Agir pour l’égalité professionnelle au CNRS

Agir pour l’égalité professionnelle au CNRS

Rencontre avec Prune Houvion, étudiante à l'École d’affaires publiques
  • Prune Houvion ©PHPrune Houvion ©PH

Prune Houvion est étudiante à l'École d’affaires publiques de Sciences Po. Après avoir obtenu le Certificat Égalité femmes-hommes et politiques publiques pendant sa première année de Master, elle a choisi de faire une année de césure et d’effectuer un stage à la Mission pour la Place des Femmes au sein du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Elle revient sur son parcours et sa participation à l'élaboration du nouveau plan d'action pour l'égalité professionnelle du CNRS.

Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre le Certificat égalité femmes-hommes et politiques publiques ?

Ayant étudié au Mount Holyoke College, une université pour femmes, historically women’s college en anglais, lors de ma troisième année à l’étranger et étant passionnée par les enjeux des luttes féministes et de l’égalité, j’avais très envie de rejoindre le Certificat. L’approche théorique et pratique proposée par le Certificat m’intéressait beaucoup et me semblait être complémentaire de mes engagements extérieurs et de mon travail au sein du projet collectif dont je faisais partie. C’était une formidable occasion d’étudier en profondeur et de manière critique un sujet lié aux enjeux des politiques publiques de l’égalité — dans mon cas, la réforme du congé parental — et de rencontrer des personnes aux profils très différents, qui œuvrent de différentes manières contre les inégalités, au quotidien.

Quelles sont vos missions au sein de la Mission pour la place des femmes au CNRS ?

Ma mission principale était de coordonner et de participer à l’élaboration, la rédaction et la mise en forme d’un nouveau plan d’action pour l’égalité professionnelle — le CNRS en ayant déjà adopté un en 2011. La loi de transformation de la fonction publique d’août 2019, rend obligatoire pour tous les organismes publics l’adoption d’un plan d’action pour l’égalité professionnelle, structuré autour d’au moins quatre axes, clairement définis par la loi. À côté de cela, j’ai eu d’autres missions, parmi lesquelles la création d’un document ressource sur les violences sexistes et sexuelles ou encore l’élaboration et la rédaction de fiches pratiques à destination des directeurs et directrices d’unité. La Mission pour la Place des Femmes (MPDF) est une mission directement rattachée à la présidence du CNRS, à Paris. Elle est composée d’une directrice, d’un chargé de projet, d’une chargée de projets européens et d’une assistante. Son rôle est multiple : agir pour l’égalité professionnelle au sein du CNRS, mais aussi promouvoir la transdisciplinarité de l’approche “genre” dans la recherche, valoriser les carrières scientifiques et techniques auprès des jeunes filles ou encore développer les partenariats européens et internationaux autour de projets sur le genre.

Avez-vous tiré des conclusions des périodes de confinement concernant l’égalité professionnelle ?

Au moment de mon stage, il était encore trop tôt pour tirer des conclusions scientifiques robustes sur l’effet du confinement sur l’égalité professionnelle, mais des recherches sont en cours sur le sujet et nous nous sommes appuyées sur les premières analyses de chercheurs et chercheuses dans le cadre de la rédaction du plan d’action. Par exemple, alors qu’avant les périodes de confinement le télétravail était parfois présenté comme un potentiel outil de l’égalité, un palliatif au temps partiel, les derniers mois ont bien montré qu’il avait plutôt tendance à renforcer et à creuser les inégalités professionnelles. Nous avons pris compte de cela dans la rédaction du nouveau plan d’action.

Quels sont vos projets pour la suite ?

À court terme, étant en année de césure, j’enchaîne avec un deuxième stage à partir de fin janvier. Je vais travailler au sein du ministère des Affaires Étrangères, au sein du Secrétariat général du Forum Génération Égalité, en tant que stagiaire communication et relations presse. C’est une chance de pouvoir participer d’aussi près à l’organisation d’un événement international de cette ampleur : le Forum Génération Égalité est la plus grande conférence organisée au niveau international depuis 25 ans sur les droits des femmes et l’égalité femmes-hommes. C’est un événement à l’initiative d’ONU Femmes qui est co-présidé par la France et le Mexique. À moyen et à long terme je ne sais pas encore exactement ce que je souhaite faire, mais je sais que je veux continuer à œuvrer pour les droits des femmes et contre les inégalités de genre.

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