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12 février 2026
Juan Gabriel Vásquez à Sciences Po : ateliers, rencontres et écritures du réel

La Maison des Arts & de la Création a accueilli Juan Gabriel Vásquez, écrivain et journaliste colombien, pour un semestre d'enseignement et d'échanges. Cette invitation s’articulait autour d’un programme varié de rencontres et d’ateliers en partenariat avec plusieurs centres, écoles, campus et partenaires de Sciences Po.
Journaliste, écrivain, et observateur de son temps
Juan Gabriel Vásquez obtient, en 1996, un diplôme en droit de l’université de Bogota, et part s'installer à Paris où il suit des études de lettres à la Sorbonne. Il vit ensuite d’abord en Belgique puis à Barcelone. En 2001, il publie son premier recueil de nouvelles, Les Amants de la Toussaint (Seuil, 2011). En 2008, paraît en France Les Dénonciateurs (Actes Sud, 2008) qui lui vaut une reconnaissance immédiate.
Après avoir rédigé une biographie sur Joseph Conrad, en 2010, il publie Histoire secrète du Costaguana (Seuil, 2010), qui narre la rencontre étonnante entre un Colombien et le célèbre écrivain, et pour lequel il obtient le prix Qwerty du meilleur roman en langue espagnol. En 2011, Le bruit des choses qui tombent (Seuil, 2011), obtient le Prix Roger-Caillois (catégorie auteur latino-américain) 2012 et le Prix International Dublin Literary. En 2012, il rentre à Bogota. Les Réputations (Seuil, 2014), sorti en 2014 en France obtient le Prix Carbet des lycéens 2016. Suivent un long roman, Le Corps des ruines (Seuil, 2017), puis Une rétrospective (Seuil, 2022), lauréat du Prix du Meilleur Livre étranger 2022.
Il est également l’auteur d’essais et de recueils de nouvelles. En tant que journaliste, il écrit régulièrement pour le journal colombien El Espectador et son essai « El arte de la distorsión » a remporté le prix du journalisme « Simon Bolívar ». Parfaitement trilingue, il a traduit en espagnol les œuvres de Victor Hugo et E. M. Forster.
Des ateliers semestriels
Ces ateliers, optionnels et ouverts aux étudiants désireux de progresser dans un domaine spécifique de l’expression, étaient proposés dans le cadre de la maquette pédagogique de printemps 2026 de la Maison des Arts & de la Création.
- L’atelier « Borges et l’art de la nouvelle latino-américaine »
Juan Gabriel Vásquez proposait aux étudiantes et étudiants d’explorer ce qui définit le genre de la nouvelle et d’en interroger les possibilités esthétiques. L’atelier s’appuyait sur une lecture critique et analytique de plusieurs chefs-d’œuvre ayant marqué la fiction latino-américaine, des auteurs canoniques comme Julio Cortázar, Juan Rulfo ou Julio Ramón Ribeyro, jusqu’aux générations les plus récentes, Samanta Schweblin, Mariana Enríquez, Guadalupe Nettel, héritières de cette manière singulière de raconter le monde.
- L’atelier « The Invention of Everything: The Writing of One Hundred Years of Solitude »
Cent ans de solitude, chef-d’œuvre de Gabriel García Márquez, est l’un des romans les plus influents du XXᵉ siècle. Cet atelier s’adressait aux étudiantes et étudiants qui souhaitaient vérifier cette affirmation, et surtout à celles et ceux qui cherchaient à comprendre comment l’une des œuvres de fiction les plus riches et fascinantes de notre époque a été écrite. Conçu comme un atelier de lecture, le cours invitait à interroger la notion d’originalité, qui ne consiste peut-être pas à n’avoir aucune influence, mais plutôt à savoir mobiliser le plus grand nombre d’influences possibles.
Des rencontres

Littérature et violence en Amérique latine
Le mercredi 1er avril 2026, Juan Gabriel Vásquez était invité à rencontrer les étudiants du campus de Poitiers dans le cadre du cours de Mme Mélina Balcazar, intitulé Literatura y violencia en America latina. Cet échange intimiste en espagnol portait sur ses œuvres et les thèmes qu’elles développent.

Fiction, histoire et sciences sociales
Le mardi 7 avril 2026, l'Africa Programme organisait une conversation publique entre Juan Gabriel Vásquez et Mohamed Mbougar Sarr, auteur lauréat du prix Goncourt 2021 pour son roman La plus secrète mémoire des hommes, et ancien titulaire de la Chaire d'Écriture de Sciences Po. Les deux auteurs ont exploré l'idée du « livre-monde » : une littérature qui ne se contente pas de raconter, mais qui archive, interroge et parfois répare les failles du récit national et historique.

Fiction, littérature et sciences sociales
Le mercredi 8 avril 2026, le CERI poursuivait son séminaire « Arts, Humanités et Sciences sociales de l’International » en réunissant Elena Butti, Sandrine Revet et David Recondo aux côtés de Juan Gabriel Vásquez. La séance proposait une discussion consacrée aux liens entre littérature, mémoire et sciences sociales, ouverte à toutes celles et ceux qui s’intéressent aux dialogues entre création littéraire et recherche, ainsi qu’aux perspectives latino-américaines sur l’histoire et la mémoire.

“La vérité est un métier”
Le jeudi 9 avril 2026, l'École de journalisme invitait Juan Gabriel Vásquez à prononcer une leçon inaugurale à ses étudiants, suivie d'un temps d'échange. Journaliste de profession, il a choisi d'évoquer avec son auditoire ses inquiétudes et ses espoirs sur le futur du métier à l'ère des réseaux sociaux et de la polarisation. Lire le compte-rendu proposé par Carole Vidal
Écrire le réel, après le Boom latino-américain
Le mercredi 15 avril 2026, la Maison de l'Amérique latine invitait Juan Gabriel Vásquez pour un dialogue avec Patrick Straumann sur la création littéraire latino-américaine. À partir de l’essor actuel de l’écriture du réel, et de la manière dont Vásquez en renouvelle les enjeux, étaient abordées les continuités assumées, les réinventions des imaginaires du Boom, la métamorphose du réalisme magique, l’imbrication renouvelée entre engagement et narration, ainsi que les sillages et ruptures qui redessinent aujourd’hui la création littéraire latino-américaine.
Avec le soutien d’Alix et Mathieu Laine.
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