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23 avril 2026

Les étudiants de l’École de droit lauréats du Concours de l’Autorité de la concurrence 2026

Mélina Reveillard, Olivier d'Ormesson, Léa Settepani, Matéo Le Gouzouguec, Noémie Morel et Coline Chouvenc

Les étudiants de l’École de droit de Sciences Po, Coline Chouvenc, Matéo Le Gouzouguec, Noémie Morel, Mélina Reveillard et Léa Settepani, encadrés par Olivier d’Ormesson, ont remporté le Concours de l’Autorité de la concurrence 2026.

À travers cet exercice exigeant, ils ont été amenés à se placer dans la peau de rapporteurs et à construire, à partir d’un dossier complexe, une analyse juridique et économique complète, jusqu’à la soutenance orale devant le Collège de l’Autorité. Cette expérience leur a permis de confronter leurs acquis académiques aux exigences concrètes de la pratique du droit de la concurrence.

Découvrez leur interview.

Comment s'est formée votre équipe et qu'est-ce qui vous a motivés à participer à ce concours ?

Nous nous sommes chacun porté candidat individuellement auprès de l'École de droit, avant d'être réunis au sein d'une équipe composée de profils aux parcours complémentaires, formés au droit et à l'économie.

Notre motivation tenait à l'exigence de l'exercice. Travailler à partir de pièces brutes comparables à celles issues des procédures d'instruction devant l'Autorité, construire une analyse concurrentielle complète et la défendre oralement face au Collège constitue une expérience rarement accessible avant l'entrée dans la vie professionnelle. Il s'agissait moins d'appliquer des connaissances que de démontrer notre capacité à construire une position juridiquement et économiquement cohérente à partir d'un dossier restreint.

Plus largement, nous nous destinons en majorité à une pratique du droit de la concurrence, en cabinet ou au sein des institutions. Dans cette perspective, le concours nous a permis de confronter nos compétences à la réalité de la matière et d'en éprouver concrètement les exigences.

Quel était le cas que vous deviez défendre et quels en étaient les principaux enjeux ?

Il nous a été assigné le rôle de rapporteurs proposant le non-lieu dans un dossier comportant de nombreux éléments coïncidents, susceptibles d'orienter à première lecture vers une qualification anticoncurrentielle. Notre argumentaire devait examiner puis écarter plusieurs griefs potentiels, tenant notamment à des pratiques de coordination, de répartition de marchés et des sources d’approvisionnement, ainsi qu’à un abus de position dominante collective sous la forme d’un refus d’accès.

L'enjeu central tenait à la posture même du non-lieu. Il ne s'agissait pas seulement de relever l'insuffisance probatoire, mais de déconstruire la cohérence apparente du faisceau d'indices et d'en tester la solidité dans le détail des pièces. Notre analyse supposait surtout de proposer, pour chaque comportement observé, une explication concurrentielle positive et crédible, compatible avec le fonctionnement normal du marché. Cette exigence impliquait de déplacer le raisonnement d'une logique de suspicion vers une démonstration de conformité au droit, tout en anticipant les critiques, certes fondées, des avocats de la partie saisissante relatives à de potentielles carences d'instruction.

Comment vous êtes-vous organisés pour la phase écrite puis orale ?

La phase écrite s'est étalée sur cinq semaines et était particulièrement exigeante. Nous avons consacré les deux premières semaines à la lecture des soixante pages du dossier et l’analyse des différentes pièces fournies ainsi qu’aux premières recherches juridiques de fond. Durant les semaines qui ont suivi, chaque membre de l'équipe s'est ensuite vu confier la rédaction de sections spécifiques : compétence de l'Autorité, applicabilité du droit de l'Union européenne, définition des marchés pertinents, analyse concurrentielle des différents griefs potentiels. La période la plus intense a été, sans aucun doute, la rédaction finale. Elle consistait à articuler des raisonnements distincts en une argumentation unifiée, fidèle au style des décisions de l'Autorité, avant une relecture collective minutieuse.

Au cours de la phase orale, nous avons prolongé cette logique, en restructurant notre argumentation face à la contradiction. Nous avons intégré les observations adverses dès la construction de la plaidoirie. Nous avons ensuite préparé un ensemble de fiches couvrant les points de droit et d’analyse économique susceptibles d’être soulevés, structuré sous une forme majeure-mineure immédiatement mobilisable à l’oral. Enfin, l'entraînement a reposé sur de nombreuses simulations de la phase de questions, afin de tester la solidité de nos raisonnements et notre capacité à répondre de manière précise et immédiate à des objections techniques.

En quoi cette expérience complète-t-elle votre formation à l'École de droit de Sciences Po ?

Le Master Droit économique offre des cours avancés de droit de la concurrence. Le concours est venu donner à cette formation une dimension pratique que peu d'exercices universitaires auraient permis d'atteindre. C‘est la première fois qu'il nous a été donné de mener un dossier dans son intégralité, de la qualification des faits à la plaidoirie orale, en passant par la rédaction d'une proposition de non-lieu de trente pages. Nous avons dû passer d'un raisonnement académique à une logique décisionnelle, structurée par la contrainte probatoire et la nécessité de produire une analyse opérationnelle convaincante. Cette expérience a confirmé, pour ceux d'entre nous qui s'y destinent, l'attrait d'une carrière en droit de la concurrence.

Que retenez-vous avant tout de cette aventure collective ?

Avant tout, la capacité à construire une position commune et robuste à partir d'analyses initialement divergentes. Sur plusieurs mois, nous avons appris à croiser nos lectures, à arbitrer nos désaccords et à nous faire mutuellement confiance. Le concours nous a rapprochés. C’est ce que nous en retenons principalement.

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