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Chaire Arts visuels
En 2025, la Maison des Arts & de la Création a créé la Chaire Arts visuels. Dans ce cadre, de grandes figures du monde artistique sont invitées à partager leur travail, leurs démarches de création et leurs modes de représentation avec les étudiantes, les étudiants et l'ensemble des publics de Sciences Po. Ces échanges offrent un regard singulier sur le monde, ouvrant à des formes de connaissance sensibles et complémentaires. La Chaire Arts visuels succède au cycle de conférences Dans l’œil des artistes, créé en 2023 et composé de quatre rencontres annuelles.
Le titulaire 2025-2026
Xavier Veilhan

Présent sur la scène artistique internationale depuis plus de vingt ans, Xavier Veilhan est le premier titulaire de la Chaire Arts visuels de la Maison des Arts & de la Création de Sciences Po. Son travail prend des formes multiples, entre sculpture, film, vidéo, photographie, installation ou projets dans l’espace public, et s’intéresse avant tout à la manière dont une œuvre existe dans un lieu et dans le regard de celles et ceux qui la rencontrent. Son œuvre a été présentée dans de nombreuses institutions françaises et internationales, du Centre Pompidou aux musées de Mexico, Miami ou Séoul, ainsi que dans plusieurs biennales, dont celle de Venise, où il a représenté la France en 2017. Il a également réalisé des œuvres pour les espaces publics de Bordeaux ou de Tokyo, mais aussi développé des collaborations avec l’architecture de Richard Neutra ou Le Corbusier et la musique de Christophe Chassol ou Eliane Radigue.
Martin Bethenod, conseiller de la Chaire Arts visuels

L’activité de la Chaire Arts visuels est pensée avec l’appui de Martin Bethenod.
Journaliste, éditeur, commissaire d’expositions, enseignant, Martin Bethenod a dirigé de nombreuses institutions publiques et privées, parmi lesquelles la délégation aux Arts plastiques du Ministère de la Culture, la FIAC -Foire internationale d’art contemporain- ou les musées de la Collection Pinault à Venise et à Paris. Il est également président du CREDAC Centre d’art contemporain d’Ivry et des Archives de la Critique d’art.
Le cycle Arts visuels
Créé en 2023, le cycle de conférences Dans l’œil des artistes réunit de grandes figures de la création afin d’entrer au cœur de la fabrique artistique et d’explorer ses liens avec les sciences humaines et sociales. Il met en lumière la manière dont les arts participent à la transformation du monde et ce qu’ils nous permettent d’en comprendre. Le cycle se compose de quatre grandes conférences annuelles, organisées autour d’un fil rouge thématique. Initié par Marie-Laure de Clermont-Tonnerre, ce cycle de conférences a bénéficié du soutien de la Fondation Jean-François et Marie-Laure de Clermont-Tonnerre.
2024-2025 : Le commun de l’humain

Le 7 novembre 2025, Martin Bethenod invitait le duo d'artistes composé de Caroline Poggi et Jonathan Vinel à parler de leur travail et de leur mode de créativité. Fusionnant l'esthétique du cinéma et celle des jeux vidéo, portant la voix de la colère et de la désillusion de la génération contemporaine, ils créent un « cinéma de refuge » au milieu d'un monde sombre et fracturé. Leur travail se déploie simultanément dans les champs de l’art contemporain (exposition Cautère au FRAC Corsica en 2022 ; commande du film Bébé Colère par la Fondation Prada 2020, et du projet Best Secret Place en 2024 par la Fondation Cartier ; présentation de La Fille qui explose (2024) et Comment ça va ? (2025) par Reiffers Art Initiative en 2025) et du cinéma. La rencontre a fait l’objet d’un article de deux ambassadrices de la Maison des Arts & de la Création et étudiantes à l'École d'affaires publiques, Léonore Lavorel et Bleuenn Raffle.

Le 9 octobre 2025, Martin Bethenod invitait l'artiste Clément Cogitore pour aborder son travail et son mode de créativité. Vivant et travaillant entre Paris et Berlin, il développe une pratique à la croisée de l'art contemporain et du cinéma. Mêlant films, vidéos, installations et photographies, son travail questionne les modalités de cohabitation des hommes avec leurs images. Il y est souvent question de rituels, de mémoire collective, de figuration du sacré ainsi que d’une certaine idée de la perméabilité des mondes. Amarine Gerber, Pablo Monfort Millán et Julia Waldmann, étudiants à l’École d’Affaires publiques, l’École du Management et de l’Impact et à l’École des Affaires internationales, mais aussi ambassadeurs de la Maison des Arts & de la Création, reviennent sur cet échange, partageant leurs observations, leurs réflexions, les idées et les enjeux qu’ils ont soulevés ensemble.

Le 12 mars 2024, Jean de Loisy invitait l’artiste SMITH à présenter son travail et son mode de créativité. L’artiste-chercheur explore de nouvelles manières de se lier au monde visible et invisible, à travers des projets-mondes indisciplinaires, curieux à l’égard du monde qui nous entoure, du terrestre et du céleste, des personnes humaines et non-humaines, de l’imaginaire et de la fiction. Caméras thermiques, drones, néons, hybridations avec des technologies terrestres et matériaux extra-terrestres habitent son œuvre fluide, fondée sur des processus d’auto-expérimentation, et composée avec des moyens techno-spirituels incorporant les dimensions du mystère, du rêve et de l’au-delà. La rencontre avec SMITH a fait l’objet d’un article de deux ambassadrices de la Maison des Arts & de la Création et étudiantes à l'École d'affaires publiques, Clara Chevrier et Toareia Guehennec.
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Le 24 avril 2024, Jean de Loisy recevait la plasticienne, photographe et sculptrice Gaëlle Choisne. Elle est diplômée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon et de l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Amsterdam. Née en Normandie d’un père français et d’une mère haïtienne, sa double culture et son métissage sont des éléments prégnants dans sa pratique artistique qui a souvent interrogé les héritages du colonialisme et plus globalement la question des dominations. Sensible aux enjeux contemporains, outre les vestiges de l’histoire coloniale, le travail de Gaëlle Choisne rend compte de la complexité du monde, de son désordre politique et culturel, de la surexploitation de la nature et de ses ressources. La rencontre avec l'artiste a fait l’objet d’un article d'Emma Vérot, ambassadrice de la Maison des Arts & de la Création.
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2023 : La crise de la relation

Le 23 mars 2023, Tino Sehgal présentait ses travaux inspirés par son étude et sa pratique de la danse. Ce sont des moments soigneusement chorégraphiés, présentés en continuité et sur une longue période dans des musées ou galeries. Ses œuvres, qu’il décrit comme « des situations construites », prennent vie à travers les échanges humains, la danse, la parole ou le chant. Dès leurs premières apparitions, en 2005, ses œuvres apportèrent ainsi une transformation profonde au mode de relation traditionnel qui constitue l’expérience esthétique en se focalisant sur les interactions sociales et leur dimension émotionnelle plutôt que sur les objets inanimés.

Le 20 avril 2023, l’artiste plasticienne belge présentait ses œuvres qui remettent en cause des évidences (supériorité de l’homme sur l’animal, stabilité des choses, qualité de l’éphémère), et sont autant d’actes de conscience qui s’inscrivent poétiquement dans le contexte de nos sociétés post-industrielles et post-coloniales. Plutôt qu’à la forme finale de ses œuvres, elle s’intéresse au processus qui fera naître une forme, un moment, une action et au sens que cela génère. Par le biais de son travail, elle révèle ce qui est habituellement invisible, impalpable et éphémère. Ses œuvres tentent de saisir le flux du vivant comme une transformation.
Le 17 octobre 2023, Jean de Loisy invitait l’artiste Tomás Saraceno à présenter son travail qui réinvente notre relation à l’environnement. L’attitude et les œuvres de Tomás Saraceno, né en 1973, artiste argentin vivant à Berlin, ont ouvert l’art à une collaboration étendue avec la nature. La présentation de son travail maintenant exposé dans de nombreux musées du monde a stupéfait par sa beauté et la forme de son engagement. Loin de se satisfaire de l’invention de formes esthétiques, son œuvre, qu’il élabore avec des philosophes, des biologistes, des astrophysiciens et des cosmonautes, est en grande part inspirée par les compétences que l’observation et la cocréation avec les araignées lui ont apprises. Cette rencontre a fait l’objet d’un article par deux étudiantes de l'École d'Affaires publiques et ambassadrices de la Maison des Arts & de la Création - Chiara Jugé et Maria Oderiz Sanchez.

Le 13 novembre 2023, l’artiste contemporaine (vidéaste, cinéaste, photographe, performeuse) canadienne et française présentait son œuvre. Kapwani Kiwanga a étudié l’anthropologie et la religion comparée à l’Université McGill de Montréal avant de s’installer en France où elle a suivi un cursus à l’école des Beaux-Arts de Paris et au Fresnoy - Studio national des arts contemporains à Tourcoing. Dans son travail artistique, elle utilise sa double formation en sciences sociales et arts visuels pour créer des œuvres qui examinent les sociétés contemporaines. Ainsi, en s'intéressant à la mémoire d'événements historiques, elle en relève les mécanismes inégaux ainsi que la multiplicité des points de vue, ce qui l’amène à déconstruire les récits officiels habituellement admis et enseignés. Cette rencontre a fait l’objet d’un article par les étudiantes Leena Beugniet, Louna Fattoumi Piot et Anouck Labbé.
La synthèse du cycle 2023 reprend les moments forts de chacune des rencontres afin d'entrer dans le cœur de la fabrique artistique, de développer les enjeux de sciences humaines et sociales, et de montrer comment les arts participent de la transformation du monde et ce qu'ils nous en disent.