"Un métier qui allie humanité et technicité"

"Un métier qui allie humanité et technicité"

Adélaïde Jacquin, diplômée de l'École de droit
  • Adélaïde JacquinAdélaïde Jacquin

Quel a été votre parcours à Sciences Po ?

Je suis entrée à Sciences Po Paris après avoir passé le concours l’été suivant l’obtention de mon baccalauréat en juin 2008. J’ai suivi le cursus du Collège universitaire, et puis j’ai eu la chance d’aller en Russie pendant ma troisième année à l’étranger, au sein du MGIMO, une université moscovite de renom et spécialisée dans les relations internationales.

Durant ces premières années, j’étais très intéressée par le droit constitutionnel et l’enseignement « Institutions Politiques », et le droit public de façon générale : à mon retour de 3e année, je me suis donc inscrite en Master 1 Affaires Publiques, avec une spécialité Santé. J’ai en effet un temps envisagé de passer les concours permettant d’être directrice d’hôpital (l'EHESP) ou de travailler au sein de la sécurité sociale (En3s). Toutefois, très rapidement, j’ai préféré rejoindre la filière générale, et cela m’a été permis dès le second semestre. Dans ce cadre, je suivais le cours de MM. Stirn et Guerin : j’ai alors découvert le droit privé, et notamment le droit pénal, à travers la jurisprudence de la Chambre criminelle de la Cour de Cassation.

J’ai alors décidé de faire le master Droit économique de l’École de Droit de Sciences-Po Paris, avec la spécialité Entreprises, Marchés et Régulations. Bien qu’ayant une dominante en droit des affaires, je me suis toujours assurée de suivre des enseignements de droit pénal, et cette matière m’intéressait tout particulièrement. J’ai été diplômée de Sciences Po Paris en juin 2014.

Quelles sont vos activités et missions aujourd'hui ?

Je suis avocat pénaliste depuis 2016. J’exerce en droit pénal des affaires et en droit pénal dit de droit commun, au sein du cabinet VIGO. Étant profession libérale, j’exerce également à titre individuel, pour ma propre clientèle.

Pourquoi avez-vous souhaité rejoindre cette structure ?

VIGO est une structure qui permet à un avocat pénaliste de s’épanouir dans toute la matière pénale : les dossiers sont très variés en termes de problématiques (droit pénal des affaires / droit commun), mais également en termes de type de clientèle (personne morale / personne physique) et donc en termes d’enjeux (financiers, humains, etc).

En outre, le cabinet VIGO est un cabinet d’avocats engagés (sur des problématiques telles que les libertés et droits fondamentaux, mais également sur les enjeux environnementaux et les problématiques liées à la responsabilité sociale des entreprises) et cet engagement a également été une donnée essentielle pour moi.

Comment êtes-vous parvenu(e) à ce poste ?

Avant de rejoindre le cabinet VIGO en qualité d’avocat, j’y ai effectué mon stage final dans le cadre de l’école de formation du barreau. Au cours de mon stage, les associés du cabinet m’ont proposé de rejoindre leur équipe. J’ai accepté.

Quels sont vos défis au quotidien ?

Le temps ! Le métier d’avocat pénaliste est un métier très exigeant en termes de disponibilité. C’est aussi un métier qui allie humanité et technicité : l’avocat pénaliste est un juriste, mais son expertise vient au secours de personnes en difficulté. Il faut trouver un équilibre. Et puis sans doute faut-il aussi savoir faire preuve d’une certaine forme de courage, ou du moins de volonté et de détermination : le rôle premier d’un avocat pénaliste est avant tout de défendre quelqu’un qui est accusé d’avoir commis un crime ou un délit, et devant la juridiction pénale, vous êtes seul aux côtés de votre client, face à l’accusation et à ceux qui vont le juger.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

Je préfère la question précédente ! Je crois que l’on ne peut qu’exercer ce métier avec passion. Il faut sans doute savoir puiser dans ses victoires l’énergie pour faire face à des échecs et savoir accompagner ceux qui sont les premiers concernés. Ne pas perdre de vue que l’avocat n’est jamais le gagnant ou le perdant d’un procès pénal.

Quels sont vos projets ?

Continuer à développer mon expertise en qualité de praticienne du droit dans tout le spectre de la matière pénale (droit pénal des affaires, droit commun, criminalité organisée, et terrorisme qui m’intéresse tout particulièrement).

D’un point de vue peut être plus théorique, mais qui me semble essentiel à la pratique quotidienne du droit, j’espère également pouvoir continuer à produire des articles de doctrine dans des revues spécialisées, et à m’intéresser aux problématiques et enjeux juridiques suscités par les réformes législatives dans le cadre de colloques et conférences, comme j’ai aujourd’hui l’occasion et la chance de le faire. Et peut-être réfléchir à terme à l’enseignement, en parallèle de mon activité d’avocat.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui souhaiteraient suivre votre parcours ?

Je n’ai pas eu le parcours « type » d’un avocat pénaliste. Et pourtant je ne pourrais pas me sentir plus à ma place qu’en exerçant ce métier. Outre la nécessité d’avoir des compétences en droit et des qualités rédactionnelles, c’est un métier que l’on apprend en faisant : je ne crois pas qu’il faille avoir des inquiétudes sur le fait d’avoir étudié d’autres matières juridiques que du droit pénal avant d’exercer le métier d’avocat pénaliste. L’étude du droit donne des facultés à raisonner, à rédiger un argumentaire, qui peuvent être transposées à toute la matière juridique. Le métier d’avocat pénaliste est plein d’intensité : très rapidement, vous saurez si vous êtes faits pour cette aventure.

Adélaïde Jacquin, diplômée 2014 du master Droit Economique spécialité Entreprises, Marchés et Régulation (EMR)

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