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11 février 2025
Littérature : la Chaire d'Écriture accueille Sylvain Prudhomme

La Chaire d'Écriture de la Maison des Arts & de la Création accueille Sylvain Prudhomme pour le semestre de printemps 2025. Le passage de relais avec sa prédécesseure, Jakuta Alikavazovic, a eu lieu le 6 février. Cet échange était introduit par Laurence Bertrand Dorléac et modéré par Frédéric Gros.
Auteur de romans et de reportages, Sylvain Prudhomme s'est régulièrement inspiré de l'Afrique, continent où il a grandi et travaillé. À travers ses romans, il s’attache à suivre des trajectoires individuelles d’hommes et de femmes façonnés par l’histoire. Collaborant avec des musiciens, il a aussi développé différentes formes de lectures musicales. En 2012, il publie Là, avait dit Bahi, un roman se déroulant entre l’Algérie et la France et composé d’une seule phrase. Puis en 2014, son roman Les Grands nous plonge en Guinée-Bissau, aux côtés d’un célèbre groupe de musique de la fin des années 1970. Suivront Légende (2016), Par les routes (2019) ou encore L’Enfant dans le taxi (2023), acclamés par la critique. Agrégé de lettres modernes, Sylvain Prudhomme est aussi traducteur. Il collabore depuis 2015 à la chronique « Écritures » du journal Libération.
La littérature comme vie augmentée

Après une lecture d'extraits de ses textes par Maia Koubi et Violette Bouteloup, toutes deux ambassadrices de la MAC, Sylvain Prudhomme a donné une leçon inaugurale qui commençait par l'affirmation suivante : « la littérature augmente ma vie ». Il souligne lui-même un usage surprenant du verbe augmenter à l'ère d'une réalité qu'on imagine augmentée surtout par des outils et appareillages technologiques. C'est justement le « miracle de la littérature », « ajouter des éléments virtuels à la réalité de tous les jours » avec des moyens dérisoires : un papier et un crayon suffisent pour faire ce que font lunettes 3D et écrans. La madeleine de Proust surgit lorsqu'on essaie de convoquer un souvenir, la bibliothèque de Babel s'étend sur nos yeux lorsque l'on se trouve devant des rayonnages de livres, et deux hommes sur un banc deviennent soudainement Vladimir et Estragon qui attendent Godot : la littérature projette dans notre réalité ses héros, ses moments, ses objets. « Quand j’écris, je peux explorer tous les possibles, quel autre art permet cette liberté, à si peu de frais ? » Pourtant loin du fantasme transhumaniste, le corps humain est doté, par l'