Un nouveau doyen pour l'École urbaine !

  • Tommaso Vitale © Celine Bansart / Sciences PoTommaso Vitale © Celine Bansart / Sciences Po

Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po, a nommé Tommaso Vitale doyen de l'École urbaine. Il succède à Patrick Le Galès. Tommaso Vitale prendra ses nouvelles fonctions de doyen de l’École urbaine à compter du mois de septembre, après une période de transition qui débutera le 1er juin.

Cette nomination fait suite au travail mené par un comité de sélection, composé de personnalités internes et externes, mis en place début mars afin de sélectionner le meilleur profil pour le poste de doyen de l’École urbaine.

Tommaso Vitale est titulaire d’un doctorat de sociologie de l'Université de Milan Statale et a effectué des séjours de recherche et post doctorat à l’Ecole des hautes études en sciences sociales avec Luc Boltanski et à Bloomington avec la prix Nobel d’économie Elinor Ostrom. Après un premier poste à l'Université Milan Biccoca, il rejoint Sciences Po en 2010 comme associate professor de sociologie au Centre d'Études Européennes et de politique comparée et comme responsable scientifique du master nouvellement créé "Governing the Large Metropolis".
Figure importante du Centre d'Études Européennes et de politique comparée, du département de sociologie et du programme de recherches "Cities are back in town", Tommaso Vitale a également mis sa compétence, son enthousiasme et sa générosité au service du master Governing the Large Metropolis, devenu, sous sa direction, une référence au niveau mondial. Engagé dans la création de l’École urbaine de Sciences Po, il s’est investi dans l’enseignement et l’innovation pédagogique. C'est un sociologue majeur des villes et des sociétés européennes impliqué dans de multiples projets, de la création de la principale revue de sociologie italienne "Partecipazione e conflitto" à l'animation de réseaux associant professionnels, chercheurs et associations en France et en Europe.

Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po, salue l’engagement de Patrick Le Galès comme doyen de l’École urbaine, depuis sa création en 2015 : “Depuis son retour à Sciences Po en 1998, et parallèlement à ses activités de recherche, Patrick Le Galès s'est engagé dans la transformation de notre institution par la recherche en créant avec d'autres des diplômes et des formations innovants (Institut des Hautes Etudes sur l'Aménagement des territoires en Europe, Master Stratégies territoriales et urbaines, le MPA de Sciences Po, des double diplômes de master urbains avec la LSE et le Colegio de Mexico, le master Governing the Large Metropolis, le séminaire de recherche "Cities are back in town"). Ces expériences ont préfiguré le projet de l'École urbaine. Patrick a su, par son talent, son enthousiasme et ses engagements, porter l'École urbaine et en faire une référence en France et à l'international. Il a mobilisé une équipe de chercheurs et de professionnels engagés dans le projet de l'école, il a lancé le master Governing Ecological Transitions in European Cities, deux chaires d'enseignement et de recherche (Villes et Numérique, Ville Logement et Immobilier), le double master avec UCLA ou encore deux masters en executive education. Avec son équipe, il a construit un écosystème autour de l'École urbaine comprenant une centaine d'organisations (UN Habitat, Solideo, la Ville de Paris, l’OCDE etc) et plus de 200 professionnels. Cette œuvre sera désormais poursuivie et amplifiée par Tommaso Vitale, qui constitue une référence majeure de la sociologie européenne et dont les travaux ont pour objet des questions théoriques fondamentales : intégration, développement social et économique, exclusion, mobilité, villes.”

“Tommaso Vitale a une trajectoire intellectuelle exceptionnelle, souligne Patrick Le Galès. Après son recrutement comme associate professor de sociologie à Sciences Po en 2010, il a développé ses recherches sur les inégalités, les discriminations, les migrants et surtout les roms, sur la sociologie urbaine, les mouvements sociaux, la sociologie politique, la comparaison, les mobilités et les politiques publiques. Après avoir activement participé à la création de l’École urbaine, il a développé des liens étroits avec les organisations internationales, l’Agence Française de Développement, les grandes entreprises d'infrastructures urbaines, les associations sur le logement et les migrants, les start-ups de l'urbain, ou les maires de nombreuses grandes villes. Avec sa générosité, son humour, sa compétence et son enthousiasme il s'est engagé auprès des étudiants, a porté les innovations pédagogiques et la réflexion sur les compétences depuis la crise Covid.”

“Je suis très touché et honoré de ma nomination comme doyen de l'École urbaine de Sciences Po, déclare Tommaso Vitale. Je remercie Mathias Vicherat pour sa confiance. Je commence mon mandat avec joie et enthousiasme, conscient des grands défis et des difficultés auxquels les villes sont confrontées en ce moment. En tant que doyen, j'aurais particulièrement à cœur une formation toujours plus attentive aux grands enjeux d'articulation de l'inclusion sociale, du numérique et de la transition écologique dans le développement des villes et des territoires, renforçant encore la place de l'École urbaine comme le lieu de référence mondiale et d'effervescence intellectuelle des études comparatives et des métiers de la ville. Je veux continuer à faire travailler ensemble professionnels et chercheurs, et renforcer les relations entre étudiants et alumni, pour offrir les meilleures bases non seulement pour entrer mais aussi pour évoluer et progresser dans sa carrière. Je suis heureux de pouvoir m'appuyer sur la collaboration et l'intelligence collective des étudiants, des équipes, des enseignants, des professionnels, des chercheurs et des alumni qui font vivre l'École urbaine.”

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Découvrez le podcast de notre doyen "A l'école de la ville"

Réalisé par l'AFSP
  • Bandeau du podcast © AFSPBandeau du podcast © AFSP

Chaque mois, dans Politistes dans la Cité, l’Association Française de Science Politique propose une conversation avec une ou un politiste dont les recherches ont, à un moment donné, fait écho à l’actualité et contribué au débat public, sous des formats variés allant de l’expertise à la mobilisation en passant par l’innovation pédagogique ou des publications à destination du grand public. C'est notre doyen Patrick Le Galès qui s'est prêté au jeu ce mois-ci.

AFSP : "Dans cet épisode nous sommes beaucoup revenus sur la manière dont la recherche de Patrick Le Galès, fermement articulée autour de la comparaison, de l’étude des villes et des politiques publiques dans un cadre globalisé, a, depuis toujours, nourri ses enseignements et des projets pédagogiques innovants.

Ceux-ci ont entre autres, débouché sur la création de l’École urbaine de Sciences Po en 2015. Mais comment passe-t-on d’un master de 12 étudiants à une formation qui compte parmi les plus attractives de Sciences Po tout en restant très exigeante sur les sciences sociales ? Comment convaincre les professionnels de l’urbanisme que pour gouverner la ville, il ne faut pas que « des préfets et des ingénieurs » ? En revenant sur le succès du séminaire Cities Are Back in Town, c’est aussi l’occasion de montrer comment on peut glisser d’un format d’intervention à un autre : du séminaire, au cours magistral jusqu’au MOOC.

En fin d’épisode, nous soulevons aussi des questions importantes quant au statut des enseignants-chercheurs et à l’internationalisation. Comment mieux concilier la recherche et l’enseignement ? Faut-il fusionner le CNRS et l’Université ? Faut-il continuer à parler d’une internationalisation « anglo-saxonne » ? – une étiquette qui déplaît fortement à notre invité.

Merci à Patrick La Galès pour cet échange riche et franc, et dont nous vous souhaitons une très bonne écoute !".

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Le rapport de voyage d'étude à Vienne est en ligne !

  • Report Cover © Urban SchoolReport Cover © Urban School

LES ÉTUDIANTS DU MASTER Governing Ecological Transitions in European Cities ont réalisÉ une enquÊTE COLLECTIVE SUITE À LEUR VOYAGE D'ÉTUDE À VIENNE EN OCTOBRE DERNIER.

Ce rapport englobe une partie des apprentissages faits par les étudiants sur le terrain avec des experts, tout en les reliant aux défis politiques, historiques, socioculturels et économiques de la ville. En effet, ce travail explore successivement l’héritage de la Vienne Rouge et ses diverses influences sur les politiques environnementales et climatiques contemporaines face à l’urgence climatique. Il propose également une analyse sectorielle, en examinant les échos entre les dépendances des voies explorées et les voies actuelles de transition, par exemple dans les domaines de l’énergie, de la mobilité ou de la biodiversité.

Pour élargir ces observations, il questionne finalement les articulations de gouvernance en jeu, interrogeant le pouvoir du secteur privé dans la conduite de la transition écologique de Vienne ou les influences que les citoyens peuvent avoir dans la formation des politiques environnementales, tout en creusant le récit que la ville a nourri au fil des ans et comment cela a poussé les autorités à encourager les efforts dans des secteurs spécifiques, tout en négligeant certains autres.

Enfin, ce rapport vise à répondre à la question suivante : dans quelle mesure Vienne œuvre-t-elle pour une transition écologiquement saine et équitable pour ses citoyens ? Qui profite de ses politiques, comment sont-elles gouvernées et qu’est-ce qui est négligé ?

Lire leur rapport (EN)

Voir la vidéo réalisée par les étudiants sur le voyage (EN)
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Publication du rapport de voyage d'étude à Dubaï !

  • Cover of the report © Urban SchoolCover of the report © Urban School

APRÈS LEUR VOYAGE D’ÉTUDE À DUBAÏ EN SEPTEMBRE DERNIER, LES ÉTUDIANTS DU MASTER GOVERNING THE LARGE METROPOLIS ONT RÉDIGÉ UN RAPPORT DE VOYAGE D’ÉTUDE QUI EST À PRÉSENT DISPONIBLE.

Le rapport s’appuie sur des sources qualitatives et quantitatives secondaires ainsi que sur des données de première main recueillies au moyen d’entrevues et de visites effectuées lors du voyage pour permettre d’examiner en profondeur cette métropole du désert. Comment une ville comme Dubaï émerge-t-elle de nulle part ? Comment les flux de ressources et les gens définissent-ils ce diamant scintillant à l’état brut ? Et où va cette opulente urbania dans les années à venir ?

Rejoignez les étudiants dans ce voyage à l’aventure décadente qu'est Dubaï. Ils vous souhaitent un voyage sûr et agréable.

Lire leur rapport (EN)
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NIUA, nouveau partenaire de l'École urbaine

  • Screenshot Screenshot

L’INSTITUT NATIONAL DES AFFAIRES URBAINES (NIUA) ET L’ÉCOLE URBAINE VIENNENT DE SIGNER UN ACCORD DE COLLABORATION POUR ÉCHANGER DES CONNAISSANCES ET RENFORCER LEURS COMPÉTENCES DANS LE SECTEUR URBAIN EN INDE ET EN FRANCE.

L’Institut national des affaires urbaines (NIUA) est le principal groupe indien de réflexion sur l’urbanisme et le développement. En tant que centre de production et de diffusion de recherches de pointe dans le secteur urbain, NIUA cherche à fournir des solutions innovantes pour relever les défis d’un pays en urbanisation rapide, et ouvrir la voie à des villes plus inclusives et durables à l’avenir.

Dans le cadre de ce partenariat, un capstone intitulé "Ecological transition through urban waterfront projects in Indian Cities" a été lancé en janvier. Cinq étudiants du master Governing the Large Metropolis doivent étudier 3 projets du programme CITIIS. Ce programme conjoint du Ministère du Logement et des Affaires Urbaines indien, de l’Agence Française de Développement (AFD), de l’Union Européenne et de NIUA est axé sur la construction innovante d'infrastructures urbaines inclusives et durables dans 12 villes indiennes, bénéficiant d'un investissement d’environ 140 millions d’euros.

L’École urbaine et NIUA souhaitent également développer des programmes de formation pour les fonctionnaires municipaux, des échanges de professeurs, des stages et des enquêtes de terrain tout au long de cette collaboration.

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Lancement du MOOC "Données et Gouvernance Urbaine"

  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Ce MOOC, proposé par notre Chaire Villes et Numérique, explore les transformations de la gouvernance urbaine à l’ère du numérique et des données.

Tous les métiers de la ville sont aujourd'hui impactés par la transition numérique, qui fait émerger de nouvelles expertises et professions, et transforme la gouvernance urbaine. Au travers de ce cours en ligne, la chaire Villes et Numérique propose aux professionnels de l'urbain, d'aujourd'hui et de demain, de mieux appréhender les enjeux sociaux, politiques et économiques des données et des technologies numériques.

À l'issue du cours, vous serez capable de :

  • vous repérer parmi l’archipel d’acteurs et d’outils qui font le gouvernement urbain à l’ère du numérique et des données 
  • décrypter les ressorts des transformations à l’œuvre dans l’organisation et les pratiques des administrations territoriales 
  • analyser les évolutions contemporaines des marchés de service urbain 
  • comprendre les enjeux qui affectent la fabrique et la mise en œuvre des politiques urbaines lorsque la donnée arrive en ville

Le MOOC "Données et Gouvernance Urbaine" est disponible gratuitement sur la plateforme Coursera, en français ou en anglais.

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Portrait de Jeanne Varaldi, alumna

  • Jeanne Varaldi © Sciences Po CarrièresJeanne Varaldi © Sciences Po Carrières

diplômée dU MASTER STRATéGIES TERRITORIALES ET URBAINES EN 2018, JEANNE VARALDI EST AUJOURD'hui À la fois consultante en développement durable au sein du cabinet Utopies et artiste plasticienne. Portrait.

Interview réalisé par Sciences Po Carrières.

Quelles sont vos missions de consultante au sein du Cabinet Utopies ?

Dans le cadre de mes activités de conseil chez Utopies, j’accompagne des acteurs de l’immobilier et de la ville. Ce sont à la fois des promoteurs, des constructeurs ou des architectes. On intervient sur des missions stratégiques comme la formulation d’une raison d’être, c’est-à-dire : quelle est la vocation économique et sociale d’une entreprise et sur des missions plus opérationnelles : faire une stratégie RSE, un plan d’action et définir des indicateurs de suivis associés.

En quoi consistent tes activités d’artiste plasticienne ?

J’ai développé, il y a quelques années une activité d’artiste en parallèle de mon travail de conseil parce que j’avais envie d’avoir une approche plus sensible, expérimentale et aussi une dimension recherche dans la façon dont j’étudie la ville. Je propose des installations et des peintures murales à partir de matériaux de construction et de l’univers esthétique du chantier avec l’envie de décloisonner la fabrique urbaine et d’inviter chacun à regarder, à observer les transformations urbaines… in fine pour mieux y participer.

Pourquoi mener une double activité ?

Je crois que le fait d’avoir une double activité est vraiment dans la continuité de ce qu’on nous apprend à Sciences Po. Cela fait écho au caractère pluridisciplinaire de l’apprentissage et à la culture entrepreneuriale promue à Sciences Po. Et finalement au quotidien, le fait d’être à la fois consultante et artiste m’apporte à la fois plus de richesse et d’équilibre.

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Rencontre avec Thomas Hubert, alumnus

  • Thomas Hubert @ THThomas Hubert @ TH

Interviewé par Sciences Po Carrières, Thomas Hubert raconte son parcours professionnel depuis l'obtention de son diplôme du Cycle d'urbanisme en 2018.

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Portrait de Guillaume Saraf, alumnus

  • Guillaume Saraf © GSGuillaume Saraf © GS

Rencontre avec Guillaume Saraf, diplômé du Cycle d’urbanisme en 2000, aujourd’hui directeur délégué général à l’immobilier et à la logistique à l’Université de Lille.

Propos reccueillis par Amélie Calafat et Tanya Sam Ming de l'association Sciences Po Urba.

Peux-tu nous retracer ton parcours ? Quels sont les cheminements qui t’ont conduit à cette formation ?

Je suis sorti d’HEC en 1999 avec une conviction pas tout à fait forgée sur ce que je voulais faire de ma vie. Néanmoins, j’avais le souhait de m’orienter vers des sujets qui avaient trait à la vie publique et à l’environnement et ça faisait longtemps que les questions d’urbanisme m’intéressaient. Pendant mon cursus à HEC, j’ai eu une expérience d’un an au Laos pendant laquelle j’ai contribué au programme de sauvegarde et de mise en valeur de l’ancienne capitale royale, Luang Prabang, qui venait d’être labellisée patrimoine mondial de l’UNESCO et c’était la première fois que je me confrontais à la notion d’urbanisme, de patrimoine architectural, paysager. Et en sortant d’HEC, j’ai voulu compléter mon parcours académique par une formation dans ce domaine, avant d’entrer dans la vie professionnelle.

Comment était le Cycle d’urbanisme au début des années 2000 ? Pourrais-tu nous raconter un souvenir de tes études ?

Nous étions une trentaine d’étudiants, dans des groupes pluridisciplinaires. Cela m’avait bien plu parce que c’était l’occasion de travailler en groupe, d’échanger, de confronter les points de vue. C’était un lieu de conflits culturels et, finalement, c’était une bonne préparation au monde professionnel, qui est une confrontation géante de personnes avec des visions différentes. Participer à des ateliers professionnalisants, avec des études et de vrais professionnels, permettait aussi de se mettre dans le « grand bain ». La formation à temps plein représentait une contrainte pour certains mais faisait la qualité de l’apprentissage : intense, dense et efficace. J’ai aussi le souvenir d’une formation diversifiée, avec des architectes, des ingénieurs, des géomètres, des juristes, des étudiants sortis de Sciences Po et d’IEP régionaux…

Et à la sortie du Cycle d’urbanisme, qu’as-tu fait ?

Ma préoccupation était de travailler plutôt dans l’urbanisme opérationnel, avec une impatience de participer à l’élaboration de la ville. Je me suis orienté vers le métier le plus « efficace » dans l’échelle de temps : la promotion immobilière, en travaillant avec Bernard Roth, qui enseignait également au master, dans la filiale de promotion de la foncière Affine. C’était très formateur : j’abordais la promotion à travers les enjeux d’investissement, qu’il est essentiel d’appréhender quand on se préoccupe d’urbanisme. En effet, l’ensemble des décisions non publiques sont prises au travers de considérations de rendement et de stratégies financières. La compréhension du monde de l’investissement immobilier, et en particulier de la structuration des foncières, est un sujet tout à fait essentiel.

J’ai aussi pris conscience que l’activité de promotion immobilière étant globalement conduite par l’efficacité économique, elle est incitée à la reproduction de recettes et de produits… c’est lié à la volonté de ne pas trop prendre de risque commercial. L’aversion au risque conduit les promoteurs à être très conservateurs sur la production architecturale. C’est vrai en logement, mais aussi en tertiaire du fait de la structuration de la finance immobilière. Pour limiter les risques et augmenter la liquidité (éviter la vacance qui est le risque principal des foncières), il faut construire des immeubles modulables, flexibles et donc normalisés. Tout cela concourt à une architecture relativement banalisée (on le voit avec les façades tramées des immeubles de bureaux…), y compris quand on prétend faire des immeubles extraordinaires. Avec un recul de 20 ans sur l’immobilier, il me semble que les grands fondamentaux de ce qui conduit à orienter la production immobilière sont demeurés les mêmes : l’investissement et le rendement.

Peux-tu nous présenter ton métier, en tant que Directeur général délégué à l’immobilier de l’Université de Lille ?

L’immobilier de l’université de Lille, c’est 700 000 m² de surface bâtie répartis sur une douzaine de sites pour accueillir 80.000 étudiants (c’est à ce titre la plus grande en France). La direction de l’immobilier regroupe 300 personnes dédiées à entretenir, maintenir et faire évoluer ce parc pour accueillir dans les meilleures conditions les activités universitaires, qui sont plus diversifiées que ne le croit le grand public : l’enseignement occupe 40% des surfaces, la recherche 25%, l’administration 10% et le reste se répartit entre les bibliothèques universitaires, les lieux de vie étudiante et les installations sportives qui concourent aux besoins de l’université, mais aussi des collectivités, des associations sportives… L’université est un écosystème complexe de ce point de vue, car il intègre une grande variété d’activités. Les universités hébergent également les activités de recherche d’autres établissements publics : CNRS, Inserm, Inria, et entretient un lien étroit avec le centre hospitalo-universitaire de Lille.

Par ailleurs, on arrive à la fin du cycle de vie des infrastructures des années 1960, ce qui est d’ailleurs un enjeu au niveau national (l’immobilier universitaire représente 20% de l’immobilier de l’État !). Notre préoccupation porte donc sur le maintien à flot d’une infrastructure obsolète – c’est malheureusement la réalité de l’université publique – tout en menant un travail sur la reconfiguration des espaces. En somme, nous renouvelons constamment le parc immobilier pour répondre aux besoins et aux évolutions de toutes ces activités, avec maintenant la préoccupation supplémentaire de faire face aux contraintes du changement climatique.

Il faut aussi noter que l’on se trouve à l’intersection entre les échelles immobilière et urbaine (notre plus grand campus s’étend sur 110 ha) avec des problématiques de mobilité, de réseaux, de logement… L’Université a longtemps vécu comme un Établissement Public d’État, ayant son propre fonctionnement et sa propre autonomie, et les campus des années 1960 et 1970 ont souvent été éloignés des centres urbains. Mais progressivement, ils ont été « rattrapés » par l’urbanisation et, de fait, il n’est plus possible de faire abstraction de ce qu’il y a autour. D’autant plus que les universités sont à l’origine de déplacements quotidiens. Il faut répondre aux questions des flux, de logement des étudiants, de l’offre culturelle et de l’offre de services. Ces enjeux sont élargis aux métropoles qui s’emparent de ces sujets car elles prennent conscience de l’impact des universités sur leur territoire.

Lire l’intégralité du portrait sur le site de Sciences Po Urba.

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Publication du rapport de voyage à Strasbourg !

  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

LES ÉTUDIANTS DU CYCLE D'URBANISME SE SONT RENDUS EN VOYAGE D'ÉTUDE À STRASBOURG EN OCTOBRE DERNIER. DÉCOUVREZ LEUR RAPPORT DE VOYAGE.

L’objectif du voyage d’étude d’automne au master Cycle d’urbanisme est de mettre les étudiants, dès le démarrage de leur parcours de formation, en contact avec une métropole française, sur le terrain, afin qu’ils en appréhendent les enjeux territoriaux, rencontrent la diversité des acteurs qui contribuent au développement urbain et comprennent la manière dont ils interagissent.

L'équipe pédagogique a fait le choix de la métropole strasbourgeoise, sans se restreindre à une thématique mais avec l’objectif de découvrir ce territoire grâce à un programme permettant des allers-retours entre différentes échelles de réflexion et d’action… de la stratégie métropolitaine aux opérations d’autopromotion, en passant par le projet urbain.

"Notre exploration a démarré par une approche historique permettant de comprendre l’évolution du territoire, de la ville rhénane à la métropole transfrontalière. Puis les nombreuses rencontres et balades urbaines ont permis aux étudiants de découvrir une partie des enjeux actuels et transformations à l’oeuvre, un peu plus d’un an après le changement d’exécutif. Parmi les grandes questions qui ont rythmé notre séjour et nos analyses : comment les différentes crises (sanitaire, écologique…) bouleversent la manière de concevoir et mettre en oeuvre les projets ? Quelle identité spécifique pour un projet urbain transfrontalier ? Quelle place pour les mobilités douces dans la conception des espaces publics ? Comment concilier densité et qualité de vie ? Quels outils opérationnels et d’accompagnement pour favoriser le développement de l’habitat participatif ? Quelles évolutions dans la conception des écoquartiers ? Quels enjeux et leviers pour la rénovation urbaine des quartiers d’habitat social ? "

Lire le rapport
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Publication d'un capstone réalisé par nos étudiants avec l'Apur !

  • Répartition des systèmes d'indicateurs inventoriés © ApurRépartition des systèmes d'indicateurs inventoriés © Apur

LES 6 étudiants du master Governing the Large Metropolis ONT PROPOSÉ un inventaire deS nouvelles approches de mesure du développement territorial se déployant à travers le monde. L'APUR VIENT DE PUBLIER LEUR TRAVAIL.

Au début des années 2020, le PIB demeure l'un des indicateurs les plus utilisés et les plus diffusés pour mesurer l'état des sociétés. Bien qu'exclusivement centré sur la notion de croissance économique, le PIB est souvent considéré comme une mesure globale du développement, dans des domaines dépassant celui de l'économie. Pour autant, cet indicateur a souvent été critiqué, car jugé trop limitatif dans sa compréhension des enjeux de développement humain et urbain. En outre, les externalités négatives de la croissance ne sont pas prises en compte par le PIB, ce qui ne permet pas de mesurer la soutenabilité des modèles de développement.

De nouvelles approches et systèmes d’indicateurs se développent dans le but d’appréhender de façon plus globale le développement des territoires. Il est néanmoins difficile d’avoir une vision précise de l’ensemble des systèmes alternatifs d’analyse du développement des métropoles de par le monde. 

Amina Boumir, Marie-Valentine Barretto Delleur, Matoï Ma Handy, Bastien Vaissade, Sara Margherita Veronesi et Xicheng Yuan ont dressé un inventaire de ces « nouvelles approches » et outils de mesure. Leur rapport, intitulé « Penser hors PIB », analyse quelques-uns de ces systèmes d’indicateurs alternatifs dans des métropoles du monde. Il étudie en particulier une quinzaine d’approches nouvelles essaimées dans divers pays, dont cinq font l’objet d’études de cas plus approfondies. L’analyse s’appuie sur une recherche documentaire enrichie de plusieurs entretiens précisant pour chaque système d’indicateurs : sa genèse, ses objectifs, son portage et pilotage partenarial, les dimensions mesurées et thématiques abordées, le processus de construction des indicateurs, l’état d’avancement de la mise en œuvre et les impacts de la démarche en termes d’action publique. Des propositions sont formulées par les étudiants à l’issue de leur travail pour enrichir les réflexions sur les nouveaux systèmes d’indicateurs utiles au développement métropolitain.

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Champaka Rajagopal, nouvelle professeure affiliée à l’École urbaine !

  • Champaka Rajagopal © Reshma RaoChampaka Rajagopal © Reshma Rao

Champaka Rajagopal, urbaniste indienne de renommée internationale, est notre nouvelle professeure affiliée. Rencontre avec le nouvel atout de l'École urbaine.

Champaka a travaillé sur de nombreux projets de rénovation urbaine, de planification et de transport dans les grandes métropoles indiennes, aux États-Unis, au Sri Lanka, à Macau, à Shangai, en Libye, au Vietnam et en Indonésie. Elle a exercé des missions d’urbaniste et manager de grands projets pour le compte de sociétés d'infrastructures, d’autorités publiques ou encore de la Banque Mondiale.

Elle a été formée en architecture à l’université CEPT d’Ahmedabad, en Urban Design à l’Université de Californie de Berkeley et elle a récemment obtenu un doctorat en urbanisme et développement international à l'Université d'Amsterdam. Elle a créé et dirige le "Ready for transition network", tout en étant visiting professor au policy lab d'Azim Premji University à Bangalore.

Depuis 2014, Champaka enseigne à l'École urbaine un cours sur les transformations de la planification et des projets urbains en lien avec les questions numériques et de propriété au sein du master Governing the Large Metropolis. En septembre 2021, elle a donné la leçon inaugurale de l'École urbaine en duo avec Emmanuelle Cosse.

En tant que professeure affiliée, Champaka Rajagopal va renforcer les réseaux et les travaux de l'École sur les politiques urbaines de développement, la planification et les projets urbains comparés, notamment en Asie du Sud-Est. Elle va également aider l’Ecole à y structurer ses relations avec les partenaires publics, privés et universitaires, à développer l'offre de stages et d'emplois pour nos étudiants et à identifier des projets de formation continue.

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Une nouvelle directrice exécutive pour l’École urbaine

  • Ilaria Milazzo © Sciences PoIlaria Milazzo © Sciences Po

Suite au départ de Guillermo Martin à l’Executive Education de Sciences Po, Ilaria Milazzo prend la direction exécutive de l’École urbaine.

Diplômée de l’École des hautes études commerciales de Paris (HEC) et de Sciences Po, Ilaria a débuté sa carrière à Capgemini Consulting en tant que consultante en management et conduite du changement dans les secteurs régulés, en France et à l’international.

Elle rejoint Sciences Po Executive Education en 2015 en qualité de responsable de programmes, en charge de la conception, du lancement et du pilotage de l’offre de formations en Transformations territoriales, développement urbain et projets immobiliers. Travaillant en étroite coordination avec l’Ecole urbaine, elle a notamment accompagné les deux executive masters : Gouvernance territoriale et développement urbain et Stratégie et finance de l’immobilier.

En 2018, Ilaria est nommée Directrice du pôle Affaires publiques et régulation, poste qu’elle a occupé jusqu’à aujourd’hui. À la tête d’une équipe de 10 personnes, elle est responsable du pilotage stratégique, opérationnel et commercial de l’un des trois pôles d’activité de l’Executive Education de Sciences Po. Les programmes développés couvrent les thématiques liées aux transformations territoriales et urbaines, au management public, à la transition écologique, à la santé et à la protection sociale.

Après 7 ans passés à l’Executive Education, Ilaria Milazzo intègre aujourd’hui l’École urbaine en tant que directrice exécutive.

Pour la contacter :
ilaria.milazzo@sciencespo.fr
01 58 71 71 53

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Happy New Year!

  • New Year Map © Sciences PoNew Year Map © Sciences Po
Toute l'équipe de l'École urbaine de Sciences Po vous adresse ses meilleurs voeux pour l'année 2022.
All the Sciences Po Urban School team wishes you all the best for 2022. 
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Portrait de Thomas Chailloux, alumnus

  • Thomas Chailloux © TCThomas Chailloux © TC

Après avoir effectué un bachelor sur le campus de Paris de Sciences Po, Thomas part en césure en Australie pendant un an et y enseigne le français. De retour en France, il intègre le master Governing the Large Metropolis et en sort diplômé en 2015. Il est aujourd’hui Policy Officer dans l’ONG Public Interest Advocacy Centre Ltd à Sydney. Rencontre.

Quel emploi occupez-vous actuellement ?

Je suis analyste en politique publique au Public Interest Advocacy Centre Ltd, une ONG spécialisée dans le développement et le conseil en politiques publiques ainsi que dans les litiges stratégiques. La plupart des gens avec qui je travaille sont des juristes. Nous essayons de faire évoluer la loi ou les politiques publiques, à travers du lobbying notamment. Nous cherchons également des clients dont la situation est particulièrement représentative d'un problème de politique publique ou d'un problème législatif, et nous tentons de faire progresser leurs cas à travers le système judiciaire, dans l’objectif de faire évoluer la loi.

Ma première mission, qui représente environ 50% de mon temps, se déroule avec le service Homeless person legal où nous proposons des services juridiques gratuits à des personnes sans abri, donc non logés ou mal-logés. En tant qu’analyste, j’effectue un travail d’influence dans le but de faire évoluer la législation des politiques publiques autour du logement et des services d'aide aux personnes sans-abri.

Ma deuxième mission consiste à assister des collègues sur des sujets divers et variés. Par exemple des questions de sécurité, une partie de notre organisation étant chargée de « surveiller » la police et d’observer la manière dont celle-ci applique ses pouvoirs et ses prérogatives envers les groupes défavorisés et marginalisés. Cela peut être également des questions liées à la démocratie, ou bien des choses assez générales en conseil et analyse des politiques publiques.

Enfin, ma dernière mission est un projet de justice climatique. Il s’agit d’étudier la réponse de notre ONG par rapport au changement climatique. Nous ne sommes pas une ONG environnementale mais l’objectif est de voir comment nous pouvons y contribuer. Je développe actuellement un projet lié à l'efficacité énergétique du logement social. L’objectif est d’identifier les politiques publiques qui permettraient à la fois de modérer l'ampleur du changement climatique, de s'adapter à ce changement climatique déjà en cours et enfin de délivrer des bénéfices socio-économiques pour les personnes plus démunies et également pour le reste de la société.

Qu'est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

Je pense que c’est le côté développement de politiques publiques. C'est quelque chose de vraiment très intéressant. Il faut à la fois avoir de bonnes connaissances sur le sujet traité, cibler le bon groupe de population, utiliser les bons mécanismes, que ce soit des mécanismes législatifs ou des mécanismes plutôt liés au marché. Et en même temps, il faut marier cela à un petit peu de réalisme politique : ce qui peut « se vendre » au gouvernement en place, ce qui est compatible avec leurs idéologies, avec leur manière de penser, avec les mécanismes déjà existants et comment on peut utiliser ce qui existe déjà en matière de politique publique pour faire des choses un petit peu différentes.

La partie lobbying du travail me plait également. Le terme n’est pas vu de manière très positive en France mais le côté défense du consommateur, essayer de convaincre, le côté plus politique du travail tout simplement, c'est aussi quelque chose que j'apprécie. 

Quel a été votre parcours depuis votre diplomation ?

Je suis parti en Australie assez rapidement après mon stage de fin d’année. Pendant presque 2 ans, je n’ai pas vraiment essayé de travailler dans mon domaine. Je donnais des cours de français à mi-temps. J’avais besoin de réfléchir un peu, de savoir si j'avais vraiment envie de travailler dans la politique publique ou dans l’urbanisme. Après réflexion, j’ai réalisé que c’était bien le cas.

Mon premier poste était Capacity building project officer dans l’ONG Inner Sydney Voice. Il s’agissait d’un projet de bailleur social dans un quartier défavorisé de Sydney. Une grande partie du terrain public allait être vendue à des acteurs privés afin de payer et construire des nouveaux logements sociaux. Ma mission consistait à appuyer les habitants afin qu’ils puissent participer au redéveloppement urbain de leur quartier. J'ai beaucoup apprécié de travailler avec les habitants, d’être à leur service, d’essayer de les aider pour qu'ils puissent s'impliquer dans le processus. Mais au fil du temps, j'ai eu l'impression que la participation des habitants avait un côté « gadget » puisque les grandes lignes du projet étaient déjà déterminées politiquement. Cela m’a posé un problème et a commencé à me peser. Au bout d’un an et demi, j'ai donc changé de travail.

Je suis parti chez Shelter NSW, une organisation d'analyse et de conseil en politique publique, qui est très critique des projets gouvernementaux. Elle représente les intérêts des foyers modestes sur le marché immobilier en termes de législation sur les droits des locataires, de logements sociaux, etc.... C’était un poste beaucoup plus orienté politiques publiques et lobbying. C’est une organisation un peu particulière puisqu’ils représentent les intérêts de personnes sans abri, de foyers modestes mais également ceux des bailleurs sociaux. C'est une approche un petit peu plus holistique des besoins liés au logement. J’ai tout d’abord commencé comme Outreach & Engagement Policy Officer, responsable de communication et d’engagement. Je devais parler à nos membres, aux gens de la communauté, aux habitants des logements sociaux et aux personnes qui s’intéressaient à notre ONG. Au bout d’un an, je suis passé analyste des politiques publiques puis analyste senior. Je devais élaborer des campagnes de sensibilisation sur certains sujets. J'ai notamment essayé de faire évoluer la législation sur la location en Nouvelle Galle du Sud afin que les locataires aient de meilleurs droits. Ceux-ci peuvent en effet être expulsés de leur logement sans raison. De plus, j’effectuais du lobbying et de la promotion du logement social qui est une responsabilité d’Etat en Australie. Le logement étant de moins en moins abordable pour les classes moyennes en Australie, de nombreuses associations œuvrent pour régler ce problème.

Enfin, j’ai intégré ma structure actuelle. Le poste me permettait de développer mes compétences et me donnait l’opportunité d’agir sur un sujet qui me tient à cœur, la transition écologique.

Qu’est-ce que vous a apporté votre formation au sein de Sciences Po ?

Enormément. Tout d’abord, j’ai été parfaitement formé à l'analyse de politiques publiques, à les comprendre et à développer des messages pour les faire changer. Cela m’a permis d’évoluer assez rapidement dans ma carrière et d’avoir des missions de plus en plus importantes.

Le côté pluridisciplinaire et polyvalent de la formation m’a également beaucoup apporté. Cela permet de passer d’une spécialité à une autre rapidement. Lorsque j’ai souhaité étendre mon secteur d’activités, j’ai utilisé mes compétences et les ai appliquées assez rapidement à de nouveaux sujets. J’ai ainsi pu travailler sur des sujets variés. Le côté comparatif du master permet également d’aborder plus facilement des contextes étrangers. Enfin, avoir réalisé un master entièrement en anglais a été une force par la suite et m’a permis de trouver un poste assez rapidement.

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Quelle est la densité souhaitable dans les périphéries ?

Retour sur le projet collectif réalisé avec Nexity
  • Visite de terrain à Entraigues-sur-la-Sorgue © Groupe d'étudiantsVisite de terrain à Entraigues-sur-la-Sorgue © Groupe d'étudiants

Quatre étudiants du master Stratégies territoriales et urbaines ont mené un projet collectif avec Nexity, fidèle partenaire de l’École urbaine. Le groupe a travaillé sur la densité souhaitable dans les périphéries urbaines.

Maud COQUIER, Eva MARCEL, Loan NGUYEN et Maxime PRUVOST ont tenté de répondre à cette légitime interrogation qui est au cœur de nombreux débats sur la bonne construction de la ville dans les territoires périurbains et pourrait laisser penser qu’il existe un seuil chiffré correspondant au bon niveau de densité pour les périphéries. Or, la densité ne peut se résumer à une donnée quantitative, puisqu’elle correspond en réalité à un ensemble de critères qualitatifs qui influencent la perception du dense, c'est-à-dire à cette impression de compacité, de proximité largement redoutée dans le périurbain.

L’objectif du groupe a donc été d’identifier l’ensemble des éléments influençant l’acceptabilité de la densité dans le milieu périurbain. En effet, le milieu périurbain, apprécié notamment par le cadre de vie qu’il offre, n'est pas un milieu où il est aisé de densifier. Le développement urbain dépendant fortement de l’équipe municipale se heurte alors à des tensions. D’une part, une tendance préservant l’environnement et limitant l’artificialisation des espaces naturels. D’autre part, des acteurs locaux non nécessairement à l’aise et connaisseurs des questions de densification, qui pour des raisons politiques et de cadre de vie acceptent difficilement une densification de leur territoire.

En ciblant des terrains d’étude aux franges de métropoles attractives (Paris, Nantes et Strasbourg) et à la frange d’une ville moyenne dynamique (Avignon), en se concentrant sur le point de vue des acteurs directement concernés par les projets de densification, que sont les élus et les habitants, ils ont formulé des recommandations tirées d’exemples concrets, en prenant compte des contraintes et des attentes de chacun de ces acteurs. Leurs recommandations s'articulent autour de sept critères : l’intimité, l’insertion urbaine, la proximité avec les axes de mobilité, les services et les espaces de nature et pour finir la qualité du logement et le lien social. L’objectif du promoteur est d’intégrer un maximum de ces critères pour accroître l’acceptabilité des habitants tout en permettant à des ménages de catégories socio-professionnelles différentes notamment aux ménages modestes de bénéficier du projet. Par ailleurs, plus le nombre de critères inclus dans le projet est important, plus le promoteur pourra proposer des formes urbaines plus compactes et des hauteurs plus importantes par rapport à l’environnement urbain.

Le rapport final des étudiants est destiné à Nexity et est confidentiel.

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Le Fonds pour une transition juste : les enjeux locaux dans les territoires français, suédois et portugais à forte intensité carbone

Lire le rapport réalisé par nos étudiants et la DG REGIO
  • Selected territories Selected territories

Anna Luise Büttner, Marion Beaudoin, Laure Lavigne Delville, Lucie de Rivas, Zoé Foulon et Max Tscheltzoff, étudiants du Master Governing Ecological Transitions in European Cities, ont réalisé un projet collectif avec la DG REGIO de la Commission européenne dans le cadre du mécanisme de transition juste lancé en 2020. Découvrez leur travail.

Le projet visait à identifier les éléments clés de stratégies territoriales réussies pour la reconversion économique et sociale des régions à forte intensité en carbone en Europe. Des études approfondies ont donc été menées sur des territoires sélectionnés, dont l’objectif était d’analyser les conditions locales de la transition et les positions et interactions des différents acteurs dans le cadre de la gouvernance.

La question de la transition des territoires dépendants du carbone est au cœur de la stratégie du Pacte vert pour l’Europe visant à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Le Mécanisme pour une Transition Juste (MTC), avec ses trois piliers différents, est un moyen d’apporter un soutien social à des objectifs climatiques ambitieux pour s’assurer que « personne n’est laissé pour compte ». Cette étude se concentre sur le premier pilier - le Fonds pour une transition juste (FTJ) - et sa mise en œuvre, en se concentrant sur les objectifs de diversification économique et de reconversion des travailleurs : certains territoires européens seront soumis à des fermetures ou à des conversions d’industries dépendantes du carbone, qui aura des conséquences sociales et économiques considérables. La question de l’identification des principaux défis pour les politiques de transition et la gouvernance est centrale à cet égard.

L’objectif de ce rapport final est de souligner dans quelle mesure les territoires de France (Nord et Bouches-du-Rhône), du Portugal (Matosinhos) et de Suède (Norrbotten) peuvent utiliser le FTJ pour leurs transitions. Explorant la position des différents acteurs qui sont, ou pourraient être, impliqués dans la mise en œuvre du fonds, le rapport évalue quels facteurs du contexte local et de la gouvernance déterminent la réalisation de la transition. Après avoir présenté les contextes des quatre territoires étudiés, une première partie abordera les situations locales très contrastées, dans lesquelles le FTJ est inséré. Une deuxième partie analyse comment le concept de transition juste, et donc l’utilisation du fonds, est « traduit » dans ces contextes locaux. La dernière partie met en lumière les défis liés à la gouvernance et au partage des rôles dans la mise en œuvre locale du fonds. Le rapport se termine par des recommandations pour la DG REGIO qui sont ressorties de l’analyse des quatre territoires et qui pourraient être utiles pour la poursuite de la mise en œuvre du FTJ ou de fonds similaires à l’avenir.

Lire le rapport (EN)

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Publication du guide réalisé par nos étudiants avec l’AIMF !

  • Illustration Ville numérique © Tumisu, PixabayIllustration Ville numérique © Tumisu, Pixabay

Intitulé « Sobriété et Frugalité Numériques », ce guide pratique à destination des maires de l’AIMF, a été réalisé dans le cadre d’un capstone par Rim Ayouch, Kenza Fahim, Hermine Martinez, Mocktoub Razaki et Juliette Yaniv, étudiants du master Governing the Large Metropolis.

En 2019, l’Agence parisienne du climat estimait à 70% la part des émissions mondiales de carbone générée par les villes. Dans le contexte d’urgence climatique que nous connaissons, ces dernières se voient souvent présenter des solutions numériques pour les aider à réduire leur impact environnemental. Ces dispositifs dits intelligents (smart) ont recours à des outils connectés qui permettent par exemple une meilleure évaluation des besoins de consommation de la ville dans laquelle ils sont installés et donc de réduire les consommations inutiles (en eau, électricité, en mobilité…). D’importantes économies d’énergie peuvent en effet être réalisées en intégrant de nouvelles technologies numériques au mobilier urbain traditionnel.

Toutefois, si dans le cadre de la gestion administrative de la ville mais aussi des pratiques individuelles, le numérique a longtemps été présenté comme propre et immatériel, il est aujourd’hui nécessaire de mettre un terme à cette conception. Le secteur du numérique était en 2020 la source de 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et le think tank The Shift Project estime que ce chiffre atteindra quasiment 10% en 2030, à raison d’une croissance annuelle autour de 8%. À ces chiffres des émissions de gaz à effet de serre s’ajoutent d’autres types de pollution, tels que celle des sols liée à l’extraction de métaux rares.

De plus, le progrès technologique rapide a paradoxalement pour résultat une augmentation de la demande et donc de la consommation. Bien que les fabricants orientent l’innovation vers des appareils plus performants et donc moins énergivores, ces améliorations encouragent un élargissement toujours plus vaste du champ des utilisations du numérique. Ainsi, en créant un numérique plus “propre”, les économies d’énergie réalisées à l’échelle d’un appareil sont finalement compensées par une augmentation globale de la consommation d’équipements et de services. Ce phénomène, désigné sous le nom d’« effet rebond », démontre que l’innovation pour créer des appareils plus performants ne peut suffire à fournir une solution.

En outre, lorsque le numérique est présenté comme substitut à des méthodes plus traditionnelles, l’énergie ainsi que les matières premières utilisées pour produire les terminaux numériques (ordinateurs, smartphones, tablettes, objets connectés) finissent parfois par engendrer une pollution supérieure à celle qui aurait été produite sans recours à ces appareils. C’est en tout cas ce que certains experts affirment à l’instar de Philippe Bihouix, ingénieur centralien spécialiste des low techs et de l’épuisement des minerais. Enfin, la consommation énergétique constante liée à certaines technologies et aux objets connectés notamment, pèse aussi souvent dans le sens d’une aggravation du bilan environnemental.

Le numérique ne peut dès lors pas être envisagé comme un problème ou à l’inverse comme la solution unique. Afin d’assurer son déploiement effectif, il est nécessaire de maîtriser ses opportunités de gestion urbaine mais également ses répercussions sociales et environnementales.

Ce guide portera sur la sobriété et la frugalité numériques, deux démarches qui tentent de fournir aux maires des clés pour comprendre comment tirer des bénéfices environnementaux des dispositifs numériques et comment éviter que ces derniers n'aggravent finalement leur impact.

Lire le guide

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Portrait de Cécile Ivanovsky, alumna

  • Cécile Ivanovsky © CICécile Ivanovsky © CI

Après avoir obtenu son master en droit de l'urbanisme et du développement durable, Cécile a souhaité pousser sa spécialisation en urbanisme et a donc intégré le Cycle d’urbanisme. Diplômée en 2017, elle est aujourd’hui Cheffe de projets pénitentiaires et judiciaires à l’APIJ. Rencontre.

Quel emploi occupez-vous actuellement ?

Je suis à l’APIJ, l’Agence publique pour l'immobilier de la justice, établissement public sous tutelle du ministère de la Justice, chargé de la construction, la rénovation et la réhabilitation des bâtiments liés à la justice comme les palais de justice, les centres pénitentiaires, … et ce dans toute la France, hexagonale et d’outre-mer.

Je suis Cheffe de projets en Guadeloupe et travaille sur les opérations d’extension du centre pénitentiaire de Baie-Mahault et de rénovation du Palais de Justice historique de Pointe-à-Pitre. Pour ces projets, mes missions incluent le suivi technique, architectural et environnemental mais également l’organisation des phases études et chantier, la mise en place de la participation du public, la maîtrise du calendrier et le suivi budgétaire, la gestion contractuelle ainsi que le pilotage AMO (assistant maître d’ouvrage) et MOE (maître d’œuvre).

Qu'est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

La diversité des sujets et des acteurs. Je traite de problématiques liées à l'environnement, aux techniques constructives, aux négociations contractuelles mais également de sujets très particuliers de construction spécifiques aux Antilles comme les risques sismiques et cycloniques, ou liés aux bâtiments anciens comme l'amiante et le plomb. J’ai également des échanges avec une grande diversité d’acteurs : entreprises de construction, bureaux d’études, architectes, administrations communales, régionales…J’en apprends tous les jours.

De plus, travailler dans une région ultra-marine et devoir s’adapter à des rythmes et fonctionnements différents est très formateur.

Quel a été votre parcours depuis votre diplomation ?

J'ai tout d’abord travaillé chez le groupe international d’ingénierie Artelia, en tant qu’assistance à maitrise d’ouvrage sur le Projet du Grand Paris Express. J’étais la référente sur l’aspect réglementation environnementale. Cela m’a permis de faire la jonction entre mes deux domaines de formation : le droit et l’environnement avec la maitrise d’ouvrage et l’urbanisme. J’y suis restée un peu plus de deux ans.

J’ai ensuite souhaité retourner à quelque chose d'un peu plus urbain et ai postulé à Espaces Ferroviaires, la filiale d’aménagement urbain et de promotion immobilière de la SNCF, qui fait du réaménagement d’anciennes friches ferroviaires en quartiers urbains. J’ai travaillé pendant un an sur l’opération d'aménagement du quartier Ordener-Poissonniers à Paris qui consiste à requalifier un dépôt ferroviaire en quartier urbain bas-carbone. J’ai par ailleurs retrouvé dans la structure plusieurs diplômés du Cycle d’urbanisme.

Enfin, j’ai découvert l’APIJ par l’intermédiaire d’un contact professionnel. Le poste proposé me permettait de poursuivre mon exploration de la maitrise d’ouvrage et d’avoir de nouveau un lien avec mon premier domaine de formation. La seule question qui s’est posée alors était mon expérience limitée quant aux techniques constructives. J’ai pu me former en interne et cela me permet aujourd’hui d’avoir une vision plus large de l'urbanisme, de l’échelle du bâtiment à celle du quartier.

Qu’est-ce que vous a apporté votre formation au sein de Sciences Po ?

J’ai appris à travailler en équipe, à écouter et comprendre différents points de vues, ainsi qu’à me mettre à la place de l'autre. Les groupes de travail ont également été très formateurs en termes d’organisation professionnelle. Le Cycle d’urbanisme m’a également permis de rencontrer des personnes d’autres horizons et d’autres pays. Nous avons pu comparer les organisations de villes, la perception des projets urbains, les différences d’échelle et d’outils… Cela permet de développer sa curiosité et apporte un certain savoir-faire dans nos métiers.

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Strasbourg accueille les étudiants du Cycle d'urbanisme

  • Le groupe d'étudiants © Tom RouaudLe groupe d'étudiants © Tom Rouaud

Les 13, 14 et 15 octobre dernier, les étudiants du Cycle d'urbanisme sont partis en voyage d'étude à Strasbourg.

L’objectif du voyage d’étude d’automne est de mettre les étudiants, dès le démarrage de leur parcours, en contact avec une métropole française, sur le terrain, afin qu’ils en appréhendent les enjeux territoriaux, rencontrent la diversité des acteurs qui contribuent au développement urbain et comprennent la manière dont ils interagissent. Le voyage doit également permettre des allers-retours entre différentes échelles de réflexion et de projet, de la stratégie territoriale au projet urbain. Il est bien sûr l’occasion de rencontres riches et diverses, souvent déterminantes dans la construction d’un projet professionnel.

Parmi les thèmes passionnants traités à Strasbourg : projet urbain transfrontalier, habitat participatif et autopromotion, conception, développement et gestion des écoquartiers, enjeux de mobilités et partage de l'espace public, rénovation urbaine...

Voir les photos du voyage d’étude

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Deux étudiantes remportent le prix « Coup de Cœur des organisateurs » au concours Positive Future !

  • Extraits de la BD © Camille L. et Orane LS.Extraits de la BD © Camille L. et Orane LS.

Camille Larminay, du master Governing Ecological Transitions in European Cities, et Orane Le Saout, du double diplôme Urban Policy, sont arrivées 2ème au concours Positive Future, sur plus de 300 participants. Toutes nos félicitations !

L’initiative Positive Future, portée par l’Institut d’études avancées de Paris et la Fondation 2100 vise à faire connaître largement les travaux de prospective, pour permettre à toutes et tous de penser un futur vivable et désirable et partager des visions positives et mobilisatrices de l’avenir. Le thème de l’Édition 2021 était « La ville en 2100 » et invitait les participants à produire un récit montrant en arrière-plan une vision à la fois crédible et originale des villes en 2100.

Camille et Orane ont proposé une BD intitulée Vivaldi 2100, entièrement dessinée et écrite à deux, qui met en scène la ville de Lyon en 2100 sous des contraintes climatiques fortes. Elles ont bénéficié de l'aide de professeurs de Sciences Po, notamment Antoine Courmont, Vincent Viguié et Daniel Florentin, qui les ont guidés lors de leurs recherches.

RESUMÉ DE VIVALDI 2100

En 2100, pour lutter contre la raréfaction des ressources et les conséquences dramatiques du changement climatique, les villes, devenues des pôles d’innovation de pointe, ont créé des programmes d’échanges compatibles avec la limitation drastique du transport international pour favoriser la circulation des connaissances, et engager davantage les habitants dans le processus de résilience climatique.

Nous suivons donc Ren, habitante de Shenzen fraichement débarquée à Lyon, qui entretient tout au long de l’histoire une correspondance avec Achille, lyonnais d’origine, lui-même expatrié à Shenzen. Au fil des planches, nous découvrons le quotidien et l’implication citoyenne de Ren dans un Lyon dont le climat équivaut à celui d’Alger aujourd’hui, et découvrons les nouveaux services municipaux, les nouvelles avancées sociétales, et même éthiques au service de la cohésion sociale et du bien-être de tous.

Lire la BD de Camille et Orane
Voir la remise des prix du concours

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Maud Schmiel, étudiante du Cycle d'urbanisme, lauréate d'une bourse Palladio 2021 !

  • Maud Schmiel © MSMaud Schmiel © MS

Maud Schmiel, étudiante en master Cycle d'urbanisme, vient d'obtenir une des 16 bourses DÉCERNÉES PAR LA FONDATION PALLADIO. Toutes nos félicitations Maud !

A l’issue de la 12e édition de la campagne des Bourses Palladio, qui s’est tenue de novembre 2020 à mai 2021, 16 jeunes talents, dont 6 au titre du renouvellement, ont été désignés lauréats des Bourses Palladio 2021 pour le caractère innovant de leurs projets de formation ou de recherche.

Ils ont été officiellement présentés mercredi 3 novembre lors d’une soirée à la Maison Palladio, durant laquelle chacun d’eux a présenté ses travaux de recherche ou son projet de poursuite d’études.

Outre une bourse de 10 000€, ces 16 lauréats seront accompagnés pendant un an par des marraines et parrains professionnels, tous membres du comité des Bourses et représentants des fondateurs et mécènes.

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Portrait de Floriane Ortega, alumna

  • Floriane Ortega © CTFloriane Ortega © CT

Après avoir rejoint le Collège universitaire de Sciences Po et effectué sa troisième année à la Universidad Nacional Autónoma de México, Floriane décide d’intégrer le double master Urban Policy. Elle réalise ainsi sa première année au sein du Master Stratégies territoriales et urbaines puis part à la London School of Economics (LSE) pour la seconde au sein du Regional and Urban Planning Studies Master’s degree. Diplômée en 2012, Floriane est aujourd’hui Manager and Adaptation Lead au Carbon Trust. Elle évoque avec nous son parcours.

Quel emploi occupez-vous actuellement ?

Je suis dans un bureau d’études britannique The Carbon Trust, spécialisé dans la réduction des émissions de CO2. À l’origine de statut public, ce bureau d’étude qui existe depuis 20 ans devient privé en 2010 suite aux coupes budgétaires et s’internationalise. Aujourd’hui, nous sommes environ 300 employés, répartis un peu partout dans le monde : Brésil, Chine, Afrique du Sud, Etats-Unis, Amsterdam...

Je suis dans l’équipe Cities and Regions et je m'occupe d’aider des collectivités territoriales, britanniques pour la plupart, à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone. Cela peut être des émissions au niveau des transports, des bâtiments, de l'énergie etc…

Depuis le début de l’année, j’ai commencé un placement dans l'équipe d'Afrique du Sud à Pretoria. Nous y assistons des entreprises privées dans leur réduction d’émissions de CO2. En l'occurrence, je travaille actuellement avec une compagnie minière de diamant.

Qu'est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

Tout d’abord, mes missions me permettent de travailler sur quelque chose qui me passionne, à savoir le changement climatique. C'est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j'ai choisi un master dans le domaine de l’urbanisme. Je suis convaincue que les villes ont un rôle clé à jouer dans la réduction des émissions de dioxyde de carbone. D’où mon rôle dans l’équipe ‘Cities and Regions’ qui lie à merveille deux de mes passions : le changement climatique et le monde urbain.

Le deuxième aspect qui me plaît énormément, c'est mon environnement de travail. Je suis entourée de collègues en or qui sont tous aussi motivés, brillants et sympathiques les uns comme les autres. C'est très agréable et chaque jour je me rappelle que c'est une chance unique.

Quel a été votre parcours depuis votre diplomation ?

Durant mon année à la London School of Economics, j’avais un cours où nous avons énormément parlé du modèle urbain colombien et notamment de la ville de Medellín qui avait réussi à sortir de la pauvreté, à traverser des années de cartels de la drogue et à devenir une ville de référence. C'est quelque chose qui m’a marqué, comme pas mal d'étudiants je pense, et je souhaitais vraiment partir là-bas. Malheureusement, je n’ai pas réussi à trouver à distance un poste. J'ai donc commencé par un stage de 6 mois en France, à la Cour des comptes, qui était très intéressant. Je travaillais sur les structures représentatives territoriales, les représentations de l'État dans les régions. Nous devions déterminer si une structure était optimale, s’il n’y avait pas de doublons et proposer les solutions pour optimiser cette organisation territoriale.

Dans le même temps, je continuais à chercher un emploi en Colombie mais sans succès. A la fin du stage, j’ai donc pris mes bagages, un aller simple Paris-Bogota et j'ai trouvé exactement ce que je voulais au bout de trois semaines ! J’ai été prise dans un bureau d'étude en urbanisme, la Fondacion Ciudad Humana, spécialisé dans les questions de changement climatique. Je travaillais sur une mission financée par l'Agence française de développement (AFD) qui aidait 11 villes de Colombie à s'adapter au changement climatique. Nous proposions des solutions pour que les risques climatiques expérimentés par la Colombie soient réduits grâce aux plans locaux d'urbanisme. C'était une superbe expérience mais j'ai détesté Bogota.

Après cette mission de 9 mois, j'ai donc décidé de revenir en Europe. J’ai alors eu une opportunité de travailler avec l’ONG WaterAid qui s'était mise en partenariat avec le cabinet britannique d’architecture Sheppard Robson. Ils avaient un projet commun dans 4 villes d'Afrique subsaharienne : Lagos (Nigeria), Kinshasa (République Démocratique du Congo), Luzaka (Zambie) et Maputo (Mozambique). L’objectif était d’augmenter leurs capacités d'approvisionnement en eau potable et d'assainissement. Notre rôle était d’accompagner la croissance très soutenue de ces villes en permettant à la population d’avoir accès à des sources d'eau potable et de récupérer ses eaux usées. C’était techniquement un de mes projets les plus compliqués qui m’a occupé un peu plus d’un an.

À ce moment-là, j’avais 25 ans et j'avais toujours eu envie d’aller vivre au Vietnam, étant à moitié vietnamienne et n’y ayant jamais vécu. J’ai donc rejoint le bureau de représentation international, situé à Hanoi, du bureau d’études environnemental Asconit Consultants, un organisme qui n’existe plus aujourd’hui. J'avais beaucoup de responsabilités, ce qui est un des avantages du VIE par lequel j’avais rejoint Asconit. Je travaillais beaucoup sur le métro d'Hanoi, déjà en construction à l'époque. Un des projets, mené avec une entreprise japonaise de planification urbaine et de transport, consistait à créer des stations pour l’une des lignes du métro qui puissent accommoder des modes de transport verts comme la marche, le vélo ou le scooter. J’y suis restée quasiment 2 ans.

À mon retour au Royaume-Uni, je me suis mise en free-lance. C’était compliqué au début et je ne savais pas exactement quoi faire. Comme je suis une adepte de la petite reine, j’ai décidé de commencer à travailler pour Deliveroo comme livreuse sur mon vélo fraichement ramener du Vietnam. J’ai ensuite commencé à gagner des missions et à faire des choses assez diverses : j’ai travaillé, entre autres, avec mon ancien client japonais du Vietnam, avec la London School of Economics et avec un fond d’investissement qui cherchait une hispanophone.

Après avoir passé 5 ans à faire des projets dans des pays émergents, j'ai eu envie de travailler sur des projets situés dans le pays dans lequel je vivais. J’ai eu l’occasion d’intégrer une grande entreprise d’ingénierie civile, AECOM, qui compte environ 100 000 employés dans le monde. J’ai travaillé sur des projets de développement économique local et de renouvellement urbain, situés à Londres pour la plupart. Puis The Carbon Trust a publié une offre de poste pour recruter leur premier professionnel urbain et j’y suis à présent depuis 3 ans. Depuis, deux autres collègues de formation urbaine nous ont rejoint !

Qu’est-ce que vous a apporté votre formation au sein de Sciences Po et au sein de la LSE ?

Sciences Po forme bien les esprits et nous apprend à structurer notre pensée, à nous poser les bonnes questions et à remettre les choses en cause. Le deuxième aspect est que nous sommes des généralistes, ce qui nous permet de faire un peu de tout. C’est grâce à cela que j’ai pu avoir des postes variés et aller dans des secteurs différents. De plus, on nous apprend à prendre des décisions de manière rapide et performante, ce qui nous permet d’être efficace rapidement dans nos prises de postes.

La London School of Economics avait un environnement très international, très enrichissant. Les personnes que j’y ai rencontrées étaient complètement différentes des personnes de Sciences Po. Elles étaient généralement plus âgées avec quelques années d'expérience professionnelle. La LSE est également très reconnue à l’étranger, ce qui m’a sans doute permis d’avoir cette opportunité en Colombie notamment. C’est également un réseau incroyable que je côtoie toujours, d’autant plus en étant à Londres.

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Spécificités françaises de l’aménagement urbain durable ?

Lire l’analyse de nos étudiants et France Ville Durable
  • Studied projects © StudentsStudied projects © Students
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Joel ANSAH, Jazmyn BLACKBURN, Giulio NEGRI, Maïwen PAIN and Delia WALKER-JONES, étudiants du master Governing the Large Metropolis, ont réalisé une étude comparative pour déterminer si et dans quelle mesure une méthode d’excellence « française » de développement urbain durable peut être identifiée.

Ce capstone a été proposé par France Ville Durable, l’ONG française dédiée aux acteurs professionnels de la ville durable qui promeut la croissance et le développement de villes globalement durables en France et dans le monde. Il s’agit d’une analyse comparative entre cinq villes réparties sur quatre continents : Europe, Asie, Amérique du Sud et Amérique du Nord.

A travers cette analyse, les étudiants en sont venus à comprendre et à apprécier la nécessité d’un dialogue mondial qui mobiliserait les villes de manière efficace et pertinente afin d’atténuer les effets du changement climatique. La méthode « européenne » (française) pourrait constituer une stratégie de revitalisation urbaine durable. La France, en tant que pays, est remarquable en ce sens qu’elle ne présente aucune faiblesse apparente dans les aspects présentés dans le cadre de l’analyse holistique de la durabilité – seulement les forces et les neutralités. Cela fait de l’éco-quartier français un modèle acceptable et pertinent pour commencer à évaluer les forces et les faiblesses des initiatives de développement urbain d’autres pays et les remanier au besoin pour avoir plus de points forts que de points faibles.

Cependant, cela ne signifie pas que la méthode européenne (française) est la seule ou la meilleure méthode. La durabilité urbaine n’est pas qu’un simple exercice de transfert de politique, qui comporte de nombreux inconvénients. Utiliser le modèle français comme prototype à reproduire ailleurs dans le monde n’est pas réalisable. Aucun des autres pays étudiés ne s’aligne parfaitement avec la France sur les points forts et les points faibles. En fait, certains (comme la Colombie) restent complètement distincts de la méthode française dans tous les aspects. Cette diversité, en soi, doit être perçue comme une source de force et non comme une faiblesse.

En plus de la réalisation de leur rapport final, le groupe d’étudiantsest intervenu lors d’une conférence organisée par France Ville Durable à Dunkerque, le 19 mai 2021, intitulée « Villes durables en actions ». Ils ont présenté une vue d’ensemble de leurs recherches, y compris une brève introduction aux cinq projets étudiés et une évaluation préliminaire de leurs forces et faiblesses les uns par rapport aux autres.

Voir leur intervention - à partir de 02:50:00.

Lire leur étude (EN) 

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Premier voyage d’étude pour le master GETEC !

  • Banks of the Danube © Max TSCHELTZOFFBanks of the Danube © Max TSCHELTZOFF

LES PREMIERS ÉTUDIANTS DU MASTER GOVERNING ECOLOGICAL TRANSITIONS IN EUROPEAN CITIES, ACTUELLEMENT EN DEUXIÈME ANNÉE, SE SONT RENDUS A VIENNE, EN AUTRICHE, DU 26 SEPTEMBRE AU 1er OCTOBRE POUR LEUR VOYAGE D’ÉTUDES. LE THÈME ÉTAIT « DE LA VILLE ROUGE À LA VILLE VERTE? ».

Vienne est l’une des villes européennes les plus fascinantes. Autrefois capitale d’un Empire disparu après 1918, elle était connue sous le nom de Vienne Rouge, l’une des villes les plus progressistes et innovantes, pionnière des projets de logement qui ont marqué l’apogée du socialisme municipal en Europe.

Les décennies de la guerre froide ont été une période difficile pour Vienne qui a semblé surdimensionnée avec ses prestigieux monuments et bâtiments et avait une réputation de « belle endormie » à l’extrême est de la communauté européenne face à l’Europe de l’Est, probablement un cas intéressant de décroissance.

Après la chute du mur, les échanges se sont intensifiés avec la partie orientale de l’Europe, enfin intégrée dans l’Union européenne. Vienne est à l’avant-garde de ce mouvement. Le développement de la ville prend forme et ses élites tentent d’inventer un modèle durable. Vienne est souvent présentée aujourd’hui comme une ville européenne dynamique et branchée avec des politiques innovantes, un mouvement environnemental vivant, des politiques de protection de l’environnement, de développement de différentes formes de logements sociaux, utilisant des technologies plus ou moins intelligentes ou transformant les mobilités.

Les idées de bien commun, de domaines publics, de logements collectifs sont à la hausse en Europe par rapport à la crise climatique. Bien sûr, la mobilité politique est importante et est renforcée par des consultants et des organisations internationales. Mais l’héritage des épisodes passés est également relancé pour développer des politiques innovantes. Une première ligne de pensée pour ce voyage d'étude était d’examiner l’héritage de la Vienne rouge, et son influence dans les politiques innovantes contemporaines liées au changement climatique. Deuxièmement, les étudiants ont essayé d’examiner, de comprendre, d’évaluer l’étendue des transitions écologiques effectuées à Vienne : ce qui est fait ou pas fait, qui en bénéficie, ce qui est gouverné et comment ?

Voir les photos du voyage d’étude

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