Humanités juridiques

Groupe de travail en humanités juridiques

Le groupe de travail en humanités juridiques mène des études sur le droit dans une perspective interdisciplinaire et critique. Il encourage les travaux portant sur le droit saisi à partir des différentes disciplines relevant des humanités et fédère des chercheurs issus de l’École de droit, du Centre d’histoire, du Centre de recherches politiques de Sciences Po, du Groupe de recherche sur les humanités juridiques des universités de Sherbrooke, Laval, Concordia, du Québec à Montréal (UQAM) et McGill au Québec, enfin, des universités de Tel Aviv, Haïfa, Bogota, Buenos Aires et Mexico.

Les travaux du groupe entendent interroger le droit dans sa formation, son fonctionnement comme dans ses effets sociaux, culturels et politiques, à partir des multiples approches que les humanités offrent, depuis la littérature jusqu’à la philosophie, l’anthropologie, l’histoire, la psychanalyse, l’esthétique, les arts et, plus récemment, les dimensions sensibles et synesthésiques du droit. Les activités du groupe de travail visent à introduire ces études dans le monde francophone, à les renouveler et à les lier à une réflexion sur l’enseignement du droit.
Les coordinatrices du groupe sont Julie Saada, professeure de philosophie à Sciences Po, et Alexandra Popovici, professeure de droit à l’université de Sherbrooke. Elles organisent les activités du groupe avec Vincent Forray, professeur de droit à Sciences Po, et Mark Antaki, professeur de droit à McGill.
Les activités du groupe se déploient sous la forme d’un séminaire transatlantique associant plusieurs centres et chercheurs, de colloques et de publications.

Séminaire transatlantique

Thème pour les années 2022-2024 :

Les imaginaires du droit

Parce que le droit moderne a été conçu à partir d’un paradigme rationnel ou d’un idéal de rationalité juridique se déployant tant dans l’idée de système juridique que dans les différents modes de l’argumentation judiciaire, ses aspects imaginaires ont été relégués comme infra ou supra-juridiques, selon qu’ils sont compris comme l’expression de besoins sociaux, d’horizon politique à venir ou de pratiques culturelles extérieures aux normes elles-mêmes. L’objet de ce séminaire est d’interroger la façon dont le droit, saisi dans son fonctionnement interne comme dans sa réalité sociale, est travaillé par des formes imaginaires qu’il produit ou cristallise.

Le séminaire a lieu en visioconférence, le jeudi de 17h30 à 19h30 heure de Paris.

  • 20 janvier 2022 : Helena Alviar, École de droit de Sciences Po
  • 17 février 2022 : Guilherme Vasconselos Vilaca, faculté de droit, Universidad de Mexico
  • 10 mars 2022 : Emmanuel Jeuland, faculté de droit, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • 31 mars 2022 : Mark Antaki, faculté de droit, Mc Gill
  • 21 avril 2022 : Alain Pottage, École de droit de Sciences Po

Colloques et journées d’étude

  • Journées d’étude « Ouvrages en cours sur les humanités juridiques ».

Montréal, 16-17 mai 2022.

Quatre ouvrages en cours d’écriture sur les humanités juridiques seront présentés et discutés. Avec les présentations de Mark Antaki, Vincent Forray et Sébastien Pimont, Alexandra Popovici, Julie Saada.

  • Les usages de l’histoire en Europe centrale et orientale, entre la géopolitique des guerres et le droit

Paris, 14 juin 2022
Atelier organisé par Julie Saada et Anna Zielinska dans le cadre de la Semaine doctorale intensive de l’École de droit de Sciences Po.

Les usages politiques de l'histoire et de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale jouent un rôle majeur dans les discours de justification de l’invasion russe en Ukraine. Les déclarations de Vladimir Poutine en février 2022, dans lesquelles il exprime ses griefs contre l'Occident en termes essentiellement historiques et réécrit l'histoire de l'Ukraine selon son propre agenda politique, constituent un exemple frappant de la place prise par la politisation du passé, de même que la récurrence de l’accusation de génocide russe qui serait commis par les Ukrainiens et leur politique “nazie” d’hier et d’aujourd’hui. Cette politisation n'a pourtant pas commencé avec le conflit actuel puisque Poutine avait déjà produit en 2019 un récit alternatif de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, provoquant alors des réactions outrées de la part de chefs d'État (en Pologne et en Hongrie, notamment) et d'institutions (comme l’Institut Yad Vashem).
Les usages politiques de l’histoire ont donné lieu à de très nombreux travaux d’histoire et de philosophie, et plus largement de sciences sociales, en Allemagne depuis les années 1980 où la Geschichtspolitik, la politique de l'histoire, est devenue un outil de propagande majeur. Cette politique peut être définie comme un effort coordonné des institutions nationales pour établir un récit unique sur l'histoire du pays - l'objectif n'étant pas seulement de présenter le passé d'une manière spécifique mais aussi d'influencer l'avenir, comme l'a observé l'historien allemand Peter Steinbach. Dans le contexte actuel, ces usages de l’histoire visent non seulement à justifier en Russie l’usage externe de la violence, ainsi que la répression interne contre toute forme de protestation, mais aussi à mobiliser des catégories juridiques, comme la légitime défense ou le crime de génocide, afin de justifier au plan interne et international le recours à la guerre.
Cet atelier examinera les usages actuels de l'histoire en Russie et dans les pays d'Europe de l'Est à partir d'une approche comparative et multidisciplinaire. Il se tiendra le 14 juin 2022 dans le cadre de la semaine doctorale intensive de l'École de droit de Sciences Po. Les travaux se poursuivront dans le cadre d’un colloque international organisé en Israël à l’automne 2023.

Retour en haut de page