Interviews et entretiens

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New: Roberto Rodriguez presents the WHIG (What is governed in cities?)
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Roberto Rodriguez presents the WHIG (What is governed in cities?)

Roberto Rodriguez was recently a PhD candidate at the Center for European Studies and Comparative Politics (CEE). His project thesis was about the “interdependence between public policy areas in large metropolises: a comparative case study of Mexico City and Paris”.

Actually, he is a postdoc at the CEE and working on the links between housing and environmental policies.

Question 1: Can you introduce yourself ?

My name is Robert Rodriguez. I did my PhD at the Center for European Studies and Comparative Politics. Currently, I'm a postdoc at the same center working on the links between housing and environmental policies.

Question 2: Can you introduce WHIG?

The WHIG or what is governed is a group of researchers that discuss issues regarding urban governance, govern politics, govern policy, and issues related to urban studies in diverse cities, for example, Paris, Mexico City, Milan, São Paulo, and London.

However, we also discuss issues from other places. The main objective, as I see it, is to discuss precisely on which are our advancements on the issues to precisely go further in the register and get together to share our ideas, to share our research, and share our current projects on the issue.

Question 3: Can you present your involvement in the project ?

My participation in the project has been since 2018 and basically it's in the seminars that get together once a year.
I discuss my current research there regarding my PhD studies which was comparing Mexico City and Paris in air quality and climate change policies.

In that sense, my contribution is to share my work and to give some ideas regarding the words and the papers presented in the seminar as the results of their common understanding of the WHIG.

Interview  Myriam Sefraoui, scientific mediation, (CEE)

Climat : les cop sont bien utiles !

Rencontre une délégation plurielle de Sciences Po qui a participé à la COP26 : Arnault Barichella, doctorant au CEE, d'Ellen Ledger, étudiante en master à PSIA et de Carola Kloeck, chercheuse au CERI, spécialiste des politiques d'adaptation au réchauffement climatique

Depuis la COP21, organisée à Paris en 2015, dont les avancées ont été unanimement - ou presque ! - saluées, les éditions qui ont suivi ont engendré force déception et critiques. Mais les COP ne se résument pas aux engagements, rarement respectés, qu'y prennent des États. C'est ce dont témoigne une délégation plurielle de Sciences Po qui a participé à la COP26. Rencontre avec Arnault Barichella, doctorant au Centre d'études européennes, d'Ellen Ledger, étudiante en master à l'École des affaires internationales (PSIA) et de Carola Kloeck, chercheuse au Centre de recherches internationales (CERI), spécialiste des politiques d'adaptation au réchauffement climatique.

Quels sont les objectifs des COP ?

Carola Kloeck : Les Conférences des Parties (COP) sont issues de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) adoptée en 1994. En la signant, les États s'engagaient alors à agir afin que les concentrations de gaz à effet de serre causées par les activités humaines ne dépassent pas un niveau mettant l'humanité en danger. C'était une avancée majeure, d'autant plus qu'à l'époque, on en savait beaucoup moins qu'aujourd'hui, même si les scientifiques avaient des éléments alarmants. Aujourd'hui, ce niveau étant dépassé, les COP doivent donner plus d'importance aux politiques d'adaptation et répondre aux pertes et dommages déjà causés.

En quoi la COP 26 de Glasgow en 2021 a-t-elle été différente des précédentes ?

Carola Kloeck : Elle était très attendue, puisqu'elle n'avait pas pu se tenir en 2020. Elle a attiré 23.000 participant.e.s. mais il aurait dû y en avoir davantage ! En effet, du fait des restrictions de déplacements dûes à la COVID, certain.e.s  délégué.es., notamment en provenance des petites îles du Pacifique n'ont pas pu venir. Deux sujets particulièrement clivants étaient au centre des discussions : ce que l’on appelle le Paris Rulebook et les financements climatiques. Sur ces deux éléments, la COP 26 a permis d'aboutir à de vrais compromis. L'élaboration du Paris Rulebook a été finalisée avec des règles sur le fonctionnement des marchés du carbone et sur le reporting des actions menées au niveau national. Pour ce qui est du financement, les parties avaient promis d'aider les pays en voie de développement à réduire leurs émissions et à s'y adapter, mais les financements mobilisés jusqu’ici ne suffisent pas et sont majoritairement destinés à l’atténuation, alors que l'adaptation est devenue un enjeu plus que majeur, surtout pour les petites îles, justement. Les décisions de Glasgow promettent un doublement des efforts financiers pour l'adaptation. D’autres accords et promesses y ont été annoncés : plus de cent pays se sont engagés à stopper leur déforestation d’ici 2030, et certains à réduire de 30% leurs émissions de méthane.

Comment Sciences Po a-t-il obtenu la possibilité d'y participer ?

En dehors des négociateurs et négociatrices des Parties, les COP mobilisent nombre d'ONG, de médias et d'universitaires qui, après avoir candidaté, peuvent être reconnus en tant que délégations. C'est ce que nous avons fait et obtenu cette année : Sciences Po a été reconnue comme "organisation observatrice" des COP ! Pour les chercheurs et les étudiants, c'est un lieu idéal pour alimenter leurs recherches et tester leurs hypothèses. Pour les chercheurs, c'est aussi une formidable opportunité pour partager leurs résultats.

Qu’avez-vous appris en participant à la COP 26 ?

Carola Kloeck : C'est fascinant d’observer de près ces négociations. Cela permet de saisir quelles sont les difficultés rencontrées par les quelque 200 pays participants pour se mettre d'accord, alors qu'ils ont des positions et des priorités extrêmement diverses. En temps normal, les observateurs - dont des chercheurs - peuvent assister aux négociations, mais cette année, du fait de la pandémie, l’accès aux salles où elles se déroulaient était limité. Mais n'assister qu'aux tables rondes - et à tous les à-côtés ! - permet beaucoup de choses : interagir avec des délégué.e.s, échanger avec des négociateurs et des chercheurs. Ensuite on garde le contact. Cette expérience nourrit mes travaux et mes enseignements,  tel que mon cours sur la politique environnementale internationale.

Ellen Ledger : Dans le cadre de mon Master in International Development à PSIA, je rédige un mémoire sur les politiques australiennes de développement et de finance climatique à destination des petits États insulaires en voie de développement dans le Pacifique. Pouvoir participer à la COP, grâce à l'invitation de Carola Kloeck, qui dirige mon mémoire, était une occasion en or pour conduire des recherches de terrain ! En particulier, mes recherches sur la finance climatique publique ont suscité mon intérêt pour les liens entre le cadre politique de la COP et le système international de financement du développement – ces deux systèmes qui ont beaucoup de parallèles mais aussi de désalignements, comme la promesse non tenue des pays développés de fournir 100 milliards de dollars par an de financement climatique aux pays en développement (ENG). J’y suis donc allée avec intérêt, mais aussi scepticisme.

Pour le côté négatif, j’y ai trouvé ce à quoi je pouvais m'attendre en termes d’inégalités et de greenwashing. Par exemple, le pavillon australien a mis en avant une entreprise gazière (ENG) ; alors que plusieurs Îles du Pacifique n’ont même pas eu la chance d’envoyer des représentants (ENG) venant directement de leurs pays (certains étaient représentés par le personnel de leurs ambassades). J’ai aussi été témoin de l’échec des États à établir un fond pour les "pertes et dommages" (ENG), demandé par de nombreux pays en développement. Il faut le dire, la notion de justice compensatoire est loin d'être légitimée au sein du "régime" climatique international, malgré de fortes pressions tant internes qu'externes pour qu'elle le devienne.

Côté positif : j’y ai rencontré énormément de personnalités passionnées par l’environnement et découvert une foule de nouvelles idées de développement en contexte de changement climatique dangereux. J’ai pu échanger avec des professionnels travaillant sur le changement climatique dans les Îles du Pacifique sur les programmes d’adaptation, le financement et le plaidoyer climatiques. Ces rencontres ont été très enrichissantes, elles m’ont aidée à comprendre comment les discussions à la COP se traduisent en programmes sur le terrain. Par exemple, l'accent a été mis sur le manque de données climatiques dans les Îles du Pacifique, où ces lacunes peuvent empêcher une adaptation réussie. De nombreux échanges portaient aussi sur l’amélioration de l’accès au financement climatique pour les États. Par exemple, les fonds multilatéraux comme le Green Climate Fund (ENG) pourraient contribuer à la démocratisation de la distribution de financements.

Arnault Barichella : J'écris une thèse sur le rôle des entités infra-étatiques dans la lutte contre le réchauffement climatique et tout particulièrement celui des villes. Depuis la COP21, le rôle de ces acteurs dans la CCNUCC (ENG) est de plus en plus reconnu. Ont notamment été créés des organismes tels le Global Climate Action Center (ENG), la plateforme centrale des Nations Unies pour les acteurs non étatiques, et le US Climate Action Center (pour les acteurs non étatiques américains) qui avaient des pavillons, que j'ai pu visiter.

Une partie de ma recherche doctorale se concentre sur l'étude de leurs contributions et s'appuie essentiellement sur une approche qualitative. Pouvoir accéder à la COP26 m'a permis d'assister à de nombreuses réunions et conférences et d'interviewer des responsables en charge de ces politiques, qui sont venus enrichir la soixantaine d'entretiens réalisés au cours des dernières années. J'ai notamment pu approcher des diplomates, des représentants de différentes villes et régions du monde, ainsi que des membres de la société civile et du secteur privé.

Les événements de la COP26 ont corroboré les conclusions développées dans ma thèse, en ce qui concerne la manière dont les villes et les entités infra-étatiques peuvent fournir un soutien essentiel aux gouvernements pour la mise en œuvre des "contributions déterminées au niveau national" (CDN). Un chapitre important de ma thèse examine l'adéquation de ces différents cadres, où je souligne plusieurs faiblesses par rapport aux mécanismes existant pour associer les acteurs infra-étatiques au processus de la CCNUCC. Pour y remédier, la COP 26 a entrepris de renforcer le Partenariat de Marrakech pour l'action climatique mondiale.

En savoir plus :

L'initiative de Sciences Po pour le climat : Climate Action Make it Work

Entretien : Equipe de rédaction de la Direction de la communication

Florence Ecormier-Nocca nous présente son parcours.

Depuis septembre 2021, elle est chercheuse post doctorante impliquée dans le projet ERC «DEPART: The de-party-politicization of Europe's political elites», coordonné par Laurenz Ennser-Jedenastik, au sein du Département du Gouvernement à l'Université de Vienne en Autriche.

Ses intérêts de recherche se situent au carrefour de la sociologie des partis politiques, des études législatives et de la communication politique dans une perspective comparée.

Retranscription du podcast

Question 1: Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

J’ai soutenu ma thèse de science politique le 16 septembre 2021. Cette thèse a été financée pendant ses trois premières années par un contrat doctoral « double culture » de l’Université Sorbonne Paris Cité. C’est un financement qui est attribué aux thèses qui se trouvent au carrefour de plusieurs disciplines, pour moi la science politique et l’informatique, et qui m’a permis de travailler sous la co-direction d’un politiste, Nicolas Sauger, anciennement au CEE et aujourd’hui directeur du Centre de Données Socio-Politiques de Sciences Po, et d’un chercheur en informatique, Mohamed Nadif, de l’Université de Paris.

Ma thèse se situe au croisement de l’étude des partis politiques, des études législatives, et de la communication politique. Elle porte sur les questions de diversité idéologique au sein des partis politiques dans une perspective comparée, dans les démocraties parlementaires européennes, et plus particulièrement en Espagne et en France. Je pars à contre-courant de l’idée répandue selon laquelle les partis devraient et seraient des entités unifiées où les divisions internes ne seraient que des accidents de parcours. Je montre au contraire que ces divisions peuvent être le résultat de stratégies négociées entre les différents niveaux du parti, par exemple entre la branche locale et l’organisation nationale, où entre les élus et leur parti. Ma thèse explique pourquoi et dans quelles circonstances ces stratégies sont mises en place. En partant de l’observation empirique de comment les députés d’un même parti se positionnent idéologiquement par rapport à leur parti aux niveaux national, régional et local, je montre que les députés expriment des positions stratégiques pour garantir leur réélection. Le contexte, et notamment le système électoral, les résultats électoraux des différents niveaux de leur parti, et leurs caractéristiques personnelles expliquent la capacité des députés à être autonomes vis-à-vis de leur parti dans son ensemble, ou au contraire, contraignent les députés à se rapprocher de leur parti à un niveau d’organisation précis. Ma thèse permet notamment d’expliquer comment et dans quelles circonstances les partis et les élus s’adaptent au territoire et à leurs électeurs et électrices.

C’est une expérience de recherche qui a duré cinq années, durant lesquelles j’ai travaillé sur des projets de recherche annexes. J’ai par exemple participé à l’élaboration d’une enquête électorale menée au CEE par Florent Gougou et Nicolas Sauger sur les élections présidentielles françaises de 2017. J’ai par ailleurs été chercheuse invitée à la Casa de Velazquez à Madrid en 2018. Durant ma thèse, j’ai aussi beaucoup enseigné, d’abord en tant que doctorante contractuelle à Sciences Po, où j’ai enseigné la science politique et les méthodes quantitatives au Collège Universitaire, à la PSIA et dans l'École d’Affaires Publiques. En 2020-2021, durant la dernière année de mon doctorat, j’ai aussi été recrutée comme attachée temporaire d’enseignement et de recherche à Sciences Po Bordeaux.

Question 2: Qu’envisagez-vous de faire à présent?

Durant mon doctorat, j’ai beaucoup apprécié à la fois mes activités de recherche et d’enseignement, et c’est pourquoi je souhaite poursuivre une carrière dans le milieu académique. J’ai commencé en septembre 2021 un post-doc à l’Université de Vienne en Autriche, où je vais travailler dans les 3 prochaines années dans un projet ERC (donc financé par le Conseil Européen de la Recherche) portant sur l’étude des trajectoires personnelles, professionnelles et politiques des ministres dans la majorité des démocraties européennes depuis 1945, et leur impact sur la démocratie représentative. En parallèle, je voudrais dans un premier temps publier les résultats de ma thèse, et poursuivre mes recherches sur le fonctionnement interne des partis politiques.

Question 3:  Pourquoi avoir choisi Sciences Po et plus précisément le CEE en tant  que  laboratoire ?

C’est un choix qui s’est fait assez naturellement parce qu’il s’inscrivait dans la logique de mon parcours. Avant d’être doctorante au CEE, j'ai effectué mon Master en science politique au sein de l’École Doctorale de Science Po. J’y ai rencontré mon futur directeur de mémoire, puis de thèse, Nicolas Sauger, qui y enseignait un cours sur les partis politiques. J’ai beaucoup apprécié mes deux années dans ce Master, et c’est donc pour cela que j’ai eu envie de continuer au sein de l’École Doctorale et du CEE pour le doctorat. C’est en plus un laboratoire où j’ai eu l’occasion de côtoyer d’excellents chercheurs et chercheuses, aussi bien français qu’internationaux, qui ont présenté leurs travaux en cours lors de séminaires, ou simplement lors de discussions plus informelles. Cela a été pour moi l’occasion de voir la recherche en train de se faire, de découvrir la cuisine, et pas seulement le produit fini que l’on peut lire dans les revues académiques. C’est selon moi un apprentissage indispensable, qui m’a permis d’améliorer mes propres pratiques de recherche.

Question 4: Comment s’est déroulée globalement votre thèse et plus particulièrement la fin de votre parcours de doctorante en période COVID ?

Ma thèse a duré 5 ans, ce qui est à la fois très court et très long. Ça été un moment très riche et très intense, qui a alterné des périodes de collecte de données, sur mon ordinateur ou sur le terrain, des périodes de confrontation et de présentation de mes résultats, au CEE ou dans des conférences en France et à l’étranger, et des périodes plus solitaires de réflexion, de lecture et de rédaction. En plus de cette recherche individuelle, j’ai aussi, comme je l’ai déjà mentionné, eu l’occasion de travailler dans des projets collectifs, mais aussi d’enseigner. C’est l’ensemble de toutes ces expériences qui font d’une thèse un moment si riche et si particulier.

Par rapport au COVID, j’ai eu de la chance dans le sens où cette période a coïncidé avec la période de rédaction de ma thèse, durant laquelle je n’avais pas besoin d’être sur le terrain, et où il fallait de toute façon se « confiner » pour se concentrer et écrire. J’ai par contre beaucoup de compassion pour mes collègues qui étaient dans les phases de début, où l’on a beaucoup plus besoin d’aller à la rencontre des autres, que ce soit pour collecter des données ou discuter de son travail.

Je dirais pour conclure que bien sûr il y a eu des moments difficiles ces cinq dernières années, des périodes d’incertitudes et de doutes, qui je pense sont des périodes nécessaires pour remettre en question son travail et le faire progresser. Mais c’était surtout une très belle aventure dont je garderai de vifs souvenirs.

Entretien: Myriam Sefraoui, Chargée de médiation scientifique (CEE)

Marcela Alonso Ferreira is a PhD candidate in political science at the Center for European Studies and Comparative Politics (CEE)

Her research interests are urban governance and the politics of public policies in the city and more particularly in large metropolises.

She presents her participation to the WHIG.

Transcript of the video

Question 1: Can you introduce yourself ?

Good Afternoon, my name Marcela Alonso Ferreira. I'm a second year PhD student in political science at the Center for European Studies and Comparative Politics.

My research interests are urban governance and the politics of public policies in the city and more particularly in large metropolises. My research focuses on informal housing and the policies addressing it.

Question 2 : Can you introduce WHIG?

WHIG stands for what is governed and not governed, and cities. This is a collective research project interested in governance issues in large metropolises around the world, notably Paris, London, São Paulo, Mexico City, but also Amsterdam and Milan.

This is a partnership between colleagues from both Universities in London, São Paulo, Amsterdam, Mexico, Milan and Paris.

This group gathers a very interdisciplinary team of junior and senior researchers from multiple disciplines like political science, sociology, and urban planning, and we are all very much interested in developing comparative work across these seeds that I mentioned.

So, within this larger project and social network there are specific projects under development. For example, there is one focusing on investments in the real estate market and the governance of housing production.

This project is looking at three European cities like Amsterdam, London and Paris and there are also other collaborations interested for example in the networks of local policy elites and some follow Paris, Milan, just to give you two examples of what we've been doing as a group.

Question 3: Can you present your involvement in the project ?

My participation in this project is through my PHD thesis project which is concerned with the governance of informal settlements and particularly on the public action to formalize and consolidate informal housing.

So, I focus on the cases of Sao Paulo and Mexico City, which are the largest metropolises in Latin America, and we're formalisation by the state has been put in place for a relatively long period for three to five decades.Uhm, and therefore my contribution to this project is by providing analysis of criminalization policies in these two cities through historical comparative approach. But, I must say that I don't really see informal settlements as a distinct, distinctive issue of countries of low and middle income.

So, I draw a lot from the historical literature on loans and unauthorized land divisions in Paris and London to discuss these two Latin American cases.

Question 4: What are the results of your common reflection through WHIG?

Our discussions within the week project generates maybe three main outputs.

First and foremost we overcome the divide in the urban studies literature that typically understand cities from the global North and South as fundamentally different entities, and they assume that it's not possible to carry on comparative work.

Also, these leads to a second point, which is that this project is has developed and continues to develop analytical tools to pursue this rigorous comparative research of apparently very different cities, but that can still be compared.They're still similar phenomenon that are interesting to discuss, and while still accounting for the historical trajectories of particularities of each context.

The third output that I would say that this project needs to be is by adopting these analytical tools and pushing forth this research agenda, this College in this network contributes to fundamentally proposed new empirical and theoretical contributions to the political science, to urban sociology and to urban studies literature in general.  

Interview  Myriam Sefraoui, scientific mediation, (CEE)

Arnault Barichella is finishing his Phd in political science at the Centre for European Studies and Comparatives Politics.

He focuses on the role of cities (specifically Paris, Boston and New-York city) in sub-national actors in the global climate regime. He presents his participation to the COP26.

Transcript of the video

Question 1: Introduce yourself and your interest in climate change negotiations.

My name is Arnault Barichella. I am finishing my PhD in political science at Sciences Po.

I'm in my fifth year at the Center for European Studies and Comparatives Politics.

My topic focuses on the role of cities in sub-national actors in the global climate regime.

I focus more specifically on three cities, Paris, Boston and New York City,  and multi level interactions with the higher echelons of governance.

Question 2: Why access to COP26 as part of the ScPo delegation was useful to your PHD work  and what did you do on location ?

Access to the COP26 was  extremely useful for my doctoral research because I was able to attend a number of different conferences and seminars, workshops and events on the role of cities and sub-national actors more generally in the global climate regime.

More specifically, I was able to attend these types of events.

At three or four different types of pavilions, the main one was the multi level action pavilion. That focus is really specifically on this topic. Also the global Climate Action Center, which is the hub at the cup for non-state actor contributions more generally.

Also, I Interestingly, there is a parallel American delegation known as US climate action, a center that is made up of non state actors. It was created under the Trump presidency to show that almost half the country who remained committed to the Paris Agreement and it's still are continuing even under President Biden in order to show that the renewed American pledge to the Paris Agreement enjoys broad based support across American Society.

Question 3: Provide some input about how the growing role of cities played out during that COP and the extent to which it confirms your main argument.

Before going to the COP 26,  I had done a lot of research and interviews on what are the potential contributions of cities and of sub-national actors in the global climate regime and the interviews I was able to conduct at the COP 26 in many ways corroborate these findings.

The cities can provide the climate actions that are additional to those of national governments, and in that respect that they can help to close. But it's called the global emissions gap, which stems from.Inadequate pulses at the national level and in cases where the policies of citizen and sub national actors overlap with those of national governments, they can help us so governments implement their national pledges more rapidly as well as one stolen.

So those are points which were seminars, interviews I was able to conduct and really corroborated my funds.

Then, there was a second aspect which I would like to emphasize is that my doctoral research pointed to two main weaknesses in the platforms which have been established to associated cities and sub-national actors.

So first thing there is a problem in terms of the inconsistency of metrics and measurement criteria for subnational actors and how they report their pledges, and there was also an issue with the fact that existing UN platforms do not track implementation over time.

These were two issues that were addressed in Cop 26 and a new framework was established in Glasgow known as improved Marrakech Partnerships for global action which specifically seeks to address these two weaknesses.

Interview  Myriam Sefraoui, scientific mediation, (CEE)

Eduardo Marques is a Full professor at the Department of Political Science and Director of the Center for Metropolitan Studies at the University of São Paulo

Eduardo Marques

His research interest covers public policy, sociology, urban politics, urban inequality and social networks.

Eduardo Marques presents the WHIG (What is governed in cities) and his contribution to this research network in December 2021 in Paris (Sciences Po). 

Can you present yourself?

My name is Eduardo Marques. I am a professor of political science at the University of São Paulo (USP) and the Director of the Center for Metropolitan Studies (USP).

Can you introduce WHIG?

WHIG is a research network, of which we are part since the very beginning, my center and myself, together with Patrick Le Galès from Sciences Po, a British team composed of several researchers located mainly at the University College London, professors from El Colegio de México and from the University of Milan Bicocca.

The idea is to analyze and compare the governance of policies and the governments of large metropolises.

Can you present your involvement in the project?

I'm the leading researcher on the Sao Paulo case. We are comparing five cities, mainly São Paulo, Mexico City, Paris, London and Milan, as well as other cities in specific themes. IN São Paulo we departed from monographic studies about cities and policy sectors themselves, to later compare the governance patterns which are behind cities and sectors.

So, in the case of São Paulo we have already published two books in Portuguese in English about the city and about these governance patterns, and comparative work with the other teams.

What are the results of your common reflection through WHIG?

We have been finding superposed governance patterns considering different policy sectors and at the same time involving actors which are from the public sector, from the private sector, and from civil society linked through both formal and informal ties and relationships within institutions. These patterns vary, but in the São Paulo case have been producing a kind of incremental progressivism, a conflictive but continuous process of building state capacities and producing more policies and broader policies through the last 35 years.

Interview  Myriam Sefraoui, scientific mediation, (CEE)

Ancienne doctorante au CEE, Sofia Wickberg est actuellement Assistant Professor en politiques publiques et gouvernance à l'Université d'Amsterdam

Elle présente son parcours et livre son expérience en tant que jeune chercheuse.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

J’ai effectué mes études de licence et de master à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence. La recherche universitaire m’attirait déjà beaucoup mais j’avais envie de voir autre chose avant de me lancer dans une thèse.

J’ai donc travaillé pendant quelques années au sein de la diplomatie française, de l’Office des NU contre la drogue et le crime, puis au sein de Transparency International, qui est la principale ONG travaillant dans le domaine de la lutte contre la corruption.

Ce sont ces expériences professionnelles qui m’ont menée vers mon sujet de recherche. J’ai en effet voulu comprendre les effets de ces acteurs transnationaux sur les choix des gouvernements en matière de prévention de la corruption.

J’ai choisi de partir de l’exemple de la régulation des conflits d’intérêts des parlementaires. Je trouve ce sujet intéressant parce ce que ces situations d’interférence entre les devoirs du député et un intérêt privé pouvant influencer l’exercice de son mandat sont au cœur du problème de la corruption politique en Europe mais génèrent beaucoup de confusion et d’incompréhension.

Ma thèse analyse les mécanismes et les configurations d’acteurs qui ont amené la France, la Suède et le Royaume-Uni à adopter des instruments de régulation similaires (plus précisément un registre de déclaration d’intérêts et un code de conduite) mais à les mettre en œuvre de manière différente.

Elle contribue à l’analyse des politiques publiques en apportant un éclairage sur l’importance de l’instrumentation, de la temporalité et de l’incertitude dans les processus de transfert internationaux. Les pays pionniers en matière de régulation des conflits d’intérêts (RU et USA) ont en effet chercher à exporter leurs instruments et ont inspiré d’autres pays comme la France et la Suède, mais également les organisations internationales et ONG qui en ont fait des « bonnes pratiques » en matière de lutte contre la corruption.

Les résultats de ma thèse soulignent ainsi la nécessité de considérer la dimension transnationale de la fabrique des politiques publiques. Il est impossible de comprendre l’adoption des instruments de régulation étudiés dans ma thèse sans prendre en compte ce qui se passe au-delà des frontières nationales.

Néanmoins, en m’appuyant sur la notion de traduction, je montre le rôle essentiel des acteurs nationaux qui réinterprètent et localisent les politiques importées, en les adaptant au contexte et aux institutions politiques.

Après avoir soutenu ma thèse en juillet 2020, j’ai enseigné sur le campus rémois de Sciences Po. Puis j’ai rejoint l’Université d’Amsterdam où je travaille depuis le mois de septembre. 

Pouvez-vous nous exposer vos travaux de recherche actuels ?

Dans un premier temps, je vais me concentrer sur plusieurs projets de publication en lien avec ma thèse pour en diffuser les résultats. Je souhaite enrichir le débat sur les politiques anti-corruption, en soulignant la dimension politique de leur élaboration. Je veux également poursuivre la réflexion sur le renouvellement des méthodes d’enquête en montrant l’intérêt de suivre des objets, comme des instruments de politique publique par exemple, pour comprendre les processus de circulation transnationale. D’autre part, je veux présenter les bénéfices et la nécessaire réflexivité de la chercheuse embarquée que j’étais durant ma thèse, ayant un pied dans le monde universitaire et un pied dans le monde qu’elle étudie.

Je prépare également un nouveau projet de recherche qui s’intéresse à la fabrique de la lutte contre la corruption au sein de l’Union européenne. J’aimerais comprendre la difficulté des institutions européennes à se saisir de ce sujet et la fragmentation de ce domaine d’action publique au niveau communautaire.

Une piste intéressante concerne la construction de la corruption comme problème européen (nécessitant une action supranationale) et les définitions concurrentes de ce problème au sein de l’espace européen.

Pour quelle(s) raison(s) avez-vous intégré spécifiquement le CEE ?

Lorsque j’ai décidé de faire une thèse, il a fallu que j’identifie un directeur ou une directrice. J’ai passé plusieurs semaines à contacter des chercheurs et des chercheuses dont j’admirais les travaux et dont les sujets semblaient proches des miens. C’est comme ça que j’ai rencontré Colin Hay, qui a encadré ma thèse au sein du CEE.

Le CEE était un choix de laboratoire presque évident, du fait des recherches de Pierre Lascoumes, Philippe Bezes et d’autres sur la criminalité en col blanc, qui m’ont énormément inspirée. En plus des nombreux thèmes qui y sont abordés, c’est un centre de recherche qui présente un véritable pluralisme et une ouverture sur différentes approches théoriques et méthodologiques. Cela m’a également donné très envie d’intégrer le CEE.

Entretien: Myriam Sefraoui, Chargée de médiation scientifique (CEE)

Natasha Wunsch nous livre son parcours et partage ses recherches actuelles.

Aujourd'hui Assistant Professor en science politique/intégration européenne à Sciences Po, rattachée au Centre d’études européennes et de politique comparée (CEE), elle est également chercheuse senior à l’ETH de Zurich et membre du Balkans in Europe Policy Advisory Group.

Par ailleurs, elle dirige le projet « Régression démocratique en Europe de l’Est: séquence, stratégies, citoyens », financé de 2019-2023 par le Fonds national suisse (FNS) auprès de l’ETH de Zurich.

Ses recherches se situent à l’intersection des études européennes et de la politique comparée.
Natasha Wunsch s’intéresse particulièrement à la manière dont l’intégration européenne influence la transformation politique dans les pays candidats à l’adhésion et, à l’inverse, à l’impact de la régression démocratique et des tendances illibérales au sein de certains Etats membres sur la coopération au niveau européen.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Je suis allemande et anglaise de naissance. J’ai fait ma scolarité en allemagne dans un lycée  franco-allemand
J'ai ensuite décidé d'intégrer Sciences Po dans le campus franco-allemand à Nancy. J’ai poursuivi avec un master franco-allemand entre Sciences Po et  l’Université de Berlin.

J’ai travaillé pendant deux ans pour un institut de recherche à Berlin en tant qu’experte sur l'élargissement de l’UE et l’accord occidentaux.

J'ai ensuite commencé ma thèse à Londres en travaillant sur le rôle des ONG dans les Balkans occidentaux dans le processus d'adhésion à l’UE.

J’ai intégré l’Ecole Polytechnique de Zurich en tant que postdoc avec une réorientation de ma recherche sur les régressions démocratiques que j'ai observé lors de mon terrain pour ma thèse, ce qui m’a amené à mon poste que j’occupe actuellement à Science po qui s'intéresse à la fois à l'intégration européenne et aussi à la crise de la démocratie et comment celle-ci affecte son processus.

Sur quoi porte vos recherches actuelles? 

Ma recherche porte sur la régression démocratique qu’on observe notamment en Europe de l’Est, qui s’est accentuée ces dernières années avec des tendances illibérales notamment en Hongrie et en Pologne.

Ma recherche s'intéresse véritablement aux dynamiques nationales, aux questions de conciliation dans des attitudes démocratiques au sein de ces pays et ce qui conduit les citoyens à élire.

L’autre volet s'intéresse à comment la régression démocratique dans plusieurs Etats de l’Union européenne peut avoir une incidence au niveau européen. Ces deux volets se rejoignent finalement un peu progressivement.

Pourquoi avoir intégré Sciences Po et plus particulièrement le CEE ?

J'avais déjà étudié à Science Po, donc je connaissais bien l'institution, au sein de laquelle j’avais aussi enseigné.
J’avais vu le poste ouvert en intégration européenne , en étude de la démocratie.
J’ai eu ensuite l'opportunité d’être recruté par le Centre d'études européennes et de politique comparée qui est un centre très dynamique, très ouvert à la collaboration, très internationale.

Entretien: Myriam Sefraoui, Chargée de médiation scientifique (CEE)

Portrait de Jessica Pidoux, Postdoctorante au CEE, Titulaire du Projet Horizon 2020 COESO

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Dans le cadre du Projet Horizon 2020 COESO, Jessica Pidoux effectue un postdoctorat au Centre d’études européennes et de politique comparée (CEE).

Elle nous présente son parcours aux multiples facettes et livre son expérience en tant que jeune chercheuse.

Question 1: Pouvez-vous nous présenter votre parcours ainsi que vos travaux recherches actuelles?

J’ai un Master de l’Université de Lausanne en sociologie de la communication et de la culture.

J’ai ensuite réalisé un doctorat en humanité digitale à l’EPFL (l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) en Suisse, plus spécifiquement en sociologie et en sciences des données.

Ma thèse portait sur le processus de communication entre les utilisateurs, utilisatrices des applications de rencontres et avec des acteurs non humains, donc des algorithmes, des machines, des interfaces graphiques qui permettent de trouver des partenaires comme sur des applications comme Meetic, Tinder.

Dans cette thèse, j’ai pu analyser les algorithmes de mise en relation des applications de rencontre, ce qui a permis d’avoir des réflexions plus larges sur le système de recommandation des plateformes dominantes comme Twitter, Facebook ou autres.

J’ai aussi déconstruit les modèles économiques des applications de rencontres.

Aujourd'hui j’effectue un postdoctorat au Centre d’études européennes et de politique comparée (CEE), dans le cadre du projet Horizon 2020. Le projet COESO a pour vocation de développer une plateforme collaborative, participative, où les chercheurs, chercheuses, et citoyennes, citoyens peuvent travailler ensemble, construire et produire ensemble des connaissances.

Mon rôle consiste à mener des recherches sur les dynamiques de coopération

Dans la science participative (citizens science) on va établir des mesures de coopérations qui permettent aux acteurs de recevoir un retour direct en temps réel sur la plateforme pour améliorer les pratiques. 

En parallèle de ma carrière académique, je suis aussi active dans le milieu associatif.

Je suis directrice de l'association “PersonalData.IO” qui a pour vocation de rendre praticable les droits en matière de protection des données personnelles.

J'ai également formé un collectif, qui s’appelle “Dating Privacy”, on cherche à comprendre les problématiques sociales des utilisateurs, utilisatrices des applications de rencontres.

Dans le passé, j'ai eu une expérience dans le secteur privé.

J’ai travaillé en Suisse dans une entreprise de développement de logiciel. Au Venezuela, j’ai une expérience d'assistance technique et sociale pour des projets communautaires.

Question 2: Pourquoi avoir Sciences po et plus particulièrement le CEE comme laboratoire d’accueil?

Aujourd’hui, je réalise un postdoctorat au Centre d’études européennes et de politique comparée (CEE) de Sciences po, où il y a une localisation privilégiée grâce à laquelle on peut interagir avec d’autres institutions au sujet de nos recherches, tels que la Cnil (la Commission nationale de l'informatique et des libertés), l’Ined (l'Institut national d'études démographiques), et le Media Lab.

Il y a également des recherches très intéressantes aux niveau local, national mais aussi international.

De manière générale, il y a un esprit de sororité, j'ai été très bien accueilli par mes collègues.

Il y a aussi une ouverture, une diversité culturelle, qui ont tout autant contribué à ce bel accueil.

Entretien: Myriam Sefraoui, Chargée de médiation scientifique (CEE)

Portrait de Anja Durovic, ancienne doctorante du CEE, actuellement Postdoctorante au Centre Emile Durkheim à Sciences Po Bordeaux

Titulaire d'un doctorat en science politique réalisé au Centre d'études européennes et de politique comparée de Sciences Po, Anja Durovic est actuellement chercheuse Postdoctorante au Centre Emile Durkheim à Sciences Po Bordeaux.

Ses intérêts de recherche portent sur la politique comparée, genre et politique, les comportements et la représentation politique ainsi que sur l'opinion publique.

Question 1: Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Avant de devenir doctorante au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po, j’ai fait un Bachelor en science politique et droit public à l’Université de Mannheim, en Allemagne, puis un Master de recherche en sociologie politique comparée à l’Ecole de la Recherche de Sciences Po.

Dans ma thèse je me suis s’intéressée aux persistances des inégalités de genre en matière de participation politique, c’est-à-dire d’aller voter ou manifester, de s’engager dans un parti politique ou une campagne politique ou encore de signer une pétition.  Plus particulièrement, ma thèse soulève une question centrale et qui demeure énigmatique : pourquoi les femmes, toujours plus diplômées et aujourd’hui engagées, de manière massive, dans le marché du travail, continuent-elles à moins participer dans certaines activités politiques que les hommes ? 

Mes résultats montrent qu’en Europe de l’ouest l’égalité politique n’est pas un long fleuve tranquille où progressivement les femmes allaient rejoindre les modes et les niveaux de participation politique des hommes. La réduction de l’écart des niveaux de participation politique entre les femmes et les hommes, qu’on appelle le « gender gap de la participation politique », dépend de la période temporelle, du pays, du mode d’action et de la cohorte de naissance.

Les résultats de ma thèse révèlent que des générations de femmes plus récentes ont rattrapé ou même dépassé les hommes de leurs générations en ce qui concerne leurs niveaux de participation dans la signature des pétitions ou lors des élections nationales. 

Cependant, ma thèse souligne aussi qu’en ce qui concerne des modes d’action plus institutionnel, comme l’engagement dans les partis politiques ou les campagnes politiques, la réduction de l’écart des niveaux d’engagement entre les femmes et les hommes des générations plus récentes tient parfois plus à la baisse de la participation des hommes qu’à l’accroissement de la participation des femmes. Donc, le renouvellement générationnel a un impact sur l’évolution des inégalités de genre dans la participation politique mais pas forcément l’impact que l’on avait attendu.

Question 2: Que faites-vous aujourd’hui ?

En ce moment, je me concentre sur différents projets de publication en lien avec mon travail de thèse pour faire connaître et discuter les résultats de ma recherche. Je voudrais surtout continuer à renouveler le débat sur les inégalités de genre dans la participation politique qui sont beaucoup plus complexes et hétérogènes que ce que l’on a pu le penser jusqu’à maintenant.

En parallèle, j’ai également commencé un postdoctorat à Sciences Po Bordeaux au Centre Emile Durkheim.

Question 3: Pourquoi avoir choisi Sciences Po et plus précisément ce laboratoire ?

Bien que j’aie commencé très tôt à m’intéresser au sujet des "inégalités de genre dans l’engagement politique" durant mes années de licence en Allemagne, c’est grâce au Master de recherche en sociologie politique comparée à Sciences Po que j’ai pu approfondir mes connaissances sur les comportements politiques, les études comparatives et de genre. Dans ce Master beaucoup de chercheurs et chercheuses du CEE y ont enseigné. Et donc, lorsque j’ai eu l’opportunité de faire ma formation doctorale à Sciences Po, c’était assez évident pour moi de poursuivre mes recherches au sein du CEE et travailler aux côtés et avec des chercheurs et chercheuses qui m’ont influencé et guidé durant mes années en Master.

Question 4: Comment s’est déroulée globalement votre thèse et plus particulièrement la fin de votre parcours de doctorante en période COVID ?

Mon travail de thèse est le fruit d’une co-direction de thèse très bénéfique, j’ai énormément profité du soutien intellectuel de mes directeurs de thèse, Nonna Mayer et Vincent Tiberj qui m’ont toujours incité à me confronter à des lectures et études aussi diverses que variées, mais ils m’ont aussi poussé à présenter très tôt les résultats de mes recherches en dehors de Sciences Po et notamment à des personnes qui - à priori - n'avaient rien à voir avec mon sujet de thèse. Au final, cela a été très bénéfique pour mon cadrage théorique mais aussi pour l’écriture de ma thèse.

Ceci dit, si ma thèse s’est aussi bien déroulée, c’est aussi grâce à mon séjour de recherche à l’Université d’Oxford dans le cadre du programme OxPo et grâce aux nombreuses collaborations scientifiques que j’ai eu pendant ma participation dans plusieurs projets de recherches français et internationaux en parallèle à mon travail de thèse. Personnellement, je pense que ces expériences d’échanges scientifiques, regroupant des personnes d’expertises différentes ont été des moments cruciaux pour le développement de mon travail de recherche et pour moi en tant que chercheuse.

Enfin, l’enseignement des cours de méthodologie quantitative et de science politique a également constitué une partie importante de mes activités depuis le début de ma thèse en 2015. Mais je dirais qu’enseigner en période de confinement et finir d’écrire en parallèle ma thèse en 2020 a été sans doute un des plus grands défis de mon parcours de thèse. 

Entretien: Myriam Sefraoui, Chargée de médiation scientifique (CEE)

Portrait de Blandine Mesnel, ancienne doctorante du CEE, actuellement ATER à l’Université Paris II Panthéon-Assas

 

Actuellement ATER à l’Université Paris II Panthéon-Assas, Blandine Mesnel, ancienne doctorante du CEE, présente son parcours et livre son expérience en tant que jeune enseignante-chercheuse.

Question 1  : Pouvez-vous nous présenter votre sujet de thèse ?

Ma thèse s’intéresse aux aides de la Politique agricole commune – la PAC – et la façon dont ces aides sont vécues et perçues par les agriculteurs et les agricultrices, en France et en Espagne. La comparaison entre la France et l’Espagne me permet de montrer que la partie administrative de la PAC – les formulaire, les  dossier de demande d’aides, les contrôles administratifs des bénéficiaires, la façon dont les administrations de terrain et les organisations agricoles accompagnent les agriculteurs dans leurs démarches – tous ces éléments sont déterminants pour comprendre comment les agriculteurs vivent et perçoivent la PAC dans les deux pays, et également par quels mécanismes cette politique publique transforme leur métier.

Mon sujet de thèse m’a passionnée à titre personnel car je suis moi-même fille d’agriculteur. C’est aussi un sujet important car la PAC joue un rôle central à la fois pour les agriculteurs, pour l’Union européenne, et pour la transition écologique en Europe.

On parle de plusieurs dizaines de milliers d’euros qui sont distribués chaque année à chaque exploitant agricole, et qui constituent souvent l’essentiel voire la totalité de leurs revenus.

La PAC est aussi une des politiques européennes les plus anciennes et les plus intégrées. Elle mobilise encore aujourd’hui près de 35% du budget européen.

Et, on débat beaucoup autour de la capacité de cette politique à réellement impulser la transition écologique de l’agriculture européenne en faisant changer les pratiques des agriculteurs.

Les résultats de ma thèse contribuent à éclairer ces différentes dimensions. Ils contribuent aussi de façon plus générale à la sociologie de l’action publique en soulignant la nécessité d’étudier  les démarches et les formalités administratives qui « donnent vie » aux politiques publiques pour comprendre comment l’action publique est vécue et perçue par les citoyens, et comment elle influence éventuellement leurs attitudes et comportements politiques.
Je montre aussi que les politiques environnementales et leur médiation administrative ont des conséquences qui ne se limitent pas à changer les comportements des individus et des groupes sociaux. En effet, le tournant environnemental  des aides de la PAC modifient aussi les perception des agriculteurs qu’ils ont d’eux-mêmes et de leur place dans la société, elles affectent leurs opinions envers les décideurs européens et nationaux, et leur désir de se mobiliser en politique.

Question 2 : Comment diriez-vous que votre thèse s’est déroulée globalement ?

C’est donc une recherche qui a duré cinq années, pendant lesquelles j’ai aussi enseigné la science politique dans plusieurs universités.

Cinq ans, ça peut paraître long et pourtant je dirais que ça s’est « bien passé » car j’ai pu trouver un équilibre entre plusieurs périodes de travail très différentes des périodes de lecture, de réflexion et de préparation des enquêtes de terrain ; des semaines voire des mois plus éloignés du milieu universitaire lors des enquêtes de terrain en France et en Espagne ; des moments plus sédentaires et solitaires d’écriture et de mise en forme des résultats ; et enfin des moments de confrontation et de discussion de mon travail avec d’autres chercheurs
C’est vraiment cette diversité des rencontres, des activités et des rythmes qui a rendu l’aventure passionnante pour moi, et qui a fait que c’est passé vite.

Question 3 : Pourquoi avoir choisi Sciences Po et plus particulièrement ce laboratoire ?

C’est surtout Sciences Po qui s’est imposé à moi car j’y ai effectué l’ensemble de mes études supérieures. C’était donc assez évident pour moi de poursuivre ma formation à la recherche aux côtés des chercheurs du CEE, que j’avais déjà côtoyés en tant qu’enseignants en Master.

Au CEE j’ai noué une relation de travail très riche avec mon directeur de thèse Philippe Bezes. J’ai aussi bénéficié de l’expérience de tous les chercheurs qui y pratiquent l’analyse comparée.

La comparaison internationale, et aussi la rigueur dans les enquêtes de terrain, ce sont vraiment pour moi deux marques de fabrique du CEE et j’ai appris énormément sur ces deux sujets, que ce soit dans les séminaires du labo ou auprès des doctorants plus âgés et des jeunes docteurs que j’ai eu la chance d’y côtoyer quotidiennement.

Question 4 : Que faites-vous actuellement et qu’envisagez-vous de faire ?

Depuis la soutenance de ma thèse, je me focalise essentiellement sur mes activités d’enseignement de la science politique. Je suis actuellement attachée temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université de Lorraine, et l’année prochaine j’occuperai les mêmes fonctions à l’Université Paris 2 – Panthéon Assas.

En parallèle, je travaille sur la valorisation des résultats de ma thèse - dans le milieu académique et également auprès des acteurs du secteur agricole.

Je veux prendre ce temps nécessaire pour faire connaître et discuter les résultats de ma recherche avec les acteurs intéressés, avant de me lancer dans de nouveaux projets autour des administrations et de la réception des politiques publiques, ce qui devrait arriver bien assez vite.

Entretien: Myriam Sefraoui, Chargée de médiation scientifique (CEE)

Portrait de Léa Morabito, ancienne doctorante du CEE, chargée de mission-analyste à la Fondation RFIEA

Actuellement chargée de mission-analyste à la Fondation RFIEA (Réseau français des instituts d'études avancées), Léa Morabito, ancienne doctorante du CEE, présente son parcours et livre son expérience en tant que jeune chercheuse.

Question 1: Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Au niveau de mon parcours académique, j’ai soutenu ma thèse au CEE de Sciences Po le 29 juin 2020.
L'objectif principal de ma thèse était de contribuer aux travaux sur la politisation des questions liées à la sexualité en France.

Pour ce faire, je me suis intéressée aux mobilisations à la fois en faveur et opposées à deux textes lois: le premier était le projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, le deuxième était la proposition de loi visant à renforcer la lutte conte le système prostitutionnel sur une période allant de 2012 à 2016.

Ce qui m’a intéressé à propos de ces mobilisations, c’est le fait qu’elles étaient liées à des conflits de fortes intensités entre mouvements opposés, et donc aux circulations complexes à la fois d’idées à la fois d’acteurs et d’idées entre ces camps opposés sur chacun de ces enjeux, mais aussi entre les deux enjeux, et entre le champ politique et l’espace des mouvements sociaux et les partis politiques.

En parallèle de cette thèse, j'ai beaucoup enseigné, ces activités ont eu une forte influence sur mon parcours.  J’ai donné de nombreux cours de méthodes statistiques notamment.

J’ai enseigné à Sciences Po dans le cadre des Master STU, PSIA et aussi au collège universitaire.  J’ai notamment donné de nombreux cours de méthodes statistiques.

J’ai été aussi tutrice de science politique pour le programme d’échange international Columbia à Paris.
J’ai ensuite eu l'opportunité d’être ATER pendant deux ans à l’Université de Rouen.

En parallèle de ma recherche personnelle et de mes activités d’enseignement j’ai aussi eu l'opportunité de travailler sur des projets de recherche collectifs à la fois en tant que chercheuse, en tant qu’enquêtrice, mais aussi en tant qu'assistante de recherche (avec un travail de coordination de projets de recherche).

J’ai notamment pu travailler avec Céline Braconnier, Nonna Mayer, puis avec Florence Haegel, Noya Mayer et Céline Braconnier.

Question 2: Que faites-vous aujourd’hui?

Aujourd'hui, je travaille pour la Fondation RFEA (Réseau français des instituts d’études avancées) depuis octobre 2020, relativement peu de temps après ma soutenance de thèse.

C'est une structure qui porte plusieurs missions qui ont en commun d’encourager, et de faciliter l'internationalisation de la recherche en sciences humaines et sociales.

Dans le cadre de ces missions, je travaille principalement sur un programme d’action qui vise à développer tout une action de veille, de production de récolte de données, de production d’analyse sur toutes ces questions d'internationalisation de la recherche en SHS.

En parallèle, je travaille aussi sur le projet FUNDIT. C’est une plateforme en ligne qui vise à regrouper les appels à projets, de financements de projets de recherche et de mobilité internationale en sciences humaines et sociales

Question 3: Pourquoi avoir choisi Sciences Po et plus précisément le CEE pour y effectuer votre thèse?

J'ai intégré Sciences Po en Master après avoir fait trois ans de classe préparatoire BL (Sciences Sociales, Mathématiques et littéraire). C’est dans ce cadre que j’ai vraiment découvert les sciences sociales, et ma passion pour cette discipline.

C’est pour ça que j’ai choisi d’intégrer Sciences Po dans le cadre du master recherche en science politique et de m’intéresser plus particulièrement à la science politique.

Un projet de recherche de mémoire sur les oppositions à la reconnaissance légale de l’homoparentalité en France.

J’ai travaillé sur une étude des opinions à travers des enquêtes quantitatives, et aussi sur un travail de cartographie du web où j’ai observé la structuration d’acteurs qui se sont ensuite mobilisés contre le mariage pour tous. J’ai pu in fine les étudier dans le cadre des mobilisations que j’ai suivi pour ma thèse.

Pourquoi le CEE? Il y a eu un processus de continuité entre mon master et ma thèse.

J’ai eu l'opportunité de rejoindre le CEE et travailler aux côtés et avec des chercheurs qui ont été mes enseignants en Master. Ils m’ont aussi donné envie de poursuivre cette recherche doctorale.

Entretien: Myriam Sefraoui, Chargée de médiation scientifique (CEE)

Portrait d'Arthur Borriello, Chargé de recherche et d'enseignement à l'Université Libre de Bruxelles et invité à Sciences Po, CEE (mai-juin 2021)

S'inscrivant plus largement dans le champ d’étude sur les partis politiques et leurs transformations, les travaux actuels d'Arthur Borriello portent sur les mouvements populistes contemporains et plus particulièrement sur Podemos (Espagne), le Mouvement 5 étoiles (Italie) et la France Insoumise (France).

Question 1: Pouvez-vous nous présenter votre parcours académique et professionnel?

J’ai fait mes études à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) en Science politique. J’y ai également réalisé ma thèse de doctorat, toujours en Science Politique au Centre d’étude de la vie politique (le CEVIPOL) sous financement du FNRS, le Fonds National de la Recherche Scientifique (un peu l'équivalent belge du CNRS en France).

Ma thèse portait sur l’étude comparée des discours de légitimation des plans d'austérité en Europe du Sud, en particulier en Italie et en Espagne, et des discours des chefs d’exécutif en fonction durant la crise de la zone euro entre 2010 et 2013 avec l’idée de montrer les mécanismes de dépolitisation à travers leurs discours, les contradictions qui étaient aussi générées par ces types de discours.

Tout cela m’a amené à étudier par la suite les réactions politiques qui sont nées de cette période d’austérité, de ce type de discours.

Mon parcours professionnel:  à la suite de cette thèse, je suis allé en échange pour une année en tant que chercheur visiteur postdoctoral à l’Université de Cambridge sous la supervision du Professeur Christopher Bickerton.

Je suis ensuite revenu à l'ULB où j'ai exercé en tant qu'enseignant pendant un an avant d’obtenir des contrats de recherche successifs en étant toujours basé à l’Université Libre de Bruxelles au CEVIPOL, mais en réalisant des séjours de recherche notamment au City College de New York auprès du Professeur Carlo Invernizzi Accetti.
J’ai aussi réalisé un séjour de quelques mois à l'Université Complutense de Madrid fin 2019, début 2020.

Actuellement, je suis toujours chargé de recherche, donc chercheur postdoctoral, financé par le FNRS au sein du CEVIPOL à l'Université Libre de Bruxelles, et en train de réaliser un séjour de recherche au CEE à Sciences Po Paris.

Question 2: Sur quoi portent vos recherches actuelles ?

Je me suis intéressé après les discours d’austérité aux types de mouvements politiques qui sont nés en réaction contre ces discours et contre la dépolitisation des enjeux sociaux économiques en Europe du Sud, Podemos en Espagne et le Mouvement 5 Étoiles en Italie.

Dans un premier temps, je me suis intéressé à leurs discours, à leurs modes de communication, à leurs façons de former, d'articuler les identités politiques en privilégiant l’approche laclauienne (du nom d’Ernesto Laclau, grand théoricien argentin du populisme, du populisme de gauche en particulier).

Donc durant mes premières années postdoctorales je me suis intéressé à leurs conditions d’émergence et à leurs caractéristiques pour le dire assez largement et brièvement.

Ce sont des mouvements très jeunes qui sont en constante évolution.

Je me suis intéressé précisément à cette évolution en ajoutant un cas d’étude, la France Insoumise, qui dans une large mesure est comparable à un phénomène comme celui de Podemos en particulier.

Donc je travaille sur ces trois mouvements maintenant, sur la France insoumise, Podemos et le Mouvement 5 étoiles en mêlant analyse de leurs discours publiques et entretiens réalisés avec les militants et les cadres de ces mouvements et en m'intéressant en particulier à leur évolution sur les plans idéologique, organisationnel et stratégique.

Tout ça se situe dans le champ des études sur le populisme, qui est aujourd’hui un champ en plein essor depuis quelques années, depuis cinq, six ans.

En même temps, puisque je travaille aussi sur les modes d'organisation des partis, je m’inscris plus largement dans le champ d’étude sur les partis politiques et leurs transformations, qui est là aussi un champ d’étude bien banalisé en science politique.

Question 3: Pourquoi avoir choisi Science Po et plus particulièrement le CEE ?

En allant réaliser des entretiens auprès des militants et des cadres de la France Insoumise, qui est l’un des mouvements que j’étudie, sur lequel je travaille, ma présence à Paris était véritablement requise bien qu'auparavant j’ai réalisé plusieurs entretiens en ligne, Covid oblige.

Le deuxième objectif était de rencontrer des personnes au sein du Centre d'Études Européennes et de Politique Comparée, de pouvoir bénéficier de leurs expertises soit sur le contenu (leur expertise sur un mouvement social, un mouvement politique particulier, un contexte politique spécifique) et aussi de leur expertise méthodologique en particulier les personnes qui maîtrisent les méthodes quantitatives au sein de ce centre de recherche.

L’idée était d'avoir un retour sur base de cela sur mes recherches en cours, et aussi sur mes projets de recherche futurs, d’explorer des liens de collaboration potentielle avec ces personnes.

Et de ce point de vu là, c’est mission accomplie, puisque j'ai eu l'occasion de rencontrer de nombreuses personnes à l'intérieur de ce centre de recherche. Je pense à Madame Florence Haegel, Nonna Mayer, Jan Rovny, Caterina Froio qui se sont tous et toutes montrés extrêmement disponibles et qui m’ont permis de me nourrir de ces approches méthodologiques et de ces expertises.

Entretien: Myriam Sefraoui, Chargée de médiation scientifique (CEE)

Elisa Bellè, Marie Curie Fellow

BelléThank you very much Elisa for accepting to hold this interview with us at the CEE. We are very happy to have you! I would have a couple of questions to ask you, but first, can you tell us about your background?

Yes of course, it’s a pleasure to meet you! I graduated in Sociology, with a special Double degree program: I spent the first two years at the University of Trento, and the following two years in Dresden, Germany, at the Technische Universität. That was a highly formative experience, because at a very early stage of my academic education I discovered a different way to approach sociology, learning to compare and combine perspectives.
Then I came back to Italy, after 2 years and a half spent abroad. And that was another decisive moment for my academic pathway, as I started to work on my Master’s thesis. I decided to focus on gender and political participation, starting to deal with gender and politics, a theme that is still part of my research agenda. I analysed the political careers of men and women in 4 Italian political parties (2 centre-left and 2 centre-right), using narrative interviews, combined with a perspective on the parties as gendered organizations.

After that, I worked for 2 years, but the interest in research and Sociology found its way back again. As a result, I decided to try the admission at the Doctoral school of Sociology and Social Research at the University of Trento. For three years I had the privilege to work with a very dynamic research unit, specialized in the study of organizations, gender, masculinities issues. For my PhD thesis I decided to continue using the gender&organization approach in an interdisciplinary manner, to study political participation. Plus, I decided to accept a second challenge, a methodological one: I wanted to discover the ethnographic method, putting it at the service of politics. I studied the internal life of an Italian political party named Lega Nord (Northern League), which at that time was a federalist/regionalist rightwing force, born at the beginning of the 80’s from the ashes of the old Italian party system. I conducted an ethnographic fieldwork in 2 local party branches: one in a small town of Veneto (North East of Italy) and the other in the large urban context of Lombardia (North West). First of all, my attempt was to re-focus on political parties as territorial organizations (and especially the Lega). Second, I wanted to analyze the party from an internal perspective, as the emergent result of the daily work of militants and local leaders. The basic concept was to be there ? as Clifford Geertz says ? and discover the socio-political world of the party using an immersive technique. Plus, I wanted to compare two extremely different territories: on the one hand, a small town far from the organizational centers of the party, and on the other a very big city, well connected to the internal national leadership of the party.
The final goal was to study the overlap between organizational and territorial aspects in producing different forms of participation and different communities of partisans, although in the same party.

Well, thank you very much! I’m a bit curious about the Marie Curie scholarship that you have been awarded. Can you tell us about it, the whole application procedure and how you finally made it?

Of course! The first idea of my Marie Curie project was developed in Paris, at the Centre for European Studies and Comparative Politics (CEE), when I was there as a visiting fellow in February 2018.
I have to say, discovering the intense life of the CEE was inspiring for me. I started to participate in the general seminars, the seminars on methods etc. In that period, I began to process some basic ideas: the goal was to go more in-depth in the study of the so-called “populist radical right” (PRR).

I had a couple of very preliminary intuitions, which I proposed to Professor Haegel. She suggested to discuss about that with Professor Nonna Mayer, one of the CEE’s experts on PRR. So, I met Professor Mayer at the CEE, and I have to say that encounter was a turning point. She was incredibly helpful in the elaboration of the structure of the project, in precising the analytical structure, the research goals, the theoretical framework. She was also very encouraging throughout all the long process of submitting the proposal, which as we know is challenging and highly competitive (particularly considering that the ethnographic approach is not exactly mainstream). As a consequence, I had to finalize a strong proposal, both in terms of solidity, scientific impact, and innovation of the structure.
I tried the Marie Curie call a first time, unsuccessfully, and then I tried again a second time. After the first refusal, the support of Professor Mayer, the Conseil d’Unité and the MAPS office were really important in keeping my energy alive and trying the second time, that was successful.

Now briefly about the project: it is called ERRANT, standing for Ethnography of Radical Right Activism across Nations and Territories. The structure of the research is comparative and focuses on two leading actors of PRR family: the Italian Lega and the French Rassemblement National. The main goals are three, corresponding in my opinion to three research gaps in the study of PRR that is urgent to fill:

  • The first one is grassroot activism. The PRR has been studied so far much more from the electoral perspective, and less from the perspective of activists. Therefore, I want to shed light on the internal life of these two parties, and on the men and women that engage. Why and how they decide to join the parties? Which are the main pathways of activism (social background, ethnicity, gender, class and cultural capital differences, etc.)? What happens once they have entered? How is constructed a sense of collective belonging?
  • The second goal is, again and especially now, the territory. Political parties are prevalently approached as national actors, stressing the role of their national leaders (particularly PRR formations). However, these forces are very often extremely effective in constructing a strong territorial rootedness. Thus, the basic idea is to go there, where Lega and RN are already mainstream, institutionalized forces, to explore the genetic territories and the social production of their consent.
  • The third goal is the most experimental. It was carefully analyzed with Pr. Mayer. The main idea is the following: PPR are polarizing and dividing societies across Europe. Our aim therefore is to investigate how these frontlines of conflict work across territories, and exactly where these parties are culturally hegemonic. The strongest lines of polarization seem to be ethnicity and sexuality. In my opinion it has become urgent to examine the making-of of this conflicts, focusing both on party activists and their most direct social opponents in local civil societies. What is going on in our society when PRR parties and progressive civil society confront and conflict on gender/sexuality and ethnicity? How is constructed, represented, enacted this conflict? And can we, as publicly engaged researcher, try to build bridges across internal frontiers of fear?

Where does this personal interest of yours to study to extreme movements stem from?

My first curiosity was for parties, gender amd grassroot activism in general. Since I was very interested in masculinity as a central element in producing political identity, I found that Lega Nord was the most interesting political force, because it is historically characterized by a sexual imaginary of virilism, which has always played a crucial role in in constructing a collective identity and a sovereignist imaginary. So, I choose the Lega.

The fieldwork was an incredible occasion to discover a different social world, in terms of political values, beliefs, ways of representing social reality, etc. Of course, it was challenging, but at the same time I was deeply transformed by this experience, both as human being and as a researcher.

And I still believe that investigating such a challenging social milieu could be an innovative contribution to political sociology and collective knowledge. As a matter of fact, the study of right-wing activism is very rare: political ethnographies have been so far much more focused on left-wing movements, because qualitative research requires the construction of a human relationship with the social actors under analysis, and sometimes the distance can be hard to manage. Thus, we don’t have enough ethnographic material on PRR, and I am convinced that it is time to do it: we are already late!

Thank you for being that one person, Elisa! Maybe another question: why SciencesPo’s CEE specifically?

The starting point was the visiting fellowship, back in 2018. When I discovered the life of the CEE, I was so fascinated witch such an energizing atmosphere, full of stimulating topics to discuss, to read, full of encounters and cutting-edge researches. In addition, the solid research tradition on PRR, as well as that on partisan cultures, played an important role in my decision.

Besides, a third crucial point was the methodological openness of the CEE. In fact, often political science and sociology consider qualitative methods, and especially ethnography, as minor, anectodical, not fully “scientific”. On the contrary, at the CEE I immediately felt that quantitative, qualitative, voters, grassroots perspectives were equally treated as scientifically important, which made me feel welcome and stimulated.
Moreover, the CEE is engaging in a crucial scientific question: the centre/periphery divides that are splitting the social structure of Europe, opposing central metropolitan areas and regional areas that feel deprived and marginalized. In this regard, I believe I can bring a fresh empirical contribution to an already advanced debate, by focusing on the complex world of the province.

Well, thank you Elisa! If I had one last question, it would be: why France? Why comparing Italy to France?
Firstly, because I have always been particularly curios about French politics and culture, for personal reasons. Yet, in terms of scientific comparison, RN and Lega were a perfect match,: both are undergoing a big transformation, the RN with the so called “dédiabolisation”, and the Lega with its recent turn from regionalism to nationalism. Moreover, they are elaborating opposite strategies of institutionalization. RN is trying to give a renewed image of moderatism, whereas Lega reached its major consent radicalizing its message. Thus, there is an extremely interesting tension between radicalization and deradicalization that I think can be useful not only for comparing the two parties, but also for the analysis of the European PRR family.

Ok, well thank you very much! If you had anything else to add for those interested into your field of study, what would it be?

One last reflection about our current situation under this terrible pandemic time. It has indeed become more of a concern accessing the field, discovering new scientific environments, given the constraint of having to work remotely.
I have to say that starting a new scientific journey in this moment is not easy, but I’m trying to face the difficulties. I think that the current health crisis will have an influence on my fieldwork, when I will be in these two cities. I have always been interested in the use of public space made by PRR and I believe that observing, analyzing, reasoning about political participation and public space in this specific time of social distancing will be challenging but interesting.

Of course, it seems quite challenging to be doing social research while there is supposed to be no social life!
Yes, it will be complicated, but I think that we have also to stay open to the unexpected. In sociological terms we have the opportunity to observe something that was unthinkable just few months ago. We only have to put at work our scientific imagination, in order to do some kind of “bricolage” of our tools, readapting them to the new situation.

Thank you very much Elisa for your time and participation!

It was a pleasure to meet you, thank you.

Interview: Jason W. Essomba (January 2021)

Interview d'Abdelkarim Amengay, docteur en science politique (diplômé en 2019)

Amengay

Comment définiriez-vous votre parcours ?

J’ai un parcours assez atypique. J’ai débuté mes études universitaires à l’âge de 28 ans au Maroc en faisant deux licences à peu près en même temps. Une en science politique et droit constitutionnel, et l’autre à l’École Nationale d’Administration de Rabat en Administration Publique. Ensuite, j’ai travaillé comme administrateur au Ministère de l’Éducation au Maroc avant de partir au Canada où j’ai entamé mes études supérieures en science politique. C’est durant cette période que je me suis découvert une passion pour l’étude des comportements politiques.  
Au départ je n’étais pas vraiment partant pour faire des études doctorales car la recherche me faisait un peu peur ! Cela représentait un autre monde pour moi, qui me paraissait inaccessible. Cependant, au fur et à mesure des études de Master, j’ai pris confiance en moi.  Quand le moment est venu de faire un choix de sujet de thèse pour le doctorat, j’ai décidé de travailler sur l’extrême droite en Europe. Plus précisément, le rôle des médias dans les succès électoraux de ces partis à travers l’étude du cas du Rassemblement national, anciennement Front national (FN).

Durant les premiers mois de mon doctorat à l’université d’Ottawa, j’ai décidé de faire une cotutelle avec une université française. Du fait de sa renommée et de sa stature mondiale Sciences Po s’est imposée de manière presque naturelle. Sur recommandation de Nicolas Sauger, j’ai écrit à Emiliano Grossman pour lui présenter mon projet de thèse et il m’a fait l’honneur d’accepter d’être mon co-directeur de thèse à Sciences Po. Une fois ma demande d’admission en Doctorat à Sciences Po acceptée, le processus administratif de cotutelle fut bouclé en quelques semaines. Quatre ans plus tard, j’ai soutenu ma thèse -en Décembre 2019- devant un jury formé de membres prévenant des deux institutions.

Vos publications et contributions portent en général sur la thématique des radicalités, Qu’est-ce qui vous a poussé vers ce sujet ?

Je dirais qu’étant moi-même immigrant maghrébin au Canada, il arrive un certain moment où l’on se pose beaucoup de questions sur la montée des partis anti-immigrants au sein des démocraties dites libérales. On ne peut pas être insensible à la manière dont les médias nous submergent de contenus sur l’insécurité, l’immigration, l’islam et la place qu’y occupent des chroniqueurs et des commentateurs politiques assumant sans complexe leurs positionnement à l’extrême droite de l’échiquier politique. Donc, au départ, en plus de l’intérêt académique pour la question, il y avait également une motivation de nature personnelle. D’autant plus que, de manière assez surprenante, bien qu’en France on ait souvent invoqué le rôle des médias dans la montée électorale du FN à partir des années 80, cette question n’a presque jamais véritablement fait l’objet d’études poussées.

Pourquoi avoir choisi l’Université d’Ottawa pour votre formation doctorale ?

C’était un choix qui s’explique par deux éléments.  Primo, au Canada, mon pays d’accueil, l’un des rares experts de l’extrême droite en Europe est Daniel Stockemer qui travaille à l’Université d’Ottawa et qui, avec Emiliano Grossman seront mes deux co-directeurs. Secundo, l’Université d’Ottawa m’a offert un financement assez généreux pour ma thèse -que je remercie d’ailleurs- car, sans ce financement la réalisation de ma thèse aurait été très compliquée.

Pourquoi l’avoir complétée par une cotutelle au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po ?

Pour moi le CEE était l’endroit où je pouvais avoir accès à des chercheurs de stature mondiale. Par exemple, Emiliano Grossman est l’un des plus grands experts européens en matière d’étude du rôle politique des médias. D’autant plus que les chercheurs qui travaillent sur cette question en France sont une minorité, encore moins ceux qui le font en mobilisant les analyses quantitatives (avec des statistiques).
Il y avait aussi Nonna Mayer, LA spécialiste française du vote FN.  J’ai eu la chance de pouvoir collaborer avec elle lors de mon passage au CEE.  Ensemble, avec Anja Durovic, nous avons publié un article sur le FN dans la Revue française de science politique. De plus, grâce à Nicolas Sauger, et sous sa direction, j’ai pris part aux travaux de l’équipe de chercheurs qui a préparé le questionnaire de l’Étude électorale française du CEE portant sur l’élection présidentielle de 2017. En somme, c’était la réputation scientifique du CEE et la qualité des chercheurs qui y exercent. Et je peux vous dire que je n’ai jamais regretté ce choix qui a eu un impact extrêmement positif sur ma carrière académique.

Ayant lu quelques-unes de vos recherches, j’ai trouvé assez intéressant d’observer votre approche quantitative dans l’étude de la montée de l’extrême droite. Cela a vraiment été pour moi une surprise de constater l’existence d’études quantitatives sur un tel sujet.

Je dirais, qu’au contraire, cela est très répandu. Si le recours aux méthodes quantitatives au sein de la science politique française a toujours été, et demeure encore aujourd’hui, un courant minoritaire, elles y sont cependant présentes depuis longtemps. Notamment, grâce aux travaux précurseurs de Nonna Mayer en matière de sociologie politique électorale dès les années 1980. Sciences Po en est d’ailleurs un des bastions dans l’Hexagone. Ce sont également ces méthodes que j’ai mobilisé dans ma thèse. Ce qui a nécessité la réalisation d’une base de données à partir de sources diverses. En particulier, les archives de la Bibliothèque nationale de France dans lesquelles j’ai passé plusieurs mois à consulter et à coder le contenu des Unes de la presse régionale pour les quatre-vingt-seize départements métropolitains. Pour chaque département, il s’agissait de couvrir les deux mois qui ont précédé les élections présidentielles françaises de 2012 et de 2017. Finalement, via des analyses statistiques, j’ai pu démontrer que la place qu’occupe la thématique de l’insécurité dans la presse régionale est fortement corrélée au vote pour le Rassemblement national. Là où la couverture médiatique de l’immigration ou de l’islam ne semble pas avoir nécessairement favorisé le vote pour Marine Le Pen lors les deux dernières élections présidentielles. Plus intéressant encore est que cette corrélation, entre la couverture médiatique de l’insécurité et le vote mariniste, apparaît complétement déconnectée de la réalité objective qu’est le niveau réel de la criminalité dans chaque département.

Pour revenir maintenant à votre actualité, qu’est-ce qui vous a mené à Doha ?

Pour beaucoup, cela peut être surprenant. Mais, il faut savoir, que depuis quelques années, il devient de plus en plus difficile de décrocher un poste de professeur directement après son doctorat sans avoir fait un postdoctorat. Alors lorsque le Doha Institute for Graduate Studies m’a offert ce poste, je n’ai pas hésité un seul instant. D’autant plus que cette jeune institution se donne comme mission de devenir la référence en matière de recherche en sciences sociales dans la région du Moyen-Orient et qu’elle offre beaucoup d’opportunités en matière de financement de recherche. Tous mes collègues actuels ont été formés ou ont travaillé dans les meilleures universités du monde. C’est une communauté scientifique très vibrante. J’y ai la possibilité d’enseigner la politique comparée et de continuer à travailler sur les questions de recherche qui m’intéressent, par exemple le populisme. Il y a également l’envie de transfert de connaissances dans cette partie du monde qui m’est chère. Une envie de redonner un peu à cette partie du monde et de partager les compétences que j’ai acquises au sein des universités occidentales, que ce soit en France ou au Canada. Le tout dans un cadre de vie agréable.

Peut-on justement savoir sur quelles thématiques ou quels projets de recherche vous travaillez aujourd’hui ?

Actuellement, j’ai quatre projets de recherche en cours.

Le premier projet porte sur le contenu des médias, ou plus précisément : la place de l’Islam dans les médias. Avec Mohammed Amine Brahmi, un chercheur postdoctoral à l’université de Columbia aux États-Unis, nous réalisons une étude comparative France-Québec de cette présence de cette thématique dans la presse écrite en période électorale. Les résultats de cette recherche, qui est encore en phase de développement, vont être publiés au cours de l’année 2021 dans un numéro spécial de la revue Politique et Société qui sera consacré à la question de l’islamophobie.

Le deuxième projet relève d’un autre de mes centres intérêts : la psychologie politique. Plus précisément, la question qui anime ma réflexion est celle de savoir « comment les traits de personnalité impactent-ils les comportements politiques ? » J’étudie actuellement la relation entre les traits de personnalité et le niveau de confiance que les individus peuvent avoir dans la classe politique via une comparaison France-États-Unis. En m’appuyant sur les travaux d’Herbert Kitschelt –qui a développé au début des années 1980, une classification des systèmes politiques selon laquelle la France serait un système politique fermé et les États-Unis un système politique ouvert– je démontre qu’en France, de par les contraintes imposées par son système politique fermé, les personnes dont la personnalité est plus portée sur l’innovation et la curiosité intellectuelle, autrement dit « les esprits libres », seraient moins amenées à faire confiance à la classe politique. Contrairement aux États-Unis, où ce trait de personnalité n’a aucun impact sur la confiance que peuvent avoir les individus dans les élites politiques de leur pays.

Mon troisième projet est celui d’un chapitre de livre, qui traite de la mobilisation des émotions par les leaders populistes. Il s’agit d’un ouvrage collectif qui réunit huit chercheurs de l’Europe, des deux Amériques et de l’Asie. Dirigé par Alwahab El-Affendi, le président du Doha Institute, cet ouvrage porte sur les travaux de Chantal Mouffe, la grande philosophe politique belge qui a consacré une grande partie de ses travaux à l’étude du populisme dans une perspective postmarxiste. Dans mon chapitre, je m’intéresse au rôle qu’elle donne aux émotions dans la mobilisation des citoyens. Plus particulièrement, je pose la question suivante : « Dans quelle mesure l’état de la recherche en psychologie politique permet de corroborer la théorie de Chantal Mouffe sur la centralité des émotions, et plus particulièrement la peur, dans la montée de la droite radicale populiste radicale en Europe et aux Amériques ?».

Le quatrième projet est un projet qui porte sur la représentation politique des jeunes au Moyen-Orient et en Afrique du nord. Avec Daniel Stockemer, nous venons de lancer un nouveau projet qui vise à identifier les potentiels changements qu’auraient connus la composition des élites politiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient dans la foulée de ce qui est communément appelé les printemps arabes de 2011. Nous nous s’intéressons en particulier à l’évolution de la composition des parlements nationaux (démocratiques ou non). La première phase de ce projet se focalise sur quatre pays : la Tunisie, l’Égypte, la Jordanie et la Syrie pour lesquels la collecte de données est en cours. À terme, nous espérons inclure l’ensemble des pays de la région, notamment ceux du Golf. Car, si la question de la participation politique des jeunes a été abondamment étudiée, celle de la représentation ne le fut que très peu. Encore moins pour cette région du monde.

M. Abdelkarim Amengay, Je vous remercie d’avoir accepté de participer à cette interview et de la richesse de cet échange. Souhaitez-vous ajouter un commentaire ?

Tout d’abord, je vous remercie. Je me suis senti honoré d’être contacté pour échanger sur ces sujets. Je voudrais conclure en disant, qu’au-delà de l’expérience académique enrichissante que j’ai eue au CEE, mon passage fut également une expérience humainement enrichissante. Le CEE dispose d’une formidable équipe de chercheurs de haut-calibre et d’une équipe administrative dévouée, avec à sa tête Mme Amrani, que je tiens à remercier. Merci à eux pour le formidable travail qu’ils accomplirent au quotidien. 

Propos recueillis par W. Jason Essomba (novembre 2020)

Interview of Vicente Ugalde, El Colegio de Mexico, Visiting Professor at Sciences Po, CEE

ugalde

Dear Professor Vicente Ugalde! Thank you for having agreed to hold this interview with Science sPo’s Centre for European Studies and Comparative Politics (CEE).

Could you tell me a bit about your background (studies, experience, research areas, etc.)?

Well, I studied Law in Mexico, in a city in the Center-North of Mexico called San Luis Potosi. I specialized in Local Law. After that, I did my master’s degree in Constitutional and Administrative Law in Mexico City. In the meantime, I was also doing a Master’s in Urban Studies at Colegio in Mexico. Following that, I travelled to France to further my studies. Once in France, I did a DEA in Sciences Administratives, i.e., Public Administration. Then, I did a PhD in Law but with a much more public policy-oriented PhD dissertation, consisting of using law and regulation to review and analyze environmental public policies in Mexico with a focus on hazardous waste management.

It seems that one of your areas of expertise is Urban governance. Is that true?

Yes, after I concluded my PhD, I went back to Mexico and joined the Centre for demographic urban and environmental studies and I started to teach local government. I progressively studied local systems a lot, as well as different problems arising in governing cities like Mexico City. I started to develop research in governance and local governance system. That is how I met, some years later, my current colleagues at the CEE. We launched a collaboration to study big metropolises around the world.

As you are in Paris at the time, what are the projects, topics or research areas you are currently working on?

At the beginning of my collaboration with the CEE, my interest was in the study of waste management systems in big cities. But right now, and over the past 2 or 3 years I have been studying how local governance drives urban development. In other words, I have been focusing on the study of regulation to organize construction, land use, property distribution control, the right to build, etc. I would like to find out how regulation works in the real world. To this end, I would look at official bodies or government’s agencies responsible for inspection. In order to understand how the legal system deploys its power to manage some tricky situations, I would also look into actual cases of low compliance of urban regulations. In France, we can hardly observe such things in our daily life. While in Mexico if you walk across the streets, you can see construction going on despite those signs and warrants from local authorities imposing to stop the construction.

So, you work quite a lot on urban planning?

Yes. Urban planning is fascinating, and its legal framework is a useful tool to understand it. In fact, in order to better understand what is happening in developing countries like Mexico, it is always critical to build perspective considering also the country’s legal system, how things work there. Comparing is always fruitful for such kinds of analyses. To me, France remains an interesting case study. Not necessarily Paris per se but rather its “banlieue” or surroundings, where urban development is on its way right now.

Can I ask you why specifically choosing Sciences Po’s CEE for your visiting stay?

Well, one of the main intellectual challenges when we have to study cities is comparison, but how? How to propose an elaborated approach, a methodological way to deploy an analysis on 2 or more cities? The CEE team has been working on comparing approaches over many years. One of the main concerns identified with my colleagues at the CEE is that of how to compare cities (for instance, cities from Global South with those in the developed world). Since we are talking about governments, systems, we are therefore also talking about people’s practices, which are not easy to compare. So, for me, this is one of the right places to think about comparison.

Comparative politics are of course one of the peculiarities of the CEE alongside the sociological approach to study social sciences societal phenomena.

I would like to ask would be why specifically Paris today? Why is it so dear or important to you to compare Paris with other cities like Mexico?

I have to say it has to do with some large research projects led by Patrick LE GALÈS to compare the huge metropolises around the world like Paris and Mexico City. That is important because apart from the long way to go in comparing cities, Paris is particularly interesting to start a case. When it comes to the administrative system, Paris (actually France) is similar to Mexico. As a matter of fact, Mexico inherited this legal system from Spain two centuries ago. The legal systems in the two cities (Paris and Mexico City) appear – to us – very familiar in the way in which administrative law is organized, especially in the field of urban law. The Urban legal system in Mexico is closer to the French system than it would be to the Anglo-Saxon system as an example. So, it’s an important point.

Could you just share with us some of your findings after having compared both cities: Paris and Mexico City?

Well, I started my fieldwork in Mexico two years ago. And it is typical of me to watch some of my fieldwork take up to 6 or 7 years …What I can say right now is that: my question is changing over the time.
Nevertheless, I found one global question which consists of trying to understand how urban legal systems work. It is not just about looking into corruption as a simple answer in this kind of research could be “All this could be explained by corruption!”. It is not just that. My research, my first findings drove to me to focus on enforcement systems. It's in the different enforcement systems that strong differences between two cities in urban development governance can be explained.

Well, Thank you very much for such a mind-opening conversation! Thank you for the time you took to discuss this topic with us.

Would you have anything else to add for anybody who would be interested into your field of studies or your research?

Simply that cities are a very interesting field to dig into many questions, not just about the cities themselves but about societies. There are many interesting topics we can study while watching the day-to-day life of cities. I think that Paris is a special case for thinking and finding more special questions about cities as a field of study.

@ Jason W. Essomba

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