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4 juin 2026
Romain Bréhier : mettre le droit au service du sport
Entre droit des affaires, Jeux olympiques et passion du sport, Romain Bréhier a construit un parcours singulier guidé par la curiosité intellectuelle et l’engagement de terrain.
Diplômé de l’École de droit de Sciences Po en 2018, il revient sur son expérience à Sciences Po, son passage au sein du Comité d’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024 et les enjeux de sa pratique actuelle en tant qu’avocat indépendant spécialisé en droit du sport.
Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire ?

J’ai fait mon Bachelor à Sciences Po à Paris juste après le baccalauréat. A la fin de mon Bachelor, j’ai opté pour le master Affaires Européennes qui offrait la possibilité d’aller à Londres – aujourd’hui hors de l’Union Européenne – et de côtoyer un autre mode d’enseignement. C’est dans ce double Master que j’ai eu la chance d’être l’élève d’un ancien fonctionnaire de la Commission Européenne, Bruno Gencarelli, qui nous décrivait avec vigueur les enquêtes de la Commission et la chasse aux cartels d’entreprise.
A la suite de ce Master, j’ai rejoint mon premier cabinet d’avocat à Bruxelles, Jones Day, pour savoir comment on pouvait bien intellectuellement défendre de telles infractions. Sciences Po instaurait ensuite une passerelle avec l’École de droit, afin de me préparer au mieux à l’examen du Barreau. C’est dans ce second master que j’ai rencontré des professeurs fantastiques, qui alliaient exigence et apprentissage interactif et qui ont ouvert de nombreuses portes.
Pouvez-vous décrire votre parcours professionnel ?
Au cours de ma formation à l’École d’avocats, j’ai effectué mon stage final dans le cabinet Bredin Prat qui accompagnait un client très important dans le monde du sport. J’ai dans la foulée prêté serment en 2020 et ai pratiqué deux ans comme collaborateur dans des cabinets d’affaires. Étant féru de sport, j’acceptai l’opportunité de rejoindre le Comité d’organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024. J’y ai été responsable dès 2022 des contrats stratégiques d’infrastructure et de partenariat, de la mise en concurrence jusqu’à la négociation, en passant par leur exécution, qui fût ô combien mouvementée.
Fort de cette expérience fondatrice, j’ai lancé mon activité indépendante en droit du sport au début de l’année 2025. J’exerce aujourd’hui comme avocat à mon compte, ce qui confère une grande liberté dans la conduite de mon activité, avec comme corollaire une immense responsabilité dans mes relations clients. Je dois à la fois être à l’écoute, force de propositions et être réactif dans des contextes inédits.
Comment est né votre intérêt pour les études de droit et pourquoi le droit du sport ?
Mon attrait pour le droit est né de ma volonté de découvrir l’altérité. Le droit me permet de côtoyer des profils passionnés, d’élever mon niveau de jeu. Je garde cette curiosité au quotidienne pour ne jamais me reposer sur mes acquis – encore un fruit de l’enseignement à Sciences Po pour qui statu quo n’est pas gage de stabilité.
Je me suis spécialisé en droit du sport car je me suis rendu compte que le sport était une pratique sous-valorisée. Pour mettre un ‘’tacle’’ en douceur à Sciences Po, permis d’ailleurs grâce à l’esprit critique inculqué dans cette école, notre ancien directeur avait lors d’une conférence de presse mis en cause avec ironie le caractère obligatoire du sport, ce qui l’avait conduit à ne pas valider un semestre. Le sport est pour moi tout l’inverse : vecteur de synergies, tissu social et convoyeur de valeurs fortes.
Quelles sont vos missions et votre cadre de travail ?
Mes missions couvrent toute la palette du droit du sport. Cela va de la création de sociétés sportives à la négociation commerciale de sponsoring, en passant par la sécurisation de contrats de travail. Chaque dossier est spécifique : les règlements fédéraux changent entre les disciplines. C’est ce qui fait le sel de mon office d’avocat. Ma valeur ajoutée réside dans la rigueur que je mets dans les dossiers et ma compréhension des enjeux du terrain.
Reconnaissant des années sportives, je voulais mettre ma pratique d’avocat au service des athlètes et du sport qui m’ont fait grandir. En parallèle de mon métier, je tiens d’ailleurs le blog intitulé Mouiller la Robe qui analyse juridiquement les actualités sportives – et donne ainsi un angle d’attaque et de réflexion à des brèves qui nous sont parfois servies sans relief.
Que vous a apporté Sciences Po et particulièrement l’École de Droit ?
Je garde de Sciences Po des souvenirs mémorables : des co-étudiants curieux, avenants, drôles. J’étais dans une promotion où l’on se stimulait intellectuellement sans jamais se prendre trop au sérieux. Surtout j’ai l’image d’enseignants qui responsabilisaient leurs élèves en leur donnant envie de lire. Ils nous faisaient confiance et cela était primordial pour se forger un point de vue et savoir le défendre.
Sciences Po m’a donc donné la confiance nécessaire pour embrasser la carrière d’avocat avec sérénité. Le fonctionnement par étapes de Me Alexandre Vandepoorter permet de mettre le pied sur le ballon et de scinder l’analyse. La précision et le pragmatisme du Pr Norbert Foulquier permet de proposer aux clients des solutions para-juridiques à leurs litiges, qui sont parfois tout aussi bien qu’un contentieux éprouvant.
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