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Le CSO a fêté ses 50 ans

Les 9 et 10 décembre 2014, le Centre de Sociologie des Organisations a organisé à Sciences Po un colloque consacré aux 50 ans du centre. Ce colloque n'était pas une commémoration ou une célébration, mais une véritable rencontre intellectuelle ayant pour finalité de porter un regard distancé sur ce qu’ont été certaines des principales contributions du CSO à la sociologie et à la science politique. Pour cela, des sociologues et des politistes de réputation internationale sont intervenus (Nils Brunsson, Marie-Laure Djelic, Frank Dobbin, Peter Hall) avec lesquels le CSO entretient des liens anciens et étroits. La commande qui leur a été passée était claire : point de complaisance, mais un vrai regard critique sur des ouvrages, programmes ou travaux qui ont marqué l’histoire du CSO. Nous avons aussi fait appel à des chercheurs dont les travaux ont porté explicitement sur les productions intellectuelles du CSO, afin qu’ils les mettent en perspective.

Ce colloque nous a donné aussi l’occasion de saisir ce qu’a été la place du laboratoire dans le débat intellectuel, politique et social, ainsi que son influence sur certaines réformes – on pense notamment aux lois de décentralisation de 1982 – mais aussi à ses difficultés à faire évoluer un modèle administratif qui n’est pas forcément si éloigné aujourd’hui de celui que Michel Crozier dénonçait dès la décennie 1960 dans ses écrits.

Ces deux jours nous ont permis aussi de rendre hommage à l’œuvre et à l’apport de Michel, disparu l’an dernier, comme chercheur, enseignant et intellectuel, mais aussi entrepreneur et organisateur de la recherche. Il nous semble que la meilleure manière de revenir sur sa contribution est d’analyser finement les conditions qui ont permis au CSO d’être, et de demeurer à sa manière, un véritable « atelier de recherche », dans lequel doctorants et chercheurs travaillent ensemble pour apprendre le métier de sociologue et produire des travaux originaux.

Olivier Borraz, Directeur du CSO
Site du CSO

Le CSO, d'hier à aujourd'hui

Au début des années 60, Michel Crozier rassemble autour de lui les jeunes chercheurs qui forment le noyau de son équipe. Ils sont logés dès 1962 rue Geoffroy Saint Hilaire, à Paris, dans l’immeuble du Club Jean Moulin dont Michel Crozier est un membre très actif. Les enquêtes sur l’administration française, dont le coup d’envoi est donné en 1964 avec un financement de la DGRST*, vont souder le groupe qui est reconnu par le CNRS dès 1967, prend le nom de « Centre de sociologie des organisations », le CSO, en 1970, et devient une équipe autonome du CNRS en 1975.

Michel Crozier gère son équipe comme « un patron de PME », accueille les étudiants qui apprennent le travail du sociologue en participant à des enquêtes sur le terrain dirigées par des chercheurs de l’équipe.

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