Portrait de Yunqing Bi, alumna

Portrait de Yunqing Bi, alumna

  • Yunqing Bi © YBYunqing Bi © YB

Diplômée en 2017 du master Governing the Large Metropolis, Yunqing avait auparavant étudié le GIS (Geographic Information System) à l'Université du Zhejiang en Chine. Elle est aujourd’hui Responsable technique au C40 Cities à Pékin.

Quel emploi occupez-vous actuellement ?

Je travaille en tant que responsable technique d'un programme de planification de l'action climatique au C40 Cities Climate Leadership Group. Ce réseau de 97 villes à travers le monde représente un douzième de la population mondiale et un quart de l'économie mondiale.

Mon travail consiste à aider les villes dans la gestion de leurs actions climatiques, notamment leurs plans à la fois d'atténuation et d'adaptation au climat. En ce qui concerne l'atténuation du changement climatique, je soutiens notre équipe de modélisation pour aider nos villes membres à élaborer des scénarios basés sur l'action, les aidant ainsi à mieux comprendre le potentiel de réduction des émissions carbone dans différents secteurs au niveau de la ville tels que le bâtiment, les transports et l'industrie. Quant à l'adaptation, nous disposons d'un ensemble d'outils pour évaluer les risques climatiques et concevoir des stratégies d'adaptation en conséquence.

Je communique également avec les villes pour évaluer les co-bénéfices des actions climatiques à travers les aspects sociaux et économiques, entre autres. Enfin, je participe à l'élaboration d'études de cas sur les meilleures pratiques des villes, chinoises notamment, sur la lutte contre le changement climatique pour étendre leur influence.

Qu'est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

Alors que le changement climatique est devenu le défi le plus important et le plus urgent auquel nous sommes confrontés aujourd'hui dans le monde, les villes ont un rôle plus important à jouer. Les villes consomment plus des deux tiers de l'énergie mondiale et représentent plus de 70 % des émissions mondiales de CO2, mais nombre d'entre elles n'ont pas de plan de mise en œuvre clair pour réduire leurs émissions de Gaz à effet de serre et s'adapter au changement climatique.

Ce que j'aime le plus dans mon travail, c'est que je peux apporter plus d'informations aux villes, leur fournir des connaissances et augmenter ainsi leurs capacités et leur pouvoir de faire face au changement climatique au niveau urbain. De nos jours, de nombreux pays ont annoncé leurs objectifs de neutralité carbone au niveau national ; par exemple, la France vise à devenir décarbonée d'ici 2050 et la Chine d'ici 2060 ; cependant, peu de villes l'ont fait. Pour accélérer la transition énergétique ainsi que d'autres transitions sociales et économiques, les villes sont aux avant-postes mais manquent parfois des ressources adéquates. Je pense qu'à l'avenir, les villes peuvent être la solution au changement climatique, tant qu'elles s'engagent à faire et à mettre en œuvre leurs actions climatiques inclusives et globales. J'apprécie vraiment ce poste car je peux apporter mon expertise dans ce domaine.

Quel a été votre parcours depuis votre diplomation ?

Après l'obtention de mon diplôme, j'ai effectué mon stage à l'Agence internationale de l'énergie (AIE) où j'ai travaillé au China Desk pour coordonner le travail entre certaines agences chinoises et l'AIE. Au cours de mon stage, j'ai découvert mes intérêts pour la politique énergétique et climatique, notamment au niveau urbain. J'ai remarqué que la plupart des politiques sont soit au niveau international, soit au niveau national, sans se concentrer sur le niveau de la ville. Par conséquent, j'ai décidé d'explorer davantage ce domaine.

J'ai ensuite travaillé dans une agence allemande coordonnant les échanges sur le développement urbain durable entre l'Allemagne et la Chine. Nous avons eu un large éventail de sujets, y compris le vélo, l'efficacité énergétique dans les bâtiments, le renouvellement urbain, la transition énergétique et la restauration écologique dans les deux pays. J'ai également participé au Forum des maires sino-allemands à Essen en 2019, où j'ai de nouveau constaté le manque de ressources auquel les gouvernements des villes étaient confrontés. J'étais également intéressée par la façon dont ces villes construisaient leurs stratégies climatiques, je voulais explorer un peu plus la méthodologie et les modèles qu'elles utilisaient. C'est ainsi que j'ai postulé pour mon poste actuel au C40.

J'ai également participé à quelques reportages sur la transition énergétique dans les villes. J'ai notamment contribué au rapport de situation mondial 2021 sur les Energies renouvelables des villes produit par le réseau REN21.

Qu’est-ce que vous a apporté votre formation au sein de Sciences Po ?

Tout d'abord, le master Governing the Large Metropolis m’a fourni des connaissances et des compétences sur l'analyse des politiques. Dans mon travail actuel, mon expérience à Sciences Po me permet d'analyser la politique d'une ville sous différents angles et de proposer diverses solutions pour différents acteurs.

Le voyage d'étude à Dubaï, organisé durant notre première année de master, m'a également ouvert les yeux car il m'a apporté de nouvelles idées et perspectives sur la gouvernance et la culture. Je n'étais jamais allée au Moyen-Orient avant ce voyage, alors les visites et les rencontres m'ont vraiment passionnée et j'ai élargi mon horizon sur ce qu'est une grande métropole et sur les défis qu’elle peut rencontrer. Je pense qu'aujourd'hui, alors que la tendance à la démondialisation prend de l'ampleur dans certaines parties du monde, accompagnée de populisme et de nationalisme, il est vraiment utile de permettre aux étudiants d'avoir ces voyages d'étude et de voir le monde par eux-mêmes, d'écouter différentes cultures, plutôt que de simplement lire des journaux qui pourraient être biaisés ou désinformés. Pour moi, vivant dans ce monde hyperconnecté mais divisé, c'est la chose la plus importante dont notre génération a besoin.

Enfin, c'est le réseau Sciences Po qui m'a permis de trouver mon stage à l'AIE. Je rencontre tellement d'anciens élèves dans l'agence ainsi que dans mon organisation actuelle, j'ai l'impression de ne jamais avoir quitté Sciences Po. Je suis reconnaissante pour ce réseau d’anciens qui se développe à travers le monde, qui partage des informations et s'entraide comme toujours.

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