Accueil>Rencontre avec Loren, cheffe de projet pour CRONOS
30 juin 2026
Rencontre avec Loren, cheffe de projet pour CRONOS
Pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours ? Comment en êtes‑vous venue à travailler sur un projet européen ?
Ayant grandi à Hong Kong, je ne m’attendais absolument pas à travailler un jour sur un projet européen, ni même à construire une carrière à l’étranger. Cependant, lorsque le paysage politique de Hong Kong a profondément changé après 2019, j’ai commencé à chercher des opportunités ailleurs qui me permettraient de poursuivre mes intérêts académiques. J’ai finalement déménagé au Royaume‑Uni pour suivre un master en sociologie politique à la London School of Economics, puis j’ai rejoint l’équipe centrale de l’ESS en mars 2024.
Qu’est‑ce qui vous a attirée dans le projet Cross‑National Online Survey (CRONOS) ?
Un mélange de sa dimension transnationale, de sa flexibilité et de sa réactivité. J’apprécie particulièrement son rythme soutenu — nous avons eu 5 vagues en 10 mois pour l’un de nos projets ! Je suis aussi fascinée par la possibilité d’inclure dans CRONOS une grande variété de questions, y compris celles qui n’auraient peut‑être pas leur place dans l’ESS principal (par exemple des questions d’actualité, sur des politiques spécifiques, ou sur des technologies émergentes), ce qui, selon moi, peut renforcer le lien entre l’ESS et les décideurs publics.
En quoi consiste votre rôle de cheffe de projet par intérim pour CRONOS ?
C’est un rôle très vaste ! Pour CRONOS‑3, la troisième itération du panel, mon travail couvre presque toutes les étapes du cycle d’enquête : conception du questionnaire, coordination entre les différentes équipes (programmation, archivage des données, pondération, traduction), réponses aux questions de traduction, tests du questionnaire web, suivi des taux de réponse, soutien aux équipes nationales, notamment pendant le terrain — c’est vraiment un peu de tout.
Depuis mon arrivée à l’ESS en 2024, j’ai travaillé sur deux projets Horizon Europe — Infra4NextGen et SoGreen — principalement sur la mise en œuvre de CRONOS‑3. J’ai également contribué au projet financé par l’ESRC « Developing a blueprint for an international ‘web‑first’ panel », qui explorait la possibilité d’étendre CRONOS au‑delà de l’Europe.
Quelles sont les priorités ou les défis principaux dans ce rôle pour un projet comme CRONOS ?
Assurer un financement régulier pour CRONOS est à la fois notre priorité principale et notre plus grand défi. Actuellement, le fonctionnement de CRONOS dépend largement de financements issus de projets Horizon Europe. Un modèle de financement plus stable nous permettrait d’exploiter pleinement son potentiel. Par exemple, cela faciliterait la conception d’items longitudinaux en sachant que des vagues seraient déployées régulièrement, et permettrait d’intégrer des questions spécifiques à certains pays de manière plus systématique.
Selon vous, en quoi CRONOS nous aide‑t‑il à mieux comprendre nos sociétés ?
Sa flexibilité, combinée au fait qu’il s’agit d’un panel probabiliste, en fait un outil précieux pour les chercheurs et les décideurs publics. Par exemple, dans le projet SoGreen, nous avons inclus des questions mesurant le soutien à des politiques spécifiques liées à la transition écologique actuellement débattues dans certains pays. Je pense que ces données sur les attitudes publiques peuvent être très utiles pour la prise de décision, tant au niveau national qu’européen.
Si vous pouviez choisir un thème ou une question que CRONOS devrait explorer davantage à l’avenir, lequel serait‑ce ?
J’aimerais beaucoup voir davantage de questions sur l’état de la démocratie, la sécurité et la géopolitique. Ce serait complexe à mettre en œuvre, car la politique internationale évolue très rapidement, mais il existe peu de données de haute qualité issues de panels probabilistes sur ces sujets, et CRONOS est particulièrement bien placé pour combler cette lacune.
Par ailleurs, l’intelligence artificielle est un autre thème sur lequel j’aimerais voir des questions répétées dans le futur. Il serait particulièrement intéressant de suivre l’évolution des connaissances et des attitudes à son égard, alors que l’IA devient une composante incontournable de la vie quotidienne de nombreuses personnes.
