CIVICA Research : 5 nouveaux projets avec Sciences Po

CIVICA Research : 5 nouveaux projets avec Sciences Po

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Penser le monde dans un cadre qui associe 10.000 chercheurs européens, tel est le défi que se fixe le volet recherche de CIVICA, université européenne des sciences sociales dont Sciences Po est partie prenante.
L'ambition de CIVICA Research est de réunir une diversité d'analyses et d’approches sur les grands défis mondiaux. Il s'agit bien sûr de comprendre la construction européenne, mais aussi les enjeux auxquels font face les démocraties, la transformation des sociétés ainsi que  les crises environnementales. A ces défis, s'ajoutent des travaux relatifs à l'impact du numérique sur les sociétés  mais aussi leur usage au service des sciences sociales, en leur donnant accès à de nouvelles données.
A l'issue de premier appel à projets de Civica Research, onze projets de recherche vont être lancés, rassemblant de trois à six universités partenaires de Civica. Les  chercheurs de Sciences Po participent à cinq de ces projets et sont à l'origine de deux d'entre eux. L'un s'attache à analyser les antécédents du malaise démocratique, le second  se penche  sur l'impact du numérique sur l'évolution des comportements politiques et vise à  préfigurer la création d' un Observatoire européen de la polarisation des idéologies.

Présentation des projets

Projets dirigés par Sciences Po

La démocratie et ses mécontentements. Un examen historique des difficultés actuelles de la démocratie

Il existe un large consensus sur le fait que les démocraties modernes sont aujourd’hui confrontées à des difficultés majeures, voire à une crise profonde. Des études existantes identifient certains de ses principaux moteurs et manifestations : le lien entre inégalités et contestation de la démocratie, les racines et la nature des défis populistes et anti-systémiques actuels, la redéfinition des identités nationales et le relâchement de l’homogénéité ethnique et linguistique de nombreux États-nations, l’interdépendance entre les États-nations démocratiques et le contexte mondial. Le projet considère que ces études doivent être complétées par des recherches historiques approfondies capables de définir une généalogie du malaise démocratique actuel, en identifiant les antécédents historiques à comparer aux récentes difficultés de la démocratie. Tous les grands départements et centres d’histoire de CIVICA participeront à ces recherches : le CHSP en tant que chef de file, l’Institut Universitaire Européen, l’Université Bocconi, la Central European University, la London School of Economics.

Observatoire européen de la polarisation : mesurer les positions des utilisateurs et des médias, la polarisation et le rôle des algorithmes et systèmes d’intelligence artificielle

Traditionnellement, on étudiait les opinions de la population sur différentes questions du débat public à l’aide de sondages et d’enquêtes. Mais de récentes avancées dans les méthodes d’extrapolation des réseaux ont montré que les traces du comportement numérique (typiquement sur les réseaux de type abonnement/abonnés) sur les plateformes de médias sociaux peuvent être utilisées pour extraire des opinions à très grande échelle. Ce projet vise à valider le concept d’un Observatoire européen de la polarisation des idéologies et attitudes à l’égard de questions cruciales du débat public comme la fiscalité, l’immigration, l’intégration européenne ou la perception des élites. Il permettra de mesurer la polarisation sur ces questions et d’étudier le rôle des recommandations algorithmiques sur l’accès des utilisateurs à des informations à caractère idéologique. Les résultats de l’étude seront mis en application dans des recherches couvrant plusieurs disciplines : études des médias, mouvements sociaux en ligne et analyse de la structure des systèmes de partis dans les pays européens, entre autres. Le projet ciblera deux types d’applications : premièrement, fournir des mesures systématiques à travers l’Europe de l’intensité de la polarisation sur différentes questions (par exemple, l’économie gauche-droite ou les attitudes à l’égard du peuple et des élites) dans divers contextes en ligne. Deuxièmement, aborder la question du rôle de l’intelligence artificielle dans le façonnement des systèmes sociopolitiques européens par le biais de la recommandation algorithmique et de ses éventuels partis pris. Dans l’ensemble, ce projet vise à contribuer au développement d’un réseau européen interdisciplinaire de recherche en sciences sociales computationnelles. Sciences Po médialab et la Central European University codirigent ce travail de recherche. La London School of Economics et l’Université Bocconi participent à ce projet.

Projets auxquels Sciences Po participe

Contester la Cour : Examen de la politique judiciaire dans l’Union européenne

Si la Cour de justice a longtemps été considérée comme un acteur important de l’intégration européenne, son rôle dans la politique de l’Union européenne est de plus en plus contesté. Cette contestation vient des deux côtés, les tribunaux nationaux et les universitaires raillant ses décisions « activistes » dans des domaines particuliers tout en se plaignant de son incapacité à défendre de manière proactive les valeurs juridiques européennes dans d’autres domaines. Ce projet a pour but de relancer le débat sur la politique judiciaire de l’UE en examinant les causes et les résultats de la contestation croissante du système judiciaire de l’UE. Il prévoit d’examiner les facteurs qui suscitent la controverse ainsi que les résultats politiques, universitaires et concrets de cette contestation pour l’ordre constitutionnel européen. Ce faisant, ce projet cherche à examiner la résilience constitutionnelle de l’ordre politique de l’UE et le rôle du pouvoir judiciaire dans la sauvegarde de ses principes fondamentaux. Ces recherches sont codirigées par l’Institut Universitaire Européen et la Hertie School. Le centre de recherche de l’école de droit de Sciences Po, la Central European University, l’Université Bocconi et la London School of Economics y participent.

Attitudes à l’égard des inégalités : perceptions, jugements, justifications

Les chercheurs impliqués dans ce projet prévoient de mener une série d’études qui contribuera à la psychologie de l’inégalité et à ses expressions sociales et culturelles. Comment les inégalités sont-elles perçues ? À quel point les gens pensent-ils que la société dans laquelle ils vivent est inégale ? Qu’est-ce qui fait qu’une société est perçue comme étant inégale ? Quelles formes d’inégalité (le cas échéant) sont considérées comme plus acceptables ? Pourquoi certains récits justifiant les inégalités rencontrent-ils du succès ? Existe-t-il des variables culturelles quantifiables ayant un pouvoir prédictif sur les perceptions et les évaluations morales des inégalités ? Ce projet aborde donc un sujet fondamental du domaine de la « cognition et de la culture » : les attitudes à l’égard des inégalités, et se concentrera particulièrement sur le contexte européen. Ce sujet présente un grand intérêt pour les analyses des processus démocratiques, les inégalités étant identifiées comme le plus grand défi du XXIe siècle. La Central European University dirige ces travaux de recherche. Le Centre de sciences politiques et le Département d’économie de Sciences Po, la London School of Economics et l’Université nationale d’études politiques et administratives (Roumanie) participent à ce projet.

Le silence de la loi Poursuites des crimes de haine et préjugés implicites au sein des forces de l’ordre

Ce projet vise à étudier les poursuites pour crimes de haine en Roumanie, en Bulgarie et en Allemagne, en mettant l’accent sur l’antisémitisme et en examinant les motivations intrinsèques de la police et du système judiciaire. Cette recherche a pour objectifs principaux d’identifier les modèles de partis pris implicites des officiers de police, ses juges et ses procureurs et leur rôle dans l’instrumentalisation judiciaire d’ affaires individuelles, et d’examiner les marqueurs individuels, institutionnels et sociétaux plus généraux qui peuvent expliquer les partis pris et les préjugés au sein des forces de l’ordre. Elle cherchera également à situer les modèles de partis pris implicites dans la matrice générale de l’ordre politique en Roumanie, en Bulgarie et en Allemagne et à formuler des hypothèses préliminaires pour d’autres pays européens. Cet objectif permettra de situer la recherche dans le cadre plus large de la littérature sur le recul de la démocratie et des questions de hiérarchie sociale, de violence et d’oppression. L’objectif ultime est de proposer une série de recommandations d’amélioration de la législation relative à l’antisémitisme et de sensibiliser les décideurs politiques et les forces de l’ordre à cette question. Recherches dirigées par l’Université nationale d’études politiques et administratives (Roumanie) auxquelles le CERI de Sciences Po et la Central European University participent.

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