2014 du Parti du peuple indien (BJP), une formation nationaliste hindoue, ne s’est pas traduite à ce jour par des modifications constitutionnelles. Les seules remises en cause du sécularisme d’ordre juridique sont intervenues au niveau des Etats de l’Union indienne récemment conquis par le BJP. En revanche, le nouveau pouvoir a laissé se développer des milices nationalistes hindoues à l’origine d’une police culturelle dont les minorités musulmanes et chrétiennes sont les premières victimes. L’Inde acquiert ainsi certaines caractéristiques d’une « démocratie ethnique ».

Bibliographie 

Bhargav Rajeev (ed.), Secularism and its Critics, Oxford, Oxford University Press, 1998.

Crossman Brenda et Kapur Ratna, Secularism’s Last Sigh ? Hindutva and the (Mis)Rule of Law, Oxford, Oxford University Press, 1999.

Dingwaney Needham Anuradha et Sunder Rajan Rajeswari (eds), The Crisis of Secularism in India, Durham (N. C.), Duke University Press, 2007.

Gayer Laurent et Jaffrelot Christophe (dir.), Milices armées d’Asie du Sud. Privatisation de la violence et implication des États, Paris, Presses de Sciences Po, 2008.

Gayer Laurent et Jaffrelot Christophe (eds), Muslims of Indian Cities. Trajectories of Marginalization, Londres, New York (N. Y.) et New Delhi, Hurst-Columbia University Press-Harper and Collins, 2012.

Jaffrelot Christophe (ed.), Hindu Nationalism. A Reader, Princeton (N. J.), Princeton University Press, 2007.

Jaffrelot Christophe, « La crise du sécularisme indien », Mondes contemporains, 4, 2013, p. 81-106.

Jaffrelot Christophe, « Le BJP (Parti du peuple indien), un parti ethno-religieux modéré ou radicalisé par la démocratie ? », dans Denis Lacorne, Justin Vaïsse et Jean-Paul Willaime (dir.), La Diplomatie au défi des religions. Tensions, guerres, médiations , Paris, Odile Jacob, 2014, p. 129-148.

Jaffrelot Christophe, « Les (re)conversions à l’hindouisme (1885-1990) : politisation et diffusion d’une “invention de la tradition” », Archives de sciences sociales des religions, 87, décembre 1994, p. 73-98.

Jaffrelot Christophe, « The 2002 Pogrom in Gujarat : The Post-9/11 Face of Hindu Nationalist Anti-Muslim Violence », dans John R. Hinnels et Richard King (eds), Religion and Violence in South Asia : Theories and Practices, Londres, Routledge, 2006, p. 173-192.

Jaffrelot Christophe, « The Modi-centric BJP 2014 Election Campaign: New Techniques and Old Tactics », Contemporary South Asia, 23 (2), juin 2015, p. 151-166.

Jaffrelot Christophe, « The Muslims of India », dans Christophe Jaffrelot (ed.), India since 1950 : Society, Politics, Economy and Culture, New Delhi, Yatra Books, 2011, p. 564-580.

Khilnani Sunil, « Secularism: Western and Indian », dans Kurt Almqvist (ed.), The Secular State and Islam in Europe. Perspectives from the Engelsberg Seminar 2006 , Stockholm, Axel and Margaret Ax:son Johnson Foundation, 2007.

Sen Ronojoy, Articles of Faith. Religion, Secularism and the Indian Supreme Court, Oxford, Oxford University Press, 2010.

Smith Donald E., India as a Secular State, Princeton (N. J.), Princeton University Press, 1963.

Résumé 

Le mot même de « minorité » s'est imposé dans le vocabulaire politique dans l'entre-deux guerres. Son surgissement est lié à la mise en place des Etats-nations. La fin du XIXe siècle a vu la montée de la conscience nationale et de l'ethnicisation des groupes religieux dans l'Empire ottoman, avec le début de violences intercommunautaires qui ont atteint leur paroxysme pendant le premier conflit mondial. A la fin de celui-ci, les chrétiens sont devenus minoritaires dans les nouveaux Etats dessinés au Proche-Orient. Ils ont cependant pu y trouver leur place tant que la nation y faisait l’objet d’une définition culturelle et géographique. Toutefois, les chrétiens ont très tôt été marginalisés et menacés par la référence à l’islam.

Bibliographie 

« Lettre des 120 savants musulmans contemporains », traduction française.

al-Qaradawi Yusuf, « La société musulmane et la lutte contre l’apostasie », Islamophile. Ressources islamiques en langue française.

al-Qaradawi Yusuf, Non-Muslims in the Islamic Society, trad. anglaise, Burr Ridge (Ill.), American Trust Publications, 2005.

Bozarslan Hamit, Histoire de la Turquie contemporaine. De l’Empire à nos jours, Paris, Tallandier, 2013.

Bozarslan Hamit, Une histoire de la violence au Moyen-Orient, Paris, La Découverte, 2008.

Casmoussa Georges, Jusqu’au bout. Entretiens avec Joseph Alichoran et Luc Balbont, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité, 2012.

Costet-Tardieu Francine, Les Minorités chrétiennes dans la construction de l’Égypte moderne 1922-1952, Paris, Karthala, 2016.

Dakhli Leila (dir.), Le Moyen-Orient. Fin XIXe-XXe siècle, Paris, Seuil, 2016.

Dall’Oglio Paolo, La Rage et la lumière. Un prêtre dans la révolution syrienne, Ivry, Les Éditions de l’Atelier/Éditions ouvrières, 2013.

Dillmann Isabelle et Bechara Boutros Raï, Au cœur du chaos. La résistance d’un chrétien en Orient, entretiens avec Isabelle Dillmann, Paris, Albin Michel, 2016.

Heyberger Bernard, Les Chrétiens au Proche-Orient. De la compassion à la compréhension, Paris, Payot, 2013.

Heyberger Bernard, Les Chrétiens d’Orient, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2017.

Heyberger Bernard et Girard Aurélien (dir.), « Chrétiens au Proche-Orient », Archives de sciences sociales des religions, 171, juillet-septembre 2015.

Hourani Albert, Minorities in the Arab World, Oxford, Oxford University Press, 1947.

Méouchy Nadine, « La réforme des juridictions religieuses en Syrie et au Liban (1921-1939) : raisons de la puissance mandataire et raisons des communautés », dans Pierre-Jean Luizard (dir.), Le Choc colonial et l’islam. Les politiques religieuses des puissances coloniales en terre d’islam , Paris, La Découverte, 2006, p. 359-382.

Nga Longva Anh et Roald Anne Sofie (eds), Religious Minorities in the Middle East. Domination, Self-Empowerment, Accommodation, Leyde, Brill, 2012.

Dillmann Isabelle et Bechara Boutros Raï, Au cœur du chaos. La résistance d’un chrétien en Orient, entretiens avec Isabelle Dillmann, Paris, Albin Michel, 2016.

Résumé 

Dans un contexte de libéralisation « post-junte », le militantisme bouddhiste renaît en Birmanie. A la différence des manifestations non-violentes de la « révolution safran » de 2007, il n’est plus question pour cette mouvance radicale de simplement dénoncer les (in)actions et l’autoritarisme de l’Etat. Il s’agit désormais d’adopter des logiques proactives et combatives, dans lesquelles la violence peut s’exprimer, afin de défendre la foi et la communauté bouddhiques, perçues comme déclinantes et menacées par une trop rapide ouverture du pays au monde. Guidé par quelques courants doctrinaires marginaux de la communauté monastique birmane, ce renouveau militant cherche à se fabriquer des ennemis, identifiant ainsi certaines communautés non-bouddhistes, principalement musulmanes, comme « sources du mal ».

Bibliographie 

Aung-Thwin Michael, Of Monarchs, Monks and Men : Religion and the State in Myanmar, Singapour, ARI Working Paper Series, 127, décembre 2009.

Brac de la Perrière Bénédicte, « A Generation of Monks in the Democratic Transition », dans Renaud Egreteau et François Robinne (eds), Metamorphosis : Studies in Social and Political Change in Myanmar, Singapour, NUS Press, p. 320-345.

Brac de la Perrière Bénédicte, « La question religieuse dans la Birmanie en transition, Paris », IFRI Asies Visions, 73, novembre 2014.

Egreteau Renaud, Histoire de la Birmanie contemporaine : le pays des prétoriens, Paris, Fayard, 2010.

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Schonthal Benjamin et Walton Matthew J., « The (New) Buddhist Nationalisms? Symmetries and Specificities in Sri Lanka and Myanmar », Contemporary Buddhism, 17 (1), 2016, p. 81-115.

Smith Eugene D., Religion and Politics in Burma, Princeton (N. J.), Princeton University Press, 1965.

Tambiah Stanley J., Buddhism Betrayed? Religion, Politics and Violence in Sri Lanka, Chicago (Ill.), Chicago University Press, 1992.

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Walton Matthew J. et Hayward Susan, Contesting Buddhist Narratives : Democratization, Nationalism and Communal Violence in Myanmar, Washington (D. C.), East-West Center Policy Studies, 71, 2014.

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