Une collaboration née dans le cadre de l’Atelier de cartographie
La collaboration entre Amy Hoube, étudiante en Master 2 d’histoire (sous la direction de Guillaume Piketty), et Benoît Martin, docteur en science politique et cartographe à l’Atelier de cartographie de Sciences Po, s’est développée dans le cadre des ateliers mensuels proposés aux étudiants, enseignants et chercheurs.
Ces séances d’accompagnement visent à soutenir le traitement et la visualisation de données dans des recherches en cours, en proposant des outils méthodologiques adaptés aux besoins des projets.
C’est dans ce cadre qu’est née l’idée d’une participation aux journées annuelles du réseau MATE-SHS, consacrées cette année à la thématique : « La visualisation du temps et de l’espace ».
« En discutant de mon sujet avec M. Martin, il m’a indiqué un appel à communication correspondant parfaitement à mon chapitre et aux cartes que je développais. »
Amy Hoube, étudiante en Master 2 d’histoire
Un projet de co-production scientifique dans un temps contraint
Le projet s’est structuré dans un délai particulièrement court, d’environ deux semaines, entre la conception du poster, la structuration des données et la production cartographique.
« L’appel à communication est arrivé peu de temps avant la date limite. Il s’agissait d’un temps très contraint, qui a nécessité un travail intensif et coordonné. »
Benoît Martin, docteur en science politique et cartographe à l’Atelier de cartographie de Sciences Po
Cette temporalité resserrée a conduit à une collaboration étroite entre l’étudiante et l’Atelier de cartographie, dépassant le cadre habituel de l’accompagnement ponctuel.
La cartographie comme outil d’analyse historique
Le projet porte sur la gestion des corps et les pratiques funéraires des forces américaines pendant la Seconde Guerre mondiale, en particulier dans le contexte de la progression militaire en Europe occidentale.
L’analyse repose sur la mise en relation de deux dimensions : l’espace de l’avancée des troupes et la temporalité des opérations militaires.
« Les dispositifs d’évacuation et d’inhumation des corps suivent directement l’évolution du front et permettent de lire conjointement les dynamiques spatiales et temporelles du conflit. »
Amy Hoube
Cette approche permet de rendre visibles des logiques organisationnelles et logistiques souvent difficiles à appréhender à partir des seules sources archivistiques.
« L’enjeu est de représenter simultanément l’espace et le temps, en intégrant les variations de rythme de la progression militaire, ses accélérations comme ses ralentissements. »
Benoît Martin
Une co-production entre atelier technique et recherche en sciences sociales
La réalisation du poster et des cartes a reposé sur une répartition des tâches entre l’étudiante et l ’Atelier de cartographie.
Amy Hoube a assuré la structuration des données, la constitution des bases nécessaires à la production cartographique, ainsi que la rédaction d’un texte de synthèse destiné à accompagner les visualisations.
« J’ai constitué une base de données et rassemblé les éléments nécessaires à la réalisation des cartes, ainsi qu’un texte de présentation de mon chapitre. »
Amy Hoube
L’Atelier de cartographie a ensuite assuré la mise en forme graphique et la production des représentations cartographiques.
« Il s’agit d’une co-production relativement inédite à cette échelle dans le cadre des ateliers mensuels, qui relèvent habituellement d’un accompagnement ponctuel. »
Benoît Martin
Cette collaboration s’inscrit dans les missions de l’Institut des compétences et de l’innovation (ICI), qui encourage les approches transversales entre disciplines et l’accompagnement des communautés académiques de Sciences Po.
Une première participation à un colloque scientifique
La participation aux journées MATE-SHS constitue une première expérience de communication scientifique pour Amy Hoube, en amont de la soutenance de son mémoire.
« Il s’agit de ma première intervention en journée d’étude. C’est une expérience à la fois impressionnante et formatrice. »
Amy Hoube
Cette participation ouvre également des perspectives de poursuite en recherche, notamment dans le cadre d’un projet doctoral portant sur les pratiques funéraires en contexte de guerre, avec une dimension comparatiste et internationale.
Perspectives
Cette expérience illustre le rôle croissant des outils de cartographie dans les recherches en sciences humaines et sociales, non seulement comme supports de diffusion, mais également comme instruments d’analyse et de production du savoir.
Elle met en évidence l’intérêt des collaborations entre chercheurs et structures techniques spécialisées, favorisant l’émergence de dispositifs de recherche hybrides, à l’interface entre données, spatialisation et temporalités historiques.


