Les Études du CERI

 

Les études du CERI

La particularité des Études du CERI est de proposer des analyses qui peuvent tout autant éclairer les non spécialistes que servir de référence aux chercheurs. Quel qu’en soit le thème – un enjeu global majeur ou une évolution spécifique au « local » – chaque volume obéit aux règles d’une publication scientifique à comité de lecture, la double évaluation anonyme par les pairs étant appliquée lors de la sélection des textes. Autre trait significatif de cette collection, chaque livraison est le fruit d’une enquête de terrain réalisée par l’auteur.

En plus des monographies, la collection offre deux publications collectives à périodicité annuelle, consacrées l’une à l’Amérique latine, l’autre à l’Eurasie. Tous les volumes parus depuis 1995 sont disponibles en libre accès sur ce site.

Rédactrice en chef : Judith Burko, judith.burko@sciencespo.fr, tél. +33158717004

Anne de Tinguy (Dir.)

Regards sur l’Eurasie - L’année politique 2016
N°228
-229
Février 2017
Arménie, Asie centrale/Caucase, Azerbaïdjan, Biélorussie, Commerce, Conflits/guerres, Démocratisation, Echanges économiques, Etat, Fédération de Russie, Intégration régionale, Kazakhstan, Kirghizistan, Lutte contre la criminalité et la corruption, Ouzbékistan, Règlement des conflits, Russie, Sécurité internationale, Souveraineté, Tadjikistan, Transnational, Turkménistan, Ukraine, Union européenne, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

Regards sur l’Eurasie propose des clefs de compréhension des événements et des phénomènes qui marquent de leur empreinte les évolutions d’une région, l’espace postsoviétique, en profonde mutation depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Forte d’une approche transversale qui ne prétend nullement à l’exhaustivité, elle vise à identifier les grands facteurs explicatifs, les dynamiques régionales et les enjeux sous-jacents.

Comment citer ce volume :

Anne de Tinguy (Dir.)

, Regards sur l’Eurasie - L’année politique 2016 / Les Études du CERI, N°228-229, Février 2017, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes de Sciences Po

Amérique latine - L’année politique 2016
N°226
-227
Janvier 2017
Comment citer ce volume :

Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes de Sciences Po

, Amérique latine - L’année politique 2016 / Les Études du CERI, N°226-227, Janvier 2017, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Bayram Balci, Juliette Tolay

La Turquie face aux réfugiés syriens. Entre engagement humanitaire et instrumentalisation politique
N°225
Décembre 2016
Acteurs transnationaux, Balkans, Conflits/guerres, Diasporas, Intégration régionale, Migrations, Mondialisation, Nationalisme, Paix/maintien de la paix, Proche et Moyen-Orient, Religions, Russie, Sécurité internationale, Syrie, Terrorisme, Turquie, Les études du CERI

Alors que la question des réfugiés syriens a poussé un nombre croissant de pays à imposer des restrictions à leur entrée sur leur sol, près de la moitié des réfugiés syriens se trouvent dans un seul pays : la Turquie. Or celle-ci, loin de fermer sa frontière, se singularise par sa politique de porte ouverte et son engagement humanitaire de grande ampleur. L’élan de générosité ne peut seul expliquer cette politique d’asile mise en place spécialement pour les Syriens. Un certain nombre de considérations politiques indiquent une instrumentalisation de la question. L’attitude bienveillante de la Turquie peut s’expliquer par son opposition à Assad dans la crise syrienne et son souhait de jouer un rôle dans la construction d’une future Syrie, ainsi que par sa volonté de tirer des bénéfices matériels et symboliques auprès de l’Union européenne. Mais la crise de réfugiés a aussi une dimension de politique intérieure. Les différents partis (au pouvoir ou dans l’opposition) semblent utiliser la question des réfugiés de façon opportuniste, aux dépens d’un climat propice à une bonne intégration des Syriens en Turquie.

Comment citer ce volume :

Bayram Balci, Juliette Tolay

, La Turquie face aux réfugiés syriens. Entre engagement humanitaire et instrumentalisation politique / Les Études du CERI, N°225, Décembre 2016, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Laetitia Bucaille

Palestine : de l’Etat introuvable à la nation en déroute. A quoi servent les dirigeants palestiniens ?
N°224
Octobre 2016
Conflits/guerres, Démocratisation, Etat, Gouvernance, Israël, Paix/maintien de la paix, Palestine, Proche et Moyen-Orient, Règlement des conflits, Souveraineté, Territoire, Vie politique/systèmes politiques, Violence, Les études du CERI

La création d’un Etat palestinien semble aujourd’hui une perspective lointaine : la communauté internationale s’est détournée de la gestion de ce dossier, et le leadership dans les territoires, affaibli par ses divisions, se révèle impuissant à s’extraire de l’impasse. La partition politique et géographique entre la bande de Gaza gouvernée par le Hamas et la Cisjordanie qu’a conservée l’Autorité palestinienne liée au Fatah, révèle une crise profonde dans la mesure où elle met en doute les contours même de la communauté politique palestinienne. Elle montre aussi que l’intégration du Hamas dans le jeu politique a provoqué l’implosion du système de sous-traitance sécuritaire qui lie l’Autorité palestinienne à Israël. Le maintien de ce système empêche la refondation de la communauté politique palestinienne, et contrarie l’élaboration d’une stratégie qui permettrait de cheminer vers la souveraineté. Depuis octobre 2015, le projet de résistance populaire et pacifique a été remisé par le retour de la violence contre les civils israéliens. La direction palestinienne mise sur une internationalisation de sa cause, qui n’a donné que de piètres résultats. Le remplacement de Mahmoud Abbas par ses compétiteurs permettrait-il de sortir de l’ornière ?

Comment citer ce volume :

Laetitia Bucaille

, Palestine : de l’Etat introuvable à la nation en déroute. A quoi servent les dirigeants palestiniens ? / Les Études du CERI, N°224, Octobre 2016, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jacobo Grajales

La terre, entre guerre et paix. Politiques foncières et sortie de conflit en Colombie
N°223
Septembre 2016
Amérique latine et Caraïbes, Colombie, Energies/ressources naturelles, Lutte contre la criminalité et la corruption, Pays émergents, Règlement des conflits, Science politique, Les études du CERI

L’année 2016 a marqué l’aboutissement des négociations de paix entre le gouvernement colombien et les Farc, après quatre ans de tractations à la Havane. Même si durant toute la période l’issue du processus est restée aléatoire, rares ont été les acteurs politiques qui ont attendu la signature de la paix pour en réclamer les fruits. De nouvelles politiques publiques sont en marche, et dans le domaine rural et foncier, la rupture avec le passé violent est mise en scène de manière fracassante. Cependant, les transformations conduites au nom de la consolidation de la paix ont des effets plus discrets. Elles génèrent d’ores et déjà une marchandisation accrue de la terre, qui risque d’attiser l’exclusion et la dissension dans les campagnes. S’il est indéniable que l’agenda du post-conflit inclut des politiques de réparation à l’égard des victimes et de protection des petits producteurs, l’appréhension de la paix comme opportunité pour le développement économique génère également un intérêt pour des territoires définis comme de nouvelles frontières agraires. Ainsi, l’exploitation agro-industrielle et la transformation de la nature en marchandise sont non seulement légitimées, mais semblent faire partie des mutations sociales que la paix rend possibles et même souhaitables.

Comment citer ce volume :

Jacobo Grajales

, La terre, entre guerre et paix. Politiques foncières et sortie de conflit en Colombie / Les Études du CERI, N°223, Septembre 2016, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Leila Seurat

Maintien de l’ordre public et community policing à Beyrouth Le cas du commissariat de Ras Beirut
N°222
Juillet 2016
Acteurs transnationaux, Criminalité, Etat, Gouvernance, Liban, Lutte contre la criminalité et la corruption, ONG/société civile, Politiques de sécurité, Proche et Moyen-Orient, Sociologie, Violence, Les études du CERI

Aux marges de la vaste littérature consacrée à la police dans les démocraties occidentales, les pays arabes font figures de parent pauvre de la sociologie policière. L’étude ethnographique du commissariat de Ras Beirut, premier poste au Liban réformé conformément au modèle du community policing, permet de commencer à combler cette lacune. Les travaux qui portent sur l’importation de ce modèle dans les pays en développement soulignent le plus souvent les difficultés de mise en œuvre ainsi que les effets pervers qui en découlent, liés aux spécificités locales de chaque pays. Caractérisé par son confessionnalisme politique, le Liban constitue un champ d’exploration privilégié pour questionner ces hypothèses. Si la fragmentation de l’Etat libanais fragilise les interactions entre force publique et forces privées, l’échec de l’expérience de Ras Beirut s’explique davantage par un faisceau de facteurs, à la fois externes et internes, qui obéissent à des logiques indépendantes des clivages politiques et confessionnels : ce sont bien le fonctionnement interne du commissariat et le poids des réseaux de clientèles qui ont considérablement réduit ses chances de réussite.

Comment citer ce volume :

Leila Seurat

, Maintien de l’ordre public et community policing à Beyrouth Le cas du commissariat de Ras Beirut / Les Études du CERI, N°222, Juillet 2016, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

avec la collaboration de Madhi Mehraeen et Ibrahim Tavalla

Guerre, reconstruction de l’Etat et invention de la tradition en Afghanistan
N°221
Afghanistan, Anthropologie, Asie centrale/Caucase, Conflits/guerres, Etat, Histoire, Identités, ONG/société civile, Ordre politique, Paix/maintien de la paix, Règlement des conflits, Religions, Sociologie, Violence, Les études du CERI

La guerre depuis 1979 et la reconstruction de l’Etat sous la tutelle occidentale depuis 2001 ont conduit à une simplification identitaire de la société afghane, sous la double forme d’une invention de l’ethnicité et de la tradition – un processus dont l’enjeu véritable est le contrôle ou l’appropriation des ressources politiques et économiques du pays. Le Hazarajat est un remarquable site d’observation de cette évolution. Son histoire a été marquée par son intégration coercitive, à la fin du xixe siècle, à l’Etat afghan en formation. Sa population, de confession chiite, s’est vue reléguée à une condition de subalternité dont elle n’est progressivement sortie qu’à la faveur du djihad contre l’occupation soviétique, dans les années 1980, et de l’intervention américaine en 2001, au prix de l’ethnicisation de sa conscience sociale et politique. Mais l’ethnicité repose sur une économie morale et politique moins communautaire qu’inégalitaire. Succédant à la guerre, l’aide à la reconstruction de l’Etat tend à polariser les rapports sociaux, tout en renforçant leur ethnicisation : les bailleurs de fonds et les ONG demeurent prisonniers d’une approche culturaliste, sinon orientaliste, du pays, qu’ils contribuent de la sorte à « traditionaliser », tandis que l’aide au développement déstabilise la société « traditionnelle » en accélérant sa monétarisation et sa marchandisation.

Comment citer ce volume : Fariba Adelkhah

avec la collaboration de Madhi Mehraeen et Ibrahim Tavalla

, Guerre, reconstruction de l’Etat et invention de la tradition en Afghanistan / Les Études du CERI, N°221, , [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Regards sur l’Eurasie - L’année politique 2015
N°219
-220
Février 2016
Arménie, Asie centrale/Caucase, Azerbaïdjan, Biélorussie, Démographie, Echanges économiques, Economie, Economie politique, Energies/ressources naturelles, Etat, Europe occidentale, Européanisation, Fédération de Russie, Géorgie, Intégration régionale, Kazakhstan, Kirghizistan, Migrations, Nationalisme, Ouzbékistan, Proche et Moyen-Orient, Religions, Russie, Science politique, Souveraineté, Tadjikistan, Terrorisme, Turkménistan, Union européenne, Les études du CERI

Regards sur l’Eurasie propose des clefs de compréhension des événements et des phénomènes qui marquent de leur empreinte les évolutions d’une région, l’espace postsoviétique, en profonde mutation depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Forte d’une approche transversale qui ne prétend nullement à l’exhaustivité, elle vise à identifier les grands facteurs explicatifs, les dynamiques régionales et les enjeux sous-jacents.

Comment citer ce volume :

Anne de Tinguy (Dir.)

, Regards sur l’Eurasie - L’année politique 2015 / Les Études du CERI, N°219-220, Février 2016, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Amérique latine - L’année politique 2015
N°217
-218
Décembre 2015
Comment citer ce volume : , Amérique latine - L’année politique 2015 / Les Études du CERI, N°217-218, Décembre 2015, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Denise Fisher

Une puissance parmi d'autres : évolution des enjeux et défis géostratégiques de la France en Océanie
N°216
Décembre 2015
Australie, Colonisation/décolonisation, Economie politique, Océanie, Science politique, Les études du CERI

Compte tenu des territoires qu’elle y possède encore, la France est en Océanie une puissance à la fois locale et extérieure. A ce titre, et quand elle ne se contente pas de bénéficier d’avantages hérités, elle poursuit des objectifs stratégiques multiples. Il se trouve cependant que la donne a changé ces dernières années : la présence croissante de la Chine entraîne une modification de l’engagement des Etats-Unis, du Japon et de Taïwan, tandis que de nouveaux acteurs interviennent dans la recherche des ressources à l’échelle planétaire. Finalement, la France est désormais une puissance parmi d’autres dans une région lointaine qui a longtemps été négligée. Ces évolutions influent de manière positive sur les bénéfices stratégiques qu’elle tire de sa présence en Océanie, mais réduisent sa capacité à exercer son influence et à poursuivre ses objectifs. Parallèlement, elle doit faire face à des revendications d’autonomie, voire d’indépendance, des deux principales collectivités que sont la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, fondements de la légitimité de sa présence dans la région. La réponse que la France apportera à ces demandes aura une influence déterminante sur la nature de sa présence dans la région, qui est son atout stratégique majeur.

Comment citer ce volume :

Denise Fisher

, Une puissance parmi d'autres : évolution des enjeux et défis géostratégiques de la France en Océanie / Les Études du CERI, N°216, Décembre 2015, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Dilek Yankaya

Exposition industrielle, production de réseaux et construction d’imaginaires : la Foire internationale du Müsiad et les représentations de l’Etat turc
N°215
Novembre 2015
Balkans, Science politique, Sociologie, Turquie, Les études du CERI

La Foire internationale du Müsiad organisée en 2014 à Istanbul a suscité un grand intérêt politique, dû à la forte présence d’élites dirigeantes ainsi qu’à la mobilisation d’un vaste réseau d’institutions, d’entreprises et de médias partenaires. Les expositions industrielles sont des terrains privilégiés pour explorer les modalités de construction des circuits marchands et interroger les enjeux politiques et internationaux agissant sur ceux-ci. Cette manifestation apparaît comme la représentation, dans un espace-temps compressé, de l’Etat turc tel qu’il se forme sous le pouvoir de l’AKP. Elle traduit un double mouvement, de reconfiguration et d’internationalisation des processus constitutifs de cet Etat à travers des phénomènes d’interaction entre l’entreprise privée et l’action publique, et de rétrécissement des réseaux de patronage. La participation ou non à cet événement devient dès lors un jeu de légitimation ou de délégitimation par rapport à ces réseaux de pouvoir dont la production s’appuie sur l’exposition des matérialités économiques et industrielles et s’accompagne de la création d’imaginaires. L’étude ethnographique de cet événement met en lumière comment, à travers des représentations industrielles, culturelles, symboliques, cette foire soutient deux types d’imaginaires : celui de la réinvention de l’oumma à travers les liens économiques, celui de la suprématie de la Turquie comme porteur de ce projet.

Comment citer ce volume :

Dilek Yankaya

, Exposition industrielle, production de réseaux et construction d’imaginaires : la Foire internationale du Müsiad et les représentations de l’Etat turc / Les Études du CERI, N°215, Novembre 2015, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Alvaro Artigas

L’insécurité énergétique en Amérique du Sud : développement des réseaux et intégration sectorielle entre le Pérou et le Chili
N°214
Octobre 2015
Amérique latine et Caraïbes, Chili, Echanges économiques, Economie, Economie politique, Energies/ressources naturelles, Intégration régionale, Pérou, Les études du CERI

Si l’Amérique du Sud a connu une trajectoire de croissance économique ininterrompue au cours des deux dernières décennies, elle reste confrontée à une intégration énergétique qui marque le pas face à un développement industriel et urbain très dynamique. Bien que plusieurs mécanismes d’intégration coexistent, la mutualisation des nombreuses ressources du continent est décevante et menace à terme la sécurité énergétique de l’ensemble des pays. Plusieurs facteurs contribuent à cette situation. D’une part, le format de l’intégration régionale n’a pas permis de mettre en place des mécanismes supranationaux de coordination et de résolution des différends. D’autre part, dans un climat de suspicion mutuelle, les Etats nationaux associent la sécurité à l’autosuffisance, et les avantages potentiels d’une intégration des réseaux et des marchés sont dès lors occultés. L’exemple du Chili et du Pérou met en évidence les dynamiques à l’œuvre ainsi que les bénéfices et les avantages d’une coordination sectorielle transversale parallèle à l’action des diplomaties nationales en la matière. Ce format d’intégration, qui se caractérise par une réduction de l’intervention publique et par une minimisation des désaccords territoriaux, constitue-t-il un modèle alternatif viable ?

Comment citer ce volume :

Alvaro Artigas

, L’insécurité énergétique en Amérique du Sud : développement des réseaux et intégration sectorielle entre le Pérou et le Chili / Les Études du CERI, N°214, Octobre 2015, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Alice Ekman

Relations informelles entre Pékin et Taipei : l’essor de la diplomatie académique dans le détroit de Taiwan
N°213
Septembre 2015
Asie du Sud-Est, Chine, Etat, Frontières, Identités, Nationalisme, Souveraineté, Taïwan, Les études du CERI

Depuis le retour au pouvoir du Kuomintang en 2008, Pékin a ajusté sa stratégie de communication à l’égard de Taiwan tout en gardant le même objectif de long terme : la réunification. Il s’agit d’une stratégie de rapprochement par la séduction plus que par la menace, qui promeut l’augmentation rapide des échanges entre populations chinoises et taiwanaises à tous les niveaux : étudiants, touristes, paysans, hommes d’affaires, universitaires, diplomates et militaires à la retraite, hommes politiques, etc. La multiplication des rencontres entre universitaires des deux rives constitue notamment de nouveaux canaux de communication dans le détroit, permettant à la fois de compenser l’absence de diplomatie formelle entre Pékin et Taipei et de rivaliser avec les liens de diplomatie informelle noués entre Taiwan et plusieurs de ses partenaires (Etats-Unis, Japon, principalement). Ces canaux de communication pourraient, à terme, conforter la stratégie de Pékin, qui continue à investir massivement dans leur développement, mais aussi se convertir en outil de prévention et de gestion de crise au cas où des tensions réapparaîtraient dans le détroit.

Comment citer ce volume :

Alice Ekman

, Relations informelles entre Pékin et Taipei : l’essor de la diplomatie académique dans le détroit de Taiwan / Les Études du CERI, N°213, Septembre 2015, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Gilles Lepesant

Entre européanisation et fragmentation, quel modèle de développement pour le territoire ukrainien ?
N°212
Juin 2015
Conflits/guerres, Etat, Europe centrale et orientale, Europe occidentale, Européanisation, Fédération de Russie, Frontières, Mémoires et politiques du passé, Nationalisme, Russie, Souveraineté, Territoire, Ukraine, Union européenne, Les études du CERI

Une semaine avant le troisième sommet du Partenariat oriental à Vilnius des 28 et 29 novembre 2013, l’Ukraine suspendait la préparation d’un accord d’association avec l’Union européenne, en négociation depuis 2007. Lorsqu’il fut finalement signé en juin 2014, le président Ianoukovitch avait fui le pays sous la pression populaire, et l’intégrité du territoire se trouvait contestée à l’Est par des séparatistes et leurs alliés russes. Cette remise en cause intervenait paradoxalement à un moment où la cohésion du pays paraissait mieux établie que dans les années 1990. L’Ukraine, loin d’être coupée en deux, est constituée de fragments d’Empires déchus qui ont des raisons objectives de s’inscrire dans l’Etat, aussi récent soit-il. Sa géographie électorale comme sa géographie économique sont de même traversées non par une faille opposant deux blocs, mais par différentes lignes de partage qui n’annoncent pas nécessairement une dislocation de l’Etat. Cette diversité n’a jamais été institutionnalisée depuis l’indépendance, les différentes forces politiques jugeant pour des raisons diverses inopportun de remodeler le régime centralisé hérité de la période soviétique. Présentée comme une priorité par les députés élus en 2014, la réforme de la gouvernance territoriale intervient aujourd’hui dans un contexte où les régions motrices du pays sont paralysées ou menacées par la guerre.

Comment citer ce volume :

Gilles Lepesant

, Entre européanisation et fragmentation, quel modèle de développement pour le territoire ukrainien ? / Les Études du CERI, N°212, Juin 2015, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Tanja Mayrgündter

La pérennité du supranationalisme intergouvernemental, paradoxe de l’élargissement
N°211
Avril 2015
Europe occidentale, Science politique, Transnational, Union européenne, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

L’Union européenne a dû faire face à de nombreux défis ces dix dernières années, qu’il s’agisse de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne ou de la crise économique et financière. Si la logique de l’action et les jeux institutionnels ont transformé d’autres domaines du politique, la sphère de l’élargissement a paradoxalement résisté en grande partie aux changements. Le « supranationalisme intergouvernemental » demeure pour ainsi dire la principale caractéristique de la politique et des politiques de l’élargissement. Si la finalité n’a pas changé, on observe néanmoins des évolutions de la configuration des éléments intergouvernementaux et supranationaux : d’un côté les forces intergouvernementales se sont renforcées, de l’autre le « tournant technique » a nourri l’élan supranational. Finalement, c’est un nouvel équilibre qui a été atteint, sous les auspices du supranationalisme intergouvernemental “persistant”.

Comment citer ce volume :

Tanja Mayrgündter

, La pérennité du supranationalisme intergouvernemental, paradoxe de l’élargissement / Les Études du CERI, N°211, Avril 2015, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].