Goering, Hermann

Date: 
4 Novembre, 2009
Auteur: 
Bovy Daniel

Goering (1893-1946) est considéré par nombre d’historiens comme le deuxième personnage le plus important au sein du régime nazi. Pour Hitler, il présentait l’avantage d’avoir des assises politiques dans les secteurs de l’armée, de l’administration, de l’économie. Il adhéra au NSDAP à l’automne 1921. En novembre 1923, il prit part au putsch de Munich. Elu au Reichstag en 1928, Goering s’installa à Berlin et parvint à rallier à la cause nazie des personnalités grâce au neveu du Kaiser, le prince August-Wilhelm qui adhéra au parti nazi en 1930. 

A partir de 1931, Goering avec l’aide des parlementaires nazis mit en oeuvre un travail de sape destiné à miner la majorité catholique et favorisa la violence de rue avant chaque élection. Elu président du Reichstag, il fut au noeud des intrigues von Schleicher et Hindenburg lors des négociations au poste de chancelier de Hitler. Il fut nommé ministre sans portefeuille en 1933 puis ministre de Prusse. En 1934, joua un rôle majeur avec Himmler dans l’assassinat d’Ernst Röhm. Il fut nommé commandant de l’armée de l’air et Reichsmarschall en 1935. En 1936, il mit en oeuvre le Plan de Quatre ans, ce qui lui donna les pleins pouvoirs dans le domaine économique. Il en profita pour créer ses propres entreprises d’état qui exploitèrent plus tard la main d’oeuvre juive sous forme d’esclaves. Lors de la Nuit de cristal, il proposa l’impôt de punition .

S’étant vu confier « la question juive » par Hitler, Goering créa, le 24 janvier 1939, le Bureau central pour l’émigration juive basé sur le modèle viennois d’Eichmann. Il créa aussi la Haupttreuhandstelle Ost , censée gérer les biens confisqués aux Juifs au profit du Reich. Le 31 juillet 1941, Goering ordonna à Reinhard Heydrich de faire le nécessaire pour résoudre la « question juive ».

Vers la fin de la guerre, il tomba en disgrâce et fut remplacé dans ses fonctions par Dönitz. Arrêté par les Alliés, Goering se suicida dans sa cellule avant le verdict du tribunal de Nuremberg. Au psychiatre de Nuremberg, Léon Goldensohn, Goering déclara qu’il avait eu vent de rumeurs au sujet de l’extermination des Juifs mais qu’étant occupé à d’autres choses, il ne pouvait pas enquêter afin de savoir ce qui se passait réellement et que même s’il l’avait été au courant, il n’aurait pas pu faire grand-chose pour l’empêcher.

MANVELL, R., FRAENKEL, H., 1963, Goering , Paris : Stock.

BUTLER E.,YOUNG, G., 1952, Goering tel qu’il fut , Paris : Fayard.

Citer cet article

Bovy Daniel, Goering, Hermann , Violence de masse et Résistance - Réseau de recherche, [en ligne], publié le : 4 Novembre, 2009, accéder le 27/04/2020, http://bo-k2s.sciences-po.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/fr/document/goering-hermann, ISSN 1961-9898
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