Auteur(s): 

Xavier Guignard, doctorant au CESSP —Paris 1

Camille Lévy, étudiante à PSIA—Sciences Po Paris

Date de publication: 
Décembre 2017
Illustration

La cérémonie de l’illumination du sapin de Noël à Bethléem, ville de la Nativité, est un véritable événement politique palestinien. Les élus locaux et nationaux viennent marquer leur attachement à la minorité chrétienne de plus en plus restreinte, et sujette à une émigration continue depuis les années 1940. Cette année, cette cérémonie fut également l’occasion de dénoncer la décision étatsunienne de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Auteur(s): 

Anastasia Colosimo, doctorante – CEVIPOF, Sciences Po

Date de publication: 
Novembre 2017
Illustration

A l’occasion des fêtes de Noël, d’étonnants concours de crèche sont organisés chaque année au sein de la Légion étrangère. Alors que beaucoup d’institutions publiques sont travaillées par la question de la conformité, ou pas, à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, il semble que ces débats n’aient pas lieu dans cette instance de l’Armée. La chercheuse Anastasia Colosimo nous explique pourquoi. 

Auteur(s): 

Henri landès, Enseignant à Sciences Po Paris

Date de publication: 
Novembre 2016

Au premier abord, on pourrait croire que la religion a peu compté dans l’élection américaine.  Les deux candidats ne l’ont que très timidement célébrée. Hillary Clinton vient d’une famille très protestante (dans sa variante méthodiste), mais ne l’a guère claironné pendant sa campagne. De son côté, Donald Trump n’affichait pas non plus le profil d’un croyant dévoué. Il serait a priori un protestant presbytérien, membre de l’église Marble Collegiate Church à Manhattan. Mais il a manifesté fort peu de preuves de piété depuis son entrée en politique en juin 2015.

Auteur(s): 

Kathy Rousselet, Directrice de recherche, Sciences Po

Date de publication: 
Septembre 2016
Illustration

Après un long travail préparatoire entamé lors de conférences à Rhodes et Genève de 1961 à 1971, un concile panorthodoxe a été convoqué du 16 au 27 juin 2016 en Crète. L’ordre du jour était limité à six points, susceptibles d’être acceptés à l’unanimité[fn]L’importance du jeûne et son observance aujourd’hui ; les relations de l’Eglise orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien ; l’autonomie et la manière de la proclamer ; la diaspora orthodoxe ; le sacrement du mariage et ses empêchements ; la mission de l’Eglise orthodoxe dans le monde contemporain[/fn].

Auteur(s): 

Joseph  Yacoub, professeur honoraire de l’Université catholique de Lyon

Date de publication: 
Décembre 2016
Illustration

 

Notre tristesse est de voir une riche et belle chrétienté sur le point de disparaître.

Mgr Antoine Audo, évêque chaldéen d’Alep (31 octobre 2016)

***

Résumé 

L’Afrique subsaharienne se caractérise par un pluralisme religieux qui, bien que variable selon les Etats, tend partout à se renforcer. La fragmentation de l’offre, la mobilité des acteurs et la dérégulation des champs religieux favorisent une proximité et une cohabitation souvent inédites des cultes, notamment chrétiens et musulmans, démultipliant les possibilités d’interactions et avivant les rivalités. Quels visages emprunte cette compétition religieuse au quotidien ? Comment façonne-t-elle les relations qui se nouent d’une part entre les acteurs religieux et d’autre part entre ceux-ci et le politique ?

Bibliographie 

Bayart Jean-François, « Religion et politique en Afrique : le paradigme de la cité cultuelle », Études africaines comparées, 1, avril 2015.

Chanson Philippe, Droz Yvan, Gez Yonatan N. et Soares Edio (dir.), Mobilité religieuse. Retours croisés des Afriques aux Amériques, Paris, Karthala, 2014.

Fath Sébastien et Mayrargue Cédric, « Les nouveaux christianismes en Afrique », Afrique contemporaine, 252, 2014, p. 13-25.

Holder Gilles (dir.), L’Islam, nouvel espace public en Afrique, Paris, Karthala, 2009.

Holder Gilles et Sow Moussa (dir.), L’Afrique des laïcités. État, religion et pouvoirs au sud du Sahara, Paris, Éditions Tombouctou-IRD, 2013.

Kastfelt Niels (ed.), Religion and African Civil Wars, Londres, Hurst, 2005.

Lasseur Maud et Mayrargue, Cédric, « Le religieux dans la pluralisation contemporaine. Éclatement et concurrence », Politique africaine, 123, 2011, p. 5-25.

Lasseur Maud, « Le pluralisme religieux dans la production des villes ouest-africaines », Géoconfluences, 2016.

Marshall Ruth, Political Spiritualities. The Pentecostal Revolution in Nigeria, Chicago (Ill.), University of Chicago Press, 2009.

Miran Marie, Islam, histoire et modernité en Côte-d’Ivoire, Paris, Karthala, 2006.

Miran-Guyon Marie, Guerres mystiques en Côte-d’Ivoire. Religion, patriotisme, violence (2002-2013), Paris, Karthala, 2015.

N’Diaye Marième, La Réforme du droit de la famille. Une comparaison Sénégal-Maroc, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2016.

Pérouse de Montclos Marc-Antoine (ed.), Boko Haram: Islamism, Politics, Security and the State in Nigeria, Leyde, Ibadan, African Studies Centre, IFRA-Nigeria, 2014.

Strandsbjerg Camilla, Religion et transformations politiques au Bénin. Les spectres du pouvoir, Paris, Karthala, 2015.

Résumé 

Le mot même de « minorité » s'est imposé dans le vocabulaire politique dans l'entre-deux guerres. Son surgissement est lié à la mise en place des Etats-nations. La fin du XIXe siècle a vu la montée de la conscience nationale et de l'ethnicisation des groupes religieux dans l'Empire ottoman, avec le début de violences intercommunautaires qui ont atteint leur paroxysme pendant le premier conflit mondial. A la fin de celui-ci, les chrétiens sont devenus minoritaires dans les nouveaux Etats dessinés au Proche-Orient. Ils ont cependant pu y trouver leur place tant que la nation y faisait l’objet d’une définition culturelle et géographique. Toutefois, les chrétiens ont très tôt été marginalisés et menacés par la référence à l’islam.

Bibliographie 

« Lettre des 120 savants musulmans contemporains », traduction française.

al-Qaradawi Yusuf, « La société musulmane et la lutte contre l’apostasie », Islamophile. Ressources islamiques en langue française.

al-Qaradawi Yusuf, Non-Muslims in the Islamic Society, trad. anglaise, Burr Ridge (Ill.), American Trust Publications, 2005.

Bozarslan Hamit, Histoire de la Turquie contemporaine. De l’Empire à nos jours, Paris, Tallandier, 2013.

Bozarslan Hamit, Une histoire de la violence au Moyen-Orient, Paris, La Découverte, 2008.

Casmoussa Georges, Jusqu’au bout. Entretiens avec Joseph Alichoran et Luc Balbont, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité, 2012.

Costet-Tardieu Francine, Les Minorités chrétiennes dans la construction de l’Égypte moderne 1922-1952, Paris, Karthala, 2016.

Dakhli Leila (dir.), Le Moyen-Orient. Fin XIXe-XXe siècle, Paris, Seuil, 2016.

Dall’Oglio Paolo, La Rage et la lumière. Un prêtre dans la révolution syrienne, Ivry, Les Éditions de l’Atelier/Éditions ouvrières, 2013.

Dillmann Isabelle et Bechara Boutros Raï, Au cœur du chaos. La résistance d’un chrétien en Orient, entretiens avec Isabelle Dillmann, Paris, Albin Michel, 2016.

Heyberger Bernard, Les Chrétiens au Proche-Orient. De la compassion à la compréhension, Paris, Payot, 2013.

Heyberger Bernard, Les Chrétiens d’Orient, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2017.

Heyberger Bernard et Girard Aurélien (dir.), « Chrétiens au Proche-Orient », Archives de sciences sociales des religions, 171, juillet-septembre 2015.

Hourani Albert, Minorities in the Arab World, Oxford, Oxford University Press, 1947.

Méouchy Nadine, « La réforme des juridictions religieuses en Syrie et au Liban (1921-1939) : raisons de la puissance mandataire et raisons des communautés », dans Pierre-Jean Luizard (dir.), Le Choc colonial et l’islam. Les politiques religieuses des puissances coloniales en terre d’islam , Paris, La Découverte, 2006, p. 359-382.

Nga Longva Anh et Roald Anne Sofie (eds), Religious Minorities in the Middle East. Domination, Self-Empowerment, Accommodation, Leyde, Brill, 2012.

Dillmann Isabelle et Bechara Boutros Raï, Au cœur du chaos. La résistance d’un chrétien en Orient, entretiens avec Isabelle Dillmann, Paris, Albin Michel, 2016.

Carte : Les chrétiens en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, estimation 2010

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Commentaire de Bernard Heyberger

Sur ces terres où le christianisme a connu sa première expansion, on assiste à une régression sévère de la population chrétienne autochtone depuis le début du XXe siècle. En chiffres absolus comme en pourcentage, la présence chrétienne dans la population est presque insignifiante, sauf en Egypte et au Liban. Alors que les chrétiens étaient très nombreux avant 1914 sur des territoires comme la Turquie ou Israël/Palestine, ceux-ci ont aujourd'hui presque complètement disparu. L'évolution démographique jointe aux violences et aux migrations explique cette évolution. La carte montre que le christianisme n'est néanmoins pas en voie d'extinction dans la région : on observe une forte migration de chrétiens, notamment en direction des Etats du Golfe et de l'Arabie, amène à des nombres absolus et des proportions significatifs de chrétiens dans ces Etats qui modifie l'équilibre confessionnel traditionnel de ces sociétés peu enclines au pluralisme.