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08.07.2022

Webinaire "How data is transforming cities? A discussion with the data officers of London, NY and LA?"

Un WEBINAIRE ORGANISé PAR LA CHAIRE VILLES ET NUMéRIQUE

Ces dernières années, nous avons assisté dans les collectivités locales, grandes et petites, à la multiplication des initiatives autour des données. Que ce soit en termes de systèmes d'information, de postes professionnels, d'outils quantitatifs, il est clair que beaucoup d'efforts et de ressources sont actuellement canalisés dans des chantiers administratifs impliquant des données numériques. Réunissant trois responsables de premier plan sur ces questions pour les villes de New-York, Los Angeles et Londres, ce webinaire a été organisé pour permettre d’y voir plus clair dans ce tournant data qui semble à l’œuvre au sein des autorités locales. Pour ce faire, au cours de cet échange collectif, un large éventail de sujets a été abordé.

Les panélistes ont d'abord rendu compte de leur trajectoire professionnelle qui les a menés à leur poste actuel de responsable data dans une administration locale. Issu.e.s d'horizons divers (médias, campagnes politiques, think tank), ils et elles ont été témoins dans leur domaine respectif d'usages transformateurs de données et ont alors fait le choix de progressivement évolué vers des postes en charge de la conception et de la mise en œuvre de projets data. C'est ensuite leur intérêt pour la résolution de problèmes complexes et leur désir de travailler sur des projets à fort impact social qui les a orienté.e.s vers le secteur des collectivités locales.

Les intervenant.e.s sont ensuite revenu.e.s sur les missions confiées à leurs équipes, ainsi que sur les ambitions plus larges que leur exécutif municipal respectif assigne à l'agenda data. Dans les trois collectivités locales, les responsables des données partagent un ensemble de missions fondamentales autour de l'ouverture des données, du soutien au développement d’une culture des données et du pilotage de projets de données pour le compte de différents départements opérationnels. Certaines missions sont spécifiques à certaines villes, comme assurer la collaboration entre les Boroughs pour Londres ou aider à l'élaboration et à la maintenance de produits analytiques dans le cas de New-York. Du côté des équipes dirigeantes, l'agenda des données est par ailleurs associé à des ambitions récurrentes, comme l'amélioration de la qualité des services rendus aux administré.e.s, une plus grande transparence de l’action locale, et l’ancrage des décisions publiques dans des savoirs quantitatifs robustes. À Londres, la spécificité est que l'agenda des données est également envisagé par les autorités métropolitaines comme une opportunité de réduire la fragmentation institutionnelle de la ville et de permettre le passage à l'échelle des politiques urbaines.

Aussi séduisantes que soient ces ambitions, les trois panélistes insistent sur le fait que les administrations publiques ne disposent pour l’heure pas des préconditions pour pouvoir tirer pleinement profit du potentiel transformateur des données. Un aspect très important (bien que peu visible) de leur travail consiste en effet à établir dans leur organisation une série de bases juridiques, techniques et culturelles. Dans la deuxième partie du webinaire, les intervenant.e.s se sont donc attardé.e.s sur trois dimensions de cette facette relativement peu attrayante, mais pourtant cruciale, du tournant data à l’oeuvre dans les administrations locales. Premièrement, afin de permettre aux données de circuler au sein et en dehors des organisations publiques, des efforts considérables sont déployés pour "réparer les tuyaux" du partage des données. Il s'agit par exemple d'élaborer un cadre commun de gouvernance de l'information, de construire une système d’information centralisé pour permettre le stockage et/ou l'échange d’information par-delà les silos métiers, ou de travailler avec les équipes opérationnelles pour établir des normes de production de données solides. Ensuite, des ressources importantes sont allouées pour construire une culture de la donnée au sein des collectivités locales, par le biais d'ateliers internes, de bootcamps ou de partenariats avec des entreprises de la tech. Enfin, sur le sujet du développement des compétences, le même diagnostic a été fait d'une difficulté à attirer des compétences très demandées sur le marché du travail. Nos panélistes ont alors partagé des retours d’expérience sur la refonte des procédures de recrutement dans la fonction publique, la mise en place de programmes d'apprentissage ou la mobilisation d’une communauté de contributeurs/rices volontaires.

La dernière partie du webinaire était consacrée à la discussion de l'effet que les données peuvent avoir sur les politiques locales. Les intervenant.e.s ont examiné en profondeur un large éventail de cas d'usage dans lesquels les données sont exploitées pour transformer la façon dont les autorités locales conçoivent, mettent en œuvre et/ou évaluent leurs actions. Ils et elles ont partagé leurs expériences sur des projets data cherchant à réduire l'exclusion numérique, à surveiller la reprise économique après le covid, à prédire et prévenir les vulnérabilités des administré.e.s, à identifier les zones urbaines souffrant de privations multiples, à optimiser l'allocation des aides publiques, à revoir les modes d’organisation des équipes administratives, etc. Il ressort de tous ces témoignages que les données ont un impact sur l'élaboration des politiques par le biais de divers mécanismes : en donnant accès à des informations en temps réel provenant d'une grande variété de sources, en renforçant la collaboration entre la pluralité des acteurs urbains, en permettant d'affiner la répartition territoriale de l'action publique ou en intégrant des boucles de rétroaction automatiques dans la conception des politiques urbaines.

Pour conclure la session, une série de questions-réponses avec le public a amené nos trois panélistes à commenter trois dimensions supplémentaires de leur travail. Tout d'abord, la collaboration (et le conflit) avec les acteurs privés autour de la question du partage des données a été abordée. Ensuite, la discussion a porté sur la façon de procéder pour sélectionner le type de projets de données dans lesquels s'engager et sur la façon de prioriser les questions à aborder en premier. Enfin, les panélistes ont échangé sur les raisons pouvant expliquer l'absence de réseaux institutionnalisés durables permettant de faire circuler les bonnes pratiques et les connaissances en matière de transformation data dans les villes.

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