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Portrait de Louis Gaucher, étudiant-apprenti

  • Louis Gaucher © Xavier Granet/ SOLIDEOLouis Gaucher © Xavier Granet/ SOLIDEO

Louis Gaucher effectue sa deuxième année de master Stratégies Territoriales et Urbaines en apprentissage. Depuis juin 2018, il alterne entre ses cours à Sciences Po et la préparation (urbaine) des Jeux Olympiques et Paralympiques au sein de la Société de livraison des équipements olympiques et paralympiques (SOLIDEO). Entretien.

Pourquoi avoir choisi l’alternance ?

L’alternance est une formule douce pour organiser la transition entre l’école et le monde du travail : elle me permet de mettre en relation ma formation théorique et des connaissances pratiques. Après 4 ans d’études, j’éprouvais le besoin de sortir de la bulle académique et de devenir opérationnel. L’alternance donne la possibilité de suivre des projets professionnels sur l’année entière, ce qui est très stimulant. Enfin, il ne faut pas occulter le fait que l’alternance apporte également une certaine autonomie financière.

Quelles sont vos missions en entreprise ? êtes-vous autonome sur certaines ?

Je travaille au sein du pôle Ambitions et Héritage de la SOLIDEO, dont l’objectif est de préfigurer, entre autres, l’héritage des ouvrages et chantiers olympiques et paralympiques. Il s’agit de démontrer l’utilité des projets, notamment par rapport aux enjeux du développement durable. Concrètement, cela se traduit d’une part par un travail de synthèse de documents pour élaborer la vision stratégique. D’autre part, je dois aussi préparer, participer, voire animer un certain nombre de réunions de coordination entre les différents acteurs publics et privés impliqués. Enfin, il s’agit de préparer les aménagements : j’ai donc dû participer à la rédaction de marchés publics puis l’analyse des offres. La structure étant encore récente (la SOLIDEO a été créée au début de l’année 2018), les équipes ne sont pas encore complètement formées. Il a donc fallu que je sois rapidement autonome pour répondre à la charge de travail. Ce degré d’autonomie tend d’ailleurs à augmenter au fur et à mesure de ma mission.

Pourquoi avez-vous choisi cette entreprise ?

C’est un projet de longue date mûri depuis la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Il s’agit, pour moi, de permettre la bonne tenue d’un événement exceptionnel et rassembleur, qui va bien au-delà du simple événement sportif, et qui permet aussi de s’intéresser à des problématiques d’aménagement urbain. Au vu des précédentes villes d’accueil des Jeux, un certain nombre de questions se posent sur la capacité d’une métropole à absorber l’organisation de ce méga-événement, voire sur son intérêt au regard des principes du développement durable. J’ai puisé ma motivation dans ce défi : faire de cet événement une réussite sociale, environnementale et économique. La dynamique olympique et paralympique permet de présenter, d’expérimenter des réponses à des besoins sociétaux et d’aménagement au sein même des villes du Grand Paris, et notamment de Seine-Saint-Denis, qu’il s’agit de transcrire à travers la réalisation des ouvrages.

Comment avez-vous vécu ces premiers mois d’alternance ?

Le premier bilan est très positif : j’ai pu observer des pratiques et actions qui répondent aux notions et concepts appris à l’École urbaine. Les cours du semestre actuel me permettent de mieux saisir mon environnement de travail, et inversement, le travail m’aide aussi à mieux saisir les enjeux des cours. Un dialogue constant et stimulant s’est installé entre mon parcours académique et mon parcours professionnel. L’intégration dans l’équipe et mon environnement de travail s’est bien déroulé. Le fait de commencer l’alternance à temps plein, avant la reprise des cours, a aussi facilité mon intégration et ma formation. Enfin, la présence d’un autre stagiaire et d’un autre alternant dans la structure à mon arrivée m’ont aidé à trouver rapidement des repères. Le retour à l’école en septembre a été plus compliqué. J’ai eu besoin de temps pour trouver un équilibre entre le rythme soutenu de l’entreprise et le rythme académique qui se décline sur un temps plus long. Mais finalement, leur complémentarité me donne une véritable satisfaction, grâce aux liens qui s’établissent entre la formation académique et la formation professionnelle.

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Admissions au Double diplôme Urban Policy : fin le 18 février !

  • © Umezo KAMATA/ Wikipédia (CC BY-SA 3.0)© Umezo KAMATA/ Wikipédia (CC BY-SA 3.0)
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México, nous voilà !

  • México © PixabayMéxico © Pixabay

Les étudiants du Master Governing the Large Metropolis se rendent cette année à México pour leur voyage d'étude.

Cette grande métropole internationale accueillera le groupe du 14 au 20 janvier.

L'objectif du study trip est d'appréhender les enjeux politiques, économiques, sociaux, environnementaux et culturels de la ville, de rencontrer les acteurs locaux et d'étudier leurs interactions. Ainsi, les étudiants seront reçus, entre autres, par la Ciudad de México, l'agence CAPSUS, l'ITDP México ou encore l'AFD. Un programme riche et passionant en perspective.

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Admissions françaises : fin le 14 janvier !

  • © Sandrine Gaudin / Sciences Po© Sandrine Gaudin / Sciences Po
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Stéfanie Weber, alumni, nous raconte son parcours

  • Stéfanie Weber et Joan Clos, ancien Executive Director d'ONU Habitat © S. WeberStéfanie Weber et Joan Clos, ancien Executive Director d'ONU Habitat © S. Weber
  • URBACT City Festival © URBACTURBACT City Festival © URBACT
  • Stéfanie Weber à l'URBACT City Festival © URBACTStéfanie Weber à l'URBACT City Festival © URBACT

Portrait de Stefanie WEBER, Autrichienne/Brésilienne, Ancienne étudiante du Master Cycle d’urbanisme, Promotion 2016-2018

D’où vient votre intérêt pour les questions urbaines ?

"Ayant vécu la plupart de ma vie à Sao Paulo, j’ai toujours eu un fort intérêt pour les questions urbaines et spatiales. Le vrai déclic m’est venu lorsque j’avais 15 ans, durant un voyage d’un mois en Amazonie. Je rencontrais différentes communautés locales et l’une d’entre elles était bénéficiaire d’un programme de l’État pour la construction de 100 maisons. Les « nouvelles » maisons avaient été bâties depuis plus d’un an mais personne ne pouvait vivre à l’intérieur : l’environnement et les habitudes locales n’avaient pas été prises en compte et il faisait beaucoup trop chaud dans les bâtiments pour y vivre. C’est à ce moment-là que j’ai su que je voulais rendre la vie des gens meilleure à travers des changements spatiaux. Pour cette raison, j’ai réalisé des études en « Architecture et Urbanisme » au Brésil, où j’ai également travaillé dans des cabinets d’architecture.

Quel était votre parcours avant d’intégrer le Master Cycle d’urbanisme ? 

"En Amérique Latine, le cours d’urbanisme est intégré au sein du cours d’architecture. Ce fut une bonne expérience d’étudier ces deux domaines dans une grande métropole comme Sao Paulo mais j’ai compris que l’architecture n’était pas suffisante à elle seule pour changer la vie des gens à une échelle plus large et j’en étais frustrée. Pour avoir une réelle transformation du territoire (en tant que résultat d’un processus collectif, participatif et plus égalitaire), le renforcement des politiques urbaines est nécessaire, ainsi que l’attention aux aspects des sciences sociales. Aujourd’hui, la planification urbaine est sans doute une partie essentielle de la sphère publique.

Pour atteindre mon objectif, je suis venue étudier la Géographie et l’Aménagement Territorial en France. Cette expérience m’a donnée l’opportunité de découvrir les enjeux urbains sous une autre perspective. En m’éloignant de l’architecture, j’ai pu me rapprocher de différents sujets tels que les questions environnementales, un domaine qui me plaisait tellement que j’ai fini par travailler avec le secrétariat de l’ONU pendant la COP21 à Paris. Ce fut ma deuxième expérience avec cette organisation. En effet, pendant l’été 2015, j’ai participé au « 53th Graduate Student Programme » à Genève. Cette ouverture à une perspective plus holistique et généraliste m’a amenée dans différents pays, pour faire des stages et « workshops », comme en Hongrie, au Chili et même en Chine (où j’ai vécu pendant huit mois dans une « petite ville » de 10 millions d’habitants)."

Qu’avez-vous pensé de votre formation au sein de Sciences Po ? 

"Au vue de la diversité de mon parcours, rejoindre le Cycle d’urbanisme me semblait être la suite logique. C’était sûrement la meilleure façon de synthétiser tout ce que j’avais vécu, de réunir toutes mes connaissances, d’acquérir des outils professionnels et de maîtriser la mise en place des politiques publiques et leur évaluation. Je crois que ce programme comporte plusieurs aspects positifs en comparaison avec d’autres masters : il existe un équilibre entre les cours théoriques et pratiques, l’accent est mis sur un projet professionnalisant et une importance particulière est accordée à l’échelle de la ville et au-delà.

Si d’un côté le master Governing the Large Metropolis est plus tourné vers les villes-mondes (dans une perspective globale), alors que le master Stratégie territoriales et urbaines a une vision plus locale et francophone, le Cycle d’urbanisme, lui, possède davantage une échelle de travail intermédiaire et des objectifs très ciblés : la production, la transformation et la gestion de la ville à travers des compétences transversales associées à des expertises. C’est justement dans ce croisement pluridisciplinaire que réside la force de cette formation : nous sommes 40 personnes dans chaque promotion avec des trajets très différents (des architectes, des ingénieurs, des géomaticiens, des « sciences-pistes », des historiens, des géographes, des juristes, des aménageurs…). Nous avons des visions très différentes, parfois complémentaires, et d’autres fois plus divergentes. Nous avons également des attentes professionnelles très diverses. À mon avis, c’est justement ça la richesse du Cycle.

En contrepartie, il s’agit d’une formation assez chargée. Étant donné le vaste panel de thèmes et sujets à être abordés sur une seule année de cours (le troisième et dernier semestre est consacré au stage, au Grand Oral et à la soutenance d’un article), nous n’avons jamais manqué de travail et les journées étaient longues (parfois de 9h jusqu’à 21h !). La barrière linguistique était une autre difficulté à laquelle j’ai dû faire face, car je ne suis pas francophone et tous les cours sont enseignés en français. Les « nouveaux » cours pour moi, comme le « Droit et contentieux de l’urbanisme » ont posé un autre défi car je n’avais pas de connaissances préalables sur le sujet. J’ai heureusement pu réussir et m’affranchir des barrières grâce à l’aide de mes camarades, des enseignants et surtout de l’équipe pédagogique du master (notamment Marco Cremaschi, Irène Mboumoua et Jérôme Michel)."

Quel a été votre parcours depuis votre diplomation ?

"Dans le cadre du stage pour la validation de master, je crois avoir pris une route plutôt atypique, en comparaison de mes camarades. Alors que la plupart d’entre eux sont restés en Europe ou en France, je suis partie à Nairobi, au Kenya. Pendant six mois, j’ai travaillé au siège de l’ONU Habitat, au sein du Département de Logement et d’Amélioration des Bidonvilles. Mon poste était au siège et j’ai pu travailler avec plusieurs villes de différents pays. Mes tâches étaient associées au développement du cadre méthodologique, de la mise en place et de l’évaluation du Programme Participatif d’Amélioration des Bidonvilles. J’ai donc eu l’opportunité de travailler non seulement à l’échelle locale du projet (en faisant du terrain à Nairobi et à Mtwapa au Kenya), mais également à l’échelle de la gestion du programme (lequel comptait 40 pays et plusieurs villes).

Parmi leurs objectifs, l’un était de créer un réseau de collaboration entre les différentes autorités locales des pays membres pour promouvoir le développement urbain intégré et participatif. Cela préfigurait déjà un objectif très proche du programme URBACT où je travaille actuellement au sein du Département de Communication et Capitalisation. Cette organisation aide les villes à renforcer leurs capacités à concevoir et à mettre en œuvre des politiques urbaines intégrées, par la création de réseaux entre différentes autorités locales en Europe. Avec divers objectifs tournés vers la cohésion politique territoriale, leur Secrétariat soutien trois types d’interventions : le renforcement des capacités locales, les échanges transnationaux et la capitalisation et dissémination."

Que vous a apporté le Cycle d’urbanisme ? 

"Je suis très reconnaissante de faire partie de l’histoire du Cycle d’urbanisme. Avoir un diplôme de Sciences Po, c’est une carte de visite précieuse sur le marché de travail. Mais en toute franchise, la chose que j’apprécie le plus, c’est que le Cyle m’a aidé à mieux me comprendre. J’ai appris à repérer mes atouts, mes intérêts et à reconnaître mes faiblesses. J’ai réussi à affiner mon projet et en retour le Cycle m’a offert une infinitude d’opportunités.

Par exemple, j’ai connu le programme européen de coopération territoriale URBACT grâce au voyage d’étude que notre promotion a fait à Thessalonique, en Grèce. Nous avions eu la chance de participer à une réunion transnationale du réseau « Arrival Cities » (un réseau consacré au développement des villes pour l’accueil des migrants, lequel compte des villes de huit pays). Nous avions rencontré des bénéficiaires et des acteurs locaux, ainsi que des acteurs engagés d’autres pays. J’étais fascinée et ce fut à ce moment-là que j’ai su que j’aimerais y travailler un jour ! Aujourd’hui, je peux dire avec certitude qu’il existe un grand capital social à Sciences Po et que le Cycle d’urbanisme m’a appris à travailler sur quelque chose qui me passionne."

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